Revue de presse Afrique

Último episódio
336 episódios
- Au Togo, les documentaristes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont bénéficié mercredi d’une décision de mise en liberté provisoire, de même que leur collaborateur local Fred Vedomey.
Les deux réalisateurs français ont pu prendre le vol d’hier soir Lomé-Paris. Ils sont arrivés dans la capitale française en début de matinée.
Toutefois, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani restent poursuivis par la justice togolaise.
En effet, précise Afrik.com, « la remise en liberté provisoire des trois hommes ne met pas fin à la procédure. Ils restent concernés par l’information judiciaire ouverte au Togo et les investigations se poursuivent. Les autorités judiciaires n’ont pas annoncé la date d’une éventuelle audience au fond ».
Les trois hommes avaient été arrêtés le 27 juillet, rappelle Jeune Afrique, « alors qu’ils tournaient un épisode d’une série documentaire diffusée sur France Télévisions, Les Routes de l’impossible. Ils ont été accusés d’avoir violé le périmètre de leur zone d’intervention autorisée et d’avoir menti sur l’utilisation d’un drone. Ils se trouvaient alors dans le nord du pays, une région où les attaques jihadistes rendent les autorités nerveuses. (…) La justice togolaise a estimé qu’un maintien en détention n’était plus nécessaire pour la manifestation de la vérité. Les accusés ont donc bénéficié d’une décision de liberté provisoire. »
Tensions entre Paris et Lomé…
« En France, relève Le Monde Afrique, cette affaire a été perçue comme un nouveau signe de défiance de la part du Togo. À la tête du pays depuis qu’il a succédé à son père Gnassingbé Eyadéma, en 2005, Faure Gnassingbé, longtemps allié de Paris en Afrique de l’Ouest, s’est rapproché des juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, qui forment l’Alliance des États du Sahel et ont rompu avec l’ancienne puissance coloniale pour se tourner vers Moscou. En novembre 2025, lors d’une visite au Kremlin, le président du conseil togolais a ratifié un nouvel accord de défense avec la Russie, rappelle Le Monde Afrique. Ce texte, qui prévoit la formation de militaires togolais par des instructeurs russes, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d’exercices militaires conjoints, offre surtout à Moscou ce que Paris cherchait à éviter : un nouvel ancrage maritime stratégique dans le golfe de Guinée, depuis lequel l’armée russe peut ravitailler ses contingents déployés au Sahel. En juillet, pointe encore le quotidien français, du matériel militaire russe avait ainsi débarqué par cargo à Lomé pour être ensuite acheminé par convoi jusqu’au Mali, où environ 2 500 militaires russes d’Africa Corps sont présents pour soutenir la junte du général Assimi Goïta. »
Sans nouvelles de Moussa Kaka au Niger
À la Une également, une disparition et une interpellation qui inquiètent au Niger… « Deux affaires distinctes qui alimentent les inquiétudes dans le paysage politique et médiatique nigérien, relève Le Journal du Niger. Lundi, le journaliste Moussa Kaka, directeur général du groupe Saraounia et correspondant de RFI (jusqu’en 2023), a disparu après avoir quitté son lieu de travail à Niamey. Le lendemain, l’ancien ministre de la Défense, Kalla Moutari, a été interpellé à Dakoro, dans la région de Maradi. Les circonstances précises de ces deux événements restent encore inconnues. »
Ces deux affaires interviennent quelques jours après le coup de force militaire qui s’est produit à Niamey. « Pour autant, pointe Le Journal du Niger, aucun élément public ne permet actuellement d’établir un lien entre la disparition de Moussa Kaka, l’interpellation de Kalla Moutari et ces événements. La prudence reste donc de mise. »
En tout cas, note encore le média nigérien, « la disparition de Moussa Kaka intervient quelques jours seulement après la libération d’Ibro Chaibou, rédacteur en chef de Saraounia TV, détenu pendant près de dix mois. Les autorités avaient également libéré deux autres journalistes nigériens en juillet, après plusieurs mois de détention. »
Reste que « la disparition de Moussa Kaka ravive les inquiétudes autour de la liberté de la presse au Niger, pointe le site ivoirien Koaci, alors que le journaliste avait déjà été arrêté et détenu par le passé en raison de son travail. Il avait notamment été emprisonné en 2007-2008 dans une affaire liée à ses contacts avec la rébellion touarègue. » - « Enfin le jackpot ! », s’exclame WalfQuotidien en première page. « C’est une très bonne nouvelle, presque une aubaine. Le Sénégal, qui risquait un défaut de paiement, a signé hier avec le FMI, le Fonds monétaire international, un accord de 36 mois en vue d’un programme d’aide d’environ 2,2 milliards de dollars », soit 1 244 milliards de FCFA. Toutefois, tempère le quotidien dakarois, cet accord « reste soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI ».
Ce qui n’empêche pas Le Soleil de qualifier cet accord de « thérapie sur mesure ». En effet, ce programme d’aide s’étale donc sur trois ans, jusqu’en 2029. « Il vise notamment, précise le site Seneplus, à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, renforcer les dépenses sociales et soutenir une croissance davantage portée par le secteur privé. »
« Le programme envisagé repose sur un double objectif, complète Dakar Actu : rétablir la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables. Concrètement, la stratégie budgétaire s’appuiera sur un renforcement de la mobilisation des ressources intérieures et une rationalisation des dépenses, avec en parallèle une consolidation des filets de protection sociale, notamment via des transferts monétaires ciblés. »
Une restructuration de plus en plus difficile à éviter
Cet accord entre le Sénégal et le FMI intervient « après plus de deux ans de négociations, parfois houleuses », relève Jeune Afrique. « Le précédent programme du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la découverte d’environ 13 milliards de dollars de dette non déclarée sous l’administration de Macky Sall. C’est la (fameuse) affaire de la dette cachée. Et le Sénégal avait dû se financer largement sur le marché régional en l’absence du FMI et des autres bailleurs. (…) Depuis ces derniers mois, entre autres après la réorganisation de l’équipe gouvernementale, les discussions s’étaient accélérées. La restructuration, longtemps rejetée par les autorités sénégalaises, était devenue de plus en plus difficile à éviter. »
Désormais, pointe encore Jeune Afrique, cet « accord avec le FMI donne enfin à Dakar une perspective de financement et un ancrage pour rétablir la confiance des bailleurs et des investisseurs. Mais, surtout, la restructuration va permettre de desserrer la contrainte du service de la dette. (…) Pour Dakar, c’est donc la fin d’une stratégie consistant à repousser l’échéance par de nouveaux emprunts : il faut désormais négocier avec les créanciers pour rendre la dette soutenable. »
Et sur le plan politique, constate Jeune Afrique, « c’est un tournant majeur pour le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis son arrivée au pouvoir, son gouvernement (dirigé alors par Ousmane Sonko) avait fait de la restauration de la souveraineté financière et du refus d’une restructuration un marqueur politique. La réalité des chiffres a donc finalement rattrapé Dakar. »
Ousmane Sonko circonspect…
Et c’est une rupture, une de plus, avec l’ex-premier ministre Ousmane Sonko, devenu chef du Parlement après son limogeage en mai dernier par le chef de l’État. Son gouvernement, pointe également Le Monde Afrique, « avait (toujours) exclu toute restructuration de la dette, solution préconisée par des experts. »
D’ailleurs, Ousmane Sonko a exprimé sa circonspection après l’annonce de l’accord avec le FMI : « Le langage diplomatique tenu de part et d’autre ne donne aucune information sur le détail de ce projet d’accord, ni sur les engagements du Sénégal », affirme-t-il. Ses propos sont repris notamment par le site Senego. Le président de l’Assemblée nationale demande, pointe le site, des précisions sur le « traitement de la dette évoqué dans le communiqué du FMI. Il s’interroge également sur les principales réformes prévues, notamment en matière de viabilité des finances publiques, de protection des ménages vulnérables, de mobilisation des ressources intérieures et de rationalisation des dépenses. »
Bref, commente Jeune Afrique, « l’exécutif va devoir composer avec une assemblée nationale acquise à Ousmane Sonko. Pour ce dernier, la restructuration de la dette sénégalaise a toujours constitué une ligne rouge. Reste à savoir dans quelle mesure il pourra faire obstruction aux futures négociations. » - « Au village d’Aït Idris, commune de Taskriout, à 60 km à l’est de de Béjaïa : une scène difficile à soutenir, relate TSA Algérie. Celle d’une septuagénaire au regard désabusé, qui se tient debout au milieu des décombres noircis de ce qui fut sa maison, son foyer, sa vie et dont plus rien ne subsiste hormis les murs calcinés et des amas de cendres. Meubles, vêtements, photos, argent, ustensiles du cuisine… tous les biens accumulés au fil des années sont partis en fumée, en quelques minutes lors des derniers incendies qui ont endeuillé les wilayas de Bejaia, de Jijel et de Tizi-Ouzou. "Je n’ai plus rien, plus rien ! Je suis veuve, je souffre d’une maladie cardiaque, et mes bêtes, dont je tirais ma subsistance, ont été brûlées. Où puiser le courage pour faire face à cette situation ? Avec quoi je vais réparer tout ça ?", lance la vielle femme, le regard perdu dans les vestiges de son foyer réduit en cendres. »
À lire aussiIncendies en Algérie: les autorités déclarent trois jours de deuil national
Quel bilan ?
« Six jours après le départ des premiers feux dans les zones montagneuses de Béjaïa, de Tizi Ouzou et de Jijel, le bilan officiel reste figé à douze morts, pointe Jeune Afrique. Bien que la Protection civile ait revu ce chiffre à la hausse, la présidence de la République a imposé un black-out : aucune institution, aucun responsable ni aucun média n’est autorisé à contester le chiffre officiel. Cette censure vise à dissimuler l’ampleur des pertes humaines pour ne pas assumer le fiasco politique d’un plan anti-incendie encensé au début de l’été. (…)
Pourtant, poursuit Jeune Afrique, les témoignages des habitants de la région de Jijel, les textes postés sur les réseaux sociaux ainsi que les listes publiées par les hôpitaux et les mairies concordent : les victimes se comptent par centaines. Vendredi dernier, des sources proches du ministère de la Défense confiaient que le bilan provisoire était de 385 morts, sans compter les nombreux disparus. »
Au total, près de 200 incendies ont éclaté ces derniers jours en Algérie. Les autorités affirment que la plupart sont d’origine criminelle. Conséquence, relève Afrik.com, « le président Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la modification du Code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir la peine de mort, avec exécution, pour les personnes impliquées dans des incendies volontaires. »
À lire aussiAlgérie: le président veut faire appliquer la peine de mort contre les pyromanes
Alger : un soutien militaire direct et assumé au Niger
L’Algérie toujours, dans un tout autre domaine. L’Algérie a « franchi un cap militaire au Sahel », avec un soutien direct aux autorités nigériennes… C’est ce que relève Le Point Afrique. L’Algérie a en effet envoyé à Niamey quatre avions de chasse Sukhoï au lendemain de la tentative de coup de force d’une partie de l’armée. Cela « confirme bien un soutien militaire algérien visible et assumé au profit du pouvoir de Niamey, commente Le Point Afrique. Ce soutien s’inscrit aussi dans un dispositif nigérien où les forces russes d’Africa Corps occupent déjà une place importante, mais aucune coordination entre Alger et Moscou n’a été officiellement établie. (…) Traditionnellement, rappelle Le Point Afrique, l’Algérie privilégie, au Sahel, la non-ingérence, la médiation et une coopération sécuritaire discrète. Son influence reposait surtout sur les leviers des services de renseignement, la diplomatie parallèle, l’arbitrage avec les mouvements armés et les réseaux de notables, de confréries religieuses et d’élites tribales. Cette fois, Alger a donc choisi un soutien militaire visible, médiatisé et assumé. »
Intérêts économiques…
Commentaire d’El Moudjahid à Alger : « L’enjeu est d’autant plus important, que plusieurs projets structurants reposent sur un environnement régional stable. Le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, l’interconnexion dorsale de fibre optique, la route transsaharienne destinée à faciliter les échanges, les zones de libre-échange et d’autres initiatives d’intégration régionale constituent autant de leviers de développement, dont la réalisation suppose un climat de sécurité et de stabilité. L’Algérie, qui œuvre, depuis des années, en faveur d’une Afrique prospère, intégrée et pacifique, a tout intérêt, affirme encore le quotidien proche du pouvoir, à préserver les conditions permettant à ces projets de voir le jour et de produire leurs effets au bénéfice des populations. »
À lire aussiPour étendre son influence au Sahel, l'Algérie utilise «sa force militaire» et son capital «pétrole» - « La capitale nigérienne, Niamey, a connu vendredi une nuit de forte tension, relève le Journal du Niger. Des échanges de tirs et plusieurs détonations ont retenti pendant plusieurs heures autour de sites stratégiques, notamment la base militaire 101, l’aéroport international Diori Hamani et les abords du palais présidentiel. Les autorités militaires affirment désormais avoir circonscrit le mouvement. Le ministère nigérien de la Défense a attribué les violences à un “mouvement d’humeur" impliquant des soldats en rupture avec le règlement militaire ».
« Les tirs nourris entendus dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey ont suscité inquiétude et spéculations, au Niger et à l’étranger, pointe pour sa part Tam-Tam info, autre site nigérien. Comme à l’accoutumée, les ennemis de notre souveraineté retrouvée et de notre cohésion sociale ont vite saisi la balle au bond pour distiller des rumeurs les plus fantaisistes les unes que les autres. Mais, en réalité, affirme Tam-Tam Info, les FDS, les Forces de défense et de sécurité, ont réagi rapidement et professionnellement pour maîtriser un mouvement d’humeur impliquant des éléments isolés de l’armée ».
Voilà pour la version officielle distillée donc par les médias nigériens.
Tensions et frustrations au sein de l’armée nigérienne…
Analyse diamétralement opposée pour Sahel Horizon, site spécialisé sur les pays de l’AES, tenu par des journalistes en exil : « La crise qui a secoué Niamey trouve son origine directe dans de profondes tensions au sein de l’appareil militaire nigérien. Elle met en lumière des frustrations accumulées autour des conditions de déploiement, de la rotation des personnels et du sentiment d’une inégalité de traitement au sein de la hiérarchie sécuritaire ».
Sahel Horizon cite le cas de deux officiers des Forces spéciales, à l’origine de la mutinerie, qui avaient récemment « dénoncé une répartition inégale des contraintes opérationnelles, certaines unités étant maintenues durablement sur le terrain tandis que certains cadres bénéficieraient d’affectations administratives, de promotions ou de missions à l’étranger. (…) La mutinerie de la base 101 révèle (donc), pointe le site, les fractures de l’armée nigérienne et met (aussi) à l’épreuve la crédibilité du pacte de défense de l’AES, dont la Charte prévoit une assistance mutuelle face aux rébellions et menaces contre un État membre ». En effet, précise Sahel Horizon, « si le Burkina Faso et le Mali ont affiché leur solidarité politique, le soutien militaire direct publiquement établi est venu de la Russie. L’épisode révèle ainsi un décalage entre la solidarité politique revendiquée par l’AES et sa capacité opérationnelle effectivement démontrée ».
De plus en plus d’attaques djihadistes
Pour Ledjely en Guinée, cette victoire des forces loyalistes « ne doit pas faire illusion » : « ce putsch manqué constitue un indicateur supplémentaire de la dégradation de la situation, notamment sécuritaire, depuis le coup d'État de juillet 2023. (…) Ironie du sort, c’est précisément cette même dégradation du climat sécuritaire que l’actuel dirigeant nigérien, Abdourahamane Tiani, avait invoquée pour justifier son propre coup d'État contre Mohamed Bazoum ».
Le Monde Afrique à Paris renchérit : « cette mutinerie révèle les faiblesses de la junte du général Tiani, alors que le pays est en proie aux attaques de plusieurs groupes djihadistes. (…) Le 14 mai, rappelle le journal, le GSIM a attaqué un camp militaire à Garbougna, dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso, tuant 67 personnes, dont des civils. Le 17 juin, 51 soldats étaient à leur tour tués dans un assaut contre la garnison d’Inates, dans la même région. Ces saignées à répétition ont alimenté les frustrations au sein de l’armée ces dernières semaines, pointe encore Le Monde Afrique. Malgré les discours patriotiques triomphants des responsables de la junte à Niamey, certains officiers se sentent démunis sur le terrain. De fait, selon des sources militaires concordantes, les mutins qui ont tenté de renverser le général Tiani étaient menés par de jeunes gradés des forces spéciales pour partie déployés en première ligne dans la région de Tillabéri ».
Le Monde Afrique qui note également que « la junte du général Tiani apparaît d’autant plus fragile sur le plan sécuritaire qu’elle n’a pu compter sur ses alliés de l’AES durant cette journée à haut risque ».
Une junte qui n’a dû son salut finalement qu’aux forces russes de l’Africa Corps présentes à Niamey.
Libération, toujours à Paris s’interroge : « samedi, les mercenaires d’Africa Corps ont montré qu’ils étaient capables de sauver le régime nigérien. Mais pour combien de temps ? Et à quel prix ? ». - « Dialogue national : Félix Tshisekedi prône "un sursaut national" sans partage du pouvoir », titre Le Potentiel. Le journal congolais estime que le président « s’est adressé au peuple dans un discours d’une grande lucidité politique ». « Face à l’amplification des crises sécuritaires à l’Est et à la fragilité de la cohésion nationale, poursuit Le Potentiel, le chef de l'État a appelé à un rassemblement patriotique pour traiter les causes profondes des instabilités du pays ».
« Tshisekedi fixe le cadre d’un dialogue de trois mois et en exclut l’AFC/M23 », annonce de son côté Actualité.cd. Le journal en ligne précise que « le processus de dialogue national débutera par des consultations dans les 26 provinces avant des assises à Kinshasa, tout en excluant de ce cadre les acteurs qui continueront à combattre par les armes ». Quant au site d’information congolais Beto, il remarque que Félix Tshisekedi « a fait de l’ancrage territorial la marque du dialogue » qu’il a lancé hier.
Qui participera à ce dialogue national ?
C’est Actualité.cd qui détaille cet aspect du processus. « Ce dialogue doit associer majorité et opposition, société civile, confessions religieuses, autorités coutumières ainsi que des représentants des milieux économiques, professionnels, universitaires et scientifiques », a annoncé le chef de l'État.
Et cela doit en principe se faire région par région. « Dans chaque province, explique Actualité.cd, des forums préliminaires devront examiner les causes de l’insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités, les obstacles au développement et les réformes jugées nécessaires ».
Le programme s’annonce chargé. Et le pari n’est pas gagné d’avance si l'on en croit le journal en ligne Beto qui émet cette réserve : « En proposant de traiter les causes structurelles des crises sans céder au chantage classique du partage du gâteau politique, Félix Tshisekedi tente de poser les bases d’un contrat républicain renouvelé. Mais la grande question demeure : la classe politique congolaise, historiquement façonnée par la quête des positions d’influence, est-elle prête à s’engager dans un dialogue dont l’unique gain serait l’intérêt général ? »
« Une génération entière décimée »
Reste l'épineuse question de la situation dans l’est de la RDC. Il faut dire, remarque Le Potentiel, que dans « son allocution aux accents d’examen de conscience collective, le président congolais a livré un diagnostic sans complaisance des échecs accumulés au cours des soixante-six années d’indépendance de la RDC. Il a notamment pointé du doigt les insuffisances des anciens processus de paix, trop souvent réduits à de simples arrangements (…). Évoquant trois décennies d’agressions et d’insécurité à l’Est, il a martelé : "ce n’est plus une crise passagère, c’est une génération entière qui est décimée" ».
Une chose est sûre, en tout cas, l’AFC/M23 ne participera pas à ce dialogue national. « Tous ceux qui ont pris les armes contre l’ordre constitutionnel établi en RDC ne participeront pas à ces assises », a prévenu Félix Tshisekedi. Hormis cette exception, remarque Radio Okapi, le chef de l'État, annonce que « nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion ».
Concernant le conflit dans l’est de la RDC, rappelle Actualité.cd, « le gouvernement congolais et l’AFC/M23 sont déjà engagés dans des discussions à Doha, sous médiation du Qatar. Et Félix Tshisekedi a rappelé hier que ce processus restait le cadre destiné à traiter avec l’AFC/M23, des questions liées notamment à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement et au désarmement ».
Sobre Revue de presse Afrique
Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
Sítio Web de podcast