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Aujourd'hui l'économie

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  • L'Union européenne interdit aux marques de luxe de détruire leurs invendus

    22/07/2026
    Depuis cette semaine, les grandes entreprises de la mode n'ont plus le droit de détruire leurs vêtements, chaussures et accessoires invendus dans l'Union européenne. Derrière cette mesure environnementale se cache une petite révolution pour les maisons de luxe, dont le modèle économique repose en partie sur la rareté de leurs produits.
    C'est un changement majeur pour l'industrie de la mode. Depuis cette semaine, les grandes entreprises présentes dans l'Union européenne ne peuvent plus détruire leurs vêtements, chaussures et accessoires invendus. La nouvelle réglementation est claire : les marques doivent désormais trouver une seconde vie à leurs produits. Elles peuvent les écouler via des circuits de déstockage, les donner à des associations, les réparer, les reconditionner ou encore recycler leurs matériaux. La destruction n'est autorisée que dans des cas très précis, notamment lorsqu'un produit est dangereux, endommagé ou contrefait.
    Cette décision répond à un constat préoccupant. Selon l'Agence européenne pour l'environnement, entre 4% et 9% des produits textiles mis sur le marché européen sont détruits avant même d'avoir été utilisés. Cela représente chaque année entre 264 000 et près de 600 000 tonnes de vêtements, chaussures et accessoires neufs. Pour Bruxelles, ce gaspillage n'est plus compatible avec ses objectifs climatiques et sa volonté de développer une économie plus circulaire.
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    Pourquoi cette réglementation est un casse-tête pour les maisons de luxe
    Si cette nouvelle règle semble relativement simple sur le papier, elle est beaucoup plus délicate à appliquer pour les acteurs du luxe. Car dans ce secteur, on ne vend pas seulement un vêtement, un sac ou une paire de chaussures. On vend avant tout de la rareté. L'exclusivité fait partie intégrante du produit et participe directement à sa valeur. Pendant longtemps, détruire une partie des invendus constituait un moyen de préserver cette rareté et d'éviter que les articles se retrouvent massivement soldés. Pour une grande maison de haute couture ou de maroquinerie, multiplier les promotions risque de dégrader l'image de la marque et de faire baisser la valeur perçue de ses créations. C'est précisément pour cette raison que les grands groupes comme LVMH, Chanel ou Prada accueillent cette réglementation avec prudence, voire un certain scepticisme. Ils redoutent notamment de devoir écouler davantage de marchandises sur les marchés secondaires, avec le risque de banaliser leurs produits et d'affaiblir leur image d'exclusivité.
    À écouter aussiAujourd'hui l'économie - LVMH, Gucci, Prada: le luxe touché par le ralentissement des achats touristiques
    Comment les grandes marques vont devoir s'adapter
    Face à cette nouvelle réglementation, les maisons de luxe vont devoir revoir leur stratégie de gestion des stocks. Une première solution consiste à conserver plus longtemps les invendus. Mais cela implique des coûts supplémentaires de stockage, de logistique, d'assurance et de manutention. Les marques peuvent également développer davantage leurs circuits de revente, tout en les contrôlant étroitement afin d'écouler leurs produits sans nuire à leur image. Enfin, une troisième voie s'impose progressivement: produire moins, mais produire mieux, en ajustant davantage les volumes à la demande réelle.
    Reste que prévoir les ventes dans le secteur de la mode demeure un exercice particulièrement complexe. Une collection peut rencontrer un immense succès comme passer totalement à côté de son public. Les tendances évoluent rapidement, tout comme les goûts des consommateurs. Pour les maisons de luxe, le défi consiste désormais à préserver la rareté de leurs produits sans recourir à la destruction des invendus. Une véritable révolution pour un secteur qui a longtemps préféré faire disparaître ses excédents plutôt que de les voir perdre de leur valeur.
  • Pourquoi les compagnies aériennes remettent l'Airbus A380 en service

    21/07/2026
    Alors que le Salon aéronautique de Farnborough réunit les grands acteurs mondiaux de l'aviation, un avion que beaucoup pensaient condamné fait son retour sur le devant de la scène. L'Airbus A380, dont la production a été arrêtée en 2021, retrouve aujourd'hui une seconde vie. Une renaissance qui s'explique avant tout par des raisons économiques.
    Le Salon aéronautique de Farnborough a ouvert ses portes. Jusqu'à vendredi, constructeurs, compagnies aériennes, motoristes, équipementiers et investisseurs vont scruter les tendances d'un secteur qui n'a jamais autant transporté de passagers. Les commandes d'avions devraient une nouvelle fois se compter en dizaines de milliards de dollars. L'occasion de s'intéresser à un appareil que tout le monde disait condamné, mais qui connaît aujourd'hui une étonnante seconde vie : l'Airbus A380.
    Capable de transporter plus de 500 passagers, ce géant des airs à deux étages a été lancé au début des années 2000 avec de grandes ambitions internationales. Pourtant, l'A380 n'a jamais rencontré le succès commercial espéré. Trop gourmand en kérosène avec ses quatre réacteurs, trop difficile à remplir pour être rentable au quotidien, parfois même impossible à accueillir dans certains aéroports en raison de sa taille, son déploiement a rapidement eu du plomb dans l'aile. La crise sanitaire a ensuite semblé lui porter le coup de grâce. Pendant des mois, les avions sont restés cloués au sol et la reprise du trafic a été lente. Plusieurs compagnies ont progressivement retiré leurs A380 de leur flotte, tandis qu'Airbus décidait d'arrêter définitivement sa production en 2021.
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    Pourquoi les compagnies aériennes ressortent leurs Airbus A380
    Mais contre toute attente, les compagnies aériennes remettent aujourd'hui leurs Airbus A380 en service. La raison est simple : le trafic aérien mondial a retrouvé, puis dépassé, son niveau d'avant la pandémie. La demande de voyages internationaux est telle que les compagnies se retrouvent confrontées à un manque d'avions. Dans le même temps, Airbus et Boeing ne parviennent plus à livrer les appareils au rythme attendu. Les conséquences de la pandémie, les difficultés de la chaîne d'approvisionnement et les retards du futur gros-porteur de Boeing, le 777X, ont considérablement allongé les délais de livraison. Pour pallier cette pénurie, plusieurs compagnies ont choisi de remettre en service leurs A380. C'est notamment le cas de Lufthansa, mais aussi de Qantas ou encore de British Airways.
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    Pourquoi l'Airbus A380 est redevenu rentable
    Comment expliquer qu'un avion considéré comme trop cher soit redevenu rentable ? La réponse est avant tout économique. Pour une compagnie aérienne, remettre en service un A380 et rénover sa cabine représente quelques millions d'euros. Une somme importante, mais bien inférieure au coût d'achat d'un gros-porteur neuf. D'autant que ces appareils sont déjà totalement amortis dans les comptes des compagnies. Surtout, ce qui compte n'est pas le coût de l'avion, mais son coût par passager transporté. Un A380 à moitié vide reste un gouffre financier. En revanche, avec un prix du kérosène qui demeure élevé, lorsqu'il décolle avec plus de 500 voyageurs à bord, son coût par siège devient particulièrement compétitif. L'économie du transport aérien repose ici sur une logique de volume. Plus l'avion est rempli, plus les coûts fixes sont répartis entre les passagers.
    À cela s'ajoute la saturation de nombreux grands hubs internationaux comme Londres-Heathrow, Dubaï ou Singapour. Les créneaux de décollage et d'atterrissage y sont devenus si rares qu'il est souvent plus rentable de transporter davantage de passagers avec un seul avion plutôt que de multiplier les vols. L'histoire de l'Airbus A380 rappelle ainsi qu'en économie, un produit peut être considéré comme un échec à un moment donné avant de redevenir une solution quelques années plus tard. L'A380 n'a pas changé. C'est le marché qui a changé. À sa manière, le géant des airs ressemble aujourd'hui au phénix: un avion que l'on croyait disparu, mais qui renaît de ses cendres.
  • Marché carbone européen: pourquoi la Commission veut le réformer

    17/07/2026
    La Commission européenne présente vendredi 17 juillet une réforme très attendue du marché carbone européen. Un dispositif qui influence à la fois le coût de l'énergie pour les industriels, leurs investissements et la stratégie climatique de l'Union européenne. Mais alors que le prix du carbone a fortement augmenté ces dernières années, Bruxelles doit désormais trouver le bon équilibre entre décarbonation et compétitivité industrielle.
    Le marché carbone européen repose sur un principe finalement assez simple. Plutôt que d'imposer les mêmes règles à toutes les entreprises, Bruxelles fixe un plafond global d'émissions de CO₂ pour les secteurs les plus polluants, comme les centrales électriques, les cimenteries, les aciéries, les raffineries ou encore l'industrie chimique. L'Union européenne distribue ensuite ou met aux enchères des quotas d'émission. Concrètement, un quota correspond au droit d'émettre une tonne de CO₂.
    C'est là que le marché entre en jeu. Chaque entreprise doit restituer autant de quotas que de tonnes de CO₂ qu'elle a effectivement émises. Si elle pollue davantage que prévu, elle doit acheter des quotas supplémentaires. À l'inverse, si elle réduit ses émissions, elle peut revendre les quotas dont elle n'a plus besoin. Le prix du carbone évolue ainsi en fonction de l'offre et de la demande. Plus les quotas deviennent rares, plus leur prix augmente. L'objectif est de rendre progressivement la pollution plus coûteuse afin d'inciter les entreprises à investir dans des technologies moins émettrices plutôt que de continuer à payer pour leurs émissions.
    Cette logique a produit des résultats. Les quotas sont devenus plus rares afin d'encourager les groupes à réduire leurs émissions, et les émissions des secteurs concernés ont été divisées par deux depuis 2005. Mais cette réussite a aussi une conséquence : le prix des quotas carbone a fortement augmenté.
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    Pourquoi le marché carbone est-il aujourd'hui contesté ?
    C'est tout le paradoxe du système. Un prix du carbone élevé est une bonne nouvelle pour le climat, mais il représente également un coût supplémentaire pour les industriels. Aujourd'hui, la tonne de CO2 s'échange autour de 70 euros. Pour certaines entreprises, cela représente plusieurs centaines de millions d'euros de dépenses supplémentaires chaque année. Or ces industriels sont déjà confrontés à de nombreuses difficultés. Ils paient une énergie plus chère qu'aux États-Unis, font face à une concurrence chinoise particulièrement agressive et doivent investir des sommes considérables pour décarboner leurs usines.
    Résultat : de nombreux acteurs économiques estiment que le marché carbone est devenu trop exigeant. Ils ne remettent pas forcément en cause son principe, mais demandent davantage de temps pour s'adapter aux nouvelles contraintes.
    Une réforme sous haute tension entre climat et compétitivité
    C'est précisément pour répondre à ces inquiétudes que la Commission européenne présente une réforme du marché carbone. L'objectif n'est pas de supprimer ce mécanisme, qui reste le principal outil climatique de l'Union européenne, mais de réfléchir à plusieurs ajustements. Sur ces évolutions, les États membres sont loin d'être unanimes.
    Les pays du sud et de l'est de l'Europe, comme l'Italie ou la Pologne, réclament un assouplissement important afin de soutenir leur industrie. À l'inverse, les pays nordiques ou encore l'Espagne craignent qu'un recul ne ralentisse la transition écologique. Quant à la France et à l'Allemagne, elles défendent une position plus nuancée : préserver le marché carbone tout en lui apportant davantage de flexibilité pour tenir compte des difficultés économiques actuelles.
    Au fond, la question est simple : comment continuer à faire payer le carbone pour accélérer la transition écologique sans pousser les industriels à produire ailleurs ? C'est tout l'enjeu de la réforme que présente la Commission européenne.
  • Ikea en difficulté: pourquoi le géant mondial du meuble est contraint de se réinventer

    16/07/2026
    Longtemps considéré comme un modèle du commerce mondial, Ikea traverse une période délicate. Baisse des bénéfices, fermetures de magasins, suppressions de postes, concurrence d'Amazon et de Temu... Le numéro un mondial de l'ameublement est confronté à un profond changement des habitudes de consommation. Pour rester compétitif, le groupe suédois transforme progressivement son modèle économique.
    Présent dans plus de 60 pays, avec plus de 800 magasins et un chiffre d'affaires annuel de près de 45 milliards d'euros, Ikea reste le leader mondial de l'ameublement.
    Pourtant, le groupe suédois traverse l'une des périodes les plus compliquées de son histoire. Ses bénéfices diminuent, son chiffre d'affaires recule légèrement, des milliers de postes sont supprimés et plusieurs magasins historiques vont fermer leurs portes. C'est notamment le cas en Chine, où sept sites doivent disparaître, mais aussi en Suède, le pays où l'entreprise est née. En France également, Ikea revoit son organisation pour s'adapter à un marché devenu beaucoup plus difficile.
    Historiquement, la force d'Ikea reposait sur son excellent rapport qualité-prix. Mais aujourd'hui, les consommateurs disposent de nombreuses alternatives : Amazon, Temu, Shein ou encore d'autres enseignes d'ameublement proposent des produits comparables, souvent livrés très rapidement. Les habitudes d'achat ont profondément changé.
    Un modèle historique bousculé par le commerce en ligne
    Le modèle historique d'Ikea reposait sur ses immenses magasins installés en périphérie des villes. Les clients parcouraient plusieurs kilomètres pour visiter ces entrepôts de près de 30 000 mètres carrés, où ils venaient acheter une simple étagère et repartaient finalement avec des coussins, des verres ou encore des bougies. Mais ce modèle est aujourd'hui remis en question. Avant même d'entrer dans un magasin, les consommateurs comparent désormais les prix sur leur smartphone. Ils souhaitent acheter rapidement et être livrés à domicile en quelques jours, voire quelques heures. Le développement du commerce en ligne bouleverse ainsi le fonctionnement historique d'Ikea.
    À cela s'ajoute un contexte économique moins favorable. Après les confinements, de nombreux ménages ont déjà renouvelé leur mobilier. Surtout, le ralentissement du marché immobilier pèse directement sur les ventes de meubles : moins de logements vendus signifie aussi moins d'achats d'équipements. Toute la filière est concernée. Enfin, Ikea doit également faire face à une hausse de ses coûts de production, notamment celle du bois, sa principale matière première.
    La stratégie d'Ikea pour préparer l'avenir
    Malgré ces difficultés, Ikea est loin d'être en danger. Le groupe reste le numéro un mondial de l'ameublement et conserve un atout de taille : contrairement à de nombreuses grandes entreprises, il n'est pas coté en Bourse. Il n'est donc pas soumis à la pression d'actionnaires exigeant des bénéfices toujours plus élevés chaque trimestre. Cette indépendance permet à Ikea d'accepter une baisse temporaire de ses profits afin d'investir dans sa transformation.
    Cette stratégie passe notamment par une évolution de son réseau de magasins. Le groupe développe des points de vente plus petits, installés dans les centres-villes ou les villes moyennes, tout en renforçant les services de livraison et de retrait de commandes. L'objectif est d'être plus proche des clients et de répondre à leurs nouvelles habitudes de consommation. Pendant des décennies, Ikea a inventé une nouvelle façon d'acheter des meubles. Son défi est désormais d'inventer une nouvelle façon de les vendre.
  • Les Émirats veulent contourner le détroit d'Ormuz avec un nouveau port

    15/07/2026
    Face aux perturbations du détroit d'Ormuz provoquées par les tensions entre l'Iran et les États-Unis, les Émirats arabes unis veulent réduire leur dépendance à cette route maritime stratégique. Pour y parvenir, Dubaï envisage la construction d'un nouveau grand port sur la côte est du pays. Un projet qui dépasse largement le simple chantier portuaire et illustre le profond bouleversement des routes du commerce mondial.
    Pour comprendre le projet, il faut d'abord regarder la carte de la région. Les Émirats arabes unis disposent de deux façades maritimes. La première, à l'ouest, donne sur le golfe Persique. C'est là que se trouve le port de Jebel Ali, à Dubaï, le plus grand port à conteneurs du Moyen-Orient et l'un des plus importants au monde. La seconde façade maritime se situe à l'est du pays. Entre les deux se trouve le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d'Oman puis à l'océan Indien.
    C'est précisément là que réside toute la difficulté. Tous les navires quittant le port de Jebel Ali sont contraints d'emprunter le détroit d'Ormuz pour rejoindre leurs destinations. Lorsque cette voie est perturbée, c'est toute la logistique des Émirats qui est fragilisée. Depuis le début de la guerre entre Téhéran et Washington, le trafic maritime y est fortement perturbé. Lorsque l'Iran a bloqué le détroit ces dernières semaines, l'activité du port de Jebel Ali a chuté de 90 à 95%, mettant quasiment à l'arrêt l'un des principaux moteurs économiques de Dubaï.
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    Un nouveau port pour contourner le détroit d'Ormuz
    Pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise, DP World, le géant portuaire détenu par le gouvernement de Dubaï et troisième exploitant portuaire mondial, souhaite développer un nouveau port sur la côte orientale des Émirats. Le site serait implanté à Fujaïrah, directement ouvert sur le golfe d'Oman. Les navires pourraient ainsi rejoindre les Émirats sans avoir à franchir le détroit d'Ormuz. L'objectif est clair: créer une seconde porte d'entrée vers le pays, indépendante des tensions géopolitiques qui secouent régulièrement le golfe Persique. Le projet représente un investissement considérable alors que Jebel Ali se trouve à seulement quelques centaines de kilomètres. Pourtant, cette stratégie répond à une nouvelle logique économique : aujourd'hui, les entreprises cherchent moins à réduire leurs coûts qu'à limiter leurs risques.
    Les grands groupes acceptent désormais d'investir davantage pour disposer d'itinéraires alternatifs, d'infrastructures de secours et de solutions leur permettant de poursuivre leurs activités en cas de crise. Cette stratégie a un coût, mais l'arrêt des échanges coûte bien plus cher. Selon Moody's, le bénéfice annuel de DP World pourrait passer de 6,6 milliards de dollars à environ 5,9 milliards sous l'effet des perturbations régionales observées ces derniers mois.
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    Le renouveau des routes commerciales mondiales
    Au-delà du cas des Émirats arabes unis, ce projet illustre une évolution beaucoup plus profonde du commerce international. Pendant plusieurs décennies, la mondialisation a poussé les entreprises à privilégier les itinéraires les plus rapides et les moins coûteux. Désormais, la priorité est différente. Il faut sécuriser les chaînes d'approvisionnement. Les entreprises cherchent à « dé-risquer » leurs activités en réduisant leur dépendance aux points de passage les plus vulnérables. Le détroit d'Ormuz en est l'exemple parfait. On pensait que la mondialisation avait fait disparaître les contraintes géographiques. Pourtant, quelques dizaines de kilomètres de mer suffisent encore aujourd'hui à ralentir, voire à bloquer, une partie du commerce mondial.
    Cette évolution montre que la puissance économique ne repose plus uniquement sur les armes ou la diplomatie. Elle dépend également de la capacité des États à sécuriser leurs routes commerciales, leurs infrastructures logistiques et leurs chaînes d'approvisionnement. Le futur port des Émirats arabes unis n'est donc pas seulement un nouveau terminal maritime. Il symbolise une nouvelle façon de penser le commerce mondial, où la résilience est devenue presque aussi importante que la performance économique.
Sobre Aujourd'hui l'économie
Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
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