Revue de presse Afrique

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- « L’Amérique est aux urnes (ce mardi) et le monde est en apnée », s’exclame L’Observateur Paalga à Ouagadougou. « Deux ans après avoir déposé ses pénates dans le Bureau ovale, le démiurge à la chevelure peroxydée fait désormais figure de héros maudit (…). Même dans le camp MAGA, le charme n’opère plus. L’alchimie du cœur a laissé place au haut-le-cœur. Plus rien ne va entre Donald Trump et une bonne partie de l’électorat qui l’avait porté au pouvoir en novembre 2024 (…). Les Américains attendaient Cincinnatus, ils ont rencontré Néron. La déception est totale. »
Et L’Observateur de s’interroger : « ce profond désamour se manifestera-t-il dans les urnes en ce jour de vote pour le renouvellement de l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants et de 35 sièges sur les 100 que compte le Sénat ? »
Très certainement. « Et en cas de victoire démocrate, pointe le quotidien burkinabé, le locataire de la Maison Blanche sera bridé par la limitation de ses marges de manœuvre budgétaires et institutionnelles. Sans compter l’avalanche d’enquêtes parlementaires que les démocrates se feront le plaisir d’enclencher contre lui et son entourage sur lesquels pèsent de nombreux soupçons de corruption, de conflits d’intérêts et prévarication. L’Amérique renouvelle son Congrès, le monde entier retient son souffle. »
Une victoire démocrate ? Quelles implications pour le continent ?
« Pour l’Afrique et le Sahel, ces élections représentent un enjeu concret », pointe pour sa part WakatSéra. Sous Trump, « l’USAID (l’Agence des États-Unis pour le développement international) a mis fin à ses programmes au Burkina Faso, au Mali et au Niger, (entre autres) au motif d’un lien jugé faible entre l’action humanitaire et l’intérêt national américain. Et l’Agoa (la loi américaine qui accorde aux pays africains éligibles un accès préférentiel au marché américain), n’a représenté que 0,7 % du commerce américain l’année dernière (…). Une majorité démocrate pourrait, estime WakatSéra, réexaminer les droits de douane qui frappent les pays du continent et restaurer l’USAID, mais en posant des conditions sur les droits humains et la gouvernance. »
« Qu’est-ce qu’une victoire démocrate changerait pour l’Afrique ? », s’interroge en écho Jeune Afrique. Tout d’abord, « de nouvelles enquêtes parlementaires pourraient être lancées, sur fond de soupçons de conflits d’intérêts, contre Massad Boulos, le conseiller de Trump pour les affaires arabes et africaines. »
Ensuite, « les démocrates pourraient exiger davantage de transparence dans les accords transactionnels, notamment sur les minerais stratégiques africains. Les droits de douane imposés par Trump pourraient être annulés. Enfin, un Congrès démocrate pourrait favoriser la reconduction de l’Agoa, qui permet (donc) à certains pays d’Afrique subsaharienne d’exporter sans droits de douane vers les États-Unis. »
En revanche, croit savoir Jeune Afrique, « les démocrates ne devraient pas tenter de ressusciter l’Agence américaine pour le développement international (l’USAID), démantelée par Trump. Leur priorité serait de préserver les financements humanitaires, sanitaires et de développement désormais gérés par le département d’État. »
Le double coup de poker iranien…
Autre implication d’une défaite de la majorité républicaine au Congrès : « une dangereuse fuite en avant militaire contre l’Iran », c’est ce que relève le site Mondafrique. En effet, avant l’entrée en fonction officielle du nouveau Congrès début janvier, Trump a une fenêtre de deux mois au cours de laquelle il pourrait tenter un double « coup de poker » contre le régime de Téhéran. « C’est le danger », souligne Mondafrique : « Après l’élection, le Congrès élu pour le contenir ne disposera pas encore de ses pouvoirs. » Et pendant deux mois, « Trump pourrait tout tenter en espérant aboutir à un effondrement du régime, la défaite électorale s’effacerait alors derrière une victoire historique à l’étranger. Ou alors, il pourrait se heurter à une résistance iranienne acharnée qui entraînerait pleinement l’Amérique dans la guerre. Le premier coup de poker vise la victoire. Le second risque de léguer au prochain Congrès une guerre dont il héritera sans l’avoir choisie. » - Après 35 ans d’existence, la Minurso, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, a vécu hier dimanche ses derniers instants, au terme d’une véritable partie de bras de fer entre les États-Unis et la Russie.
« Vendredi dernier, rapporte Jeune Afrique, les membres du Conseil de sécurité ont appelé à poursuivre les négociations pour assurer l’avenir de cette force mise en place en 1991. Les États-Unis portaient un texte, soutenu par onze membres du Conseil sur quinze, prolongeant la mission pour un an et plaçant le plan d’autonomie marocain au centre du règlement du conflit au Sahara occidental. Depuis cinquante ans, rappelle le site panafricain, celui-ci oppose Rabat aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Ce changement d’approche se serait traduit par la modification du nom de cette force en “Minuso“, sans mention d’un référendum sur l’autodétermination de ce territoire, colonie espagnole jusqu’en 75 puis contrôlé en majeure partie par le Maroc, mais considéré comme un territoire non autonome par l’ONU.
« Phase de liquidation »
« C’était sans compter, s’exclame Jeune Afrique, les rebondissements dont le Conseil de sécurité peut parfois être le théâtre. Critiquant une “approche unilatérale“, la Russie – soutenue par la Chine et la Somalie – a finalement bloqué ce projet de résolution et proposé une reconduction du mandat de la mission dans les mêmes termes que précédemment. Les États-Unis ont voté contre et les pays qui soutenaient la résolution américaine se sont abstenus. »
Résultat, pointe Le Monde Afrique, « la mission onusienne s’achemine donc vers une “phase de liquidation“, sans résolution pour accompagner son départ. L’évacuation de ses quelque 350 membres, militaires et civils, la fermeture de ses sites à l’est et à l’ouest du “mur des sables“ – censé prévenir les incursions du Front Polisario dans le territoire sahraoui administré par le Maroc – ainsi que le transfert de ses équipements pourraient prendre “plusieurs mois“, prédit une source interne. »
Rabat jubile…
Au Maroc, les autorités se réjouissent. « Le veto russe a débarrassé le Maroc d’une mission qui ne servait plus que ses adversaires. Spassiba, Moskva ! » (Merci Moscou !), lance Le 360, site marocain proche du pouvoir.
Désormais, pointe Le Desk, autre site marocain, « la fin de la Minurso ouvre un second front pour Rabat : faire admettre aux Nations unies que le statut du territoire est réglé. Il lui faudra pour cela convaincre une majorité des 193 États membres, alors qu’il approuvait encore, il y a deux semaines, le texte qui maintient le dossier dans son cadre actuel. »
« Une nouvelle donne pour le Maroc », renchérit Le Matin. « Rabat entend désormais défendre quatre paramètres (lors d’éventuelles futures négociations) : l’initiative d’autonomie comme seule base des discussions, l’autonomie sous souveraineté marocaine comme finalité, la participation des quatre parties concernées et la définition préalable d’un cadre précis. »
Alger grimace…
Côté algérien, on dénonce « l’échec du renouvellement du mandat de la Minurso », relève Le Matin d’Algérie. « Alger critique particulièrement le contenu du projet américain, qu’il accuse de favoriser la position marocaine et de remettre en cause le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. »
Le site Algérie Patriotique fulmine et évoque « le spectre d’un retour à la guerre : à court terme, écrit-il, les populations de la région paieront le prix fort de cette realpolitik à courte vue. La disparition des observateurs ne résout en rien le conflit. Au contraire, elle ne fait que lever les derniers voiles qui masquaient une poudrière prête à s’embraser sous les auspices complices du régime marocain et de l’establishment Trump. »
Est-ce vraiment la fin de l’histoire ?
Enfin, relève Afrik.com, « hier, António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a pris acte de la fin de la mission onusienne, mais a réaffirmé que cette disparition ne remettait pas en cause le droit du peuple sahraoui à décider de son avenir. Une prise de position qui contraste avec la volonté du Maroc de tourner définitivement la page du conflit. Les Nations unies comptent poursuivre leurs efforts en faveur d’un règlement par l’intermédiaire de l’envoyé personnel du secrétaire général. (…) Cette déclaration d’António Guterres, relève encore Afrik.com, conforte la lecture d’Alger et du Front Polisario, pour qui le départ des observateurs ne saurait être assimilé à une reconnaissance internationale de la souveraineté marocaine. »
50 ans après le départ du colonisateur espagnol, le dossier sahraoui est donc loin d’être refermé… - La presse sénégalaise est dans les starting-blocks… « Le compte à rebours est lancé », s’exclame le Soleil. « Le Sénégal s’apprête à vivre un moment historique en accueillant les Jeux olympiques de la jeunesse (les JOJ) pour la première fois sur son sol. »
« Ces JOJ, ajoute le quotidien sénégalais, représentent bien plus qu’une compétition, ils offrent à ces jeunes l’occasion de défendre les couleurs nationales devant leur public, de se mesurer aux meilleurs talents mondiaux de leur génération, et de démontrer que le Sénégal a toute sa place parmi les meilleures nations du sport. »
« Le Sénégal rêve grand, conclut le Soleil. À sa jeunesse désormais de saisir cette chance, de se dépasser et d’écrire, avec courage et ambition, une nouvelle page de son histoire sportive. »
2 700 athlètes
Les jeunes Sénégalais ne sont pas les seuls sur le terrain. De nombreuses nationalités seront représentées à Dakar. C’est ce que souligne Afrik.com : « Environ 2 700 athlètes âgés de 15 à 17 ans, issus de plus de 200 délégations, se disputeront les médailles de 153 épreuves dans 25 sports (...) Et pour la première fois, une compétition olympique se tiendra sur le sol africain. »
Au cœur de l’événement, précise le site panafricain, Diamniadio, « ville nouvelle située à une trentaine de kilomètres de la capitale et qui concentre une partie des infrastructures construites ces dernières années pour désengorger Dakar ».
C’est là qu’a été construit en 2022, le stade Abdoulaye Wade, qui selon les organisateurs des JOJ peut accueillir 55 000 spectateurs. C’est là que se dérouleront une grande partie des compétitions, ainsi que la cérémonie d’ouverture.
« Montrer au monde qui nous sommes »
La cérémonie d’ouverture aura lieu ce samedi. La directrice des cérémonies est Khady Niang. Selon le journal en ligne La vie sénégalaise, Khady Niang estime que « cette cérémonie permettra à l’Afrique de montrer au monde qui nous sommes, d’où nous venons et où nous voulons aller ».
Une cérémonie annoncée comme « spectaculaire », avec environ 11 000 participants, dont 700 danseurs. Sénéplus précise que « le président Bassirou Diomaye Faye et la présidente du Comité international olympique Kirsty Coventry seront présents ».
La compétition n’est donc pas encore commencée, mais certains journaux sénégalais se préoccupent déjà de l’après-JOJ. C’est le cas de Sénéplus qui s’interroge : « Au-delà des compétitions, que restera-t-il des Jeux olympiques de la jeunesse une fois la flamme éteinte ? »
Le sujet n’est pas négligé, selon le quotidien sénégalais car, nous dit-il, « la question de l’héritage est au cœur des propos du CIO (le Comité international olympique) à Dakar ». Sénéplus cite notamment les propos d’Humphrey Kayange : « Voir Dakar se mettre en place a été formidable, a déclaré le président de la commission de coordination du CIO pour ces jeux. Ce qu’elle laisse derrière elle, c’est un héritage, des infrastructures, des sites, du personnel. » - Le troisième sommet Russie-Afrique s’est ouvert mercredi 28 octobre à Moscou. Pas moins de 17 chefs d’État du continent sont présents. Dont ceux bien sûr qui entretiennent des liens étroits avec Moscou. Parmi eux, le Malien Assimi Goïta. Et la presse de Bamako, tout acquise au pouvoir militaire, encense Vladimir Poutine : « Dans son discours d’ouverture, rapporte Sahel Tribune, Vladimir Poutine a cité Thomas Sankara et son discours d’Addis-Abeba sur la dette, "reconquête savamment organisée de l’Afrique". Le soir, au Kremlin, au moment de lever son verre devant les chefs d’État africains, il a choisi un proverbe : "Quand les racines sont profondes, il n’y a aucune raison de craindre le vent". Depuis plus d’un siècle, l’Afrique écoute les grandes puissances lui parler de mission civilisatrice, aide au développement, bonne gouvernance et conditionnalité. Pour la première fois dans un sommet de ce niveau, pointe Sahel Tribune, une grande puissance a pris la peine d’emprunter le vocabulaire africain pour présenter sa politique. »
Même tonalité pro-russe pour le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou : « De l’Afrique du Sud en passant par la RCA, sans oublier les pays de l’AES, la Russie est incontournable. (…) Dans une Afrique qui a longtemps espéré de la part de ses ex-colonisateurs, en vain, se tourner vers Moscou est une option pour enfin sortir de l’ornière. »
Des promesses économiques non tenues
Jeune Afrique à Paris a pu obtenir une copie de la déclaration finale du sommet qui sera soumise à approbation des pays participants ce jeudi.
« Comme pour le plan précédent, aucun montant chiffré d’échange économique ou d’investissement n’est prévu, même dans une fourchette large. Ce qui tranche avec le premier forum russo-africain de Sotchi, en 2019, où Vladimir Poutine s’était fixé comme objectif un doublement des échanges commerciaux, soit 40 milliards de dollars sur la période 2019-2024. » Un chiffre qui n’a pas été atteint. « Depuis l’année dernière, les exportations russes se sont même rétractées de 6,5 % (un peu plus de 22 milliards), face à seulement 4 milliards et demi d’importations depuis l’Afrique. »
En dehors du volet économique, poursuit Jeune Afrique, le plan d’action russe pour l’Afrique « prévoit le développement de centres d’éducation russes, avec des détachements d’enseignants ».
Et pour ce qui est des médias, « Moscou entend "favoriser l’échange d’informations par l’ouverture de bureaux de représentation, l’extension des réseaux de correspondants des médias russes et africains" ».
Et le site panafricain de rappeler que « la Russie est à l’offensive dans ce que les militaires nomment le "champ informationnel" depuis près d’une décennie sur le continent africain. Avec l’implantation d’usines à trolls, le financement de faux médias sponsorisés par des sociétés militaires privées ou la création de faux profils de journalistes africains diffusant des narratifs favorables au Kremlin. Un procédé qui se poursuit en s’institutionnalisant ».
Illusions perdues ?
« Russie-Afrique : le sommet des illusions perdues ? », s’interroge pour sa part Le Point Afrique. « L’engouement suscité par l’offensive diplomatique russe en Afrique montre des signes d’essoufflement, constate l’hebdomadaire. La Russie de Vladimir Poutine, naguère présentée par ses partisans comme le sauveur d’une Afrique menacée par l’impérialisme occidental, ne bénéficie plus tout à fait de la même ferveur. La rhétorique de la libération, les slogans souverainistes et les promesses d’un partenariat affranchi de toute tutelle semblent s’être émoussés. »
« La troisième conférence Russie-Afrique est organisée dans le sillage des attentes insatisfaites », pointe le site Africa Defense Forum. « Le déséquilibre commercial, les blocus de céréales et les activités des mercenaires montrent que les conférences précédentes n’ont pas fourni les résultats souhaités. »
Les Africains, chair à canon ?
Enfin, un rapport accablant a été publié mercredi 28 octobre, au moment même de l’ouverture du sommet Russie-Afrique, relève Afrik.com. Un rapport de la commission d’enquête internationale indépendante sur l’Ukraine qui a été remis à l’ONU. « Un rapport qui qualifie de "trafic d’êtres humains" le recrutement d’étrangers par l’armée russe. À savoir, près de 3 000 ressortissants de 36 pays africains qui ont combattu ou qui combattaient encore dans les rangs russes au 1er mai dernier. La Russie, elle, dément tout recrutement illégal et affirme que ces étrangers se sont engagés volontairement. »
Rappelons que ces dernières années, des ONG et des médias, dont RFI, ont documenté le recrutement de ressortissants africains par la Russie au moyen de promesses d’emplois civils, de salaires élevés ou de citoyenneté, et leur envoi sur le front ukrainien. - C’est le ni-Tshisekedi ni-Kabila… « L’opposition congolaise réunie sous la bannière de la C64, la Coalition article 64, a réaffirmé, hier, son opposition, pointe le site de Radio Okapi, à toute modification de la Constitution en République démocratique du Congo, à un troisième mandat présidentiel ainsi qu’à un éventuel report des élections prévues en 2028. La C64 s’oppose également à toute prise du pouvoir par les armes et toute tentative de balkanisation du pays. »
Un dialogue inclusif ?
En fait, analyse Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « la Coalition C64 tente de sortir du piège du face-à-face Tshisekedi-Kabila qui vampirise la crise politique congolaise depuis que l’ancien président a annoncé prendre la tête de la rébellion armée avec la création du FRN, le Front pour la Refondation de la Nation. Pour encore peser sur la scène politique, l’opposition devait trouver un nouveau positionnement. Après deux jours de réunion à Rome, hier et avant-hier, les cinq leaders de la C64, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund, ont trouvé un trou de souris, pointe Afrikarabia, une stratégie lisible, entre la condamnation du recours aux armes de Joseph Kabila et la volonté de changer la Constitution de Félix Tshisekedi pour s’offrir un troisième mandat. (…) Le communiqué final de la C64 renvoie donc dos à dos Tshisekedi et Kabila, avec un message commun : "il n’y a pas d’issue militaire à la crise". Les opposants plaident donc "pour un dialogue inclusif avec toutes les parties sans exclusive", ce qui valide leur soutien (sans le nommer) à la présence de Joseph Kabila (à ces éventuelles négociations). Un point qui a fait particulièrement débat au sein de la C64 ».
Convier Kabila ?
Interrogé par Jeune Afrique, l’opposant Delly Sesanga, président d’Envol, défend la stratégie de la coalition : « Je rejette la conquête du pouvoir par la force armée, comme je rejette sa confiscation par des manœuvres contre la Constitution. Toutefois, affirme-t-il, rejeter une rébellion ne signifie pas exclure ses responsables de toute discussion destinée à y mettre fin. Une place dans une négociation de paix n’est ni une approbation politique ni une absolution, encore moins un droit à gouverner. »
Alors s’asseoir à une table de négociation avec Kabila, oui, mais pour Delly Sesanga, « la C64 ne doit être ni son relais politique ni sa caution démocratique. L’opposition à Félix Tshisekedi ne suffit pas à rendre compatibles des projets et des méthodes qui ne le sont pas. La logique militaire a montré ses limites ».
Quel impact réel ?
Le quotidien Le Pays au Burkina s’interroge sur cette crise militaro-politique en RDC : « Peut-on encore éviter l’engrenage ? (…) Cette offensive diplomatique de l’opposition congolaise est menée tambour battant : Rome, puis Bruxelles, en passant par Paris, Madrid et Londres. Elle vise à exercer une pression sur Kinshasa afin de prévenir une aggravation de la crise politique et sécuritaire. Mais, s’interroge le site burkinabé, au-delà des rencontres annoncées et des déclarations de principe, quel impact réel cette démarche peut-elle avoir sur une crise dont les racines sont profondément ancrées dans les contradictions d’une classe politique qui a fini par transformer l’espérance des Congolais en un éternel rendez-vous avec la déception ? Les diplomates européens peuvent certes ouvrir des portes et encourager le dialogue, mais, affirme Le Pays, ils ne sauraient fabriquer l’unité d’une opposition longtemps traversée par des ambitions concurrentes, ni imposer une solution durable à des acteurs qui peinent à s’accorder sur l’essentiel. Le risque est donc de voir cette tournée accoucher de quelques promesses diplomatiques, de communiqués convenus et de poignées de mains symboliques, sans véritable infléchissement de la situation intérieure. »
Jouer la montre ?
Enfin, on revient à Afrikarabia qui n’est pas plus optimiste… « C’est donc par la voie d’un dialogue inclusif que l’opposition souhaite résoudre la crise. Reste maintenant à savoir si les deux protagonistes, Tshisekedi et Kabila, qui n’ont aucun intérêt à donner des gages à l’opposition politique, vont accepter la rencontre et dans quel calendrier. Félix Tshisekedi a tout intérêt à jouer la montre jusqu’à l’approche des élections de 2028 et Joseph Kabila doit désormais montrer que le FRN est en mesure d’inquiéter militairement Kinshasa. Deux calendriers peu compatibles avec une quelconque volonté de dialogue national. »
Sobre Revue de presse Afrique
Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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