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- « À Dakar, ce mardi, relève le site Senego, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô doit présenter la feuille de route du gouvernement dans un contexte marqué par les préoccupations liées au pouvoir d’achat. Son discours de politique générale devrait accorder une place importante aux mesures économiques envisagées par le gouvernement. Les Sénégalais attendent notamment des précisions sur les secteurs concernés par les économies budgétaires et sur l’utilisation de l’accord de principe conclu récemment avec le Fonds monétaire international pour un prêt de plus de 2 milliards de dollars. (…) Le discours du Premier ministre doit durer plus d’une heure avant un débat à l’Assemblée nationale. Et, pointe encore Senego, la possibilité d’un vote de confiance expose Ahmadou Al Aminou Lô à un risque politique, dans un hémicycle dominé par le Pastef d’Ousmane Sonko, critique des choix de l’exécutif. »
La valse des étiquettes…
Principal sujet d’inquiétude pour les Sénégalais : la vie chère. Samedi dernier, relate Le Quotidien, plusieurs centaines de Dakarois se sont rassemblés pour une « marche des paniers vides » : « Munis de cabas vides, de pancartes et de banderoles, les manifestants ont exprimé leur exaspération face à l’explosion des dépenses quotidiennes. Alimentation, électricité, avec la hausse du Woyofal (le compteur prépayé), carburant ou encore frais de scolarité à l’approche de la rentrée scolaire : l’inflation touche tous les secteurs, relève Le Quotidien. Même le plat national, le “thiéboudiène“, est devenu un luxe, le kilo de viande a bondi de 30 % en un an pour atteindre 6 000, voire 7 000 francs CFA. “Cela fait quatre mois que je ne mange plus de viande. La classe moyenne souffre“, confie une dame désemparée. »
« Au-delà du panier de la ménagère, il y a aussi les prix des loyers, constate encore le quotidien sénégalais. Venu marcher en simple citoyen, Boully Galissa, le chef de cabinet du maire de Dakar, a vivement interpellé les bailleurs : “Les agences et les propriétaires doivent savoir qu’ils ne sont pas à Paris ou New York, mais à Dakar, s’est-il exclamé, où le revenu minimum est de 60 000 francs CFA. Le prix des loyers doit refléter nos revenus, sinon les Sénégalais vont devenir des étrangers dans leur propre pays“. »
D’autres sujets « brûlants »
« Mille et une attentes ! », s’exclame pour sa part Walf Quotidien. Outre le problème de la vie chère, en effet, le secteur privé « veut du concret », pointe le quotidien sénégalais. Pour Abdel Kader Ndiaye, le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal, interrogé par le journal, « l’heure est à l’action, au traitement efficace de la dette, à la relance effective de l’économie par l’investissement et la croissance, à trouver des solutions à l’employabilité des jeunes, à la relève du pouvoir d’achat… Il faut que les politiques déjà énoncées donnent des résultats. »
« Un grand oral sous haute tension », renchérit Seneplus. Car les sujets abordés ce mardi par le Premier ministre sont « brûlants », affirme le site : restructuration, coût de la vie, gouvernance des entreprises publiques, renégociation des contrats, date des élections, retour sur les points au cœur des divergences entre l’Exécutif et la majorité parlementaire. » Bref, « c’est en pleine tempête sociale que le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô va faire face tout à l’heure aux députés. »
Le gouvernement va-t-il tomber ?
Alors à l’issue de cette déclaration de politique générale du Premier ministre, l’opposition pourrait voter une motion de censure pour faire tomber le gouvernement… En effet, relève Walf Quotidien, « avec les 130 députés sur les 165 que compte l’Assemblée nationale, faire tomber le gouvernement serait une simple formalité pour Pastef, le parti de l’ex-premier ministre, Ousmane Sonko. » Toutefois, Walf Quotidien n’y croit pas… « Faire tomber le gouvernement serait juste un acte politique symbolique sans effet sur la marche du pays. En effet, en cas de motion de censure, le président de la République aurait la possibilité de reconduire Ahmadou Al Aminou Lô dans la minute qui suit et de dissoudre l’Assemblée nationale le moment venu. » Et Walf de citer cette petite phrase d’un responsable de Pastef qui a requis l’anonymat : « À quoi bon voter la censure ? Pourquoi tirer sur une ambulance ? »
À lire aussiSénégal: entre gestion de la dette et vie chère, le Premier ministre va dévoiler sa feuille de route - Un peu plus de trois ans de guerre civile, 200 000 morts, 14 millions de déplacés… Et une confirmation, des armes chimiques ont bien été utilisées par l’armée régulière pour contrer l’avancée des paramilitaires. D’après des éléments publiés par le Washington Post et le New York Times, des bombes au chlore ont été ainsi développées et utilisées pendant au moins six mois, entre juillet 2024 et janvier 2025.
« Les deux quotidiens américains, précise Le Monde Afrique, ont eu accès à un dossier comprenant des notes internes, des vidéos, des photos et des interceptions téléphoniques. Y figurent notamment des messages et appels émis et reçus par le général Abdel Fattah Abdelrahman al-Burhan, le chef des FAS, les Forces armées soudanaises, et président de facto du Soudan. Ces documents hautement confidentiels ont été transmis par une “agence de renseignement d’un pays du Moyen-Orient“, affirment les journaux, sans plus de détails. Deux sources sécuritaires ont assuré au Monde qu’ils émanaient des services de renseignement israéliens. (…) Les attaques chimiques recensées par les médias américains ont eu lieu en 2024, pointe encore le journal, au cours de la première année du conflit. Acculée par l’avancée des paramilitaires, l’armée soudanaise avait perdu le contrôle de la capitale, Khartoum, et abandonné ses bastions un à un dans le centre du pays. Selon les documents cités par les journaux américains, la décision a été prise d’utiliser des armes au chlore pour reprendre l’initiative sur le champ de bataille en juillet 2024. »
Et « comme l’avait déjà révélé France 24 dans une enquête diffusée en novembre 2025, relève Le Monde Afrique, l’armée de l’air soudanaise avait bien effectué, les 5 et 13 septembre 2024, des largages de barils contenant du chlore gazeux au-dessus de la raffinerie d’Al-Jaili, la plus grande du pays, au nord de Khartoum. L’infrastructure était alors aux mains des FSR, et l’armée soudanaise voulait les en déloger sans risquer de détruire le bâtiment. »
La diplomatie au point mort
Côté diplomatie, l’atmosphère est plutôt « tendue » entre les États-Unis et les Forces armées soudanaises du général al-Burhan. C’est ce que pointe le Sudan Times. Le Sudan Times, proche du pouvoir de Khartoum, réfute toute accusation d’utilisation d’armes chimiques. Le journal avance le fait « qu’aucun témoignage crédible d’habitants affirmant avoir observé ou subi les conséquences de l’utilisation présumée d’armes chimiques n’a été rapporté ».
Qui plus est, souligne cette fois Jeune Afrique, « le gouvernement de Khartoum ne cache pas son hostilité à la proposition de cessez-le-feu de Massad Boulos, le conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. Celui-ci a plaidé, à la fin d’août, aux Nations unies, en faveur d’un embargo sur les armes, puis condamné les frappes aériennes, dont la paternité est attribuée aux FAS et qui visaient sur le territoire tchadien leur adversaire, les FSR, les Forces de soutien rapide du général Hemedti. »
En fait, précise Jeune Afrique, « les États-Unis pris entre deux feux. D’un côté, l’armée du général al-Burhan, forte de ses victoires, qui refuse de négocier le cessez-le-feu que préconise Washington. Et de l’autre, la coalition civile Somoud, que dirige Abdallah Hamdock, et qui pousse l’administration américaine à imposer une trêve et un dialogue inter-soudanais pour mettre fin aux souffrances des populations ».
Le problème en Afrique: pas la démocratie mais ses dirigeants…
Enfin, comme en écho à la situation au Soudan, ce point de vue de l’écrivain et chroniqueur guinéen, Tierno Monénembo, à lire dans Le Point Afrique : « Ce qui pose problème à l’Afrique n’est pas la démocratie, affirme-t-il, mais ses dirigeants. Tierno Monénembo s’appuie sur le récent essai d’Ousmane Ndiaye, L’Afrique contre la démocratie, mythes, déni et péril, qui montre que « ce n’est pas la démocratie qui pose problème (donc), c’est la conscience civique et morale de nos dirigeants qui laisse à désirer ».
Et l’écrivain guinéen de souligner que « la démocratie ne vient ni d’Athènes ni de La Baule. Elle est universelle, immanente (elle a toujours existé dans toutes les sociétés) et évolutive dans le temps ». Et de rappeler que « dès le début du 18e siècle, Le Fouta-Djalon avait instauré l’alternance, le contre-pouvoir, le contrôle et le recours (les quatre règles de base des démocraties modernes) bien avant l’indépendance américaine et la Révolution française ».
À lire aussiSoudan: le recrutement de combattants étrangers alimente la guerre, dénonce un rapport de l'ONU - Un bilan communiqué par les autorités congolaises, et qui fait la Une de plusieurs médias nationaux, tels qu'Actualité.cd, qui pointe l'ampleur préoccupante atteinte par l'épidémie. Le média numérique rappelle aussi que, selon le chef de l'OMS, cette épidémie, la 17ᵉ enregistrée dans le pays, est la deuxième plus importante jamais observée et « la plus rapide que nous ayons jamais vue ». Le Potentiel, autre média congolais, ajoute qu'Ebola a déjà touché six provinces en RDC, et continue de se propager : « Alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de riposte, la propagation de la maladie constitue une préoccupation majeure. La situation impose notamment une surveillance accrue, le suivi des contacts, la prise en charge des malades et la vaccination des personnes exposées, poursuit le quotidien, et tout cela, pendant que le bras de fer politique entre le pouvoir et une partie de l’opposition continue de s’intensifier. »
Le Potentiel fait référence à la pression mise par la Coalition Article 64 sur le pouvoir et sur les institutions. Pour rappel, elle conteste notamment l’orientation politique du régime de Félix Tshisekedi, s'oppose à toute initiative pouvant ouvrir la voie à une modification de la Constitution, et appelle à une mobilisation le 15 septembre prochain. Mais dans le contexte de l'épidémie, « l’affrontement politique entre le pouvoir et l’opposition apparaît comme une source supplémentaire de tension dans un pays déjà fragilisé », estime le média.
« L’urgence sanitaire pourrait ainsi imposer aux différentes forces politiques congolaises de revoir leurs priorités et de privilégier, au moins temporairement, les questions directement liées à la protection des populations, car, toujours selon Le Potentiel, un apaisement du climat politique pourrait faciliter la mobilisation des ressources et des énergies nécessaires à la réponse aux crises. » Et le quotidien congolais de conclure : « La question est désormais de savoir si pouvoir et opposition seront capables de mettre leurs divergences entre parenthèses pour privilégier les urgences nationales. »
Au Sénégal, le nouvel accord avec le FMI continue de faire la Une de la presse
Dakar a finalement conclu un accord de prêt de 2,2 milliards de dollars avec le FMI après deux ans de négociations complexes, et « alors que le niveau d'endettement du Sénégal a atteint un seuil alarmant, dépassant celui de pays ayant traversé de graves crises financières comme la Zambie, avec une dette publique qui a grimpé à 132% du PIB fin 2024, rappelle Seneweb, qui analyse que, si le montant du prêt reste nettement en deçà des besoins réels des finances publiques sénégalaises, sa valeur est avant tout diplomatique et financière. »
Pour le média en ligne, ce qui fait l'intérêt de l'accord, c'est l'effet de confiance et de levier attendu à l'avenir auprès des investisseurs. Mais cet accord est loin de rassurer tout le monde : il fait même peur à certains analystes, comme le docteur Balla Khouma, statisticien économiste, qui a consacré une tribune à ce sujet dans Le Quotidien, titrée : « L'État s'en félicite, mais les Sénégalais peuvent en souffrir. » Dans les colonnes du journal, il estime que, si l'accord avec le FMI « peut constituer une bouée de sauvetage, il peut aussi augmenter dramatiquement la pauvreté des ménages, notamment des plus vulnérables, et entraîner des situations de famine inattendues ». L'économiste redoute ainsi plusieurs phénomènes qu'il énumère, comme la hausse des impôts indirects, l'augmentation du prix des matières énergétiques, ou encore une pression accrue sur les petites entreprises et les travailleurs indépendants.
Même préoccupation dans les pages de Jeune Afrique, où l'on peut lire qu'« en réalité, cette séquence soulève davantage de questions qu’elle ne donne de réponses : à quelle vitesse les financements pourront-ils être débloqués ? Qui devra faire un effort sur la dette ? Bassirou Diomaye Faye, le chef de l’État, parviendra-t-il à faire accepter son programme à une Assemblée nationale présidée par Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre devenu son adversaire politique ? » En résumé, pour le journal, « le plus difficile reste à faire : l’accord du 1ᵉʳ septembre est loin de signer la fin de la crise. » - Au Togo, les documentaristes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont bénéficié mercredi d’une décision de mise en liberté provisoire, de même que leur collaborateur local Fred Vedomey.
Les deux réalisateurs français ont pu prendre le vol d’hier soir Lomé-Paris. Ils sont arrivés dans la capitale française en début de matinée.
Toutefois, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani restent poursuivis par la justice togolaise.
En effet, précise Afrik.com, « la remise en liberté provisoire des trois hommes ne met pas fin à la procédure. Ils restent concernés par l’information judiciaire ouverte au Togo et les investigations se poursuivent. Les autorités judiciaires n’ont pas annoncé la date d’une éventuelle audience au fond ».
Les trois hommes avaient été arrêtés le 27 juillet, rappelle Jeune Afrique, « alors qu’ils tournaient un épisode d’une série documentaire diffusée sur France Télévisions, Les Routes de l’impossible. Ils ont été accusés d’avoir violé le périmètre de leur zone d’intervention autorisée et d’avoir menti sur l’utilisation d’un drone. Ils se trouvaient alors dans le nord du pays, une région où les attaques jihadistes rendent les autorités nerveuses. (…) La justice togolaise a estimé qu’un maintien en détention n’était plus nécessaire pour la manifestation de la vérité. Les accusés ont donc bénéficié d’une décision de liberté provisoire. »
Tensions entre Paris et Lomé…
« En France, relève Le Monde Afrique, cette affaire a été perçue comme un nouveau signe de défiance de la part du Togo. À la tête du pays depuis qu’il a succédé à son père Gnassingbé Eyadéma, en 2005, Faure Gnassingbé, longtemps allié de Paris en Afrique de l’Ouest, s’est rapproché des juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, qui forment l’Alliance des États du Sahel et ont rompu avec l’ancienne puissance coloniale pour se tourner vers Moscou. En novembre 2025, lors d’une visite au Kremlin, le président du conseil togolais a ratifié un nouvel accord de défense avec la Russie, rappelle Le Monde Afrique. Ce texte, qui prévoit la formation de militaires togolais par des instructeurs russes, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d’exercices militaires conjoints, offre surtout à Moscou ce que Paris cherchait à éviter : un nouvel ancrage maritime stratégique dans le golfe de Guinée, depuis lequel l’armée russe peut ravitailler ses contingents déployés au Sahel. En juillet, pointe encore le quotidien français, du matériel militaire russe avait ainsi débarqué par cargo à Lomé pour être ensuite acheminé par convoi jusqu’au Mali, où environ 2 500 militaires russes d’Africa Corps sont présents pour soutenir la junte du général Assimi Goïta. »
Sans nouvelles de Moussa Kaka au Niger
À la Une également, une disparition et une interpellation qui inquiètent au Niger… « Deux affaires distinctes qui alimentent les inquiétudes dans le paysage politique et médiatique nigérien, relève Le Journal du Niger. Lundi, le journaliste Moussa Kaka, directeur général du groupe Saraounia et correspondant de RFI (jusqu’en 2023), a disparu après avoir quitté son lieu de travail à Niamey. Le lendemain, l’ancien ministre de la Défense, Kalla Moutari, a été interpellé à Dakoro, dans la région de Maradi. Les circonstances précises de ces deux événements restent encore inconnues. »
Ces deux affaires interviennent quelques jours après le coup de force militaire qui s’est produit à Niamey. « Pour autant, pointe Le Journal du Niger, aucun élément public ne permet actuellement d’établir un lien entre la disparition de Moussa Kaka, l’interpellation de Kalla Moutari et ces événements. La prudence reste donc de mise. »
En tout cas, note encore le média nigérien, « la disparition de Moussa Kaka intervient quelques jours seulement après la libération d’Ibro Chaibou, rédacteur en chef de Saraounia TV, détenu pendant près de dix mois. Les autorités avaient également libéré deux autres journalistes nigériens en juillet, après plusieurs mois de détention. »
Reste que « la disparition de Moussa Kaka ravive les inquiétudes autour de la liberté de la presse au Niger, pointe le site ivoirien Koaci, alors que le journaliste avait déjà été arrêté et détenu par le passé en raison de son travail. Il avait notamment été emprisonné en 2007-2008 dans une affaire liée à ses contacts avec la rébellion touarègue. » - « Enfin le jackpot ! », s’exclame WalfQuotidien en première page. « C’est une très bonne nouvelle, presque une aubaine. Le Sénégal, qui risquait un défaut de paiement, a signé hier avec le FMI, le Fonds monétaire international, un accord de 36 mois en vue d’un programme d’aide d’environ 2,2 milliards de dollars », soit 1 244 milliards de FCFA. Toutefois, tempère le quotidien dakarois, cet accord « reste soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI ».
Ce qui n’empêche pas Le Soleil de qualifier cet accord de « thérapie sur mesure ». En effet, ce programme d’aide s’étale donc sur trois ans, jusqu’en 2029. « Il vise notamment, précise le site Seneplus, à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, renforcer les dépenses sociales et soutenir une croissance davantage portée par le secteur privé. »
« Le programme envisagé repose sur un double objectif, complète Dakar Actu : rétablir la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables. Concrètement, la stratégie budgétaire s’appuiera sur un renforcement de la mobilisation des ressources intérieures et une rationalisation des dépenses, avec en parallèle une consolidation des filets de protection sociale, notamment via des transferts monétaires ciblés. »
Une restructuration de plus en plus difficile à éviter
Cet accord entre le Sénégal et le FMI intervient « après plus de deux ans de négociations, parfois houleuses », relève Jeune Afrique. « Le précédent programme du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la découverte d’environ 13 milliards de dollars de dette non déclarée sous l’administration de Macky Sall. C’est la (fameuse) affaire de la dette cachée. Et le Sénégal avait dû se financer largement sur le marché régional en l’absence du FMI et des autres bailleurs. (…) Depuis ces derniers mois, entre autres après la réorganisation de l’équipe gouvernementale, les discussions s’étaient accélérées. La restructuration, longtemps rejetée par les autorités sénégalaises, était devenue de plus en plus difficile à éviter. »
Désormais, pointe encore Jeune Afrique, cet « accord avec le FMI donne enfin à Dakar une perspective de financement et un ancrage pour rétablir la confiance des bailleurs et des investisseurs. Mais, surtout, la restructuration va permettre de desserrer la contrainte du service de la dette. (…) Pour Dakar, c’est donc la fin d’une stratégie consistant à repousser l’échéance par de nouveaux emprunts : il faut désormais négocier avec les créanciers pour rendre la dette soutenable. »
Et sur le plan politique, constate Jeune Afrique, « c’est un tournant majeur pour le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis son arrivée au pouvoir, son gouvernement (dirigé alors par Ousmane Sonko) avait fait de la restauration de la souveraineté financière et du refus d’une restructuration un marqueur politique. La réalité des chiffres a donc finalement rattrapé Dakar. »
Ousmane Sonko circonspect…
Et c’est une rupture, une de plus, avec l’ex-premier ministre Ousmane Sonko, devenu chef du Parlement après son limogeage en mai dernier par le chef de l’État. Son gouvernement, pointe également Le Monde Afrique, « avait (toujours) exclu toute restructuration de la dette, solution préconisée par des experts. »
D’ailleurs, Ousmane Sonko a exprimé sa circonspection après l’annonce de l’accord avec le FMI : « Le langage diplomatique tenu de part et d’autre ne donne aucune information sur le détail de ce projet d’accord, ni sur les engagements du Sénégal », affirme-t-il. Ses propos sont repris notamment par le site Senego. Le président de l’Assemblée nationale demande, pointe le site, des précisions sur le « traitement de la dette évoqué dans le communiqué du FMI. Il s’interroge également sur les principales réformes prévues, notamment en matière de viabilité des finances publiques, de protection des ménages vulnérables, de mobilisation des ressources intérieures et de rationalisation des dépenses. »
Bref, commente Jeune Afrique, « l’exécutif va devoir composer avec une assemblée nationale acquise à Ousmane Sonko. Pour ce dernier, la restructuration de la dette sénégalaise a toujours constitué une ligne rouge. Reste à savoir dans quelle mesure il pourra faire obstruction aux futures négociations. »
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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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