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Revue de presse Afrique

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    À la Une: l’espace médiatique se rétrécit en Guinée

    18/09/2026
    « De la mise en demeure au bannissement », constate Ledjely à Conakry. « La HAC, la Haute Autorité de la Communication, a ordonné hier l’interdiction totale et immédiate de diffusion de la chaîne de télévision France 24 “par tout vecteur technique“ : satellite, câble, applications mobiles, sites internet et réseaux sociaux. Une sanction radicale, pointe le site guinéen, sans précédent pour un média international depuis l’arrivée de Mamadi Doumbouya à la magistrature suprême et qui n’est pas tombée sans avertissement : la veille, le régulateur avait d’abord adressé une mise en demeure à la chaîne, avant de durcir le ton faute de réaction jugée satisfaisante. »
    « Tout est parti, précise Ledjely, d’une séquence diffusée le 15 septembre, dans laquelle un présentateur de France 24 avait qualifié Mamadi Doumbouya de “président putschiste“. Dès le lendemain, la HAC a donc franchi un premier palier : une mise en demeure formelle reprochant à la chaîne l’emploi d’un “qualificatif inapproprié“ pour désigner le chef de l’État. Le régulateur estimait que cette qualification n’avait plus lieu d’être depuis l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 et la prestation de serment du président guinéen, et exigeait des rectifications éditoriales sous peine de sanctions. C’est cette étape intermédiaire qui change toute la donne dès le lendemain, pointe encore Ledjely. La HAC affirme alors que France 24 a opposé un “refus manifeste, délibéré et caractérisé“ d’appliquer cette mise en demeure et de cesser l’usage des termes incriminés. »
    Pour sa part, France 24 affirme avoir présenté des excuses le jour même de la mise en demeure. Cette réaction n’a toutefois pas empêché la HAC de prononcer l’interdiction de la chaîne le lendemain. 
    « La légitimité de la Guinée ne se commente depuis un plateau parisien »
    À lire sur le site Média Guinée, ce commentaire de Lansana Diawara, responsable d’un organisme public d’aide sociale : « que France 24 comprenne bien une chose : la légitimité de la Guinée ne se commente pas depuis un plateau parisien, affirme-t-il. Nous sommes une nation souveraine avec un peuple libre et un président élu. Vous pouvez être en désaccord avec nos institutions, mais le désaccord ne doit pas être désagréable. Le respect que nous exigeons, ce n’est pas pour un seul homme, c’est pour le choix souverain de plus de 17 millions et demi de Guinéens. » Et Lansana Diawara conclut ainsi : « l’Afrique a ses valeurs. La Guinée a ses modèles. Et notre modèle aujourd’hui, c’est le général Mamadi Doumbouya. »
    Jeune Afrique aussi…
    « En Guinée, un mot de trop fait basculer France 24 dans l’interdit », relève pour sa part le site Afrik.com. Afrik.com qui relève que cette « décision visant France 24 intervient au lendemain d’une autre mesure prise par la HAC. L’autorité guinéenne avait annoncé le retrait immédiat de l’accréditation journalistique de Mamadou Diawo Barry, correspondant de Jeune Afrique. » Officiellement pour « manquements professionnels », sans préciser les articles incriminés.
    Jeune Afrique qui a réagi hier en estimant que cette éviction « ne reposait sur aucune imputation précise susceptible d’étayer les accusations, aussi vagues que graves, censées la justifier. » Le média panafricain « demande donc à la HAC, laquelle se dit attachée “à la liberté de la presse et au pluralisme médiatique“, de reconsidérer une décision arbitraire qui n’honore pas les principes de cette institution. »
    Les médias privés guinéens aussi…
    Outre les médias internationaux, certains médias guinéens ont également subi les foudres de la HAC ces dernières années. C’est ce que rappelle le site All Africa : « En décembre 2023, la HAC avait demandé à Canal+ de suspendre la diffusion de plusieurs médias privés guinéens. Djoma TV et Djoma FM avaient été concernés par une première décision, avant que des contenus d’Evasion TV et d’Espace TV ne soient à leur tour retirés du bouquet quelques jours plus tard. »
    « La situation s’est durcie l’année suivante, pointe encore All Africa. Les autorités guinéennes ont retiré les agréments de plusieurs médias privés, dont Espace FM, Espace TV, Sweet FM, Djoma FM, Djoma TV et FIM FM. Selon le ministère de l’Information et de la Communication, ces décisions étaient liées au “non-respect“ des cahiers des charges et aux obligations imposées aux médias en matière de traitement de l’information. »
    Enfin, ce rappel, à lire notamment dans Le Monde Afrique : « Depuis l’arrivée au pouvoir du général Doumbouya en Guinée, relève le journal, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations, interdites, sont réprimées et de nombreux dissidents ont été arrêtés, condamnés, poussés à l’exil ou sont portés disparus. Ces dernières années, l’accès à Internet et aux réseaux sociaux a été restreint à plusieurs reprises. »
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    À la Une: la guerre asymétrique au Mali et son cortège de victimes civiles

    17/09/2026
    Les communiqués militaires se suivent et se ressemblent dans la presse malienne. L’accent est toujours victorieux et l’action des Forces armées maliennes (Fama) est portée aux nues.
    Dernier exemple en date, à lire sur le site Maliweb : « Dans le cadre de la poursuite de leurs missions de sécurisation du territoire national et de la lutte implacable contre le terrorisme à travers l’opération Dougoukoloko, les Fama, appuyées par leurs partenaires, ont mené lundi dernier avec succès de nouvelles actions de neutralisation de groupes armés terroristes, dans la région de Dioura dans le centre du pays. »
    Il s’agit d’une opération de représailles : jeudi 10 septembre, le camp de l’armée de cette localité de Dioura avait été attaqué par un groupe jihadiste. Plusieurs dizaines de militaires maliens et de combattants russes avaient été tués et plus de cinquante militaires avaient été faits prisonniers.
    Autre communiqué victorieux à lire sur le site Bamada, publié ce jeudi et qui concerne toujours cette région de Dioura : « les Fama poursuivent leurs opérations aéroterrestres avec rigueur, professionnalisme et détermination. » Et dans ce même communiqué, on peut lire : « l’État-Major général des Armées invite les populations à maintenir leur soutien et leur confiance aux forces engagées. »
    Au moins 25 % des morts sont des civils
    Justement, les populations civiles sont particulièrement exposées dans ce conflit. Elles sont en butte aux attaques des groupes armés mais elles sont aussi parfois victimes de l’armée régulière et des supplétifs russes. C’est ce que confirme une enquête publiée par Jeune Afrique. Durant plusieurs mois, le média panafricain et le site Bellingcat, avec la participation de l’ONG The Sentry, ont enquêté sur les frappes de drones menées par l’armée malienne et par les Russes d’Africa Corps. Au moins un quart d’entre elles font des victimes civiles. « C’est la face cachée d’une impitoyable reconquête », affirme Jeune Afrique.
    Comment cette enquête a-t-elle été menée ? « À partir d’une base de données de 60 frappes de drones et explosions, et en fonction de la disponibilité de preuves en sources ouvertes », le média panafricain et ses partenaires « ont reconstitué de manière indépendante douze d’entre elles. Images géolocalisées, vues satellite, débris de munitions ou témoignages humains ont permis d’évaluer les résultats de ces bombardements qui se veulent chirurgicaux et d’en déterminer le contexte. Un constat s’impose, relève Jeune Afrique : des civils ont été pris pour cibles de façon répétée, dans des opérations présentées par les autorités maliennes comme visant les groupes terroristes. Ainsi, précise le site, sur les douze frappes analysées dans notre enquête, nous avons recensé un total de 146 morts civiles. Rapporté à une période de trois ans (entre septembre 2023 et août 2026), ce bilan s’établit à 731 victimes civiles pour 199 frappes menées par les Fama et leurs alliés. »
    Punition collective ?
    Pour Jeune Afrique, on est en présence d’un « conflit asymétrique dans lequel les civils sont des victimes récurrentes. Éleveurs, orpailleurs et autres citoyens vaquant à leurs occupations sont régulièrement tués par des frappes dont il est difficile de déterminer l’intentionnalité, tant le secret entoure la décision de ciblage au sein du commandement malien. “Ce que l’on observe, c’est un élargissement considérable de la façon dont les autorités maliennes définissent ce qui constitue une cible légitime, leur permettant d’agir avec une forme d’impunité“, précise le chercheur Yvan Guichaoua. Une analyse partagée par un autre analyste senior, cité par le site : "les Fama et leurs partenaires semblent considérer les civils vivant dans des zones sous l’influence de militants ou de rebelles comme complices, appliquant ainsi une forme de punition collective dans laquelle la présence de civils ou leur association présumée avec des groupes armés sert à justifier des attaques". »
    Et Jeune Afrique de préciser avoir « contacté l’armée malienne pour lui faire part des conclusions de cette enquête. Nous n’avons pas reçu de réponse substantielle au moment de la publication, pointe le site. À l’instar de nombreux gouvernements, Bamako ne reconnaît jamais officiellement la mort de civils lors de ses bombardements. Mais, en privé, des officiers admettent des “bavures“ (…). »
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    À la Une: les violences à Kinshasa lors de la manifestation de l’opposition

    16/09/2026
    « La rue a de nouveau cristallisé les tensions politiques en République démocratique du Congo, relève Le Journal de Kinshasa. Hier mardi, la marche convoquée à Kinshasa par la C64, la Coalition Article 64, pour dénoncer toute perspective de prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi, s’est déroulée dans un climat de forte crispation, marqué par des affrontements, un important dispositif sécuritaire et des accusations croisées entre opposition et majorité. »
    Le site Actualité CD nous raconte le moment où tout a basculé : « Arrivé à hauteur de la 13e rue, le cortège est perturbé par des détonations entendues un peu plus loin. Plusieurs manifestants commencent à fuir. Mais ces premiers mouvements de panique ne suffisent pas à faire reculer la masse, estimée à plus de 5 000 personnes. La situation dégénère véritablement au niveau des 12e et 11e rues, relate Actualité CD. Des jeunes, présentés comme membres de la Force du progrès, structure affiliée à l’UDPS, le parti présidentiel, sortent alors sur la voie publique munis d’armes blanches. Énervés par les chants scandés par les manifestants, ils passent à l’attaque, brandissant notamment des pelles, des machettes et d’autres objets. Au même moment, des policiers font usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les protagonistes et ramener le calme. La circulation est aussitôt paralysée. (…) Chacun cherche à fuir (…). La fumée envahit le boulevard. Après plusieurs minutes d’affrontements, les éléments de la Force du progrès parviennent à repousser la grande masse qui accompagnait les leaders de l’opposition, Kabund, Sesanga et Fayulu. »
    Guet-apens ?
    Jeune Afrique raconte la suite : « Arrivé dans ses bureaux avec une chemise blanche tachée de sang, semblant éprouver des difficultés pour marcher, Martin Fayulu a pointé du doigt les Forces du progrès, ce groupe de jeunes affiliés au parti présidentiel. “Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. C’était un attentat prémédité, a accusé l’opposant. La police censée nous sécuriser nous a lancé des tirs lacrymogènes, [laissant] les Forces du progrès devant avec des machettes", a-t-il poursuivi, assurant avoir eu la vie sauve grâce à un taxi moto. »
    Double raté…
    Alors, « cette journée du 15 septembre constituait un test grandeur nature pour l’opposition et la police congolaise. » C’est raté. C’est ce que souligne Afrikarabia : « pour les opposants, il fallait prouver qu’après plusieurs reports de manifestations, ils étaient encore capables de mobiliser ; et pour la police, qu’elle pouvait sécuriser le cortège dans le calme. »
    Côté autorités, relève le site, « le pouvoir avait à cœur de prouver qu’une manifestation d’opposants pouvait se dérouler sans heurt à Kinshasa. Tout avait été fait pour limiter les tensions, notamment sur le parcours qui devait se terminer devant le Palais du Peuple le jour de la rentrée parlementaire. »
    Et du côté de l’opposition : seulement un peu plus de 5 000 personnes hier dans les rues de Kinshasa : « la mobilisation n’était pas vraiment au rendez-vous, pointe Afrikarabia. Ce premier test de mobilisation pour l’opposition congolaise a clairement montré les limites de l’exercice dans un contexte où la guerre à l’Est et la prochaine convocation d’un dialogue national offrent peu de prise à des manifestations populaires. (…) L’opposition devra donc tirer les enseignements de cette faible mobilisation, conclut le site spécialisé sur la RDC, même si le débat sur le changement de la Constitution est loin d’être clos et les tensions politiques sur le possible troisième mandat de Félix Tshisekedi loin d’être éteintes. Il reste encore un peu plus de 2 ans avant l’échéance présidentielle de 2028. »
    Tshisekedi dans les pas de Kabila ?
    Enfin la presse burkinabè, toujours prompte à commenter ce qui se passe en dehors de ses frontières, tire à boulets rouges sur le président congolais : « Félix Tshisekedi entend organiser un dialogue qu’il dit inclusif (…), mais en réalité, affirme WakatSéra, il vise un monologue exclusif pour faire prospérer le leurre de la paix et donner toutes les chances à son entreprise de changement de la constitution qui lui ouvrira le boulevard de la présidence à vie, avec pour première étape décisive, le troisième mandat. »
    Le Pays renchérit : « Fatshi est en train de tomber dans les mêmes travers que son prédécesseur, Joseph Kabila : notamment les velléités de troisième mandat de l’ancien chef d’État qu’il avait farouchement combattues, et le recours à la répression contre les manifestations de l’opposition. »
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    À la Une: au Niger, la junte militaire resserre les rangs

    15/09/2026
    « Abdourahamane Tiani veut reprendre la main sur l’armée, constate Jeune Afrique. Quelques semaines après la mutinerie d’une partie des forces spéciales, les 28 et 29 août derniers, le chef de la junte a procédé à un vaste remaniement de la hiérarchie militaire. » Avec notamment la mise à l’écart du général Moussa Salaou Barmou, chef d’état-major des armées depuis août 2023.
    Le général Barmou avait longtemps dirigé le BRS, le Bataillon de renseignement et de surveillance, qui avait activement participé au coup de force fin août. « "Abdourahamane Tiani le tient sûrement pour responsable. Le BRS étant historiquement proche de lui", confie à Jeune Afrique une source nigérienne proche des milieux sécuritaires. Plusieurs membres de cette unité avaient d’ailleurs été arrêtés dans la foulée. (…) Pour succéder à Barmou, Tiani a choisi le général de brigade Mamane Sani Kiaou, jusqu’ici chef d’état-major de l’armée de terre et réputé proche du chef de la junte. (…) Et sa nomination a entraîné à son tour un jeu de chaises musicales au sommet de l’armée. »
    Mieux contrôler la chaîne de commandement
    Commentaire de Jeune Afrique : « Ce remaniement constitue le premier grand bouleversement de la chaîne de commandement militaire depuis la prise de pouvoir par Abdourahamane Tiani. Il est également l’illustration de tensions au sein de la junte, avec le limogeage de Barmou. En l’absence de prise de parole publique du chef de la junte sur les événements des 28 et 29 août, ce remaniement offre donc un premier aperçu de sa réponse, pointe encore le site panafricain : resserrer le dispositif autour d’officiers jugés fiables, tout en reprenant le contrôle d’une chaîne de commandement dont la loyauté a été, pour la première fois, publiquement mise à l’épreuve. »
    Analyse similaire pour le site Sahel Horizon : « En confiant le commandement suprême au général Mahaman Sani Kiaou, patron de l’armée de terre, le régime de Tiani opère une reprise en main classique par les forces conventionnelles. Plus qu’un simple changement d’homme, ce remaniement vise à resserrer les rangs, rétablir une verticalité stricte de l’autorité et garantir une fidélité sans faille au sommet de l’État. »
    Alger et Bamako : « main dans la main »
    À la Une également, le rapprochement entre le Mali et l’Algérie. « Trois semaines après la visite du chef du gouvernement malien à Alger, c’est au tour du Premier ministre algérien de fouler le sol malien, relève Maliweb. Sifi Ghrieb est arrivé hier à Bamako, à la tête d’une importante délégation. »
    Une visite à la « tournure résolument économique, pointe Sahel Tribune. Au-delà des discours sur la fraternité entre les deux pays, les délégations malienne et algérienne ont examiné plusieurs secteurs d’investissement, des ressources minières à l’agro-industrie, en passant par les exportations, l’énergie, les infrastructures et l’enseignement supérieur. »
    Avec en point d’orgue la relance du projet de route transsaharienne : « ce corridor routier de près de 4 800 kilomètres reliant Alger à Lagos via Bamako, en projet depuis les années 1970, est aujourd’hui achevé à près de 90 % côté algérien, mais constate Sahel Tribune, bute sur le tronçon reliant Gao à Tamanrasset, en territoire malien. (…) L’Algérie a tout intérêt à voir le Mali combler sa part du tracé pour transformer cet axe en véritable corridor économique reliant la Méditerranée à l’Afrique de l’Ouest. Pour Bamako, en quête de partenaires susceptibles de financer ses immenses besoins d’infrastructures et d’électricité, l’exercice a valeur de vitrine. »
    « Algérie-Mali, ça se réchauffe à grands pas », constate Aujourd’hui à Ouagadougou. Ce sont « 1 300 km de frontières, une lutte contre l’insécurité terroriste qui nécessite que les deux pays mutualisent forces et renseignements et même économiquement : tout a tendance à ce que le Mali et l’Algérie travaillent la main dans la main ».
    « Alger-Bamako : main dans la main », renchérit El Moudjahid en Algérie. « Finie la brouille ! », insiste Le Matin d’Algérie. « Oublié le retrait de la reconnaissance de la République démocratique du Sahara occidental par le Mali et oubliées les foucades d’Assimi Goïta contre les accords d’Alger. Tout va bien. »
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    À la Une: la campagne agricole au Sénégal

    14/09/2026
    « Des paysans dans l’expectative », titre Walf Quotidien à Dakar. En effet, la campagne agricole a démarré avec son lot d’espoir et d’incertitudes. Comment s’annoncent les récoltes ? La situation est variable selon les régions.
    « Les champs d’arachides et de mil se succèdent aux abords de la route, entre Mbour et Keur Ayib, à la frontière entre le Sénégal et la Gambie, relève Walf Quotidien. Plus on descend vers le sud du Sénégal, entre Sédhiou, Kolda et Ziguinchor, cultures de maïs et périmètres de rizières s’alternent, verdoiement à perte de vue. L’angoisse de début de campagne agricole laisse désormais place à l’espoir de faire de bonnes récoltes. (…) Dans certaines localités comme Louga ou Ziguinchor, des produits agricoles fraîchement récoltés sont déjà présents dans le marché. »
    Inquiétude en revanche dans la région de Matam, dans l’ouest du pays. « La rareté des pluies fait que bon nombre de paysans craignent pour les récoltes, constate Walf. Car cette année, dans plusieurs localités, le déficit pluviométrique est énorme. (…) Les cultures ont grandi certes, mais avec la rareté des pluies, elles commencent à sécher et à jaunir. (…) Wodobéré, village situé à près de 15 kilomètres de la commune de Matam, fait figure d’exception, pointe le quotidien dakarois. Là, les cultures maraîchères se portent à merveille. Il faut dire que dans cette zone, la proximité avec le fleuve Sénégal est un avantage de taille ; avec le système de pompage, l’agriculture irriguée permet aux paysans d’avoir de bons rendements. » 
    La pluie : bénédiction pour les uns, catastrophe pour d’autres…
    Alors bonne nouvelle pour les agriculteurs, des pluies sont en cours, constate Senego, « dans l’est et le sud-est du Sénégal, avec des phénomènes déjà observés par endroits à Kédougou, Tambacounda, Kolda, dans le sud de Matam et l’est de Kaffrine. »
    Des trombes d’eau ces derniers jours dans la région de Saint-Louis… Mais là, avec des conséquences parfois catastrophiques pour les populations. « À Saint-Louis, les premières pluies réveillent la menace des inondations », s’exclame le site Seneplus. « Des maisons ont été envahies par les eaux dans plusieurs quartiers. Les familles les plus modestes redoutent désormais de nouvelles précipitations et, pour certaines, envisagent de quitter provisoirement leur logement.
    La pluie a également fortement perturbé la circulation. Plusieurs routes et voies d’accès sont devenues impraticables, obligeant les habitants à multiplier les détours. »
    Dakar, capitale de la mode africaine !
    Toujours à propos du Sénégal, à lire ce reportage dans Le Monde Afrique sur « l’art de la sape à Dakar » : « Deux choses ne manquent pas à Dakar, relate le journal : les élégants et les tailleurs. Le vendredi, les rues ont des allures de défilés. Les femmes sont nombreuses à porter le grand boubou ample avec son moussor, savant foulard de tête. Les hommes optent souvent pour un deux-pièces simple mais coloré, le "demi-saison". Les jeunes filles sont en "taille basse", ensemble fuselé avec sa jupe évasée. "Dakar est-elle la ville la plus stylée du monde ?", se demandait, en 2018, le magazine de mode états-unien GQ. »
    Il faut dire, constate Le Monde Afrique, que « ces dernières années, la créativité explose. Dans la boutique de marques de haute couture sénégalaises de Kadiata Diallo, styliste à la tête de la marque Niuku, on trouve des pièces en toile de jute de sacs de marchandises recyclés, du streetwear, du denim oversize et des maillots de football. À l’international, de jeunes créateurs se font remarquer, à l’instar de Cheikh Kébé, dont Maison Kébé signe des lignes connues pour leur raffinement. »
    Le Monde Afrique constate encore que « le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le puissant président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, qui se revendiquent du souverainisme et du panafricanisme, sont les premiers à s’afficher en "tradimoderne". Ce style populaire dans toutes les classes sociales adapte les tenues sénégalaises à un mode de vie urbain et permet de s’affranchir du vestiaire occidental. Les designers de tradimoderne sont considérés, ici, comme des stars. Avec plus de 60 000 ateliers de couture formels et informels à travers le territoire, relève encore le journal, le textile est l’une des principales industries du pays. "Dakar n’est plus juste un espace d’élégance traditionnelle ; c’est un hub pour la mode africaine, souligne la styliste Kadiata Diallo. Le savoir-faire des tailleurs attire des designers du reste du continent" ».
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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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