Aujourd'hui l'économie
Último episódio
342 episódios
- En Turquie, plusieurs fonds d’investissement qui avaient attiré des centaines de milliers d’épargnants se retrouvent aujourd’hui incapables de répondre à leurs demandes de retrait. Les autorités ont ordonné la liquidation de 131 fonds pour tenter d’éviter une nouvelle déstabilisation de la Bourse d’Istanbul.
Pour comprendre cette crise, il faut rappeler que la Turquie vit depuis plusieurs années avec une inflation très élevée. Plutôt que de laisser leur épargne sur des comptes bancaires offrant des rendements relativement faibles, de nombreux Turcs ont donc préféré se tourner vers la Bourse et les fonds d’investissement. Concrètement, au lieu d’investir seul son argent en Bourse, l'épargnant confie son capital à une société de gestion. Celle-ci rassemble l’argent de milliers d’investisseurs et l’utilise pour acheter différents actifs, comme des actions ou des obligations. L’idée est donc de mutualiser l’épargne et de laisser des professionnels gérer les investissements, avec l’objectif d’obtenir des retombées intéressantes pour les épargnants. Et si de nombreux Turcs ont fait ce choix, c’est notamment parce que les rendements affichés par certains fonds étaient particulièrement alléchants. Le rendement de l’un d’entre eux aurait ainsi dépassé 66 000% en trois ans. Des performances spectaculaires qui ont évidemment attiré énormément d’argent.
À lire aussiPourquoi les fonds d’investissement prennent la place des banques et suscitent l'inquiétude
Des rendements spectaculaires qui ont fini par inquiéter
Le problème est que certains de ces fonds avaient investi dans de petites entreprises dont très peu d’actions étaient disponibles sur le marché. Comme ces titres étaient rares, le moindre achat pouvait faire grimper leurs prix de manière spectaculaire et, mécaniquement, augmenter la valeur du fonds. Cette situation pouvait alimenter une dynamique de hausse particulièrement fragile. Mais cette mécanique fonctionne jusqu’au moment où les investisseurs veulent récupérer leur argent.
C’est précisément ce qui s’est produit ces dernières semaines. Les autorités turques ont commencé à durcir les règles concernant certains de ces investissements. Les épargnants se sont inquiétés et ils ont été de plus en plus nombreux à demander le remboursement de leur argent. Or, pour rembourser les investisseurs, les fonds doivent disposer de liquidités. Et pour récupérer cet argent, ils doivent notamment vendre les actions qu’ils détiennent. Le problème est que ces ventes font baisser la valeur des titres et donc celle des fonds. Cette baisse inquiète à son tour les épargnants, qui peuvent être tentés de demander leur remboursement. Les fonds doivent alors vendre davantage d’actifs, ce qui accentue encore la baisse : un mécanisme de spirale difficile à arrêter.
Cinq milliards de dollars retirés et 131 fonds liquidés
Entre la fin du mois d’août et la mi-septembre, près de cinq milliards de dollars ont ainsi été retirés des fonds d’investissement turcs. Certains gestionnaires se sont même retrouvés dans l’incapacité de rembourser leurs clients. Face à cette situation, les autorités ont ordonné la liquidation de 131 fonds, ce qui concerne plusieurs centaines de milliers d’épargnants. Pour ces investisseurs, une question reste désormais en suspens : récupéreront-ils la totalité de leur épargne, avec les gains espérés, ou seulement une partie de leur mise de départ ?
Au-delà des fonds eux-mêmes, le principal risque est désormais celui d’une crise de confiance qui pourrait s’étendre à l’ensemble de la Bourse turque. Pour tenter de contenir la situation, la banque centrale a apporté davantage de liquidités au système financier. Le fonds souverain turc a également acheté des actions de grandes entreprises afin de soutenir le marché et d’éviter une nouvelle dégringolade. L’objectif des autorités est désormais clair : restaurer la confiance dans les marchés financiers turcs. - La venue du pape Léon XIV à Paris, Lourdes et Metz attire des centaines de milliers de visiteurs et illustre une tendance de fond du tourisme : le tourisme événementiel. Concerts, compétitions sportives, festivals ou événements religieux deviennent désormais des motifs de voyage à part entière, avec des retombées économiques importantes pour les villes qui les accueillent.
C’est l’événement du week-end : la venue du pape Léon XIV en France. À Paris, Lourdes et Metz, jusqu’à un million de personnes sont attendues pour participer aux différents temps forts de ce voyage pontifical. Et cet événement illustre une tendance de plus en plus importante dans le tourisme : le tourisme événementiel. Le principe est assez simple. Avant, on choisissait une destination et, une fois sur place, on cherchait une activité. Désormais, c’est parfois l’inverse. C'est l’événement qui détermine la destination. Un concert, une compétition sportive, un festival ou même un événement religieux devient le motif principal du voyage. Le séjour se construit ensuite autour de cet événement.
La venue du pape en France en donne une illustration très concrète. Selon Trainline, les réservations de trajets en direction de Lourdes pour le week-end du 25 au 27 septembre ont bondi de 171% par rapport à l’an passé. La dynamique est similaire pour les hébergements à Paris. Selon le moteur de recherche de voyages Kayak, les recherches d’hôtels sur la période progressent de 58%. Et cette affluence représente évidemment un enjeu économique important.
À lire aussiComment les compagnies aériennes se réinventent pour nous faire prendre encore plus l'avion
Du pape à Céline Dion, le « gig tripping » gagne du terrain
Selon Choose Paris Region, l’agence d’attractivité francilienne, la venue du pape constitue l’un des plus grands rassemblements populaires organisés en Île-de-France depuis les Jeux de Paris en 2024. Et cet événement coïncide avec un autre rendez-vous, culturel celui-ci : les concerts de Céline Dion à Paris. À chaque représentation, des milliers de touristes se pressent dans la capitale. Ce phénomène a un nom, les professionnels parlent de « gig tripping », littéralement le « voyage-concert ». L’idée est simple : plutôt que de renoncer à un concert parce que les billets sont trop chers dans son pays ou dans sa ville, on va voir l’artiste ailleurs. Et tant qu’à faire le déplacement, on en profite pour passer quelques jours sur place. Le phénomène fonctionne pour les concerts, mais aussi pour le sport ou les grands événements internationaux. Et il peut également concerner les événements religieux : lorsque le pape se déplace dans un pays voisin, les visiteurs ne sont évidemment pas uniquement originaires du pays qui l’accueille. Pour les professionnels du tourisme, c’est donc une nouvelle manière de vendre une destination. On ne vend plus seulement une chambre d’hôtel ou un billet de train, on vend une expérience complète.
À lire aussiConcerts de Céline Dion: Paris se prépare à de colossales de retombées économiques
Pour les villes, le défi est de transformer l’événement en tourisme durable
L’intérêt économique est particulièrement important pour les territoires qui accueillent ces grands rendez-vous. Paris et Lourdes sont déjà des places fortes du tourisme international ou du pèlerinage. Metz dispose d’une notoriété touristique internationale plus limitée. Pour la ville lorraine, accueillir le pape constitue donc aussi une occasion de gagner en visibilité et d’attirer des visiteurs qui ne seraient peut-être pas venus autrement. Mais attention, cet effet peut être assez ponctuel. Une fois le concert terminé, une fois le pape reparti, les visiteurs peuvent repartir eux aussi. Et les prix comme la fréquentation peuvent rapidement revenir à la normale.
La stratégie pour les villes et les professionnels du tourisme consiste donc à transformer l’essai. L’ambition est de transformer cet effet d’aubaine en véritable notoriété à long terme. Pour une ville comme Metz ou pour un groupe hôtelier, l’enjeu est de réussir à fidéliser ces visiteurs d’un jour, à prolonger la durée de leur séjour ou encore à positionner la région sur le calendrier des grands rendez-vous internationaux. Car qu’il s’agisse du pape ou de Céline Dion, il est finalement question de prière, qu’elle soit spirituelle ou simplement païenne.
À lire aussiTourisme: y'a-t-il un effet Jeux olympiques en France ? - Xi Jinping est arrivé ce jeudi 24 septembre à Washington pour une rencontre avec Donald Trump. Au menu des discussions : les droits de douane, l’intelligence artificielle, mais aussi l’automobile. Le président américain a récemment expliqué qu’il ne serait pas opposé à l’installation de constructeurs automobiles chinois sur le sol américain. Une ouverture qui marque un changement de ton, alors que les voitures chinoises restent quasiment absentes du marché américain.
Aujourd’hui, si vous cherchez des voitures de marques chinoises comme BYD ou MG Motor sur le sol américain, vous n'en trouverez – quasiment – pas. Pour ne rien arranger en la matière, Washington applique notamment des droits de douane de 100% sur les véhicules électriques chinois. Mais tout cela pourrait changer. En effet, Donald Trump semble désormais laisser une porte ouverte. Son idée : permettre à un constructeur chinois de venir installer une usine aux États-Unis, à condition qu’il fasse travailler des salariés américains. Le président américain prend d’ailleurs l’exemple des constructeurs japonais. Toyota, Honda ou Nissan produisent depuis longtemps des voitures aux États-Unis, dans des usines américaines et avec des salariés américains. En revanche, Donald Trump ne veut surtout pas que les constructeurs chinois produisent leurs voitures ailleurs pour les exporter ensuite vers les États-Unis. L’objectif est notamment d'éviter que des véhicules électriques soient assemblés au Mexique, où les coûts de production sont moins élevés, avant d'être vendus sur le marché américain.
À lire aussiLes alliances entre constructeurs automobiles occidentaux et chinois s’accélèrent
Les constructeurs américains redoutent la concurrence chinoise
Cette possibilité ne plaît pas du tout à l’industrie automobile américaine. Six grandes organisations représentant une grande partie du secteur demandent formellement à Donald Trump d’abandonner tout projet de ce type. Leur argument est simple : faire entrer un nouveau concurrent, particulièrement puissant, sur un marché où les constructeurs américains ont déjà investi des dizaines de milliards de dollars pourrait, selon eux, créer une concurrence déloyale. Et si les constructeurs chinois font aussi peur, c'est parce que leur part du marché automobile mondial a fortement progressé ces dernières années, notamment dans les voitures électriques. Des groupes comme BYD ont développé des véhicules à des prix très compétitifs. La Chine maîtrise également une grande partie de la chaîne de production, notamment dans le secteur des batteries. Résultat : les constructeurs chinois ont acquis un avantage industriel important par rapport à plusieurs constructeurs historiques occidentaux. Le sujet se pose d’ailleurs également en Europe. Mais pour le consommateur américain, l'arrivée de nouveaux concurrents pourrait, en théorie, être une bonne nouvelle, avec des voitures moins chères. Le prix moyen d’une voiture vendue aux États-Unis atteint en effet environ 50 000 dollars.
À lire aussiAutomobile: la stratégie chinoise qui bouleverse le marché mondial du thermique
Le paradoxe de la stratégie américaine
Pour les constructeurs américains, le problème est précisément là. Ils craignent de ne pas pouvoir lutter à armes égales avec des entreprises chinoises qui bénéficient d’une industrie très puissante, mais aussi d’un soutien important des autorités chinoises. Le paradoxe de la stratégie américaine est donc assez clair. D’un côté, Donald Trump veut réindustrialiser les États-Unis en attirant des investissements étrangers et en créant des emplois sur le territoire. De l’autre, il considère la Chine comme un concurrent stratégique et cherche encore à limiter son influence dans les secteurs jugés sensibles. La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping pourrait donc permettre de voir si cette ouverture aux constructeurs automobiles chinois constitue une véritable piste de négociation, ou simplement une déclaration destinée à mettre la pression sur Pékin dans le cadre de discussions plus larges entre les deux puissances. - Nike reste le premier équipementier sportif mondial, mais la marque américaine traverse une période difficile. Baisse du chiffre d'affaires, chute de l'action, perte de parts de marché en Chine et montée en puissance de nouveaux concurrents, le géant de la basket doit désormais retrouver l'innovation et la désirabilité qui ont fait son succès.
C'est une marque et un logo que l'on connaît toutes et tous : Nike et sa célèbre virgule. Et si Nike est toujours le premier équipementier sportif mondial, son image est sérieusement écornée. Kylian Mbappé a annoncé le 18 septembre qu'il mettait fin à sa collaboration avec l'entreprise. Cette semaine, Nike a également perdu sa place au sein de l'indice S&P 100, qui regroupe les 100 plus grandes capitalisations boursières américaines. Un symbole supplémentaire du déclassement du géant américain.
Pourtant, il y a encore trois ans, l'entreprise réalisait un chiffre d'affaires record : 51,4 milliards de dollars sur l'exercice 2023-2024. Mais aujourd'hui, il est inférieur de près de cinq milliards de dollars. Et autre symbole de ce déclassement : l'action Nike a perdu près de 80% de sa valeur en cinq ans.
Si le géant mondial de la basket connaît une période difficile, c'est notamment en raison de différentes erreurs stratégiques. D'abord, le groupe a préféré s'appuyer sur ses modèles iconiques en les remettant au goût du jour, comme les Air Force 1 ou les Dunks, au détriment de la recherche et de l'innovation purement sportive. Or, le marché a changé.
Les consommateurs se sont lassés des grandes marques de sport généralistes et se sont tournés vers de nouveaux acteurs proposant des produits plus spécialisés. Surtout, Nike a voulu privilégier la vente directe sur son propre site internet et dans ses boutiques officielles. L'objectif était de mieux contrôler sa relation avec les consommateurs et de vendre directement ses produits. Mais en réduisant ses relations avec bon nombre de distributeurs indépendants, la marque a aussi libéré un espace considérable dans les rayons des magasins multimarques. Et cette place a été récupérée par les concurrents.
On, Hoka, Salomon : les nouveaux concurrents de Nike
De nouvelles marques ont ainsi pu s'installer dans les rayons, comme la marque suisse On, mais aussi Hoka, Salomon ou Asics. Ces entreprises ont attaqué Nike sur des marchés précis : le running, la randonnée, le trail ou encore le tennis, alors que Nike proposait une immense gamme destinée à tout le monde. Les nouveaux acteurs, eux, sont arrivés avec des produits très spécialisés, très reconnaissables et une identité forte sur chaque sport.
Pendant longtemps, Nike avait pourtant les têtes d'affiche et les légendes nécessaires pour asseoir la puissance de sa marque. Porter une Nike, c'était aussi acheter une image. Michael Jordan, Serena Williams, Cristiano Ronaldo ou encore Kylian Mbappé ont contribué à faire de la marque un phénomène culturel. Pendant des décennies, le groupe disposait ainsi de trois avantages en même temps : de très bons produits, les meilleurs athlètes et une puissance culturelle exceptionnelle.
Le dossier souligne que cette domination, longtemps partagée essentiellement avec Adidas et Puma, est aujourd'hui remise en cause par de nouveaux acteurs. Et les clients, eux, ont été sensibles aux arguments de ces nouvelles marques. La Chine est une parfaite illustration de cette perte de puissance. Pendant des années, le pays a constitué l'un des grands moteurs de croissance de Nike, derrière les États-Unis. Mais les ventes y ont reculé de 30% depuis 2021, tombant à leur niveau le plus bas depuis huit ans. Nike doit en outre affronter des marques chinoises comme Anta et Li-Ning, qui bénéficient d'une meilleure connaissance du marché local.
Nike tente de retrouver la recette de son succès
À cela s'ajoute un autre problème : Nike fabrique l'essentiel de ses produits en Asie, notamment au Vietnam, en Chine, en Indonésie ou au Cambodge. Ces pays sont confrontés à des droits de douane américains sur les importations. Ces surtaxes ont pesé sur les coûts et les marges de l'entreprise. Alors relativisons tout de même, Nike reste un géant mondial. L'entreprise emploie près de 78 000 personnes et conserve une puissance considérable. Et une partie de sa stratégie est justement en train d'être corrigée.
Depuis l'arrivée d'Elliott Hill à la direction de Nike fin 2024, le groupe cherche notamment à renouer avec les distributeurs et à remettre les produits sportifs au cœur de sa stratégie. Le plan de redressement baptisé « Win Now » vise notamment la course à pied et le basketball, avec l'objectif de relancer les ventes et de stabiliser les parts de marché. Le défi est donc considérable : Nike doit retrouver de l'innovation, reconquérir des consommateurs et surtout recréer cette puissance culturelle qui lui permettait autrefois d'imposer les tendances.
Car le véritable problème de Nike n'est peut-être finalement pas seulement de vendre moins de chaussures. C'est d'avoir perdu une partie de cette capacité à faire rêver. La fameuse virgule n'est donc pas près de disparaître. Mais le géant américain doit désormais tout faire pour qu'elle ne se transforme pas en point final.
À lire aussiNicolas Maduro et le survêtement Nike: «Cette image intègre toutes les contradictions du monde dans lequel on vit» Énergie solaire: pourquoi la chute du prix des panneaux bouleverse le marché de l'électricité
22/09/2026Le solaire photovoltaïque connaît une progression spectaculaire dans le monde. Portée par la baisse considérable du prix des panneaux solaires, cette énergie se diffuse désormais bien au-delà des pays riches. Une évolution qui transforme progressivement le fonctionnement du marché de l’électricité et pose de nouveaux défis aux producteurs et aux gestionnaires de réseaux.
L’énergie solaire connaît une progression rapide à travers le monde. Cette dynamique s’explique notamment par deux facteurs : l’ensoleillement et surtout la spectaculaire baisse du prix des panneaux photovoltaïques. Au début des années 2000, il fallait compter environ cinq à six dollars pour un watt de capacité solaire. Aujourd’hui, ce coût est tombé à environ 12 centimes de dollar par watt. Une chute considérable qui a rendu les installations photovoltaïques beaucoup plus accessibles.
Cette baisse des prix s’explique notamment par l’explosion de la production de panneaux solaires, avec un rôle majeur joué par la Chine, devenue le principal acteur de cette industrie. Résultat : le solaire se diffuse désormais à grande vitesse dans de nombreuses régions du monde. La progression du photovoltaïque ne concerne d’ailleurs plus seulement les pays riches. Au Pakistan, en Inde, en Afrique du Sud ou encore aux Philippines, les entreprises et les particuliers installent de plus en plus de panneaux afin de produire leur propre électricité.
Le solaire séduit aussi parce qu’il permet de réduire la facture d’électricité
Dans certains pays, le développement du solaire répond moins à un objectif de transition énergétique qu’à une nécessité économique très concrète. Lorsque l’électricité est chère, peu disponible ou peu fiable, produire soi-même une partie de son énergie peut permettre de réduire les coûts et de sécuriser son approvisionnement. Mais cette multiplication des installations photovoltaïques change aussi la relation entre les consommateurs et les fournisseurs d’électricité. Plus les particuliers et les entreprises produisent eux-mêmes leur énergie, moins ils ont besoin d’acheter de l’électricité auprès de leur fournisseur traditionnel.
Pour les producteurs et les fournisseurs d’électricité, le modèle économique devient donc plus complexe. Ils doivent continuer à entretenir les réseaux électriques et à disposer de capacités de production capables de prendre le relais lorsque les panneaux ne produisent plus, notamment le soir ou lorsque l’ensoleillement est insuffisant. Autrement dit, les clients consomment moins d’électricité du réseau, mais les coûts nécessaires au fonctionnement de ce réseau, eux, ne disparaissent pas.
Des réseaux électriques qui doivent s’adapter à la multiplication des petits producteurs
Cette évolution constitue également un défi technique. Les réseaux électriques ont historiquement été conçus autour d'un modèle relativement centralisé : de grandes centrales produisent l’électricité, qui est ensuite acheminée vers des millions de consommateurs. Le développement du photovoltaïque modifie progressivement cette organisation. Des millions de particuliers et d’entreprises deviennent eux-mêmes de petits producteurs d’électricité. Les panneaux solaires peuvent produire beaucoup d’énergie en pleine journée, puis presque plus rien lorsque le soleil disparaît. Il faut donc désormais apprendre à gérer ces nouveaux flux d’électricité et à adapter les réseaux à une production beaucoup plus décentralisée.
Le développement des batteries de stockage constitue l’une des pistes pour répondre à ce défi. Elles permettent de conserver une partie de l’électricité produite lorsque le soleil brille afin de pouvoir l’utiliser plus tard, lorsque la production solaire diminue. La baisse spectaculaire du prix des panneaux solaires ne transforme donc pas seulement la manière de produire de l’électricité. Elle commence aussi à bouleverser le modèle économique et l’organisation du secteur électrique, en faisant émerger un système dans lequel les consommateurs peuvent eux-mêmes devenir producteurs.
À lire aussiLes panneaux solaires chinois envahissent l'Afrique, un marché en pleine expansion
Sobre Aujourd'hui l'économie
Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
Sítio Web de podcast