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    Irlande: les maisons de jardin, une réponse à la pénurie de logements?

    10/07/2026
    L'Irlande s’enfonce dans une crise immobilière sans précédent. D'ici à 2050, le pays devrait avoir besoin de deux millions de nouveaux logements, selon les projections du gouvernement. Or, une grande partie devront être construits là où les besoins sont les plus criants : dans les agglomérations. À Dublin, une solution jusque-là marginale pourrait prendre de l’ampleur : les « maisonnettes » de jardin, ces petites dépendances sont désormais envisagées comme une réponse à la pénurie. 
    De notre correspondante à Dublin,
    Steven et Mark, trentenaires, vivent dans une petite maison blanche, à l’ouest de Dublin. La particularité ? Les beaux-parents de Steven peuvent frapper à leur porte en quelques secondes, littéralement : « Quand les gens apprennent que nous vivons dans le jardin des parents de Mark, ils imaginent une cabane ! Mais quand ils rentrent ici, ils réalisent qu’il s’agit d’une véritable maison, construite en blocs de béton : quand on rentre, on a un espace de vie ; sur la gauche, une salle de bains entièrement carrelée ; et puis notre chambre… Tout l’espace dont nous avons besoin, et ça nous convient parfaitement ! »
    Les « granny flats », traduisez « l’appartement de mamie », des annexes pensées à l’origine pour les aînés, mais dont profite aujourd’hui plutôt la jeune génération, selon Mark : « Notre maison est attenante à celle de mes parents, ce qui nous a permis de construire jusqu’à 40 m², sans avoir à demander de permis de construire. On en a simplement parlé aux voisins et, une fois leur accord obtenu, nous avons lancé le projet. »
    Une aide de l'État
    En Irlande, près de neuf habitants sur dix vivent dans une maison, selon l’Office central des statistiques. Ces maisonnettes de jardin pourraient ainsi représenter jusqu’à 350 000 logements supplémentaires, estime Seán O’Neill McPartlin, du think tank Progress Ireland : « À travers le pays, les jardins sont pleins de hangars, de bureaux, ou même de salles de sport à domicile : les voisins sont donc habitués à ce que ces petites structures apparaissent à côté de chez eux. Nous, on dit qu'en plus de ces structures, ou à leur place, les gens pourraient construire des petites maisons, à condition de respecter certaines règles. »
    Alors pour encourager leur développement, l’État a mis en place une exonération fiscale pour les propriétaires, si les revenus locatifs ne dépassent pas 14 000 euros par an.
    Constantina vient d’emménager dans l’une de ces maisonnettes, pour laquelle elle paie 1 150 euros de loyer par mois. Elle nous donne rendez-vous dans les bureaux d’une multinationale de la tech à Dublin, où elle travaille comme responsable clientèle. Consternée, elle fait défiler sur son téléphone les annonces postées sur Daft, principal site de location en Irlande : « Par exemple autour d’ici, tu vois qu’il y a des chantiers, des grues partout ! Mais alors, quand on regarde les annonces… un T1 à 2 750 euros ; ce studio : 2 350 euros ; un autre à 2 390 euros… Le reste de la vie ici n’est pas donné non plus : si tu veux sortir manger, ça te coûte facilement 30 à 40 euros. Donc si tu consacres autant d’argent au loyer, il ne te reste plus grand-chose pour vivre. Et dans ce cas, à quoi bon ! »
    Même les salariés de la tech, pourtant parmi les mieux rémunérés, ne sont donc pas épargnés.
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    Liban: à cause des bombardements israéliens, les pêcheurs de Tyr restent à quai

    09/07/2026
    Au Liban, la guerre ne se joue pas seulement sur terre. Elle se poursuit aussi en mer. À Tyr, l'un des principaux ports de pêche du pays, les bateaux restent amarrés. À la frontière, le port de Naqoura a été détruit. Ailleurs, des pêcheurs ont été arrêtés ou pris pour cible, et les zones de pêche sont désormais drastiquement réduites. Selon la FAO, le secteur de la pêche et de l'aquaculture a déjà perdu 6,3 millions de dollars depuis le début de la guerre. 
    De notre envoyée spéciale à Tyr, Amélie David
    Au Liban, le port de pêche de Tyr est calme en cette fin juin. Une majorité des pêcheurs sont à quai, réparant leurs filets et leurs bateaux, comme Maroun Khoury et son père.
    Pour eux, le cessez-le-feu n’a rien changé : « Honnêtement, la situation est un peu difficile pour les pêcheurs. Avant, il y avait des zones plus au sud où ils pouvaient aller pêcher. Maintenant… il y a seulement deux jours, par exemple, un bateau s'est rendu là-bas. Il est allé assez loin, mais ils ont été interrogés et contraints de s'arrêter. Désormais, nous sommes limités à des zones de pêche situées à proximité. »
    Chez les Khoury, on est pêcheur de père en fils. Mais Maroun, 19 ans, n’a jamais connu une mer aussi inaccessible. « Si vous divisez tout entre nous : chaque personne sur le bateau gagne autour de 10 dollars par jour. 10 dollars après avoir payé le diesel. La mer ne vous rend pas riche. Vous gagnez juste assez pour manger. »
    Sur le port, les bateaux sont plus nombreux que les hommes en mer. Autour d’un café, ceux qui ne sortent plus attendent des jours meilleurs. Seule une quarantaine d’entre eux continuent aujourd’hui à prendre la mer.
    Selon le vice-président du syndicat des pêcheurs du sud, Sami Rezze : « Maintenant, nous ne sommes pas autorisés à pêcher entre Ras al-Ain et Rashidieh (au sud de Tyr, près de la frontière avec Israël. Et les pêcheurs ne peuvent toujours pas pêcher 24 heures sur 24. Il y a des heures spéciales pendant lesquelles nous avons le droit de sortir. La zone de pêche s’étend sur environ trois kilomètres au sud de Tyr. »
    Aux restrictions imposées, semblables à celles en place pendant l’occupation par Israël du sud du Liban dans les années 1980, s’ajoutent les menaces et la peur : « Si un pêcheur dépasse la limite autorisée, les patrouilleurs israéliens ouvrent le feu sur lui. Les drones le repèrent immédiatement. Que sommes-nous censés faire ? Avant-hier encore, des patrouilleurs israéliens ont poursuivi un bateau de pêche jusqu'à Tyr, tout en tirant dans sa direction. Les drones sont présents tous les jours. Ils ne laissent jamais les pêcheurs tranquilles. Les petits drones de surveillance tournent constamment au-dessus de leurs têtes, suivant chacun de leurs mouvements. »
    Dans le café du port, les pêcheurs font passer le temps en jouant aux cartes. Pour Radwan, pêcheur depuis plus de 20 ans, la guerre n'est pas la seule menace. Surpêche, pêche à la dynamite, réchauffement de la Méditerranée... Les poissons se raréfient, déplore-t-il, et les causes sont nombreuses. Dans le port de Tyr, les filets continuent d'être réparés chaque matin. Mais tant que la guerre imposera ses frontières en mer, c'est surtout l'attente que les pêcheurs ramèneront dans leurs filets.
    À lire aussiLiban: à Tibnine, sous le bourdonnement des drones israéliens, une paix toujours hors de portée
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    Norvège: un gisement de terres rares pourrait renforcer l'autonomie de l'Europe

    08/07/2026
    C'est un ancien volcan qui pourrait redessiner l'avenir de l'Europe. Dans le sud de la Norvège se trouve le plus grand gisement de terres rares jamais découvert sur le continent. Ces métaux sont indispensables à la fabrication des voitures électriques, des éoliennes, des smartphones ou encore des équipements militaires. Un enjeu devenu stratégique pour notre économie comme pour notre souveraineté, alors que leur production est aujourd'hui largement dominée par la Chine. C’est la compagnie minière norvégienne Rare Earths Norway qui dispose du permis d’extraction.
    Le reportage de notre correspondante dans la région est à retrouver dans son intégralité dans le podcast Accents d’Europe
    À lire aussiUn gisement de terres rares découvert en Norvège: un enjeu de souveraineté industrielle pour l’UE
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    «Ils veulent voler nos terres»: une nouvelle barrière israélienne isole les agriculteurs palestiniens en Cisjordanie

    07/07/2026
    Baptisée « Crimson Thread », ou « Fil pourpre » en français, elle sera composée d'une route militaire longue de 22 kilomètres, bordée d'une tranchée profonde de quatre mètres et d'un haut remblai de terre. Cette barrière va couper plusieurs centaines de familles d'agriculteurs palestiniens de leurs terres. C'est déjà le cas pour certaines d'entre elles, dans ce secteur considéré comme le « grenier de la Cisjordanie ».
    De notre correspondante, de retour de la vallée du Jourdain,
    Des champs d'oliviers et des serres agricoles s'étirent jusqu'au fleuve Jourdain. Dans la vallée, des bulldozers israéliens retournent la terre fertile.
    « Ils construisent soi-disant une simple route, mais c'est faux. Ils veulent voler nos terres », se confie Thar, un berger de 35 ans. Il décrit les travaux en cours : « Sur place, il y a certes une route, mais tout le long, il y a une tranchée profonde de quatre mètres et un remblai haut de deux mètres. Je ne veux plus y retourner, au risque de me faire arrêter ou attaquer. »
    « Ce projet, ce n'est rien d'autre qu'une nouvelle barrière de séparation », dénonce-t-il. Inquiet, il observe son troupeau de 90 moutons. « Avec les travaux, ils m'ont coupé l'eau. On doit aller chercher de l'eau à deux kilomètres, de nuit, comme des voleurs. »
    Dans le village voisin d'Atouf, un agriculteur a, quant à lui, déjà perdu tout accès à ses terres : « J'ai perdu toutes mes cultures. Je ne peux plus aller récolter mes légumes. J'ai déjà perdu beaucoup d'argent, comme beaucoup d'autres agriculteurs. Avec cette construction, je n'ai tout simplement plus accès à rien. »
    À lire aussiCisjordanie occupée: une barrière israélienne menace les terres agricoles de la vallée du Jourdain
    « Tous ont perdu leur emploi »
    Doorghan pose une main sur l'épaule de son fils, qui l'écoute attentivement : « Sur mon exploitation, j'emploie quotidiennement une trentaine de salariés pour travailler la terre. Tous ont perdu leur emploi, faute d'accès aux champs. Cela représente trente familles de sept ou huit personnes chacune. L'agriculture est ici la première source de revenus. »
    Sur le tracé de la route militaire, toutes les infrastructures – granges, silos et entrepôts – seront également détruites. Abdallah Basharat, gouverneur des localités d'Atouf et de Ras Al Ahmar, explique : « Environ 300 familles sont concernées par des ordres d'expulsion ou de démolition de leurs infrastructures. Je me suis rendu devant la Cour de justice pour réclamer l'arrêt du projet, mais l'armée poursuit sa construction. »
    L'armée israélienne assure, de son côté, agir dans le respect de la loi. Elle évoque des impératifs de sécurité pour justifier la construction de cette nouvelle barrière.
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    En mer Baltique, exercices de l'Otan à bord d’une frégate française

    06/07/2026
    Le sommet de l’Otan commence ce mardi 7 juillet à Ankara, en Turquie. Quel va être le futur de l’Otan et tous les pays de l’Alliance sont-ils prêts à la défendre ? Sur la frégate française qui a participé aux grands exercices maritimes Baltops, personne n’en doute. Ces exercices existent depuis 1972 et visent à renforcer la cohésion entre les Alliés et à réaffirmer la volonté de défendre cette région limitrophe de la Russie. 
    De notre correspondante dans la région,
    Sur la passerelle, la situation est tendue. Tout le monde a revêtu sa tenue d’alerte, une cagoule et des gants ignifuges et des lunettes. Le commandant en second : « Là, nous sommes en entraînement pour le tir. Donc, nous allons tirer avec le canon 100 mm, le canon 20 mm et la mitrailleuse arrière sur des ballons qui simulent des aéronefs qui nous arrivent dessus à grande vitesse. On s’est toujours entraîné contre les menaces aériennes. On a évidemment rajouté les nouvelles menaces qu’on peut voir dans les différents conflits qui nous entourent, évidemment les drones dont on entend beaucoup parler. »
    Au niveau inférieur se trouve le Central Operations. C’est le lieu le plus secret de la frégate où se trouvent tous les écrans qui surveillent la mer. Les équipes de l’enseigne de vaisseau Kevin s’entraînent à réagir si un aéronef ne réagit pas aux sommations d’identification. Un exercice qui s’est aussi fait à plusieurs pendant Baltops : « C’est comme ça que l’on est les meilleurs. Aujourd’hui, on a la chance de pouvoir partager notre situation en liaison radio ou en liaison satellite. On est vraiment monté en gamme dans la richesse des informations que l’on peut partager avec les navires de l’Otan. »
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    La Baltique, un espace stratégique sous surveillance
    Tout au long des deux semaines d’exercice, les marins français se sont entraînés avec les Alliés à se ravitailler en mer, à déminer un territoire pour escorter des unités dites précieuses ou arraisonner des navires suspects. Le commandant de la frégate Martin Redoutey : « En étant présent, on envoie ce message de détermination sur notre capacité à mener des opérations complexes pour défendre le territoire des pays de l’Otan. »
    La mer Baltique concentre une partie importante des échanges commerciaux mondiaux. Protéger les voies maritimes dans une région de plus en plus stratégique est nécessaire. Les Alliés ne sont pas seuls. La Russie est aussi riveraine et montre sa présence. Quand un Tupolev, un avion russe de combat, est repéré, tout le monde s’active. Le commandant Martin Redoutey : « À une dizaine de kilomètres du bateau, on a certainement un aéronef probablement de nationalité russe qui est en transit, qui a un profil qui est stable. Là, on voulait s’assurer de la cinématique et des intentions de cet aéronef. Il ne présente pas de difficulté particulière. »
    En mer Baltique, même en exercice, la vigilance des Alliés ne retombe jamais.
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