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    Au Mexique, les centres de données des Gafam épuisent les ressources hydriques de la population

    20/04/2026
    La région de Querétaro, à trois heures de la capitale, se présente désormais comme un hub des technologies digitales et de l’innovation. Les géants de l’Internet s’y installent pour construire des centres de données. Une bonne nouvelle pour l’économie de la région. Mais se convertir en arrière-boutique de l’intelligence artificielle (IA) a un prix. Derrière les discours et les promesses de croissance, se trouve la réalité des habitants qui ne profitent pas des retombées. Des centres qui consomment énergie et eau en grande quantité dans une région semi-aride.
    De notre envoyée spéciale à Querétaro,
    À la périphérie de la ville de Querétaro, dans la localité de La Esperanza, Monserrat Sanchez tient dans sa maison un petit restaurant où elle vend des tacos. Comme de nombreux habitants ici, la jeune femme ne reçoit l’eau courante que deux ou trois jours par semaine. « Regardez, le robinet est ici. Non, il n’y a rien », montre-t-elle. Ce dernier mois, elle est restée trois semaines sans eau. « Je crois que c’est à cause de tous ceux qui viennent ici, les entreprises et les usines qui sont là », ajoute-t-elle.
    Interrogée sur l’évolution de la situation, elle répond : « On n’a jamais eu autant de problèmes, je crois que cette année c’est la pire. On s’y habitue. De toute façon, on ne s’intéresse pas à nous, que peut-on faire ? »
    Pendant que la population lutte au quotidien pour accéder à l’eau, l’industrie de Querétaro se développe à grande vitesse, en particulier le secteur du cloud et du stockage en ligne. Dans d’immenses hangars ultra-sécurisés, les géants du web hébergent leurs centres de données. D’autres sont attendus dans les prochaines années, fruit d’un investissement de 12 milliards de dollars. Une aubaine pour le gouvernement local, malgré la réputation de ces infrastructures d’être très gourmandes en énergie et en eau, notamment pour leurs systèmes de refroidissement.
    Marco Antonio Del Prete, secrétaire local du développement durable, affirme cependant que les centres de données installés à Querétaro utilisent beaucoup moins d’eau. « Ils utilisent un circuit d’eau fermé qui remplit un réservoir. N’est alors remplacée que l’eau perdue par condensation ou évaporation. Ils ne consomment pas d’eau en continu. Selon les rapports que nous avons, leur utilisation est beaucoup moins intensive… au moins ici, au Querétaro », précise-t-il. Interrogé sur des chiffres précis, il répond : « Non, parce que ce n’est pas une obligation de le demander. »
    Faute de transparence et de contrôle, la consommation réelle de ces centres de données à Querétaro reste floue. Les estimations varient selon les acteurs et les technologies employées. Néanmoins, les autorisations délivrées par la Commission nationale de l’eau (Conagua) concernent plusieurs millions de litres par an. « Le centre de données d’Amazon consomme la même quantité d’eau que deux villages », souligne Erick Silva, député local d’opposition.
    Ce dernier porte un projet de loi visant à donner la priorité à la population en matière d’accès à l’eau. Il dénonce l’encouragement à installer de nouvelles entreprises dans cette région semi-aride. « Puisque la Conagua nous a classés comme une zone à haut risque en ce qui concerne la période d’étiage, sur quelles bases peut-on proposer à ce type d’entreprises de venir installer des centres de données ici, à Querétaro ? » s’interroge-t-il.
    Au Mexique, l’État de Querétaro se positionne ainsi au cœur d’un secteur promis à contribuer à plus de 5 % du PIB national d’ici 2029. Mais dans un contexte où les ressources hydriques sont déjà surexploitées, la question de la répartition de l’eau entre la population et l’industrie devient de plus en plus pressante.
    À lire aussiÉtats-Unis: Instagram et YouTube condamnés dans un procès inédit sur l'addiction aux réseaux sociaux
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    Au Royaume-Uni, le fish and chips voit ses prix s'envoler face à la flambée des prix du pétrole

    19/04/2026
    C'est un impact insolite de la guerre en Iran : au Royaume-Uni, l'emblématique fish and chips voit son prix s'envoler. Si de nombreux secteurs économiques sont affectés par la hausse du carburant à travers l'Europe, les pêcheurs sont particulièrement vulnérables et certains hésitent parfois désormais à sortir.
    Un reportage dans la petite ville portuaire de Newhaven, sur la côte sud de l'Angleterre, à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
    À lire aussiAvec la flambée des prix du carburant, des bateaux de pêche restent à quai
  • Reportage international

    En Pologne, le développement économique ne bénéficie pas à tout le monde

    18/04/2026
    Ce lundi 20 mars se tiendra le premier sommet France-Pologne depuis la signature du traité de Nancy, un traité pour renforcer la collaboration entre les deux pays signé il y a presque un an. Depuis le retour au pouvoir de Donald Tusk fin 2023, la Pologne est redevenue une puissance centrale de l’Union européenne, portée par l'économie la plus dynamique de la région.
    De notre correspondant à Varsovie, 
    Dans les rues de la capitale, les Varsoviens ressentent le développement économique du pays dans leur portefeuille depuis quelques années, pour le meilleur comme pour le pire. Les bras chargés de deux sacs de courses remplis à ras-bord, Ewa, 80 ans, sort tout juste du centre commercial où elle a l’habitude de faire ses achats. « Même en étant à la retraite, je sens que je vis plus confortablement qu’avant, confie l'octogénaire. Je peux acheter des articles plus haut de gamme, plus chers, de meilleure qualité, mes courses n’ont plus rien à voir. »
    Comme tous les Polonais, Ewa a vu le pays se transformer drastiquement ces 20 dernières années. Pour Marzena, 67 ans, c’est l’adhésion à l’Union européenne en 2004 qui a été l’élément déclencheur de la transformation du pays. « Avant, selon moi, l’économie n’était pas aussi stable et prévisible qu’elle peut l’être aujourd'hui, analyse-t-elle. Avant, on nous promettait que tout allait changer, qu’on allait reconstruire la Pologne, mais rien ne marchait. Mais depuis qu’on a reçu des fonds européens, on voit que ça fait avancer les décisions politiques. Il suffit de regarder à quoi ressemble la capitale, et surtout le centre ! Et si vous roulez vers l’est, vous pourrez voir l’amélioration de nos infrastructures routières. »
    Avec un taux de chômage parmi les plus bas d’Europe et 3,6 % de croissance enregistrée en 2025, le pays est désormais la 6ᵉ puissance économique européenne et la 20ᵉ mondiale. Mais à l’École de commerce de Varsovie, le professeur Marius-Jan Radlo met en garde contre les risques d’une croissance essentiellement tirée par le Plan de reconstruction européen, dont les fonds devraient cesser d’affluer d’ici la fin de l’année. « Les pays qui ne financent pas leur propre potentiel de croissance peuvent tomber dans le piège du développement régional : on se développe vite, donc l’aide européenne retombe, alors qu’on n’a pas mis de modèle en place pour se développer de façon autonome », explique le professeur.
    À lire aussiRafał Trzaskowski : «L'investissement européen a soutenu le miracle économique de la Pologne»
    Une forte inflation
    Malgré une hausse certaine du pouvoir d’achat et un salaire moyen qui avoisine désormais les 2 100 euros par mois, les Polonais se retrouvent aussi confrontés à une forte inflation. Dans le quartier résidentiel d’Ursynow, au sud de Varsovie, Marta promène son fils dans une poussette. La jeune maman de 39 ans et son compagnon se félicitent d’avoir acheté leur appartement avant la naissance de leur fils. Cinq ans après l’achat, ils estiment qu’ils ne seraient pas en capacité d’acheter le même bien aujourd’hui. « On l’a acheté à 1 600 euros le m², alors que maintenant, dans notre quartier, on ne peut pas viser un appartement à moins de 4 200 euros le m², témoigne-t-elle. C’est difficile, car les salaires ne sont pas en adéquation avec les besoins et la hausse des prix. »
    Pour la jeune maman comme pour beaucoup de Polonais, la croissance a un prix que tous ne peuvent pas se permettre de payer.
    À écouter dans Reportage internationalEn Pologne, la ville de Stalowa Wola attend les fonds européens du programme de défense Safe
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    Australie: les installations de batteries solaires en plein boom, dopées par les subventions

    17/04/2026
    En Australie, plus de 30% des foyers sont équipés de panneaux solaires, un record mondial. Mais ces énormes quantités d'électricité produites en plein jour sont en partie gâchées, faute d'être entièrement utilisées ou stockées. C'est précisément sur ce point que le gouvernement australien a décidé d'intervenir, en introduisant un mécanisme de subvention pour les batteries solaires, dont le coût élevé constituait un frein pour les particuliers et les PME. Un dispositif qui, neuf mois après sa mise en place, rencontre un succès dépassant toutes les prévisions.
    De notre correspondant à Sydney,
    Après des semaines passées à étudier des devis, John s'est enfin décidé, et c'est aujourd'hui qu'il fait installer une batterie dans sa maison. Elle va emmagasiner l'électricité générée dans la journée par les panneaux solaires dont il est déjà équipé. L'objectif est de ne plus dépendre du réseau électrique traditionnel, même à la nuit tombée, dans une maison plutôt mal isolée : « Il fait très chaud dans cette maison l'été, et on doit faire tourner l'air conditionné toute la journée, seulement pour maintenir la température de la chambre à coucher à 24°C la nuit. »
    Pour John, son installation lui a coûté environ 4 000 euros. Un investissement rendu possible grâce à des aides de l'État, qui couvrent jusqu'à 30% du coût des batteries pour les particuliers. Le dispositif, introduit en juillet 2025, rencontre un incroyable succès. À tel point que l'enveloppe initiale, 2,3 milliards de dollars qui devait financer le programme jusqu'à 2030, a déjà été entièrement dépensée, contraignant le gouvernement à voter en début d'année une rallonge de 5 milliards de dollars supplémentaires.
    « Mon chiffre d'affaires a été multiplié par trois ou quatre »
    Ce dispositif est un véritable coup d'accélérateur pour la transition énergétique, puisque plus de 250 000 foyers se sont équipés de batteries depuis le lancement de cette politique, et la barre des 500 00 pourrait être franchie à l'occasion de son premier anniversaire. Les particuliers ne sont pas les seuls à s'en féliciter. C'est également le cas des installateurs comme Frank, venu avec son équipe mettre en place la batterie de John : « La politique du gouvernement a eu un impact significatif sur mon entreprise. Mon chiffre d'affaires a été multiplié par trois ou quatre ​​​​​​​! »
    Avec plus de quatre millions de foyers équipés de panneaux solaires en Australie, mais moins de 10% d'entre eux disposant également d'une batterie, la marge de progression reste énorme. Reste que les avancées réalisées ces derniers mois ravissent Chris O'Keefe, porte-parole du Clean Energy Council : « ​​​​​​​Nous installons actuellement 1 ​​​​​​​000 batteries individuelles par jour en Australie. Donc je pense que la demande était clairement là, même s'il est vrai que la popularité de ce dispositif a surpris autant le gouvernement que les professionnels du secteur. »
    Si le gouvernement australien continue, en dépit des recommandations de l'Agence internationale de l'énergie, d'approuver l'ouverture de nouveaux forages gaziers et de nouvelles mines de charbon – 35 depuis 2022 –, son pari de produire plus de 80% de son électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici à 2035 semble lui en très bonne voie.
    À lire aussiL'Australie va offrir trois heures d'électricité solaire par jour à ses habitants à partir de 2026
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    En Irlande, un revenu de base pour les artistes

    17/04/2026
    En Irlande, les artistes reçoivent 325 euros par semaine, par l’État. Le Basic Income for the Arts, en français, « le revenu de base pour les artistes », est un programme pilote, qui avait été lancé par le gouvernement pour aider le secteur à se relever après la pandémie de Covid-19. Ainsi, depuis octobre 2022, 2 000 artistes, tirés au sort, perçoivent ce revenu garanti et ont donc pu dire adieu aux jobs alimentaires. Et bonne nouvelle, le programme vient d’être prolongé !
    Parmi ces 2 000 chanceux, le peintre Gearoid O’Dea. Dans son atelier, au sud de Dublin, il respire enfin. « Ce dispositif m’a offert de l’espace mental : ça te permet de vivre avec beaucoup moins de stress, et je n’ai plus besoin d’accepter des projets qui ne me ressemblent pas ! La plupart des œuvres ici ont été réalisées grâce au programme ! Je dirais que ça m’a permis d’élargir le champ de mon travail : car aujourd’hui, j’essaie vraiment d’explorer des formats plus ambitieux ». 
    Tandis que Gearoid peint de beaucoup plus grandes toiles, le compositeur Michael Gallen a lui imaginé un tout nouvel opéra, qui lui a valu le Prix Fedora 2025 ! « Avant, j’avais toujours l’impression de vivre au bord du précipice, sans savoir si je pourrais enchaîner un nouveau projet. Je pensais qu’être artiste, c’était forcément sacrifier sa vie personnelle : fonder une famille me semblait impensable… Mais aujourd’hui, je suis papa ! Et ce programme m’a redonné confiance, le sentiment que mon travail compte vraiment pour la société, a de la valeur ! », dit-il.
    Et une valeur économique tangible : selon un récent rapport, le dispositif aurait déjà généré plus de 100 millions d’euros de bénéfices pour la société irlandaise. Avec ses quatre prix Nobel de littérature et ses icônes musicales - U2, Sinead O’Connor… On pourrait croire l’Irlande paradis des artistes ! 
    Une chance unique pour l'Irlande
    Mais c’est tout l’inverse : l’Irlande est le pays européen qui consacre le moins à la culture, avec seulement 0,2 % de son PIB. Beaucoup d’artistes créent donc malgré un contexte difficile. « Samuel Beckett avait dû quitter l’Irlande pour s’épanouir en tant qu’artiste ! Sans revenu de base, d’autres talents risquent d’en faire autant, attirés par d’autres pays ou contraints de changer de voie. Ce programme est une chance unique pour l’Irlande d’affirmer sa place comme pays de créativité et d’expression artistique », explique Maria Fleming, présidente de la Campagne Nationale pour les Arts.
    Le Basic Income for the Arts devait durer trois ans, de 2022 à 2025, mais fort de son succès, il vient d’être prolongé et élargi à 2 000 artistes supplémentaires. Un véritable coup de pouce pour le secteur, qui donnerait même des idées à d’autres pays, comme l’Australie, le Canada ou encore la Corée du Sud, qui se renseignent sur ce dispositif inédit !

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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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