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RFI - Européen de la semaine

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  • Russie: Alexeï Navalny, le « masque de fer » de Vladimir Poutine
    Les partisans d’Alexeï Navalny ont lancé une campagne internationale pour demander sa libération et pour attirer l’attention sur son sort. Alexeï Navalny, 46 ans, qui purge une peine de 9 ans de réclusion dans une colonie à « régime sévère », a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Moscou le 17 janvier 2020. Il venait de Berlin, où il avait été hospitalisé après son empoisonnement à un agent innervant. De sa cellule, dans des conditions de détention éprouvantes, il poursuit son combat. Lorsqu’il est arrivé à l’aéroport de Moscou le 17 janvier 2020, de retour de sa convalescence en Allemagne, 5 mois après son empoisonnement, Alexeï Navalny a pris quelques secondes dans les couloirs de l’aérogare devant un panneau représentant le Kremlin, pour adresser quelques mots à ses partisans : « Je n’ai peur de rien et je vous demande aussi de ne pas avoir peur ». Mais à peine le contrôle des passeports franchi en compagnie de son épouse et de son avocate, il était arrêté par des policiers et immédiatement placé en détention.   « Il a fait un acte héroïque en décidant de rentrer en Russie, parce qu’il est, bien sûr, l’opposant personnel de Vladimir Poutine. Pourvu qu’il survive », s’inquiète Lev Ponomarev, 81 ans, cofondateur de l’ONG Memorial et président de l’institut Sakharov à Paris. « Les autorités pénitentiaires essaient de pousser Navalny à la folie ou au suicide », affirme le défenseur des droits de l’homme russe, exilé en France, où il a obtenu l’asile politique. Selon lui, les gardiens de prison mènent une « expérience médicale » sur le prisonnier Navalny, testant sa résistance, avec l’approbation du Kremlin « qui continue d’essayer de le tuer en créant pour lui des conditions de vie insupportables ».  ► À lire aussi : Russie: l'opposant Alexeï Navalny transféré dans une autre colonie pénitentiaire selon ses proches Dans sa colonie pénitentiaire « à régime sévère », l’opposant est régulièrement envoyé en cellule disciplinaire ou d’isolement : il y a fait 11 séjours en deux ans, pour des infractions mineures au règlement, comme laisser un bouton de sa chemise déboutonné. Sa famille et ses proches s’inquiètent du fait que son état de santé se dégrade avec des conditions de détention qui ne cessent de se détériorer. « Mon père a passé plus de trois mois en cellule disciplinaire. C’est une petite cellule de 2 mètres sur 3 qui ressemble plus à une cage pour un homme qui mesure près de deux mètres », raconte, en anglais, sa fille, Dasha Navalnaya, étudiante à Stanford, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, dans le cadre de la campagne internationale de soutien.  Une cellule de deux mètres sur trois À la mi-janvier, plusieurs centaines de médecins russes ont signé une pétition, parue sur Facebook, appelant Vladimir Poutine à fournir des soins appropriés à Alexeï Navalny, souffrant de syndromes grippaux et affirmant être privé d’un accès satisfaisant aux médecins et aux médicaments.   Si les violences en prison ne sont pas un fait rare en Russie, l’homme, dont le président russe refuse de prononcer le nom, semble avoir droit à un traitement particulier. « C’est le prisonnier personnel de Vladimir Poutine, c’est son “masque de fer ” », estime le politologue Fedor Krasheninnikov. « Le président russe considère Navalny comme un membre de l’élite occidentale. Angela Merkel est venue le voir quand il était à l’hôpital. Et comme, dans son imaginaire, il est vu comme faisant partie du clan occidental, il le harcèle, un peu comme avec une poupée vaudou », commente ce proche de l’opposant emprisonné.  ► À lire aussi : L'opposant russe Alexeï Navalny a passé le Nouvel an en cellule disciplinaire Les soutiens d’Alexeï Navalny dénoncent régulièrement une tentative du Kremlin de le « tuer » à petit feu. « Il est torturé d’une manière plutôt ingénieuse », note Lev Ponomarev. « On fait en sorte de le malmener, sans enfreindre la loi, en le punissant par exemple pour avoir fait sa toilette avant l’heure réglementaire. Un autre détenu, n’aurait sans doute pas été envoyé en cellule d’isolement pour ça, même si le règlement intérieur est rédigé de façon monstrueuse », estime le défenseur des droits de l’homme. « On voit bien qu’il bénéficie d’un régime de détention particulier, qui a été créé de façon à lui gâcher la vie », abonde Fedor Krasheninnikov.   Amaigri, visiblement éprouvé par les journées passées à l’isolement, Alexeï Navalny continue de se battre pour faire reconnaître ses droits les plus élémentaires et intente des procès à l’administration pénitentiaire. Loin de se faire intimider, il profite de ces audiences pour lancer des messages politiques : « Vous ne me ferez pas taire avec votre cellule d’isolement. Poutine associe des centaines de milliers de personnes aux crimes qu’il commet. Il est comme la mafia, qui lie à elle par le sang des centaines de milliers de personnes », a lancé l’opposant au cours de l’une de ces audiences, où il est apparu en liaison vidéo dans une tenue visiblement trop grande pour lui.   À l’occasion du deuxième anniversaire de son incarcération, l’opposant russe a répété ces arguments publiés sur les réseaux sociaux via ses avocats, appelant ses soutiens à contester ces choix faits par le pouvoir russe : « Notre malheureuse patrie tourmentée a besoin d’être sauvée. Elle a été volée, blessée, entraînée dans une guerre d’agression et transformée en prison dirigée par les méchants les plus éhontés et les plus trompeurs. Toute opposition à ce gang – même symbolique, compte tenu de ma capacité actuelle limitée – est importante ».  Poursuivre le combat politique L’opposant le plus sérieux à Vladimir Poutine continue à exister politiquement, même du fin fond de sa prison, estime l’ancien député Dmitri Goudkov, autre détracteur du président russe, qui a préféré fuir la Russie pour éviter le sort d’Alexeï Navalny. « En continuant à rester actif en dépit de tous les obstacles, il montre à ses partisans qu’il continue à résister envers et contre tous, et cela donne de l’espoir à beaucoup de personnes ». Selon l’ancien élu, l’opposant y était prêt, « cela ne signifie pas que les choses sont simples pour lui, mais c’est à cela que l’on reconnaît la qualité d’un homme fort, qui ne peut être brisé ». Ne pas se faire oublier, continuer à exister du fin fond de la colonie pénitentiaire IK-6 Melekhovo, située à environ 250 km à l’est de Moscou : une gageure pour le juriste reconverti en homme politique, qui parvient à donner régulièrement des nouvelles de sa vie derrière les barreaux, dans des messages, transmis par ses avocats, où il manie l’humour mordant et l’ironie. « Des gens payent pour passer un Nouvel An original, pour moi, c’était gratuit », avait-il écrit, après sa nuit du 31 décembre passée en isolement, en compagnie d’un « voisin clochard » dépressif, obligé à faire des allers-retours entre le quartier disciplinaire et l’infirmerie où sévit une épidémie de grippe, « à croire qu’on l’utilise comme arme bactériologique. Pas étonnant qu’il soit triste », commente Alexeï Navalny.  Pour ses militants les plus actifs, qui ont dû choisir entre la prison et l’exil, où ils poursuivent leurs enquêtes sur la corruption des officiels, le comportement de l’opposant reste une source d’inspiration. Alexeï Navalny est un « homme fort, un bon orateur, un vrai meneur politique et même dans la situation qu’il vit aujourd’hui, il essaye de résister, parce qu’il comprend que s’il se mettait à écrire qu’il ne va pas bien, qu’il est déprimé, il n’améliorerait pas son sort et il anéantirait la foi de ses partisans. Même étant en prison, il s’efforce d’afficher l’optimisme pour montrer aux gens qu’il faut continuer le combat », estime Fedor Krasheninnikov, exilé en Lituanie, comme une partie de l’équipe de l’opposant.   ► À écouter aussi : Russie: «Quelque chose a basculé lors de la tentative d'assassinat d'Alexeï Navalny» Durant les mois qu’il a passés en convalescence en Allemagne, Alexeï Navalny a poursuivi son travail d’investigation. Il a notamment recueilli les confessions d’un membre de l’équipe des services de sécurité, qu’il considère comme d’un des responsables de son empoisonnement en août 2020 à bord d’un avion en partance de Sibérie. Un réalisateur canadien l’a suivi durant cette période et tourné un film aux allures de thriller, en lice pour l’Oscar du meilleur documentaire.
    1/28/2023
    3:35
  • Petr Pavel, un ancien «para» candidat à la présidence tchèque
    Il a promis s’il est élu de « rétablir l’ordre dans son pays » et de le rapprocher de l’Otan et de l’Union européenne. Ancien communiste, et ancien militaire, Petr Pavel est en bonne position pour devenir à 61 ans le prochain président de la République Tchèque. Arrivé en tête du premier tour le 14 janvier dernier, il affrontera dans une semaine l’ancien Premier ministre Andrej Babis. Au soir du premier tour, le 14 janvier dernier, les résultats le placent en position idéale : 35,4 % des voix, tout juste devant l’ancien Premier ministre Andrej Babis. Bénéficiant a priori d’un report de voix favorable, Petr Pavel ne cache pas sa satisfaction et se voit déjà en tête du second tour qui aura lieu le 27 janvier prochain. « L’enjeu de cette campagne sera de savoir s’il y aura le chaos dans notre pays, ou le retour à l’État de droit, proclame-t-il alors, et si nous serons un pays digne de confiance pour nos alliés. » Une déclaration martiale pour cet ancien « para » qui a fait toute sa carrière au sein de l’armée tchèque. « Il a gravi les échelons de l’armée jusqu’au poste de chef d’état-major, qu’il a occupé entre 2012 et 2015 », détaille Jana Vargovčíková, chercheuse à l’Institut national des langues et civilisations orientales. « Ensuite, il a été proposé par le gouvernement tchèque pour être président du Comité militaire de l’Otan, poste qu’il occupe durant trois ans avant de prendre sa retraite en 2018. À l’époque déjà circulaient des rumeurs sur ses volontés de se porter candidat à la présidentielle. » ► À écouter aussi : Présidentielle en République Tchèque : «Un second tour incertain mais Pavel est favori» Un « héros de guerre » décoré par la France Parmi ses faits d’armes, il y a cet acte de bravoure, en 1993, pendant la guerre de Bosnie. Alors officier de l’armée tchèque, Petr Pavel parvient à évacuer une unité de soldats français assiégés par les forces serbes et croates. Un épisode qu’il ne cesse de mettre en avant durant la campagne électorale. Mais dans le passé du « général », comme on le surnomme dans son pays, il y a aussi un épisode beaucoup moins glorieux. « C’est surtout son passé militaire d’avant 1989 qui est discuté : son adhésion au Parti communiste et sa volonté de devenir agent des renseignements militaires à la fin des années 1980, donc très peu avant la chute du régime communiste. » Un passé trouble que Petr Pavel attribue au contexte de l’époque – il était impossible selon lui de faire carrière dans l’armée sans afficher sa loyauté au régime. « Il a réussi à minimiser le poids de ce facteur dans les choix des électeurs, qui sont pourtant historiquement anticommunistes, note la maîtresse de conférence à l’Inalco. Et il y est parvenu en reconnaissant son erreur, en s’excusant publiquement et en avouant ce passé très en amont dans la campagne. » ► À lire aussi : Petr Pavel, Danuse Nerudova, Andrej Babis, les trois favoris de la présidentielle tchèque Un front « anti-Babis » Au second tour, les 27 et 28 janvier prochains, Petr Pavel affrontera l’ancien Premier ministre Andrej Babis, une personnalité controversée, accusée de dérive populiste. Un « danger pour la démocratie » aux yeux d’un certain nombre de partis politiques qui tous vont se rallier derrière l’ancien militaire. « Pavel est le candidat de tous ceux qui veulent à tout prix éviter que Babis devienne président », explique Ondrej Horky Hluchan, chercheur à l’Institut de relations internationales à Prague. Babis n’est pas considéré comme aussi populiste ou illibéral que Viktor Orban, le Premier ministre hongrois. Mais il est perçu tout de même comme faisant peser un risque sur l’ordre constitutionnel. Les candidats du premier tour qui ont été éliminés veulent éviter l’erreur qui a été faite il y a cinq ans, lorsque le président Milos Zeman a été élu face à un candidat plus représentatif de la démocratie libérale. Celui-ci n’avait pas obtenu suffisamment de soutien entre les deux tours, une erreur que les partis politiques hostiles à Babis ne veulent pas renouveler. On peut donc s’attendre à un ralliement massif autour de la candidature de Petr Pavel. Les sondages de l’entre-deux-tours semblent, de fait, favorables à l’ancien militaire. Mais son élection est loin d’être jouée d’avance, car son adversaire pourrait profiter de l’inflation galopante et de la crise économique traversée par le pays pour galvaniser son électorat de base. Un électorat plus âgé, plus rural et plus défavorisé que celui de Petr Pavel.
    1/21/2023
    3:25
  • Evgueni Prigojine, le «chef cuisinier» devenu chef de guerre
    L’armée russe a revendiqué vendredi 13 janvier la prise de Soledar, une localité près de Bakhmout, dans l’est de l’Ukraine. La bataille a été livrée principalement par les mercenaires du groupe paramilitaire Wagner. Tenant son surnom de son passé de restaurateur puis à ses contrats remportés pour la restauration de l’armée et les cantines scolaires, leur patron Evgueni Prigojine s’est transformé en chef de guerre aux pouvoirs étendus.  En treillis militaire, au milieu d’hommes pour certains assis dans des fauteuils roulants, Evgueni Prigojine prodigue des conseils avec son style bien personnel : « Ne picolez pas trop, ne vous droguez pas, ne violez pas les bonnes femmes ». La vidéo du patron de Wagner au milieu de vingt anciens détenus enrôlés dans son groupe paramilitaire, de retour au pays après six mois passés sur le front en Ukraine, a été publiée sur les réseaux sociaux. Parmi ces combattants que l’homme d’affaires, lui-même ancien repris de justice, est allé parfois extraire personnellement des prisons russes en dehors de toute légalité, figurent des condamnés pour homicides. « Il préfère recruter ce type de personnes », note Olga Romanova, à la tête de l’ONG de défense des droits des détenus La Russie derrière les barreaux.« Il a pris beaucoup d'assassins, de violeurs, beaucoup de gens qui ont commis des crimes graves. Il les enrôle à tour de bras, parce que ces gens n’ont pas peur de tuer, il n’y a pas besoin de leur apprendre à tuer, ils ont déjà cette expérience. » L’homme d’affaires aurait recruté entre 20 et 40 000 détenus dans les prisons russes. À ceux qui s'en sortiraient vivants du front ukrainien, Evgueni Prigojine a promis la grâce, l’effacement du casier judiciaire ou l’amnistie. Or, la première est obtenue sur décision de la Douma, la seconde dépend des organes judiciaires. Quant à l’amnistie, seul le président peut l’accorder. Fournisseur de « chair à canon » Pourquoi le chef de la milice Wagner a-t-il obtenu autant de pouvoir ? « En ce moment, Poutine a besoin de Prigojine en qualité de recruteur de forces vives, de fournisseur de chair à canon. C’est extrêmement important à cette étape. C’est pourquoi il est autorisé à devenir une figure publique », souligne Andreï Kolesnikov, expert de la Fondation Carnegie pour la paix internationale. Pour le politiste, le Kremlin « externalise » en quelque sorte certaines fonctions dévolues au pouvoir législatif et judiciaire. « Cette figure très douteuse se voit attribuer des fonctions étatiques alors qu’il n’est pas fonctionnaire, ce qui va à l’encontre de loi ». S’il a longtemps caché ses liens avec Wagner, allant jusqu’à intenter des procès en diffamation aux journalistes qui en faisaient mention, le richissime sexagénaire a reconnu, en septembre, avoir fondé le groupe, admettant sa présence également en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Il a aussi reconnu des ingérences dans les élections américaines, avec sa « ferme à trolls ». Aujourd’hui, il se distingue par ses déplacements incessants près du front. Ces derniers jours, il n’a pas manqué de souligner à plusieurs reprises que l’assaut sur Soledar, la ville qui doit permettre de percer sur Bakhmout, était « exclusivement » mené par les hommes de Wagner, alors que les rapports du ministère russe de la Défense indiquent que la ville est attaquée par les troupes aéroportées, sans faire mention du groupe Wagner. « Il est en concurrence avec l’armée gouvernementale et il souhaite montrer au chef suprême des armées que son modèle d’armée est plus efficace que l’armée officielle », souligne Andreï Kolesnikov. Pour ne pas perdre sa position et les financements qui vont avec, « il doit constamment faire la preuve de son efficacité ». L’Institute for the Study of War notait, dans son point du 9 janvier, qu’Evgueni Prigojine continuait « d'utiliser les rapports sur les succès du groupe Wagner à Soledar pour renforcer la réputation du groupe Wagner en tant que force de combat efficace ». Concurrence avec l’armée L'oligarque aux méthodes brutales se distingue par ses critiques acerbes du commandement militaire russe et du ministre de la Défense Sergueï Choïgou. Avec le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, il avait même obtenu la tête d’Alexandre Lapine, rendu responsable de la désastreuse retraite de Kharkiv. Mais le colonel-général a récemment été nommé chef d'état-major des forces terrestres russes et le général Sourovikine, qui avait ses faveurs, a été rétrogradé. « Ses actions ont fortement chuté aux yeux de Poutine », veut croire Olga Romanova, qui estime qu’il a franchi certaines limites dans ses déclarations et soutiens publics, qui n’auraient pas été du goût du Kremlin. Le financier de Wagner a notamment soutenu des mercenaires qui ont publié une vidéo adressée au chef d’état-major de l’armée, le général Guerassimov, en l’insultant. « On n’a rien pour se battre. On a besoin de munitions pour tout faire sauter », dénoncent-ils, tout en traitant le haut gradé de tous les noms. Dans un message audio publié par le service de presse de son groupe Concord, Evgueni Prigojine confirme que des hommes de Wagner ont tourné la vidéo et en profite pour tacler une nouvelle fois l’état-major russe : « Lorsque tu es assis dans un bureau bien chauffé, tu ne peux pas entendre les problèmes de la ligne de front ». Le « chef cuisinier » de Poutine cherche-t-il à renforcer son envergure politique en Russie par des succès militaires en Ukraine ? Il risque en tout cas de trouver du monde en travers de sa route, selon Andreï Kolesnikov. « Beaucoup de gens sont horrifiés par le fait que ce personnage se retrouve sous les feux de la rampe. Il est en train de gagner en influence grâce à son efficacité de voyou, une efficacité dont Poutine a énormément besoin en ce moment », explique le politiste. Pour autant, « si la lutte des clans prenait de l’ampleur, il n'est pas sûr que Prigojine en sortirait gagnant s’il commençait à avoir d’autres ambitions, s’il cherchait à être plus qu’un troll militaro-oligarchique ». Selon le chercheur de Carnegie, « Vladimir Poutine fera tout pour s'assurer que Prigojine ne devienne pas un homme politique ». À l’automne, des bruits ont fait état d’un projet de lancement par Evgueni Prigojine d’un nouveau parti conservateur. Ils se sont désormais dissipés dans les mines de Soledar.
    1/14/2023
    3:30
  • Pier Antonio Panzeri, un ancien député européen au cœur du «Qatargate»
    C’est l’homme qui se trouve au cœur du « Qatargate », le retentissant scandale de corruption qui secoue le Parlement européen depuis le mois de décembre 2022. Ancien syndicaliste, homme de gauche italien, investi dans la lutte pour la défense des droits de l’homme, Pier Antonio Panzeri est accusé par la justice belge d’avoir utilisé ses accès et ses relations au sein du Parlement pour promouvoir l’image du Qatar et du Maroc. Lorsque le scandale éclate le 9 décembre dernier, c’est le visage de la vice-présidente grecque du Parlement, Eva Kaïli, qui fait la Une des journaux. Mais c’est bien lui, Pier Antonio Panzeri, qui se trouve au cœur de ce scandale retentissant. Selon les éléments de l’enquête, révélés par la presse belge et italienne, cet ancien député européen, aujourd’hui âgé de 67 ans, aidait le Qatar et le Maroc à défendre leurs intérêts au Parlement, contre des valises de billets, et de cadeaux en nature. « Quand j’ai appris l’arrestation, j’ai été choqué et surpris, raconte Brando Benifei, le chef de la délégation italienne du groupe socialiste et démocrate (SD), auquel appartenait Pier Antonio Panzeri lorsqu’il était élu à Strasbourg. Et je suis rapidement devenu très en colère, parce que je connaissais ces gens, et parce que je connaissais personnellement Panzeri qui avait été mon collègue au Parlement dans la précédente législature. J’ai appris que ces gens avaient probablement utilisé la lutte pour les droits de l’homme comme un instrument pour poursuivre des intérêts criminels et pour promouvoir la corruption. » Au cœur de ce pacte de corruption, il y a une ONG créée par Panzeri lorsqu’il quitte le Parlement en 2019. Comble du cynisme, cette ONG baptisée Fight For Impunity (« combat contre l’impunité » en français) avait pour objectif la lutte pour la défense des droits de l’homme. « L’ONG de Panzeri comptait parmi ses membres d’honneur un Prix Nobel de la paix, des anciens commissaires européens, un ancien Premier ministre, souligne Brando Benifei. Elle était en fait, apparemment, un outil pour poursuivre des activités criminelles… Mais elle avait toutes les apparences d’une véritable ONG ! Je pensais que c’était une organisation sérieuse. Je n’ai jamais rien fait avec cette ONG, je n’ai jamais participé à leurs conférences, etc. Mais je pensais qu’ils menaient des activités importantes avec des personnes très estimées dans le monde de la défense des droits de l’homme. »    ► À lire aussi :Qatargate: l’émirat dément toute implication et menace l'Union européenne Parcours typique de la gauche syndicale Considéré au Parlement de Strasbourg comme un homme de réseau, d’influence, Panzeri n’a pas laissé un souvenir très vivace auprès de ses anciens collègues. Et pour cause : il ne parle ni français ni anglais, et ses interactions se limitaient aux députés capables de s’exprimer en italien. Dans son pays, Panzeri n’était connu que dans un cercle restreint, celui de la gauche milanaise, et du monde syndical dont il est issu.   « Il a eu un rôle important à l’intérieur de la CGIL, le syndicat de gauche de Milan, décrypte Massimiliano Panarari politologue à l’université Mercatorum de Rome. Et puis il a décidé de commencer une carrière politique à l’intérieur d’un parti. Il s’agissait du PDS, c’est-à-dire le Parti démocrate de gauche. Il était notamment proche de Massimo D’Alema et de son courant à l’intérieur du PDS. Son parcours, sa trajectoire sont typiques d’une certaine gauche syndicale issue de la tradition du Parti communiste. » Pour la gauche italienne, le « Qatargate » et l’implication de Panzeri constituent un coup d’autant plus dur qu’ils interviennent après la déroute électorale subie à l’automne dernier et la victoire de l’extrême droite. « En ce qui concerne les élites politiques, on assiste à un effort de "réduction des dommages". Au centre-gauche, on essaie d’éloigner Panzeri le plus possible, et l’on dit de lui qu’il doit être frappé de la façon la plus dure par la justice. Mais, même au sein des élites de droite, on attend de vérifier si le scandale va être circonscrit ou va s’élargir, et l’on reste pour l’instant assez prudent. » Pour l’heure, la justice belge poursuit ses auditions. Pier Antonio Panzeri a été maintenu en détention. Quant à sa femme et sa fille, également impliquées par les enquêteurs, elles pourraient être prochainement extradées de l’Italie vers la Belgique. ► À lire aussi : «Qatargate»: un réseau principalement italien, exploité par le Qatar et le renseignement marocain
    1/7/2023
    3:25
  • Dans la Russie de Vladimir Poutine, les masques sont tombés
    L’offensive russe lancée le 24 février 2022 a plongé le Vieux Continent dans une situation qu’il pensait ne plus connaître après la construction de l’Union européenne. Les velléités impérialistes de Vladimir Poutine, qui estime que l’Ukraine fait partie intégrante de la Russie, comme au temps de l’URSS, ont provoqué l’isolement de son pays sur la scène internationale. Bien que cette guerre ait réveillé un sentiment de crainte vis-à-vis de la Russie, donc une forme de reconsidération qui avait disparu depuis 1991, elle pourrait bien marquer la fin du règne de son dirigeant.  En 2007, alors qu’il achevait son deuxième mandat à la tête de la Russie, Vladimir Poutine était désigné « personnalité de l’année » par le magazine américain Time. Depuis, l’homme a bien changé, ou tout du moins, ses ambitions sont désormais plus claires, après le lancement de cette « opération spéciale » en Ukraine. « C'est la crédibilité personnelle du dirigeant russe qui est jetée dans la balance. Cela répond à une conviction très profonde, très ancienne, très explicite. Vladimir Poutine veut annuler les effets négatifs de la disparition de l'URSS en 1991 et c'est la logique principale de cette invasion. Il s'agit de reconstituer la zone d'influence russe et la zone d'influence post-soviétique en Europe », explique Cyrille Bret, chercheur associé à l’Institut Jacques Delors et enseignant à Sciences Po.  Si le monde semblait, il y a quelques mois, étonné par l’invasion russe en Ukraine et les velléités expansionnistes de la Russie, depuis des années pourtant, le Kremlin se préparait à agir de la sorte. « Depuis le milieu des années 2000, Vladimir Poutine reconstitue d'autres moyens d'influence : les médias et la propagande. Il a également reconstitué l'outil d'influence économique en renforçant constamment les liens économiques, notamment en matière d'hydrocarbures et de minerais. Il a par ailleurs remis sur pied toute l'influence diplomatique dont est capable le réseau russe, qui mène depuis une dizaine d'années une véritable diplomatie de combat en Europe et aux marges de l’Europe », rappelle Cyrille Bret.  ► À lire aussi : Guerre en Ukraine : frappes russes sur Kiev, Vladimir Poutine revendique la « justesse morale » La guerre a eu l’effet inverse de celui escompté Cette politique insidieuse avait – entre autres – pour but de rappeler les liens qui unissent la Russie avec ses anciens satellites à l’époque de l’Union soviétique. En Ukraine, Vladimir Poutine comptait ainsi s’appuyer sur la communauté russophone pour renverser le pouvoir. Mais, selon Julien Théron, politiste, spécialiste en conflits et sécurité internationale, l’invasion de l’Ukraine a finalement eu l’effet inverse.  « On a ressassé depuis des années cette espèce de mythe qui disait : "Mais les russophones d'Ukraine sont pro-russes, ils préféreraient être Russes plutôt qu’Ukrainiens...". On comprend aujourd'hui que la chose est complètement fallacieuse et que les Ukrainiens, quelle que soit leur langue, sont Ukrainiens. Il y a d'autres minorités linguistiques, et ces minorités-là, comme la minorité russophone aujourd'hui, se battent en défense de leur État souverain et indépendant : l'Ukraine », détaille le politologue.  Un régime qui dévoile sa véritable nature En lançant son offensive, Vladimir Poutine a raffermi le sentiment patriotique des Ukrainiens et il a dévoilé à ceux qui en doutaient encore la véritable nature de son régime. C'est ce qu'affirme Julien Théron dans la suite de ses explications : Cette guerre montre à la fois le caractère autocratique et violent du régime russe en termes d'acquisition du renseignement, et sa fragilité en termes de réalité militaire. Sa fragilité, aussi, au regard de sa population. En effet, à l'occasion de cette guerre, le régime en a profité pour cadenasser la société russe encore plus qu'elle ne l'était déjà,  notamment sur le plan des médias et des libertés publiques. Donc effectivement, il est très difficile aujourd'hui pour les anciens thuriféraires du Kremlin, souvent aux extrêmes politiques, d’aller défendre un régime qui ne fait plus vraiment semblant d'être une démocratie. C'est ce que certains ont essayé d'expliquer durant des années, en disant que la Russie était un type de démocratie un peu dirigiste. Je crois qu'aujourd'hui, les masques sont tombés et qu'il s'agit bien d'un régime autocratique. Si cette guerre en Ukraine a dévoilé les véritables intentions de Vladimir Poutine, elle a aussi démontré les limites d’un pays qui était jusqu’alors présenté comme une grande puissance militaire. Un conflit qui, comme le dit Cyrille Bret, a condamné Vladimir Poutine à mettre en jeu la survie de son propre régime.   Julien Théron est le co-auteur, avec Isabelle Mandraud, du livre Poutine : la stratégie du désordre jusqu’à la guerre.  ► À lire aussi : Ukraine : Vladimir Poutine fustige l’Occident qui cherche à « diviser » la Russie
    12/31/2022
    3:30

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