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    Écosse: des protections menstruelles gratuites pour les femmes

    23/06/2026
    Depuis 2022, l’Écosse est la première nation dans le monde à offrir des protections hygiéniques pour femmes gratuitement. On en trouve dans les toilettes des collèges, lycées, universités, piscines, musées, même dans les bibliothèques, pharmacies, pubs, supermarchés. La mesure qui n'était destinée au départ qu'aux plus pauvres a depuis été reprise, y compris par les entreprises. Retour sur ce qui était une expérimentation et est devenu un phénomène de transformation de société.
    De notre correspondant à Aberdeen,
    Désormais c’est entré dans la vie courante en Écosse. Pour ces étudiantes, rencontrées devant l’université d’Aberdeen, c’est normal d’avoir accès aux produits d'hygiène féminine quand on en a besoin, comme du savon dans des toilettes.  
    « C’est super utile, et très rassurant quand tu dois sortir là où il y a du monde. Des fois tu es dehors, en classe ou dans ton labo et là, soudain, j’ai besoin de quelque chose que je n’ai pas emporté avec moi. Alors que ce soit accessible, ça aide vraiment », souligne Beck, âgée de 29 ans.
    Nathalie, 23 ans, évoque le poids que cela impose aux femmes : « On dit en général aux femmes de bien anticiper, de toujours avoir tout le nécessaire sur soi au cas où on en aurait besoin. C’est une manière de libérer sa charge mentale. Ça enlève aussi une partie de la stigmatisation des produits menstruels. »
    Quant à Rihanna, âgée aussi de 23 ans, elle met en évidence l'intérêt de ce changement surtout pour les jeunes filles. « Si elles ont leurs règles sans être préparées et sans savoir quoi faire. Elles peuvent au moins aller aux toilettes et trouver une solution. »
    À la banque alimentaire, le présentoir se vide très vite
    Les produits hygiéniques gratuits, on en parle en Écosse depuis 2017. Le gouvernement lance alors un pilote pour leur distribution. L'objectif est de lutter contre la précarité, l’isolement et l’embarras des femmes de milieux modestes. 
    Cette année-là, il y avait encore, en Grande-Bretagne, des jeunes filles qui mettaient des chaussettes dans leur culotte pour éviter que les saignements ne se voient. Ce pilote a lieu à Aberdeen et a été mené par l’organisation CFINE, l’Initiative alimentaire communautaire du Nord-Est de l’Écosse, qui est déjà en contact avec les milieux les plus précarisés.
    Non loin du port se trouve le centre de distribution alimentaire de CFINE. Dans l’entrée, un grand présentoir où on trouve normalement des tampons, des serviettes hygiéniques, et parfois des coupes menstruelles et serviettes lavables. Mais aujourd’hui il ne reste que deux paquets de tampons en libre-service.
    Sean Mcvey est responsable du programme de distribution des protections menstruelles à Aberdeen. C’est lui qui achète tous ces produits qui vont être donnés dans la ville. « Celui-là est vide, on l’a pourtant rempli ce matin. On va le réapprovisionner bientôt. Mais ça se vide très vite comme on a une centaine de personnes qui viennent chaque jour profiter de la banque alimentaire et du soutien alimentaire d’urgence. Donc, oui, c’est très fréquenté. Aberdeen traverse actuellement un pic de pauvreté, donc on travaille dur pour soutenir et soulager par tous les moyens possibles. Donner des protections menstruelles est un des moyens. »
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    4 800 livres est le coût pour une vie de femme sur 38 ans de règles
    En 10 ans, les revenus disponibles des habitants d'Aberdeen ont chuté de plus de 18 %, notamment à cause du Brexit. Or les produits d'hygiène féminine coûtent à chaque femme autour de 130 livres par an, soit 150 euros. Et 4 800 livres sur une vie de femme pour une période de 38 ans de règles. Alors pour entériner l’accès aux « protections gratuites facilement accessibles » dans toute l’Écosse, une loi a été votée en 2022. Le budget de ce programme est désormais autour de 7 millions de livres par an, entièrement financé par le gouvernement écossais.
    « Je trouve qu’avoir ces présentoirs dans l’espace public, avec des produits d'hygiène féminine disponibles et avec des gens qui en parlent, qui se servent… Je trouve que ça a un impact ou une implication positive sur cette question de société. Quand la loi est passée, il y a aussi eu beaucoup de discussions autour des protections féminines. Ça a été salutaire et très utile », développe Sean McVey.
    Et depuis, ce ne sont plus seulement les femmes qui récupèrent les protections. Une transformation sociétale est en train de s’opérer. « On voit tout le temps des hommes prendre des produits pour n’importe qui en fait : leur femme, leur sœur, leurs filles. Peu importe qui ! On a besoin des papas, on a besoin des frères ! C’est quelque chose qui doit entrer dans les conversations. Les hommes doivent parler des règles. Les femmes représentent plus de 50 % de la population mondiale, donc plus de la moitié d’entre nous va avoir des menstruations dans sa vie. C’est vraiment important que tout le monde ait des connaissances là-dessus », précise Sean McVey.
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    « On parle de dignité menstruelle plutôt que de précarité menstruelle »
    Pour Fiona Rae, la directrice de l’organisation CFINE, on peut maintenant parler de dignité et donc tendre vers l’égalité. « La chose essentielle dans la gratuité des produits hygiéniques, c’est la dignité. Donc, on parle de dignité menstruelle plutôt que de précarité menstruelle. On va continuer à être les ambassadeurs des protections féminines et faire tout pour que ça continue à se diffuser, et que cela ne recule pas. Mais je ne pense pas que ça va arriver, on est trop avancés maintenant. Mais on a l’espoir qu’on pourra encore améliorer les choses avec de meilleurs produits, ou avec des produits bio par exemple. »
    Aujourd’hui en Écosse des protections périodiques gratuites sont disponibles un peu partout, et pas uniquement dans les espaces ouverts au public. Beaucoup d’entreprises les mettent à disposition dans leurs toilettes pour femmes et là aussi les présentoirs se vident assez rapidement. Ce n’est plus uniquement pour les femmes en situation de précarité.
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    «Le chômage a explosé»: à Durham, 10 ans après le Brexit, les regrets des anciens mineurs britanniques

    22/06/2026
    Pendant longtemps, ils ont fait la fierté du Royaume-Uni, avant de devenir victime de la désindustrialisation : ce sont les mineurs du nord de l'Angleterre et du pays de Galles, responsables de la production de charbon, de métaux. Il y a 10 ans, ces communautés devenues délaissées ont largement voté en faveur du Brexit, jugeant l'Union européenne responsable de leur déclassement. Et ils le regrettent aujourd'hui.
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    «La menace évolue, l'Otan s'adapte»: la Suède pleinement engagée dans l'exercice de grande ampleur «Ramstein Flag 2026»

    21/06/2026
    De l'Espagne au nord de la Norvège, l'Otan a mené, du 8 au 19 juin, son plus vaste exercice aérien : Ramstein Flag 2026. Dix-huit nations se sont mobilisées pour s'entraîner à un scénario de guerre de haute intensité avec plus de 200 avions de chasse. Dans un contexte de tensions persistantes avec la Russie, les deux derniers entrants dans l'Alliance, la Suède et la Finlande, entendent démontrer l'apport stratégique du flanc nord.
    Le reportage de notre correspondante Ottilia Ferey est à retrouver dans son intégralité dans le podcast Accents d'Europe.
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    «Ce sera la fin de notre civilisation»: au Pakistan, la fonte des glaciers du Gilgit-Baltistan menace les villageois

    21/06/2026
    Rendez-vous dans l'extrême nord du Pakistan, dans les montagnes du Gilgit-Baltistan. Située aux confins de la Chine et de l'Afghanistan, cette région isolée abrite certains des plus hauts sommets du monde et des milliers de glaciers. Ses paysages à couper le souffle accueillent chaque année des centaines de milliers de visiteurs. Pourtant, la région est en première ligne face au changement climatique et voit ses glaciers fondre à un rythme accéléré, avec des conséquences déjà visibles : inondations soudaines, glissements de terrain et ruptures de lacs glaciaires se multiplient. Pourtant essentiels à l'économie locale, au tourisme et à l'irrigation des cultures, les glaciers sont également devenus une source croissance d'inquiétude. Plus imprévisibles que jamais, ils menacent désormais les villages à leur pied.
    De notre correspondante Ondine de Gaulle à Gilgit-Baltistan,
    Dans une pièce unique, simplement meublée, Malika, 52 ans, tablier noué autour de la taille, s'active aux fourneaux. Dans ce petit restaurant de Gulmit, au cœur du Gilgit-Baltistan, elle a dû tout recommencer à zéro. L'été dernier, son ancien restaurant, au bord de la rivière, a été emporté en quelques minutes par une crue soudaine : « Personne ne nous avait prévenus qu'une chose pareille allait arriver. J'étais occupée à mes tâches habituelles. Soudain, quand la crue a frappé, j'ai fui. Le restaurant et tout le reste ont été emportés. Nous n'avons reçu aucune compensation du gouvernement. »
    La catastrophe a été provoquée par la rupture d'un lac glaciaire, relâchant soudainement plusieurs millions de mètres cubes d'eau. Le village de Malika se trouve au pied du glacier de Gulmit, qui culmine à près de 7 300 mètres d'altitude : « Le dérèglement climatique s'est aggravé ces trois dernières années. De telles crues s'étaient déjà produites par le passé, peut-être une fois tous les 15 ou 20 ans. Mais leur intensité n'était pas aussi forte. »
    La région accueille près de 13 000 glaciers, les plus nombreux hors des zones polaires. Nous retrouvons Saleem Khan, guide de haute montagne de 34 ans, à la fin du glacier de Passu. Devant lui, de l'eau jaillit d'une vaste crevasse ouverte dans la glace : « Autrefois, le glacier faisait 30 kilomètres de long, mais il ne mesure plus aujourd'hui que 12 kilomètres, à cause du changement climatique. »
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    « Tout a été emporté »
    Avec la hausse des températures, les glaciers de la région fondent, depuis 2010, à un rythme environ 65% plus rapide que durant la décennie précédente. « Ces glaciers ont causé de nombreux dégâts aux terres agricoles, aux habitations et à l'industrie du tourisme. À terme, les habitants partirons, car il ne restera plus rien. Ce sera la fin de notre civilisation », s'inquiète Saleem Khan.
    Dans une vallée voisine, à Hassanabad, les crues glaciaires ne sont plus des événements ponctuels et se succèdent depuis 2019. À l'été 2025, une crue soudaine a tout pris à Ali Dawar, 74 ans, chapeau traditionnel vissé sur la tête : « Tout a été emporté : nos cerisiers, nos autres arbres fruitiers, les maisons, les étables... » Il craint que ses enfants ne puissent plus vivre sur ces terres : « Les experts nous ont dit que dans les cinq années à venir, les eaux emporteront tout ce qu'il reste. Mais qu'allons-nous faire ? Nous sommes pauvres. Nous n'avons pas les moyens de louer un logement en ville et nous ne sommes pas assez instruits pour trouver un travail de bureau. »
    Ces glaciers alimentent une grande partie du Pakistan, et leur disparition progressive pourrait fragiliser la sécurité hydrique et alimentaire de plus de 220 millions de personnes.
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    En Colombie, l'insécurité au centre des préoccupations avant le second tour de la présidentielle

    20/06/2026
    Les Colombiens votent ce dimanche 21 juin 2026 pour désigner le successeur de Gustavo Petro, premier président de gauche de l'histoire du pays. Ils ont le choix entre son dauphin, le sénateur Ivan Cepeda, et l'avocat Abelardo de la Espriella. Le candidat de l'extrême droite est en tête des sondages, porté par son discours sécuritaire inspiré du président du Salvador, Nayib Bukele. La Colombie connaît actuellement une vague de violences inédite depuis dix ans. Si la situation est particulièrement tendue dans les régions du pays contrôlées par des groupes armés, l'insécurité est également forte dans les grandes villes où certains habitant s'organisent pour se protéger. 
    À Belmira, quartier chic du nord de Bogota, la crainte principale des habitants, c'est le vol à l'arraché. Alors 160 des 226 familles qui vivent ici, payent chaque mois environ 200 euros pour financer une équipe de vigiles 24 heures sur 24, à moto ou à vélo. « Je suis équipé d'une matraque et d'une arme. Un revolver que je peux utiliser en dernier recours si ma vie est menacée et que je ne peux rien faire d'autre. On n'a pas le droit de fouiller ou d'arrêter un délinquant. On peut juste le retenir jusqu'à ce que la police arrive », explique Camilo Pavon-Cruz.
    Soixante quatre caméras de vidéosurveillance complètent ce dispositif. Elles sont gérées depuis un poste de contrôle installé à côté de l'air de jeux. Huit d'entre elles sont reliées au commissariat, mais Magali Velez, responsable de l'association civique de Belmira, avoue ne pas trop compter sur les forces de l'ordre. « Malheureusement dans ce pays, on a parfois peur de la police. Tous les policiers ne sont pas mauvais. Certains rejoignent les rangs de la police plein d'illusions. Mais parfois, face à la corruption qui est un véritable système, ils sont obligés d'agir mal. Ils n'ont pas d'autre choix. On ne peut pas vraiment faire confiance à la police. C'est donc à nous de nous protéger ».
    « Ici, c'est le pays de la mort »
    Depuis un an et demi, la Colombie connaît un regain de violences, essentiellement dans les zones où sévissent des groupes armés sur fond de trafics en tout genre, notamment de cocaïne, mais également dans certaines villes. Une situation que la droite attribue au manque de fermeté de Gustavo Petro et à son plan de « paix totale ». Le président sortant a essayé, en vain, de négocier avec les organisations criminelles pour qu'elles acceptent de déposer les armes.
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    C'est l'horreur, se désole Gabriela, 69 ans. « Ici, c'est le pays de la mort. On vous agresse et on vous tue. Il faut sans cesse faire attention : ne pas sortir son portable dans la rue, ne pas porter de bijoux, regarder par dessus son épaule et ne parler à personne, ni à un enfant, ni à une personne âgée. Il ne faut pas non plus accepter de prospectus. Car on peut vous jeter de la scopolamine, une drogue qui vous fait perdre le contrôle de vous-même et la notion du temps. C'est ça la Colombie ! »
    Alors dimanche, Gabriella votera pour Abelardo de la Espriella, le candidat de l'extrême droite promet d'employer la manière forte avec les criminels qu'il compte « éradiquer comme des rats ».
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