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    À la Une: va-t-on vers un apaisement politique au Tchad?

    11/08/2026
    La question peut se poser après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l’indépendance du pays, qui sera donc célébré ce mardi, le chef de l’État, note le site Tchad Vision, « s’est adressé à la nation avec un appel vibrant à l’unité nationale et à la réconciliation, soulignant leur importance pour l’avenir du pays. Le chef de l’État a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles. »
    Toutefois, relève Afrik.com, Mahamat Idriss Déby Itno « n’a pas précisé, dans son discours, le nombre de bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni leur identité. Ces précisions devraient être connues lors de la publication de l’acte présidentiel annoncé. » C’est-à-dire aujourd’hui, jour de fête nationale donc, ou dans les prochains jours.
    Des opposants graciés ?
    Alors qui pourrait bénéficier de cette grâce présidentielle ? Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés.
    « Réunis le week-end dernier à Ndjamena, note le site Bénin Web TV, les responsables de la Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) ont demandé au chef de l’État de prendre des mesures d’apaisement dans un contexte politique qu’ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l’impunité. La Cosadt demande une grâce présidentielle pour Succès Masra, l’ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il avait été condamné le 9 août de l’année dernière à 20 ans de prison. Les responsables de la Cosadt réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP, le Groupe de concertation des acteurs politiques. Ceux-ci avaient été condamnés début mai à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l’ordre public. »
    D’ailleurs, leur état de santé se dégrade de façon inquiétante, d’après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. C’est ce qu'ils faisaient savoir il y a quelques semaines à l’Agence France-Presse (AFP). Ces dirigeants de partis d’opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno sont 8 au total, pour la plupart âgés. Le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans. Ils avaient été jugés coupables de fomenter une insurrection, alors qu’ils organisaient une manifestation interdite par les autorités.
    À lire aussiTchad: la COSADT appelle le gouvernement à revenir sur le retrait de la CPI et à gracier les prisonniers politiques
    Et Succès Masra ?
    Et puis, il y a le cas de Succès Masra. « Il y a un peu plus d’un an, en mai 2025, rappelle Jeune Afrique, Succès Masra était arrêté à son domicile de Ndjamena. Quelques mois auparavant, l’ancien opposant occupait encore la primature, après avoir conclu un accord politique avec le président Mahamat Idriss Déby. Aujourd’hui, le président des Transformateurs purge  une peine définitive de 20 ans de prison pour "diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre", une condamnation d’août 2025 que la Cour suprême a ensuite confirmée en rejetant son pourvoi en cassation, en mai dernier. »
    Alors, selon les informations recueillies par Jeune Afrique, « un canal de discussion direct est ouvert entre le président Mahamat Idriss Déby Itno et son ancien Premier ministre. Le chef de l’État serait disposé à autoriser la libération de son ancien allié par le biais d’une grâce présidentielle. Une option que Succès Masra refuse », pointe le site panafricain.
    À lire aussiSuccès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur
    Une amnistie plutôt qu’une grâce ?
    Pourquoi ? « L’opposant, croit savoir Jeune Afrique, privilégierait plutôt une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales des faits pour lesquels il a été condamné, et qui ouvrirait davantage la voie à un retour sur la scène politique. Derrière cette divergence se joue donc l’avenir politique de celui qui, en quelques années, s’est imposé comme la principale figure de l’opposition tchadienne avant de voir sa trajectoire brutalement interrompue. De nombreuses sources concordantes à N’Djamena confirment l’existence de ce désaccord. »
    Alors, s’interroge Jeune Afrique, « Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu celui qui demeure, malgré son affaiblissement, son principal opposant ? La réponse dépend désormais moins des tribunaux que des discussions engagées, loin des regards, entre les deux hommes. »
    À lire aussiTchad: le principal parti d’opposition réclame l’«amnistie» de Succès Masra condamné à 20 ans de prison
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    À la Une: l’épidémie d’Ebola gagne encore du terrain en RDC

    10/08/2026
    « Le bilan officiel de l’épidémie, constate Afrik.com, s’établit désormais à un peu plus de 4 000 cas confirmés et 1 850 morts, répartis sur cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. L’OMS classe déjà cette flambée comme la deuxième plus grave de l’histoire, derrière la crise d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016 (plus de 28 000 cas). Principale difficulté sur le terrain, le responsable de cette résurgence est le virus Bundibugyo. Plus rare que la souche Zaïre, il ne bénéficie d’aucun vaccin ni traitement antiviral homologué, même si des essais cliniques restent en cours. »
    Qui plus est, relève encore le site panafricain, « la situation sécuritaire dans l’est de la RDC complique la réponse. Les équipes sanitaires doivent travailler dans des régions touchées par les conflits armés, les déplacements de population et la méfiance envers les autorités. L’OMS estime également qu’une partie importante des nouvelles contaminations apparaît en dehors des chaînes de contacts déjà identifiées, signe que le virus continue de circuler discrètement dans certaines communautés. »
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    Faible riposte
    La semaine dernière, note le site de Radio Okapi à Kinshasa, « les Nations unies ont tiré la sonnette d’alarme. (…) L’organisation indique que cette flambée est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays, malgré le renforcement des moyens de riposte déployés sur le terrain. »
    En effet, précise Radio Okapi, « face à cette accélération de l’épidémie, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux ont intensifié leurs efforts. Un centre de traitement de 100 lits, présenté comme le plus grand jamais construit en RDC pour la prise en charge d’Ebola, devait ouvrir ses portes ces derniers jours en Ituri. Parallèlement, l’OMS a renforcé les capacités d’un autre centre de traitement situé à Nizi, afin d’améliorer la prise en charge des malades et de limiter la propagation du virus. »
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    Kinshasa épargnée…
    Pour l’instant, l’épidémie d’Ebola est contenue à l’est du pays. À Kinshasa, note le site MediaCongo, « les autorités assurent qu’aucun cas n’a été enregistré. (…) Le bateau qui avait été immobilisé ces derniers jours à environ 65 kilomètres de la capitale à la suite d’une alerte liée à une possible contamination à Ebola, ce bateau a finalement été autorisé à poursuivre sa route. Après le décès suspect d’un passager victime de fortes fièvres, sept personnes présentant des symptômes à bord ont été soumises à des tests de dépistage. Tous les résultats se sont révélés négatifs, selon le ministre de la Santé. »
    À lire aussiEbola/RDC : le bateau libéré, un contrôle permanent installé en amont de Kinshasa
    Du « jamais-vu » !
    « Une épidémie de cette ampleur, c’est du jamais-vu », affirme dans les colonnes de Libération à Paris John Johnson, spécialiste des épidémies à Médecins sans frontières (MSF). « Une épidémie de cette ampleur, à la trajectoire si rapide, à la croissance exponentielle : elle bat tous les records, affirme-t-il. Voilà à peine trois mois qu’elle a été officiellement déclarée et on a déjà dépassé 4 000 cas, bientôt 2 000 décès. C’est d’ores et déjà la deuxième plus grande épidémie de virus Ebola de l’histoire depuis son apparition en 1976, et avec une rapidité inédite. »
    Alors, pour l’instant, aucun vaccin sur le marché contre la variante Bundibugyo : mais, pointe John Jonhson, « il en existe deux en phase I des études cliniques, le vaccin Oxford et le vaccin Moderna. Leur disponibilité comme leur fabrication semblent rapides (des doses sont en train d’être acheminées), mais leur efficacité, faute d’études poussées, vu l’urgence, reste à prouver. »
    Enfin, facteur aggravant, note encore ce spécialiste des épidémies à MSF : le désengagement américain, avec le démantèlement de l’USAID. Conséquence, précise-t-il : « Une baisse des acteurs sur place, des ONG internationales notamment, qui, faute de financement, ont dû interrompre leur présence sur le terrain. Cela a évidemment joué dans la capacité de détection et de réaction par rapport à l’épidémie d'Ebola. Le manque de communication entre le plus grand centre de contrôle des maladies au monde, le CDC, basé à Atlanta, et l’OMS n’a sûrement pas aidé dans la surveillance et l’identification de l’épidémie au début. L’administration Trump est allée jusqu’à interdire toute communication avec l’agence onusienne basée à Genève, dont elle a par ailleurs suspendu tous les financements. »
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    À la Une: après avoir dirigé le pays, Patrice Talon élu président du Sénat au Bénin

    07/08/2026
    Patrice Talon devient « la troisième personnalité de l’État », titre Afrik.com. Troisième... « derrière le président Romuald Wadagni et la vice-présidente Mariam Chabi Talata ». Après son élection, l’ancien président béninois a assuré « qu’il donnerait le meilleur de lui-même ».  
    « Un peu plus de deux mois après avoir laissé le fauteuil présidentiel, Patrice Talon en a retrouvé un autre », remarque Jeune Afrique, qui rappelle que « le Sénat avait été instauré en novembre dernier, à la faveur d’une réforme constitutionnelle controversée intervenue à six mois de la fin du second mandat présidentiel de l’ancien chef de l’État ».
    « Du fait de ce timing et de l’opacité dans laquelle il avait été conçu, le texte législatif avait été vivement critiqué par l’opposition », rappelle encore Jeune Afrique. « La loi avait surtout été perçue comme une volonté de Patrice Talon de continuer à influencer la vie politique dans l’ombre de son successeur, qu’il a lui-même désigné comme dauphin, et de se protéger d’éventuels conflits ».
    Le rôle du président du Sénat
    La Nouvelle Tribune, à Cotonou, se fait aussi l’écho de ce débat. « Lazare Maurice Sehouéto défend le Sénat, et appelle à dépasser "les caricatures" », annonce la Nouvelle Tribune. L’ancien ministre estime que « les discussions autour de cette nouvelle institution doivent reposer sur les textes et les faits plutôt que sur des craintes anticipées ».
    Réponse donnée aux objections de Kamel Bio Sika Ouassagari. « L’ancien député du parti Les démocrates, explique la Nouvelle Tribune, ayant fait part de ses préoccupations concernant les pouvoirs attribués aux 25 membres du Sénat. « Une configuration » qui, selon lui, « pourrait à terme, limiter la liberté d’expression des citoyens et rendre plus difficile la critique des autorités ».
    Autre vision critique, celle de Wakatsera, à Ouagadougou. Le journal en ligne burkinabé constate que Patrice Talon « retrouve ainsi une place de premier plan dans l’architecture institutionnelle du pays, après avoir passé dix ans à la magistrature suprême ». Et Wakatsera pose plusieurs questions, notamment celles-ci : « Que fera-t-il de ce poste de choix qui procure une épaisse immunité bien profitable à tous ceux qui ont exercé le pouvoir d’État ? ». Autre question posée par Wakatsera : « Jusqu’où ira l’influence du président du Sénat sur les décisions du président de la République ? »
    La question des mineurs isolés
    Retour sur les évènements de la semaine dernière, au Maroc. Rappelons que plus de 70 000 migrants, marocains pour la plupart, sont entrés dans Ceuta, petite enclave espagnole du nord du Maroc et du continent africain. La plupart d’entre eux dû faire demi-tour, escortés par la police espagnole. Mais de nombreux mineurs non accompagnés (enfants et adolescents) sont restés sur place, à Ceuta.
    Toutefois, selon la presse marocaine, et notamment H24 Info, « le Maroc est prêt à coopérer pour le retour des mineurs non accompagnés ». H24 Info cite toutefois « une source diplomatique marocaine », « qui déplore qu’à chaque fois que le débat sur l’immigration revient, des voix accusent le Maroc de ne pas coopérer ou de ne pas vouloir le retour de ces mineurs non accompagnés. ».
    La politique des visas
    Cette même source diplomatique assure que le Maroc « honore toujours ses engagements et que le problème réside à chaque fois dans les obstacles à caractère administratif et judiciaire qui bloquent toute opération de retour ». Dans cette affaire, le Maroc fait face à l’Union européenne qui « met les visas des Marocains dans la balance », accuse Bladi.net.
    Selon le site d’information marocain, l’UE veut « renforcer la coopération de Rabat en matière de contrôle migratoire et de retour des personnes en situation irrégulière ». Bladi.net précise que « l’Union européenne dispose déjà d’un mécanisme permettant d’adapter sa politique des visas selon le degré de coopération d’un pays dans la réadmission de ses ressortissants ». « Une éventuelle procédure pourrait rendre les formalités plus lourdes » pour les demandeurs de visa marocains, estime Bladi.net.
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    À la Une: le bâillonnement de l’opinion au Mali

    06/08/2026
    Difficile au Mali d’exprimer publiquement une opinion autre que celle de la junte au pouvoir. Hommes politiques, journalistes, influenceurs, chroniqueurs, commentateurs, activistes de la société civile sont constamment dans le viseur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Les arrestations et les condamnations sont monnaie courante. Et les libérations rares. Comme celle de Moussa Mara samedi dernier. Après un an derrière les barreaux, l’ancien Premier ministre malien est sorti libre de la maison centrale d’arrêt de Koulikoro.
    « Il avait été emprisonné, rappelle Afrik.com, pour avoir publiquement soutenu plusieurs personnalités détenues qu’il venait visiter en prison, dont certaines restent aujourd’hui derrière les barreaux. Des personnalités parmi lesquelles le chroniqueur Ras Bath, l’influenceuse Rose Vie Chère, l’opposant Clément Dembélé ou encore Issa Kaou N’Djim. Il leur avait exprimé sa solidarité, les qualifiant de "détenus d’opinion". (…) Le 27 octobre de l’année dernière, précise encore Afrik.com, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité l’avait condamné à deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme et un an avec sursis, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA. Les accusations portaient sur l’"atteinte au crédit de l’État", l’"incitation à troubler l’ordre public" et l’"opposition à l’autorité légitime" ».
    Chahana Takiou trop critique…
    Il ne fait donc pas bon de s’opposer à l’autorité « légitime » au Mali. Témoin la récente condamnation à douze mois de prison, dont six mois ferme, de Chahana Takiou, directeur de publication du journal Le 22 Septembre et président du Groupement patronal de la presse. Condamnation toujours prononcée par ce fameux Pôle national de lutte contre la cybercriminalité.
    La presse malienne, muselée, rapporte les faits de manière on ne peut plus succincte : « arrêté le 8 juin dernier, Chahana Takiou a déjà purgé deux mois et devra être libéré le 8 décembre prochain, sauf grâce présidentielle. On souhaite beaucoup de courage à notre confrère », commente timidement le site Bamada.net.
    Pourquoi Chahanou Takiou a-t-il été condamné ? Officiellement pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire », précise Jeune Afrique. En fait, précise le site panafricain, « le dossier visant Chahana Takiou trouve son origine dans des propos tenus début juin lors d’un forum consacré aux médias à Bamako. Le journaliste y avait critiqué le recours aux dispositions de la loi sur la cybercriminalité contre des professionnels de la presse, estimant que les infractions qui leur sont reprochées devraient être poursuivies dans le cadre du régime spécifique des délits de presse. À la suite de cette intervention, il avait été convoqué puis placé sous mandat de dépôt ».
    De plus en plus de poursuites…
    Et Jeune Afrique de constater que « depuis plusieurs années, les autorités maliennes multiplient les poursuites contre des personnalités accusées de porter atteinte aux institutions ou à la sûreté de l’État. Les dossiers impliquant des journalistes, des influenceurs ou des militants sont de plus en plus fréquemment instruits sous le prisme de la cybercriminalité, une évolution régulièrement dénoncée par les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains ».
    Dans ce contexte, on comprend la prudence de Moussa Moura. « Dans sa première prise de parole publique (après sa libération donc samedi dernier), relève Afrik.com, l’ancien Premier ministre a adopté un ton mesuré, affirmant ne nourrir aucune haine envers les magistrats ou les autorités et appelant les Maliens à l’unité, au pardon et à la réconciliation ».
    Le chroniqueur Ras Bath à nouveau condamné ?
    Dans les prochains jours, des procès vont s’ouvrir, notamment celui de Ras Bath. « Détenu depuis mars 2023, rappelle Jeune Afrique, le chroniqueur et président du Collectif pour la défense de la République avait été interpellé après avoir affirmé que l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait été "assassiné". Malgré les demandes répétées de ses médecins, ce dernier n’avait jamais pu être évacué à l’étranger et était mort en détention, en mars 2022. Initialement poursuivi pour "simulation d’infraction", Ras Bath avait été relaxé en juillet 2023. La justice avait ordonné sa remise en liberté, une décision, pointe le site panafricain, qui n’a jamais été exécutée après que le parquet a fait appel. Depuis, une nouvelle procédure a été engagée : il est désormais poursuivi pour "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l’État" ou encore "crime à caractère raciste et religieux" ».
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    À la Une: qui est responsable de l'afflux migratoire et du drame de Ceuta?

    05/08/2026
    C’était mercredi et jeudi dernier : plusieurs dizaines de milliers de personnes, marocaines mais aussi des migrants subsahariens, arrivent par la mer, à la nage, dans l’enclave espagnole et l’investissent.
    Le bilan est lourd : la délégation du gouvernement espagnol fait état de 72 morts, les autorités de la ville autonome en recensent 88. Pour sa part, l’Association marocaine des droits humains évoque près de 130 victimes et des dizaines de disparus, un décompte qui n’a pas été confirmé de manière indépendante.
    Depuis, la plupart des candidats à l’exil ont été expulsés ou sont partis d’eux-mêmes. Alors comment ce drame a-t-il pu survenir ? Qui est responsable ?
    Tout d’abord, pointe le site marocain Médias 24, « il n’est guère surprenant qu’un tel épisode ait donné naissance à une multitude de théories du complot, chacune plus imaginative que l’autre. Certains soutiennent que le Maroc aurait volontairement organisé cette traversée afin de relancer le dossier des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. D’autres évoquent une prétendue coordination entre Rabat, Israël et Washington destinée à punir Madrid pour ses positions sur la Palestine ainsi que sur la guerre entre les États-Unis et l’Iran. D’autres encore affirment que le Maroc aurait instrumentalisé la migration pour rappeler au Premier ministre espagnol, qui s’est rendu dernièrement à Alger – principal rival de Rabat dans le dossier du Sahara – l’importance du levier stratégique dont dispose le Royaume sur la sécurité de l’Espagne ».
    Une décision de justice déformée et amplifiée…
    Non, tout cela est faux, affirme Médias 24. « Le véritable déclencheur, affirme le site marocain, est cette décision de justice rendue le 8 juillet dernier par le Tribunal constitutionnel espagnol. Décision selon laquelle les personnes atteignant le territoire espagnol à la nage ne peuvent faire l’objet d’un refoulement immédiat vers le Maroc. Mais doivent voir leur situation juridique examinée individuellement avant qu’une décision ne puisse être prise quant à leur éventuel éloignement ».
    « Vingt-deux jours, pointe le site marocain Le Desk, séparent cette décision de justice de la ruée du 30 juillet. Dans cet intervalle, l’arrêt a été traduit, commenté, reformulé puis réduit à un énoncé qu’il ne contient pas : toute personne qui atteint le territoire espagnol par la mer ne peut plus être renvoyée. Des dizaines de milliers de jeunes Marocains sont partis sur cette base, alors qu’en réalité, si la procédure change, ce n’est pas le cas de son issue possible, qui peut parfaitement rester le renvoi vers le Maroc. »
    Bref, la rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux a fait son œuvre…Justement, Le Monde Afrique a consulté de nombreux comptes ou groupes consacrés à l’exil vers Ceuta, certains existent depuis des années. « Difficile, affirme le journal, d’établir la responsabilité directe de ces contenus dans l’afflux des 30 et 31 juillet. La diffusion néanmoins massive, sur ces comptes déjà établis et très suivis, de l’arrivée de nombreuses personnes à Ceuta a probablement contribué à un effet "boule de neige", encourageant de nouvelles personnes à se lancer. Beaucoup d’informations et de rumeurs ont par ailleurs circulé sur des groupes privés WhatsApp ».
    Quatre jeunes Marocains sur dix sans travail…
    Ce qui est indiscutable dans ce drame, c’est qu’une grande partie de la jeunesse marocaine est sans horizon… C’est ce que relève le site Afrik.com : « Au deuxième trimestre 2026, le chômage strict des 15-24 ans atteignait un peu plus de 27 % selon le Haut-Commissariat au plan marocain. Dans le Maroc de Mohammed VI, qui multiplie les grands chantiers et se prépare à coorganiser la Coupe du monde 2030, plus de quatre jeunes sur dix demeurent privés d’un travail à la mesure de leurs besoins. Pourtant, beaucoup de ces jeunes sont diplômés mais leur salut semble devoir passer par l’exil. Ces chiffres n’expliquent pas seuls l’afflux vers Ceuta, pointe encore Afrik.com. Les rumeurs en ligne y ont contribué, comme la décision judiciaire espagnole et l’effondrement ponctuel du contrôle frontalier marocain. Ils aident en revanche à comprendre pourquoi des dizaines de milliers de personnes ont accepté de risquer leur vie pour quelques mètres de territoire européen ».
Sobre Revue de presse Afrique
Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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