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    «Vous ne ressortirez plus jamais par cette porte pour retourner aux États-Unis»: un Vietnamien expulsé témoigne

    25/06/2026
    Aux États-Unis, plus de 8 000 Vietnamiens ont été arrêtés, et près d’un millier expulsés vers leur pays de naissance. Beaucoup seraient d’anciens réfugiés arrivés avant 1995, condamnés par le passé sur le sol américain. Pendant des années, un accord bilatéral a limité leur expulsion. Mais un protocole signé en 2020 entre Washington et Hanoï, puis le durcissement de la politique de l’ICE en 2025, ont accéléré ces retours forcés. C’est le cas de Danny rencontré à Ho Chi Minh-Ville.
    De notre correspondant à Hanoï,
    Le regard profond, le sourire contagieux, Danny raconte avoir quitté le Vietnam à l’âge de huit mois, en 1975, à la fin de la guerre. Arrivé aux États-Unis avec ses parents, il dit avoir fait de mauvais choix à l’adolescence, qui le conduiront à passer six ans en prison. « Quand je suis sorti de prison en 2000, j’ai changé de vie. Je me suis marié. J’ai ouvert des entreprises. J’ai acheté des maisons, des voitures. J’ai reconstruit ma vie comme une personne respectueuse de la loi. »
    Un agent de l’ICE place Danny en détention
    En 1996, les États-Unis durcissent leur législation migratoire et élargissent les motifs d’expulsion des étrangers condamnés, même lorsqu’ils ont grandi dans le pays. Danny doit être expulsé dès sa sortie de prison, mais faute d’accord opérationnel avec Hanoï pour le retour des réfugiés arrivés avant 1995, il est placé sous supervision par l’ICE. « Je me suis présenté chaque année. Je l’ai fait correctement pendant 25 ans. De 2000 à 2025, sans problème. Je me présentais, ils me disaient : "OK, à l’année prochaine", et je repartais », explique Danny.
    En septembre 2025, tout bascule : comme chaque année, il se rend dans les bureaux de l’immigration. Cette fois, un agent de l’ICE lui demande de passer dans une pièce à l’arrière. « Il m’a dit : "Vous ne ressortirez plus jamais par cette porte pour retourner aux États-Unis, plus jamais de votre vie. Je vais maintenant vous mettre des chaînes, et vous allez être placé en détention puis expulsé vers votre pays de naissance." »
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    Danny veut être un soutien aux Vietnamiens expulsés des États-Unis
    Après six mois d’attente en détention, il est finalement expulsé vers le Vietnam, aux côtés d’autres prisonniers et anciens détenus dans son cas. Danny redécouvre alors son pays d’origine, plus de cinquante ans après l’avoir quitté, en parlant un vietnamien « enfantin », selon ses mots. « Quand je suis arrivé ici, j’étais, comme tous les autres Vietnamiens, très inquiet de ce qui allait nous arriver. Mais le gouvernement a été très respectueux avec nous. Ma femme veut s’installer ici. Mes enfants sont heureux d’être ici, mais ils ont perdu leurs amis et leur famille là-bas », explique-t-il.
    Dans un pays dont les codes leur sont étrangers, et dont certains ne parlent pas la langue, l’intégration reste complexe. Danny est resté en lien avec d’autres personnes expulsées. « Certains sont ici depuis presque un an. Ils restent coincés dans leur appartement, ou dans leur chambre chez leur famille. Ils ne vont nulle part. Ils ont peur de sortir parce qu’ils pensent être jugés par les habitants », détaille Danny.
    L’homme affirme vouloir continuer à soutenir ceux qui, comme lui, ont été expulsés vers le Vietnam, pour les aider à s’autoriser de nouveau à rêver d’une vie meilleure.
    À lire aussiAux États-Unis, les Vietnamiens dans le collimateur de l’ICE, la police de l'immigration
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    «Demain fusillade»: en Argentine, des graffitis provoquent la psychose dans les écoles

    24/06/2026
    « Demain fusillade » : en Argentine, des graffitis sinistres provoquent la psychose dans les écoles et les collèges. Des centaines d’établissements scolaires à travers le pays ont vu les mêmes messages de menace apparaître sur les murs, quelques semaines après une fusillade mortelle dans une école. Alimenté par les réseaux sociaux, le phénomène a poussé plusieurs provinces à mettre en place un protocole de sécurité.
    De notre correspondant à Buenos Aires,
    La sonnerie retentit et la journée de classe prend fin devant l’institut Obras Sanitarias à Buenos Aires. Le mois dernier, un graffiti inquiétant est venu troubler le quotidien de cet établissement scolaire. « Quelqu’un a écrit dans les toilettes que le lundi 20 avril, il allait y avoir une fusillade dans le collège », narre cet élève en classe de seconde, Benicio Quintana, âgé de 15 ans. L’apparition de cette menace a fait souffler un vent de panique, raconte-t-il. « Beaucoup d’élèves ont eu peur et ne sont pas venus au collège. La direction a dû prévenir le ministère et mettre en place un méga-protocole. Le lundi en question, ils ont fouillé nos sacs et confisqué nos téléphones. »
    Des messages de menaces devenus une tendance sur TikTok
    La menace a été prise d’autant plus au sérieux qu’elle est intervenue trois semaines après une fusillade dans une école du centre du pays. Un élève a ouvert le feu à la carabine sur ses camarades, faisant un mort et huit blessés. Cependant, selon Benicio Quintana, l’explication des tags apparus dans les toilettes de son collège est à chercher ailleurs. « Pour moi la cause, ce sont les vidéos de TikTok et leur répercussion », évoque-t-il.
    Depuis le mois d’avril, de nombreux messages de menaces se sont virtualisés au point de devenir une tendance sur TikTok en Argentine. « Ces vidéos génèrent beaucoup de likes et d'interactions. Et ça, les likes, c’est quelque chose qui anime les jeunes d’aujourd’hui. Selon moi, c’était plus pour attirer l’attention qu’autre chose », développe le jeune homme.
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    « En cas de menace, la marche à suivre est très claire »
    Reste que ce défi ou cette tendance sur les réseaux sociaux a des conséquences bien réelles. Il ne s’agit pas de blagues potaches, mais de délit, a rappelé le chef du gouvernement de la ville de Buenos Aires, Jorge Macri. Face à l’ampleur prise par le phénomène, fin avril, il a donné une conférence de presse avec sa ministre de l'Éducation Mercedes Miguel : « Toutes les provinces ont été touchées par ces menaces. »
    Les mêmes messages de menaces sont en effet apparus dans des centaines d’écoles à travers tout le pays. Craignant un passage à l’acte, plusieurs provinces, dont Buenos Aires, ont mis en place un protocole de sécurité. « En cas de menace, la marche à suivre est très claire. La direction doit préserver le lieu de la menace et le documenter et appeler la police, qui détermine si le risque est réel », complète la ministre.
    Cette vague de menaces intervient au moment où le président argentin Javier Milei, grand admirateur de Donald Trump, dérégule petit à petit le marché des armes à feu. Si les fusillades dans les écoles restent extrêmement rares en Argentine, certains s’inquiètent de voir le pays ressembler de plus en plus aux États-Unis.
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    Écosse: des protections menstruelles gratuites pour les femmes

    23/06/2026
    Depuis 2022, l’Écosse est la première nation dans le monde à offrir des protections hygiéniques pour femmes gratuitement. On en trouve dans les toilettes des collèges, lycées, universités, piscines, musées, même dans les bibliothèques, pharmacies, pubs, supermarchés. La mesure qui n'était destinée au départ qu'aux plus pauvres a depuis été reprise, y compris par les entreprises. Retour sur ce qui était une expérimentation et est devenu un phénomène de transformation de société.
    De notre correspondant à Aberdeen,
    Désormais c’est entré dans la vie courante en Écosse. Pour ces étudiantes, rencontrées devant l’université d’Aberdeen, c’est normal d’avoir accès aux produits d'hygiène féminine quand on en a besoin, comme du savon dans des toilettes.  
    « C’est super utile, et très rassurant quand tu dois sortir là où il y a du monde. Des fois tu es dehors, en classe ou dans ton labo et là, soudain, j’ai besoin de quelque chose que je n’ai pas emporté avec moi. Alors que ce soit accessible, ça aide vraiment », souligne Beck, âgée de 29 ans.
    Nathalie, 23 ans, évoque le poids que cela impose aux femmes : « On dit en général aux femmes de bien anticiper, de toujours avoir tout le nécessaire sur soi au cas où on en aurait besoin. C’est une manière de libérer sa charge mentale. Ça enlève aussi une partie de la stigmatisation des produits menstruels. »
    Quant à Rihanna, âgée aussi de 23 ans, elle met en évidence l'intérêt de ce changement surtout pour les jeunes filles. « Si elles ont leurs règles sans être préparées et sans savoir quoi faire. Elles peuvent au moins aller aux toilettes et trouver une solution. »
    À la banque alimentaire, le présentoir se vide très vite
    Les produits hygiéniques gratuits, on en parle en Écosse depuis 2017. Le gouvernement lance alors un pilote pour leur distribution. L'objectif est de lutter contre la précarité, l’isolement et l’embarras des femmes de milieux modestes. 
    Cette année-là, il y avait encore, en Grande-Bretagne, des jeunes filles qui mettaient des chaussettes dans leur culotte pour éviter que les saignements ne se voient. Ce pilote a lieu à Aberdeen et a été mené par l’organisation CFINE, l’Initiative alimentaire communautaire du Nord-Est de l’Écosse, qui est déjà en contact avec les milieux les plus précarisés.
    Non loin du port se trouve le centre de distribution alimentaire de CFINE. Dans l’entrée, un grand présentoir où on trouve normalement des tampons, des serviettes hygiéniques, et parfois des coupes menstruelles et serviettes lavables. Mais aujourd’hui il ne reste que deux paquets de tampons en libre-service.
    Sean Mcvey est responsable du programme de distribution des protections menstruelles à Aberdeen. C’est lui qui achète tous ces produits qui vont être donnés dans la ville. « Celui-là est vide, on l’a pourtant rempli ce matin. On va le réapprovisionner bientôt. Mais ça se vide très vite comme on a une centaine de personnes qui viennent chaque jour profiter de la banque alimentaire et du soutien alimentaire d’urgence. Donc, oui, c’est très fréquenté. Aberdeen traverse actuellement un pic de pauvreté, donc on travaille dur pour soutenir et soulager par tous les moyens possibles. Donner des protections menstruelles est un des moyens. »
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    4 800 livres est le coût pour une vie de femme sur 38 ans de règles
    En 10 ans, les revenus disponibles des habitants d'Aberdeen ont chuté de plus de 18 %, notamment à cause du Brexit. Or les produits d'hygiène féminine coûtent à chaque femme autour de 130 livres par an, soit 150 euros. Et 4 800 livres sur une vie de femme pour une période de 38 ans de règles. Alors pour entériner l’accès aux « protections gratuites facilement accessibles » dans toute l’Écosse, une loi a été votée en 2022. Le budget de ce programme est désormais autour de 7 millions de livres par an, entièrement financé par le gouvernement écossais.
    « Je trouve qu’avoir ces présentoirs dans l’espace public, avec des produits d'hygiène féminine disponibles et avec des gens qui en parlent, qui se servent… Je trouve que ça a un impact ou une implication positive sur cette question de société. Quand la loi est passée, il y a aussi eu beaucoup de discussions autour des protections féminines. Ça a été salutaire et très utile », développe Sean McVey.
    Et depuis, ce ne sont plus seulement les femmes qui récupèrent les protections. Une transformation sociétale est en train de s’opérer. « On voit tout le temps des hommes prendre des produits pour n’importe qui en fait : leur femme, leur sœur, leurs filles. Peu importe qui ! On a besoin des papas, on a besoin des frères ! C’est quelque chose qui doit entrer dans les conversations. Les hommes doivent parler des règles. Les femmes représentent plus de 50 % de la population mondiale, donc plus de la moitié d’entre nous va avoir des menstruations dans sa vie. C’est vraiment important que tout le monde ait des connaissances là-dessus », précise Sean McVey.
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    « On parle de dignité menstruelle plutôt que de précarité menstruelle »
    Pour Fiona Rae, la directrice de l’organisation CFINE, on peut maintenant parler de dignité et donc tendre vers l’égalité. « La chose essentielle dans la gratuité des produits hygiéniques, c’est la dignité. Donc, on parle de dignité menstruelle plutôt que de précarité menstruelle. On va continuer à être les ambassadeurs des protections féminines et faire tout pour que ça continue à se diffuser, et que cela ne recule pas. Mais je ne pense pas que ça va arriver, on est trop avancés maintenant. Mais on a l’espoir qu’on pourra encore améliorer les choses avec de meilleurs produits, ou avec des produits bio par exemple. »
    Aujourd’hui en Écosse des protections périodiques gratuites sont disponibles un peu partout, et pas uniquement dans les espaces ouverts au public. Beaucoup d’entreprises les mettent à disposition dans leurs toilettes pour femmes et là aussi les présentoirs se vident assez rapidement. Ce n’est plus uniquement pour les femmes en situation de précarité.
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    «Le chômage a explosé»: à Durham, 10 ans après le Brexit, les regrets des anciens mineurs britanniques

    22/06/2026
    Pendant longtemps, ils ont fait la fierté du Royaume-Uni, avant de devenir victime de la désindustrialisation : ce sont les mineurs du nord de l'Angleterre et du pays de Galles, responsables de la production de charbon, de métaux. Il y a 10 ans, ces communautés devenues délaissées ont largement voté en faveur du Brexit, jugeant l'Union européenne responsable de leur déclassement. Et ils le regrettent aujourd'hui.
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    «La menace évolue, l'Otan s'adapte»: la Suède pleinement engagée dans l'exercice de grande ampleur «Ramstein Flag 2026»

    21/06/2026
    De l'Espagne au nord de la Norvège, l'Otan a mené, du 8 au 19 juin, son plus vaste exercice aérien : Ramstein Flag 2026. Dix-huit nations se sont mobilisées pour s'entraîner à un scénario de guerre de haute intensité avec plus de 200 avions de chasse. Dans un contexte de tensions persistantes avec la Russie, les deux derniers entrants dans l'Alliance, la Suède et la Finlande, entendent démontrer l'apport stratégique du flanc nord.
    Le reportage de notre correspondante Ottilia Ferey est à retrouver dans son intégralité dans le podcast Accents d'Europe.
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