Saltar para o conteúdo
PodcastsReportage international

Reportage international

Reportage international
Último episódio

532 episódios

  • Reportage international

    Allemagne: les milieux d'affaires et le parti d'extrême-droite AfD en Saxe-Anhalt, entre soutien et hostilité

    31/08/2026
    C'est une élection régionale extrêmement attendue qui se tient en Allemagne dimanche prochain. Pour la première fois depuis la guerre, l'extrême droite pourrait prendre le contrôle d'un Land, celui de Saxe-Anhalt dans l'Est du pays. L'AfD est créditée dans les sondages d'environ 40 % des voix et frôle la majorité en sièges au parlement régional. Quelles conséquences aurait une telle victoire pour l'économie et que pensent les milieux d'affaires d'un gouvernement AfD ? 
    De notre correspondant à Berlin,
    « Je n’ai pas peur de l’AfD. On nous parle beaucoup d’un cordon sanitaire contre le parti. Ça ne sert à rien. Dans une démocratie, il faut accepter que la majorité de la population soutienne un parti », explique Mike Gärtner, PDG d’une petite entreprise métallurgique à Halle en Saxe-Anhalt. Comme beaucoup, il ne fait pas dans l’alarmisme. Une discussion organisée par la chambre de commerce et d’industrie avec les têtes de liste des différents partis vient de s’achever. Les milieux d’affaires présents restent devant un micro, souvent prudents, et cherchent leurs mots. Contrairement à d’autres régions, peu de fédérations industrielles ont pris position contre l’AfD. La défiance à l’égard des responsables politiques est particulièrement importante parmi les PME et chez les artisans. L’AfD touche une corde sensible en dénonçant la bureaucratie et en prônant plus de liberté. Cet entrepreneur est séduit par l’AfD, synonyme pour lui d’un vent d’optimisme : « Il règne un optimisme, un espoir. Les gens veulent être écoutés, avoir le sentiment qu’ils jouent un rôle actif ».
    D’autres entrepreneurs sont résolument hostiles à l’AfD. Stephan Korneck, dont la société travaille dans les énergies renouvelables, critique les conséquences de la politique anti-immigration de l’AfD alors que des secteurs comme la santé et d’autres déjà ne peuvent plus se passer de migrants dans une région qui a perdu un tiers de sa population depuis la réunification : « Nous avons besoin de ces talents, peu importe d’où ils viennent. Réduire l’immigration de la main-d'œuvre qualifiée sera très négatif pour la région. Se sentir bienvenu, c’est essentiel pour attirer ces personnes ».
    À lire aussiÀ la veille de l'élection en Saxe-Anhalt, l'AfD cible la culture et le Bauhaus
    Le chancelier Friedrich Merz a également dénoncé dimanche soir à la télévision les conséquences négatives pour l’économie d’un succès de l’AfD : « Si l’AfD arrive au pouvoir en Saxe-Anhalt, cette région aura de graves problèmes. Je ne crois pas que des investisseurs internationaux débarquent pour poser la première pierre d’une usine et investir avec un président de région AfD ».
    Hormis sa politique migratoire restrictive, le parti d’extrême droite plaide dans son programme en faveur de mesures pour les familles et la natalité. Les PME et les artisans sont favorisés, les multinationales rejetées. L’institut Leibniz pour la recherche économique de Halle a passé le programme au crible et table prudemment sur des dépenses supplémentaires de deux milliards d’euros pour un budget de 15 milliards. Le directeur de l’institut Reint Gropp précise : « L’AfD a elle-même reconnu que ses objectifs ne sont pas réalistes et nous explique qu’il s’agit d’un objectif à long terme. Ce programme est purement électoraliste pour satisfaire une clientèle qui rêve d’un nouveau monde. Et comme ces mesures ne sont pas réalistes, elles ne sont pas très dangereuses ».
    Dans son programme pour les 100 premiers jours, l’AfD a mis de l’eau dans sa bière. Le parti ne prévoit en cas de victoire que des mesures symboliques peu coûteuses.
    À lire aussiAllemagne: le parti d'extrême droite AfD aux portes du pouvoir en Saxe-Anhalt
  • Reportage international

    En Suède, la préparation à la guerre passe aussi par l'assiette

    30/08/2026
    Après des décennies de paix, la Suède remet toute sa défense civile sur pied. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, la préparation à un éventuel conflit est devenue une priorité. Une commune à 40 kilomètres au sud de Stockholm développe un modèle inédit de stocks alimentaires de guerre, une « réserve alimentaire locale et vivante ». Objectif : garantir une alimentation de qualité à la population en cas de crise majeure ou de guerre. 
    Un reportage de notre envoyée spéciale à Sodertalje à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
    À écouter aussi dans Accents d'EuropeEn Suède, des bunkers pour se protéger en cas de guerre
  • Reportage international

    Thaïlande: à Bangkok, la street-food est poussée hors des trottoirs

    29/08/2026
    À Bangkok, les autorités souhaitent mieux encadrer les vendeurs de rue. Depuis 2022, leur nombre aurait chuté de plus de 60 % dans la capitale thaïlandaise. L’administration métropolitaine met en avant l’ordre et l’hygiène. Mais pour de nombreux vendeurs, cette réorganisation, disent-ils, risque de les couper de leurs clients, et parfois de leur seul moyen de subsistance.
     
    De notre correspondant à Bangkok,
    Mangue, fruit du dragon, goyave et noix de coco : derrière son petit chariot, Samrong, 61 ans, vend des fruits coupés dans une ruelle de Silom, un quartier animé de Bangkok. Quand elle est arrivée, le bâtiment derrière elle n’existait pas encore. « Ça fait plus de 30 ans que je suis installée ici, depuis que ce centre commercial a commencé à être construit », explique-t-elle. Les vendeurs de rue sont de plus en plus poussés vers la sortie. Depuis 2022, leur nombre aurait chuté de plus de 60 %, soit environ 10 000 en moins, selon l’administration métropolitaine. La mairie dit vouloir rendre les trottoirs aux piétons et améliorer l’hygiène. « À l’avenir, il n’y aura sans doute presque plus de vendeurs sur les trottoirs », déplore Samrong.
    Dans les zones non autorisées, l’amende peut monter jusqu’à 2 000 bahts, un peu plus de 50 euros. Non loin d’ici, un vendeur réputé de saucisses frites d’Isan, le Nord-Est thaïlandais, a fini par accepter de quitter le trottoir après plusieurs verbalisations. Samrong, elle, se demande quand son tour viendra : « Oui, je suis inquiète. Ça fait longtemps que je vends ici. Mais si ce jour arrive vraiment, il faudra bien rendre l’espace. » Si elle doit partir, elle rentrera dans sa province natale, à Buriram.
    À lire aussiVoyage dans l’âme de la Thaïlande: sa cuisine, son peuple
    Bangkok teste un nouveau modèle
    Ce que Samrong redoute est déjà arrivé à d’autres. Dans le même quartier, Yui et Ning, une mère et sa fille, ont vu de nombreux stands voisins disparaître. « Avant, il y avait bien plus de vendeurs. Beaucoup sont rentrés en province », regrette Yui. Leur stand familial vend des plats simples : riz, omelettes, boulettes de viande… de quoi nourrir les employés du quartier. Mais elles aussi craignent de devoir partir. « Si on doit aller dans un espace organisé par la mairie, il faudra louer un emplacement. Donc on devra payer plus, alors qu’en ce moment, l’économie est mauvaise », poursuit Yui. Leur crainte : perdre leur coin de trottoir dans cette zone de bureaux, et, avec lui, leurs habitués. « Si on doit partir ailleurs, on ne sait pas si on pourra vendre autant qu’avant », s'inquiète Ning.
    Près du parc Lumphini, à quelques centaines de mètres, Bangkok teste son nouveau modèle : un centre couvert, avec stands alignés, zones de lavage et horaires encadrés. Ae fait griller des brochettes de porc. Elle, de son côté, y voit une amélioration. « Avant, sur les trottoirs, ce n’était pas très organisé. Cela pouvait donner l’impression d’être un peu sale. Maintenant, c’est plus joli, ça donne envie de venir goûter », juge-t-elle.
    Sous le toit du centre, les allées sont dégagées. Bangkok veut mettre sa street-food au propre. Mais pour certains vendeurs, ce désordre faisait aussi son charme : une cuisine populaire, abordable, et indissociable de la culture du royaume.
    À lire aussiAu Vietnam, la vente sur les trottoirs, emblématique de la ville d'Hanoï, est en sursis
  • Reportage international

    Auparavant inexistants sur les côtes belges, les poulpes deviennent les principales espèces pêchées

    28/08/2026
    Conséquence du réchauffement climatique, la mer du Nord devient le nouveau paradis des poulpes, calamars et autres seiches. Les céphalopodes s’épanouissent dans des eaux qui se sont réchauffées de quatre degrés en une centaine d’années. Aujourd’hui, les seiches communes, calmars côtiers et poulpes communs, représentent plus d’une capture sur cinq des pêcheurs flamands – 23 % des tonnages, selon les autorités flamandes. Et ces chiffres sont en constante augmentation.
     
    De notre envoyé spécial à Ostende et Zeebruges, 
    18 h au marché aux poissons d'Ostende, Mario ferme la boutique et nettoie son étal au jet. « Les calamars ? Il y en a plein sur la côte belge, s'exclame le poissonnier. Avant, ça n’existait pas ici. Maintenant, ce sont des quantités énormes de calamars qui débarquent, et il y a moins de crevettes. Il y a des poulpes aussi ! »
    Ce phénomène s'explique par le réchauffement de quatre degrés en cent ans de la partie sud de la mer du Nord, peu profonde. « Les œufs de poulpe, il leur faut une température comprise entre 9 et 11 degrés pour éclore, explique Hans Polet, directeur scientifique à l'Institut flamand de recherche pour l'agriculture et la pêche. Avant, c'était beaucoup plus froid que ça ici, mais maintenant, on observe que les œufs de céphalopodes survivent très bien. »
    Par ailleurs, les céphalopodes disposent d'une grande quantité de nourriture : des crevettes, du crabe et du hareng, dont ils sont friands, car les grands prédateurs très gourmands, comme le cabillaud, sont moins nombreux. Pour eux, c'est l'inverse, ils n'arrivent plus à se reproduire dans des eaux devenues trop chaudes. Ce qu'ils mangeaient finit maintenant dans les estomacs des céphalopodes. Tout est allé très vite. « Il y a encore 8 ou 9 ans, on ne voyait aucune seiche, aucun calamar ou poulpe. Et maintenant ils représentent nos principaux volumes de pêche, souligne Tom Premereur, directeur général des ventes à la criée flamande, les seiches et les calamars principalement. Les poulpes, les gros, on ne les voit que depuis deux ans. Et l’année dernière, pendant l’hiver, un patron de pêche m’a appelé pour me dire qu’il en avait pêché plus de deux tonnes. »
    À lire aussiCanicule marine: les eaux européennes en surchauffe à cause du changement climatique
    Des quotas de pêche sur les céphalopodes ?
    Aujourd'hui, les pêcheurs comme les professionnels du secteur refusent toute idée de quotas de pêche pour des seiches, poulpes et calamars vendus entre 5 et 9 euros le kilo en ce moment. « On ne connaît pas assez l'impact de ces espèces sur l'écosystème. Certaines recherches montrent que les Octopus vulgaris, les gros poulpes, sont de très grands prédateurs qui mettent une grosse pression sur les espèces marines, alerte Sarah Vandamme, commissaire-priseur à la criée flamande. Ils savent entrer dans les casiers à crabes pour les manger, ils savent aussi ouvrir les coquilles Saint-Jacques. »
    « Il y a déjà assez de mesures pour réguler la pêche aux céphalopodes. D'abord, il faut avoir une licence de pêche, vous ne pouvez pas partir comme ça en mer avec votre bateau et vous mettre à pêcher, il y a une limitation de capacité, rappelle Emiel Brouckaert, directeur général de l'Organisation des producteurs de la pêche belge et représentant des armateurs. Ensuite, il y a l'accès aux zones de pêche qui est très limité. Et puis mettre en place des quotas, c'est très compliqué, surtout pour les céphalopodes, qui vivent très peu de temps. »
    L'idée est pourtant en discussion dans les couloirs de Bruxelles alors que le marché est en pleine expansion. L'essentiel des ventes est exporté vers la France, l'Italie ou l'Espagne, là où les céphalopodes se font rares à cause de la surpêche en Méditerranée, pour garnir d'un peu de belgitude les paellas et autres risottos locaux.
    À écouter dans C'est pas du ventLa vie privée du poulpe
  • Reportage international

    Sénégal: à Diohine, la jachère permet de lutter contre la dégradation des sols

    27/08/2026
    Diohine, un village sérère d’un peu plus de 2 000 habitants, est situé au cœur du bassin arachidier sénégalais. Ici, l’agriculture occupe une place essentielle dans la vie des communautés. Mais la dégradation des sols fragilise les terres agricoles. Pour tenter d’inverser cette tendance, les habitants s’appuient sur une pratique ancienne : la jachère. Elle consiste à laisser certaines terres au repos pendant une période donnée, afin de favoriser leur régénération. 
    De notre correspondant de retour de Diohine, 
    Dans le village, l’agriculture rythme encore le quotidien des habitants. Mais au fil des années, les terres s’épuisent. La baisse de leur fertilité et la disparition progressive du couvert végétal compliquent le travail des agriculteurs. « On sent quand même que le sol s'est appauvri, témoigne Pierre Mayokor Diagne, natif du village. Raison pour laquelle on utilise beaucoup d'engrais maintenant. Ce changement, je peux dire qu'on l'a observé depuis une quinzaine d'années. »
    Face à cette situation, les habitants tentent de faire revivre une vieille tradition : la jachère communautaire, appelée « Toss » en langue sérère. « Cette pratique, on l'a héritée de nos ancêtres. La jachère a une importance capitale car pendant la saison des pluies, on peut laisser le bétail pâturer, explique Edouard Sene, chef du village de Diohine. On fait le choix de laisser un espace pour ça une année et la suivante, on le délocalise. Ça favorise le repos des terres, car si on continue de les cultiver tous les ans, on finit par les dégrader. »
    À lire aussiFemmes de la terre: au Sénégal, Mariama Sonko redonne le pouvoir aux femmes [5/5]
     
    La jachère comme lieu de vie
    Mais la mise en jachère des terres ne se décide pas individuellement. Elle repose sur une organisation collective qui implique différents acteurs de la communauté. « Il y a la rencontre de tous les quartiers pour pouvoir décider exactement quelle zone réserver à la jachère, détaille Paul Sene, agropasteur. Il peut arriver à un moment que quelqu'un ait pratiquement toutes ses terres en jachère. Alors à celui-ci, on donne quelque chose pour cette année-là, c'est une compensation sociale durant laquelle vraiment tout le monde s'entend. »
    Une organisation collective qui vise à favoriser la régénération naturelle des sols. Mais pas que. Pour Maryame Diakité, agronome en service dans la zone, la jachère est avant tout un lieu de vie du village. « C'est déjà un lieu de vie pour les animaux qui y circulent. On a vu des vaches, on entend beaucoup mieux les oiseaux, etc., décrit-elle. On a vu des enfants aussi qui circulent sur la jachère. Donc c'est un lieu de vie du village. C'est aussi un lieu de biodiversité où on laisse le temps à certaines espèces et à certaines plantes de pousser. C'est un lieu qui permet aussi d'enrichir le sol. »
    Cette pratique traditionnelle apparaît ainsi comme une réponse collective à un problème devenu préoccupant : la dégradation des sols. En laissant aujourd’hui certaines terres au repos, ces habitants espèrent préserver leur capacité à produire demain. Une tradition ancienne, remise au goût du jour pour restaurer la terre.
    À écouter dans 8 milliards de voisinsComprendre l’agriculture urbaine à Dakar
Sobre Reportage international
Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
Sítio Web de podcast
Aplicações
Social
v8.15.3 | © 2007-2026 radio.de GmbH
Generated: 8/31/2026 - 11:48:29 PM