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    Cuba: sous sanctions, les hôpitaux et les patients pâtissent de la situation

    29/06/2026
    À Cuba, les conséquences du blocus énergétique imposé par Donald Trump n’en finissent pas d’empoisonner la vie quotidienne de la population. Les pénuries d’électricité, de carburant, de médicaments et de fournitures médicales perturbent gravement le système de santé et la prise en charge des patients. L’OMS estime que 100 000 personnes sont en attente d’interventions chirurgicales retardées. Reportage à l’Institut national de néphrologie de La Havane, qui se maintient debout, en dépit des difficultés.
    De notre correspondante à La Havane,
    Jusqu’à la pandémie de Covid-19, l’espérance de vie et le taux de mortalité infantile à Cuba étaient comparables à ceux des pays développés : le ratio médecins-patients figurait parmi les plus élevés au monde. Mais le durcissement des sanctions américaines, l’économie stagnante du pays et son isolement international ont aggravé la situation. L’OMS évoque aujourd’hui une situation préoccupante et estime à 100 000 le nombre de personnes en attente d’interventions chirurgicales retardées. Même dans les hôpitaux de niveau 3, les plus spécialisés et sophistiqués du pays, le personnel médical voit son rythme de travail bouleversé.
    À l’Institut national de néphrologie de La Havane, une dizaine de patients demeurent allongés sur les lits, aux côtés de leurs dialyses, de gros appareils qui remplissent une fonction rénale. Le chef de service Jules César fait sa visite quotidienne : « Le service compte 92 patients. Ces patients reçoivent trois séances d’hémodialyse par semaine. Certains les suivent le lundi, le mercredi et le vendredi, tandis qu’un autre groupe les suit le mardi, le jeudi et le samedi. Nous avons donc un jour où il y a 42 patients, et un autre 50. Ces dialyses sont touchées par les coupures d’électricité. En effet, sans électricité, elles ne fonctionnent pas. » 
    Les « apagones », les coupures de courant, peuvent durer jusqu’à 20 heures. Si les hôpitaux font partie des zones prioritaires, ils n’y échappent toutefois pas complètement et pâtissent de ces interruptions. Comme l’explique Yamile Garcia Villar, la directrice de l’Institut : « En cas de coupure de courant sur le réseau alimenté par le système électrique national, les hôpitaux ont recours à des groupes électrogènes, c’est-à-dire des générateurs locaux fonctionnant au combustible fossile, notamment au pétrole. C’est pourquoi l’absence de ce pétrole, en plus d’affecter le réseau électrique national, compromet le bon fonctionnement des hôpitaux. »
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    « C’est vraiment la pire période que j’ai traversée »
    Un autre problème fondamental se pose, celui du transport des personnes. Les 3 000 patients sous dialyse du pays nécessitent un accompagnement spécifique, qui dépend du carburant. « Il en résulte donc une grande incertitude pour nous, en tant que professionnels, et les patients ressentent eux aussi une menace réelle pour leur vie. Car c’est la vie du patient qui est en jeu ici », explique la directrice de l’Institut.
    Un peu plus loin, Silvia Fernandez Vega Garcia, la responsable de l’unité de soins intensifs, se décrit comme épuisée : « Parfois, la présence du personnel est assurée, mais c’est plutôt pour partir le problème. Nous travaillons avec des patients gravement malades, des patients qui nécessitent un suivi, c’est-à-dire qu’il faut observer chaque jour l’évolution de leur état. Ce n’est pas la même chose que d’être de garde et de ne voir le patient qu’à un moment précis. Un patient gravement malade doit faire l’objet d’un suivi pour que son état évolue favorablement, détaille-t-elle. Il nous arrive de travailler dans des conditions vraiment difficiles. Parfois, pour pouvoir assurer la dialyse d’un patient, nous disposons tout juste de l’essentiel pour trois jours ou pour une semaine, et nous devons constamment surveiller la situation. Je pense que c’est l’une des choses qui nous affectent le plus. » 
    Quant à la directrice, Yamile Garcia Villar, elle conclut ainsi : « Depuis ma naissance, ce moment est le pire de ma vie. Et j’ai 50 ans. C’est vraiment la pire période que j’ai traversée et nous avons connu bien des étapes. » Elle craint que les hôpitaux comme le sien ne puissent bientôt plus faire face.
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    Dans l'Ukraine en guerre, la lutte contre la corruption reste fragile

    28/06/2026
    En Ukraine, de grands scandales liés à la corruption éclatent régulièrement, dans plusieurs secteurs critiques, comme l'énergie ou la défense, et éclaboussent le gouvernement et le pays à l’échelle internationale. Ainsi, le pouvoir doit mener un combat à l'intérieur même du pays, afin d'endiguer la corruption. Comment cette corruption s'est-elle installée dans le pays et que fait Kiev pour s'en défaire ? La mobilisation des institutions anticorruption et la mobilisation de la société civile sont-elles suffisantes ?
    De notre correspondante à Kiev,
    Un reportage à retrouver en intégralité sur le site de RFI, rubrique podcast Accents d'Europe
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    Au Brésil, une loi pour partager la garde des animaux de compagnie

    27/06/2026
    Au Brésil, le Parlement a adopté, au mois d’avril, une loi encadrant la garde partagée des animaux de compagnie lors d’une séparation. Une décision historique dans un pays où l’on compte plus d’animaux de compagnie que d’enfants.
    De notre envoyée spéciale à São Paulo,
    Sara Donaire présente Simba, Pandora et Oliver, ses trois chats dont elle partage aujourd’hui la garde avec son ancienne compagne par période de 15 jours. Un droit qu’elle a obtenu après une longue bataille judiciaire. Et deux ans et demi sans les voir.
    « Je n’avais aucune nouvelle. La communication avec mon ex était rompue, donc je ne savais même pas où ils habitaient, parce qu’elle avait déménagé. C’était une période très angoissante, j’avais même déposé plainte », confie-t-elle. 
    À l’époque, en 2022, aucune loi n’encadrait cette situation, qui dépendait de l’analyse du juge, au cas par cas. Sara a vécu une période de grave dépression. Elle raconte le calvaire qu'elle a vécu : « Ça a été un vrai traumatisme qu’on me les arrache de cette façon, sans savoir ce qu’il se passerait, sans avoir aucun soutien juridique pour espérer les revoir un jour. C’était un moment très confus, très sombre, sans espoir ».
    C’est grâce à Catarina Modena, avocate spécialisée dans le droit des animaux, que Sara a pu obtenir une sentence favorable et la garde partagée de ses chats. Les efforts de Sara pour adapter sa maison, et les diverses consultations de vétérinaires comportementalistes ont joué en sa faveur.
    « Il y a désormais une vraie attention pour l’intérêt de l’animal. « Aujourd'hui, quand le juge est face à ce type de situation, il devra analyser dans quel environnement vivra l’animal et le temps de qualité qu’il pourra passer avec son tuteur », explique l'avocate.
    La nouvelle loi donne une sécurité juridique aux tuteurs, en faisant de la garde partagée une règle s’il n’y a pas de consensus après une séparation. Car des cas comme celui de Sara sont désormais quotidiens dans la justice brésilienne.
    Une loi qui va dans le bon sens pour Sara : « C’était courant que les personnes renoncent à leurs animaux. Mais aujourd’hui, on voit que les animaux sont considérés comme des membres de la famille. C’est pas comme un meuble qu’on peut racheter, on comprend maintenant que chaque chat, chaque chien est un être unique ».
    Au Brésil, il y aurait 160 millions d’animaux domestiques pour 213 millions d’habitants. Il était temps que la loi s’adapte selon Catarina Modena : « Le pouvoir législatif doit prendre en compte l’évolution de la société. À partir du moment où il y a plus d’animaux que d’enfants dans les maisons brésiliennes, nous devons prendre en compte ces animaux et ces familles. »
    Autre aspect important de la loi : la garde ne sera pas accordée si l’une des deux parties présente des antécédents judiciaires ou des risques de violence domestique.
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    Australie: le retour de la statue de Joy, travailleuse du sexe, à Sydney

    26/06/2026
    Pour la journée mondiale des travailleuses et travailleurs du sexe ce 2 juin dernier, nous vous proposons de partir aujourd’hui à Sydney, en Australie, où en 1995 a été érigée la première statue dans le monde leur rendant hommage. Joy, de son nom, avait à l’époque suscité une vive controverse et avait fini par être déboulonnée deux ans plus tard. Mais après quatre ans de campagne, menée par une militante défendant la cause des travailleuses du sexe et par une historienne, Joy a fait son retour à Darlinghurst, l’ancien quartier rouge de Sydney. Reportage.
    De notre correspondant à Sydney,
    Appuyée contre l'entrebâillement d’une porte, elle observe les allées et venues dans la rue, tandis que sa mini-jupe laisse apparaître de longues jambes croisées. Elle, c’est Joy. Une statue en bronze représentant une travailleuse du sexe, qui après avoir passé près de trente ans dans la réserve d’une université, a retrouvé il y a quelques mois son piédestal, à l’angle de deux rues dans le quartier de Darlinghurst, à Sydney.
    « Joy représente une forme de travail du sexe qu’on appelait "les portes". Vous voyez comment elle se tient dans l’encadrement d’une porte ? Toutes ces maisons alignées que vous voyez autour, c’est là que nous, les travailleuses du sexe, on vivait et on bossait. On se tenait devant ces portes. Mais ça, c’était avant les téléphones portables et Internet », témoigne Julie Bates, une ancienne travailleuse du sexe, une ancienne propriétaire de maison close. Et surtout, une militante acharnée de la défense des droits des travailleurs du sexe. C’est elle qui a plaidé pendant quatre ans pour le retour de Joy et elle en est très fière. « C’est une chose magnifique, elle est la cerise sur mon gâteau de militante ! »
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     « Les travailleurs du sexe ont sauvé des vies »
    Parce que Joy, dans sa première version, avait été installée en 1995. Il s’agissait alors d’une première mondiale, coïncidant avec la dépénalisation totale du travail du sexe en Nouvelle-Galles du Sud. Une initiative qui, comme le souligne l’historienne Catherine Freyne, visait également à saluer le rôle joué par ce secteur dans la promotion de l’usage du préservatif. « Quand les maisons closes ont été dépénalisées, dans le milieu des années 1990, c’était aussi le moment où le sida arrivait et d’un formidable militantisme, de la part de Julie et de ses collègues pour faire en sorte que la transmission du VIH ne passe pas par les maisons closes. » 
    Un accomplissement qui remplit de fierté Julie. « Les travailleurs du sexe ont sauvé des vies. Nous sommes les héros de la prévention de cette épidémie et jusqu’à aujourd’hui encore, il n’y a pas eu un seul cas de transmission du VIH entre une travailleuse du sexe et un client », raconte Julie Bates.
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    Raconter l’histoire du mouvement pour les droits des travailleurs du sexe
    Mais à l’époque, une partie de la société n’était pas prête à l’entendre. Après de nombreuses protestations, Joy finira par être déboulonnée en 1997, avant de faire son retour fin 2025. Elena, qui travaille dans le quartier, s’en félicite : « On a des statues partout qui honorent des hommes qui ont colonisé, des hommes qui ont fait la guerre et tué beaucoup de gens. Et on doit les vénérer, mais on ne vénère pas les femmes, et les gens ordinaires, donc je crois que c’est une bonne chose ».
    Julie, pour sa part, organise désormais des Joy tours dans le quartier, durant lesquels elle raconte aux touristes l’histoire du mouvement pour les droits des travailleurs du sexe.
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    Albanie: le rejet du tout tourisme avec la «révolution des flamants roses»

    26/06/2026
    En Albanie, le pays est secoué depuis presque un mois par la « révolution des flamants roses », un mouvement de contestation né avec le rejet d’un vaste complexe touristique dans une zone naturelle protégée du pays, un projet associé à la famille Trump. Alors que les autorités misent beaucoup sur le développement du tourisme de luxe et multiplient ce genre d’investissements, les manifestants remettent en cause cette stratégie de développement. Ils lui reprochent de détruire les espaces naturels et d'accentuer les fractures sociales.
    Le reportage à Zvërnec et à Tirana. 
    De notre correspondant à Tirana,
    Un flamant rose en carton à la main, Edi est venue manifester sur la plage sauvage de Dalan, dans la zone protégée de Vjosa-Narta, au sud-ouest de l’Albanie. Cette étudiante de 19 ans s’inquiète de voir les dunes, la forêt de pins et la lagune être transformées en un complexe touristique de plus de 10 000 lits : « Il faut que le peuple et la jeunesse se soulèvent ! Les oligarques ne font que voler et détruire ce qui nous appartient. On n’a pas besoin d’une nouvelle station balnéaire : il y en a déjà plein ! Cette terre appartient à tous les Albanais et à la nature. Il nous faut une révolution ! »
    Depuis quelques années, ces projets immobiliers à plusieurs millions d’euros se multiplient sur l’ensemble de la côte et même au cœur des montagnes albanaises. Ils sont le moteur de la politique de développement par le tourisme du Premier ministre socialiste, Edi Rama, au pouvoir depuis 2013. Mais pour les milliers d’Albanais qui manifestent chaque soir depuis bientôt un mois, ces constructions symbolisent avant tout un système dont ils se sentent exclus.
    La défense des flamants roses est devenue le point de ralliement d’une contestation plus large, contre la corruption et l’accaparement des terres. « Est-ce qu’on peut faire des vacances dans ces complexes hôteliers luxueux avec une retraite de 120€ ? C’est impossible avec le niveau actuel des salaires et des retraites. Et on nous dit que ces projets vont apporter du développement ? Mais de quel développement on parle quand ces hôtels font venir des travailleurs d’Inde, du Bangladesh ou des Philippines qui sont payés 400 ou 500€ ? Ça m’apporte du développement, ça ? », réagit Erdin, âgé de 32 ans.
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    « On a des milliardaires qui ne savent plus quoi faire de leur argent »
    Derrière cette contestation, inédite depuis la fin de la dictature communiste, les manifestants dénoncent des choix politiques qui ne profiteraient qu’à une petite élite économique. En 2024, les autorités ont modifié la loi sur les zones protégées et ouvert la voie à l’urbanisation des espaces naturels les plus sensibles.
    Majlinda Hoxha est directrice de l’ONG Network Albania, spécialisée dans la défense de l’environnement et des droits humains : « Seuls les investisseurs tirent des profits de ces constructions. Tous ces projets, qui sont développés en tant que "projets stratégiques", n’apportent pas un développement sain à l’Albanie. Avec cette loi et l’arrivée de ces "investisseurs stratégiques", sans aucune transparence, sans savoir qui se cache vraiment derrière ces investissements, cela a créé un profond déséquilibre dans la société albanaise. On a des milliardaires qui ne savent plus quoi faire de leur argent, et des très pauvres qui peinent à joindre les deux bouts. »
    Ces derniers mois, le SPAK, le parquet anticorruption albanais, a multiplié les enquêtes sur plusieurs de ces projets touristiques soupçonnés d’être liés à des opérations de blanchiment d'argent. Parmi eux, celui de Zvërnec, à l'origine de la mobilisation.
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