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Aujourd'hui l'économie

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    Midterms 2026: comment le lobby des cryptomonnaies cherche à influencer le Congrès

    03/11/2026
    À l'occasion des élections de mi-mandat américaines du 3 novembre 2026, l'industrie des cryptomonnaies a mobilisé près de 176 millions de dollars pour peser sur plus d'une centaine de scrutins à travers les États-Unis. En soutenant les candidats favorables à ses intérêts, et en cherchant à faire barrage à leurs opposants, le secteur entend surtout peser durablement sur la réglementation américaine.
    Le secteur des cryptomonnaies s'est mobilisé discrètement, mais massivement, durant la campagne des élections de mi-mandat américaines. L'industrie a mobilisé près de 176 millions de dollars afin d'influencer plus d'une centaine de scrutins à travers le pays. Son objectif est double : soutenir les candidats qui lui sont favorables, mais aussi faire barrage à ceux qui pourraient entraver son développement. Cette offensive profite largement aux républicains, même si le secteur cherche également à nouer des alliances au-delà du seul camp conservateur.
    Derrière ces dépenses électorales se trouve un enjeu économique considérable. Le marché des cryptomonnaies pèse près de 2 750 milliards de dollars. Les entreprises du secteur veulent donc s'assurer que les États-Unis resteront un territoire favorable à leur développement. Pour y parvenir, elles ont investi le terrain politique, notamment à travers des organisations indépendantes de financement électoral, soutenues par les grandes entreprises spécialisées dans les cryptomonnaies.
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    Comment le lobby crypto finance les campagnes électorales
    Ces entreprises ne financent pas nécessairement directement les campagnes des candidats. Elles peuvent alimenter des organisations indépendantes, notamment des super PACs, qui disposent d'une grande liberté financière. Ces structures peuvent dépenser des sommes illimitées pour soutenir ou combattre un candidat, à condition de ne pas coordonner directement leurs actions avec son équipe de campagne. La stratégie du lobby des cryptomonnaies consiste à identifier des candidats susceptibles de remporter leur élection, à les soutenir financièrement et à construire avec eux des relations qui pourront servir les intérêts du secteur une fois qu'ils auront rejoint le Congrès. Autrement dit, il s'agit d'investir aujourd'hui pour disposer demain de relais politiques capables de défendre ses positions. Et parfois, l'enjeu est moins de faire élire un candidat que d'empêcher un autre de l'emporter.
    Les publicités financées par ces organisations ne mentionnent d'ailleurs pas toujours les cryptomonnaies. Elles peuvent attaquer les candidats sur des sujets comme la fiscalité ou l'immigration. Une stratégie qui soulève une question de transparence : les électeurs ne comprennent pas nécessairement qui se trouve réellement derrière ces campagnes publicitaires.
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    Le lobby des cryptomonnaies veut peser durablement sur la réglementation
    Si le secteur investit autant dans les élections, c'est avant tout pour obtenir des règles plus favorables et surtout plus prévisibles. Après les poursuites engagées sous l'administration Biden, les acteurs des cryptomonnaies dénonçaient une réglementation trop incertaine. Une première étape a été franchie avec l'adoption, en 2025, de la loi sur les stablecoins. Mais l'industrie veut aller plus loin avec le Clarity Act, un texte destiné à clarifier les règles applicables au marché des actifs numériques et le rôle des autorités de contrôle. Son adoption est aujourd'hui bloquée au Sénat.
    Dans ce contexte, disposer d'alliés au Congrès représente un atout politique important pour le secteur, qui entend aussi préparer l'après-Donald Trump. Le président américain est particulièrement favorable aux cryptomonnaies, mais le lobby ne veut pas dépendre uniquement de son soutien. Sa stratégie dépasse donc largement les élections de mi-mandat. L'objectif est d'inscrire ses intérêts dans la loi afin qu'ils résistent aux changements de majorité et aux futures administrations. C'est également une manière de garantir que les États-Unis restent une place forte des cryptomonnaies face à la concurrence internationale.
    Si le secteur soutient prioritairement les républicains, il cherche ainsi à construire des alliances durables au-delà du seul camp Trump. Avec une ambition, faire en sorte que, quelle que soit la majorité à Washington, les cryptomonnaies restent un acteur incontournable de l'économie américaine.
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    Comment mobiliser l'épargne des Français pour financer l'économie

    02/11/2026
    Les Français ont une forte propension à mettre de l'argent de côté. Mais cette épargne, souvent placée sur des supports sécurisés, pourrait-elle contribuer davantage au financement des entreprises et de l'économie française ? C'est l'une des questions soulevées par un rapport de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Île-de-France, qui appelle à mieux mobiliser cette importante réserve de capitaux.
    C'est une particularité bien française. Les ménages mettent traditionnellement beaucoup d'argent de côté. Au premier trimestre, selon la Banque de France, leur taux d'épargne s'élevait à 17,4 % de leur revenu disponible brut. Autrement dit, pour 100 euros de revenus, les Français en mettent près de 17 de côté. C'est sensiblement plus que la moyenne de la zone euro, qui se situe autour de 14 %. Cette habitude s'explique notamment par les incertitudes économiques, les inquiétudes sur le pouvoir d'achat et la nécessité de préparer certaines dépenses futures, comme la retraite. Lorsqu'ils épargnent, les Français privilégient souvent la sécurité. Les livrets réglementés, les dépôts bancaires ou encore les fonds en euros de l'assurance-vie figurent parmi les placements rassurants auxquels ils sont attachés. Des supports qui permettent de préserver leur capital et, pour certains, de conserver une épargne facilement disponible.
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    Comment l'épargne des Français finance déjà l'économie ?
    Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'argent placé par les ménages ne reste pas nécessairement à dormir sur un compte bancaire. Il participe déjà au financement de l'économie française, par différents circuits. Les banques peuvent ainsi utiliser les dépôts collectés pour accorder des crédits aux ménages et aux entreprises. L'argent placé en assurance-vie peut financer des obligations, des actions ou encore la dette publique. Quant à une partie de l'épargne réglementée, elle contribue notamment au financement du logement social. Autrement dit, l'épargne des Français finance déjà l'activité économique. Mais pas nécessairement les secteurs ou les entreprises qui en ont le plus besoin. Or, les besoins de financement sont considérables. Réindustrialisation, transition énergétique, innovation : les entreprises françaises ont besoin de capitaux pour investir, se développer et créer des emplois. L'enjeu consiste donc à inciter les ménages à consacrer une partie de leur épargne à ces investissements de long terme, plutôt que de privilégier systématiquement les placements les plus sécurisés.
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    Mieux accompagner les épargnants pour financer les entreprises
    Encore faut-il convaincre les Français de franchir le pas. Cela suppose notamment de leur donner davantage de visibilité sur l'utilisation de leur argent et de simplifier les produits d'épargne. Des dispositifs existent déjà, comme le plan d'épargne en actions (PEA) ou l'assurance-vie en unités de compte, qui permettent notamment d'investir dans les entreprises. Mais ces produits financiers peuvent sembler complexes dans leur fonctionnement. Ils comportent également un risque de perte en capital, ce qui peut freiner les épargnants les plus prudents. C'est justement l'un des enjeux soulevés par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Île-de-France dans son rapport : mieux accompagner les épargnants et rendre les placements plus faciles à comprendre.
    Pour autant, il ne s'agit pas de pousser tous les ménages à prendre davantage de risques. L'épargne de précaution reste indispensable pour faire face aux imprévus, et tous les Français n'ont pas les moyens d'immobiliser leur argent pendant plusieurs années. L'objectif est plutôt de permettre à ceux qui le peuvent et le souhaitent de diversifier une partie de leur épargne. Il s'agit de trouver un équilibre entre la sécurité recherchée par les ménages et les capitaux dont les entreprises ont besoin pour investir et préparer l'économie de demain.
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    Route du Rhum: sponsors, tourisme, entreprises, les dessous économiques de la course

    30/10/2026
    La Route du Rhum - Destination Guadeloupe ne se résume pas à une compétition sportive. Organisée tous les quatre ans, cette course transatlantique en solitaire est aussi une véritable machine économique. Avec un budget de 11,5 millions d’euros, elle génère des retombées importantes pour les territoires, attire les entreprises et offre une vitrine précieuse aux sponsors.
    Le nom complet de la compétition en dit déjà long sur ses enjeux économiques : la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. La région Guadeloupe paie en effet pour associer son nom à celui de la course. Un investissement qui peut sembler anecdotique, mais qui illustre bien le poids économique de l'événement.
    Cette année, le budget de l'organisation atteint 11,5 millions d'euros. Pour financer la compétition, les sponsors représentent à eux seuls 35 % des ressources. Le reste provient notamment des collectivités, des droits d'inscription des skippers et des recettes générées par le village installé à Saint-Malo, dans l'ouest de la France. Ce village constitue l'un des temps forts de l'événement.
    Dans les heures qui précèdent le départ, prévu dimanche 1er novembre, il doit accueillir plus d'un million de visiteurs. Une fréquentation qui profite directement à l'économie locale. Lors de la précédente édition, en 2022, la Route du Rhum avait ainsi généré près de 30 millions d'euros de retombées économiques directes à Saint-Malo. Les principaux bénéficiaires étaient les hôtels et les restaurants, mais aussi les transports et les commerces.
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    Saint-Malo et la Guadeloupe profitent des retombées touristiques
    À ces retombées directes s'ajoute la visibilité médiatique offerte par la compétition. En 2022, les retombées médiatiques de la Route du Rhum avaient été évaluées à environ 260 millions d'euros. Une exposition précieuse pour Saint-Malo, mais aussi pour la Guadeloupe, qui espère attirer davantage de touristes grâce à la course.
    L'enjeu est donc aussi touristique, faire connaître le territoire à l'international, attirer des visiteurs et prolonger les effets de la compétition bien après l'arrivée des bateaux. Selon la région Guadeloupe, chaque euro investi dans la Route du Rhum en rapporte cinq. Un retour sur investissement qui repose notamment sur la capacité de l'événement à faire rayonner l'archipel et à stimuler son activité touristique.
    Une vitrine commerciale pour les entreprises et les sponsors
    La Route du Rhum est également une vitrine pour les entreprises. Certaines profitent de l'événement pour organiser des rencontres avec leurs clients, des séminaires ou présenter leurs produits. Pour les marques, c'est un moyen de gagner en notoriété, mais aussi de développer leur activité commerciale. L'organisateur présente même le village comme le plus grand salon d'entreprises de Bretagne.
    Les sponsors, eux, bénéficient d'une visibilité particulière : leurs logos s'affichent en grand sur les voiles des bateaux. Comme dans le cyclisme, où le nom des équipes est directement associé à celui des entreprises qui les financent, les marques peuvent ici donner leur nom aux voiliers. Cette association se prolonge bien au-delà de la course, avec des retombées en matière d'image et de relations commerciales.
    Mais il existe un paradoxe. Si la Route du Rhum rapporte aux territoires et aux entreprises, financer la course devient de plus en plus compliqué. Les bateaux coûtent des dizaines de millions d'euros et certains skippers ont même dû renoncer, faute de sponsors. La course au large reste donc une formidable vitrine économique, mais une vitrine qui coûte de plus en plus cher à faire naviguer.
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    Automobile: les marques occidentales peuvent-elles encore s'imposer en Chine?

    29/10/2026
    Le patron de Volvo estime que les voitures de marques occidentales sont vouées à disparaître du marché chinois dans les prochaines années. Après une chute de 40 % de ses livraisons en Chine au troisième trimestre 2026, le constructeur suédois illustre les difficultés des groupes historiques face à des concurrents locaux plus rapides et plus compétitifs. Mais derrière cette crise se cache aussi un autre problème : la surcapacité de production de l'industrie automobile chinoise.
    Le constat du patron de Volvo est sans appel. Le modèle qui consistait à concevoir des voitures en Europe pour les vendre à prix élevé en Chine arrive en bout de course. Le constructeur suédois, qui appartient au groupe chinois Geely depuis 2010, peine lui-même à s'imposer sur ce marché. Son dirigeant reconnaît avoir sous-estimé la vitesse à laquelle l'industrie automobile chinoise s'est transformée. Les constructeurs locaux proposent désormais des voitures électriques moins chères, mais aussi des véhicules dotés de technologies numériques avancées. Écrans, commandes vocales et logiciels adaptés aux attentes des consommateurs chinois sont devenus des arguments commerciaux majeurs.
    À l'inverse, les marques européennes ont longtemps privilégié des modèles internationaux, conçus pour plusieurs marchés et développés selon des cycles plus longs. Cette stratégie les pénalise face à des concurrents capables d'innover plus rapidement et de réduire leurs prix. Les conséquences sont déjà visibles. Volvo prévoit 2 500 suppressions de postes supplémentaires. Volkswagen et BMW annoncent eux aussi des restructurations. Le groupe allemand, qui a longtemps dominé le marché chinois, a déjà fermé plusieurs usines dans le pays et cherche à réduire ses ventes. Il doit désormais adapter ses véhicules aux goûts des consommateurs locaux, notamment en matière de technologies embarquées.
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    L'industrie automobile chinoise confrontée à une surcapacité de production
    Les constructeurs chinois ne sont pourtant pas épargnés par les difficultés. Après des années de soutien public et d'investissements massifs, l'industrie automobile du pays souffre d'un excès de capacités de production par rapport à la demande. Selon une enquête du Wall Street Journal, les capacités de production chinoises atteindraient 63 millions de véhicules par an. C'est plus de trois fois les besoins du marché intérieur attendus en 2026. Cette situation s'explique notamment par la multiplication des constructeurs et des usines, encouragée par les investissements et le soutien des autorités locales. Mais la demande ne progresse pas au même rythme que l'offre. Une fois leur voiture achetée, les consommateurs ne la remplacent pas immédiatement, ce qui limite les débouchés sur le marché intérieur.
    Pour écouler leur production, les constructeurs chinois sont donc contraints de se livrer à une guerre des prix. Cette stratégie leur permet de tenter de conquérir de nouveaux clients, mais elle fragilise aussi leurs marges. Elle accentue par ailleurs la pression sur les marques occidentales, qui ne peuvent pas toujours rivaliser avec les coûts de production et la vitesse d'innovation de leurs concurrents locaux.
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    Quel avenir pour les marques occidentales sur le marché chinois ?
    Face à cette concurrence, les constructeurs occidentaux doivent revoir leur stratégie. Il ne suffit plus de concevoir des voitures en Europe et de les commercialiser en Chine en s'appuyant sur la réputation historique des marques. Ils doivent désormais développer des modèles plus adaptés aux attentes des consommateurs locaux, accélérer leurs cycles d'innovation et proposer des véhicules compétitifs, sans sacrifier leur rentabilité. Volkswagen illustre cette transformation. Le groupe allemand, qui a longtemps figuré parmi les acteurs dominants du marché chinois, doit repenser son offre pour répondre à la demande locale, notamment en matière de technologies embarquées. Volvo entend également s'appuyer davantage sur les technologies et les plateformes de sa maison mère, Geely.
    Les craintes exprimées par le patron de Volvo doivent donc être prises au sérieux, même si la disparition des marques occidentales en Chine n'est pas inéluctable. Leur avenir dépendra de leur capacité à s'adapter à un marché dont elles ne dictent plus les règles. Ce qui se joue en Chine, ce n'est pas nécessairement la fin des constructeurs occidentaux, mais celle d'un modèle industriel qui leur a longtemps permis d'y prospérer.
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    Nucléaire civil: pourquoi la Russie veut renforcer ses liens avec l'Afrique

    28/10/2026
    À l'occasion de la troisième édition du forum économique Russie-Afrique, qui s'ouvre à Moscou ce mercredi 28 octobre, le nucléaire civil figure parmi les sujets au cœur des discussions. Pour les pays africains, confrontés à des besoins croissants d'électricité, l'atome représente une piste pour soutenir leur développement industriel. Pour Moscou, ces projets constituent aussi un marché de long terme et un moyen de renforcer son influence sur le continent.
    L'Afrique accueillie en majesté à Moscou. La troisième édition du forum économique Russie-Afrique débute ce mercredi 28 octobre, à l'initiative du Kremlin. Le sommet réunit des chefs d'État du continent, mais aussi des dirigeants d'entreprise, avec l'ambition de développer les échanges commerciaux. Parmi les sujets à l'ordre du jour : l'énergie nucléaire civile. Le continent a un immense besoin d'électricité. En Afrique subsaharienne, environ une personne sur deux est raccordée au réseau électrique. Avec la croissance démographique et le développement industriel, les besoins devraient fortement augmenter.
    Les gouvernements cherchent donc à produire davantage d'électricité, tout en diversifiant leurs sources d'énergie. Le nucléaire présente plusieurs avantages. Il permet de produire de grandes quantités d'électricité en continu, avec de faibles émissions de carbone. Plusieurs pays africains s'intéressent ainsi au nucléaire russe. Pour l'heure, le principal chantier de Moscou sur le continent se trouve en Égypte, où quatre réacteurs sont en construction. Mais d'autres États envisagent également de développer cette énergie.
    Rosatom propose des centrales nucléaires clés en main
    Si la Russie attire les pays africains, c'est aussi parce qu'elle propose une formule particulière. Son géant public du nucléaire, Rosatom, ne vend pas seulement des centrales. Il peut également proposer de financer leur construction, de fournir le combustible, d'assurer la maintenance et de former les équipes locales. En somme, Moscou propose un écosystème nucléaire complet. Pour des États qui manquent parfois de capitaux, cette formule constitue un argument de poids. Le financement est en effet l'un des principaux obstacles au développement de projets nucléaires, dont les coûts peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars.
    Mais pour Moscou, l'intérêt est aussi stratégique. Une centrale nucléaire engage une relation commerciale pour plusieurs décennies, voire près d'un siècle si l'on prend en compte l'ensemble de son cycle de vie. Une fois le réacteur construit, le pays reste lié à son fournisseur pour le combustible, les pièces détachées et une partie des compétences techniques nécessaires à son fonctionnement. Cette relation peut même dépasser le secteur de l'énergie, avec des coopérations dans la formation et les universités, mais aussi un intérêt potentiel pour les ressources en uranium présentes dans les sous-sols africains.
    À écouter aussi - Aujourd'hui l'économieQuarante ans après Tchernobyl: où en est le nucléaire mondial?
    Le nucléaire russe, un risque de dépendance pour les pays africains
    Cette coopération comporte néanmoins des risques pour les pays partenaires. Le premier est technologique. Lorsqu'un État achète un réacteur à un fournisseur, il est difficile de changer de partenaire du jour au lendemain. L'approvisionnement en combustible, la maintenance et les compétences nécessaires à l'exploitation peuvent créer une dépendance durable. Le deuxième risque est financier. Les prêts destinés à financer les centrales peuvent atteindre des montants considérables. Si les remboursements deviennent trop lourds, les États peuvent se retrouver en difficulté et voir leur marge de manœuvre réduite.
    Enfin, ces contrats comportent une dimension géopolitique. Pour Moscou, ils constituent un moyen de renforcer son influence sur le continent, notamment dans certains pays du Sahel qui se sont rapprochés de la Russie. La signature d'un accord ne signifie d'ailleurs pas nécessairement qu'une centrale sera construite. Dans certains cas, la portée politique du rapprochement peut compter autant que la concrétisation du projet.
    Car le nucléaire peut contribuer au développement industriel de l'Afrique, mais il suppose des investissements considérables, des réseaux électriques adaptés et des compétences qui prennent des années à acquérir. Pour les capitales africaines, le défi consiste donc à transformer ces promesses en électricité, sans perdre leur autonomie. L'enjeu est de faire de la coopération nucléaire un levier de développement et d'indépendance énergétique, plutôt qu'une nouvelle source de dépendance économique.
Sobre Aujourd'hui l'économie
Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
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