Aujourd'hui l'économie
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- Toute cette semaine, Aujourd'hui l'économie vous propose de partir à la rencontre des diasporas commerçantes. Ce matin, on vous raconte l'histoire d'une communauté qui a une présence plus importante à l'étranger que dans son propre pays. Il s'agit de la diaspora libanaise. Sa capacité d'adaptation et d'intégration, mais aussi ses pratiques commerciales jamais vues auparavant, ont redessiné le paysage économique de certains pays et notamment celui du Brésil.
Ils sont entre 7 et 10 millions de Libanais ou de descendants de migrants libanais au Brésil. C'est le pays qui abrite la plus grande diaspora libanaise au monde. Au cœur du vieux São Paulo encore aujourd'hui, dans la Rua 25 de Março, les échoppes portent les signes de cette présence. C'est autour de cette artère commerçante que des milliers d'habitants de ce qui n'était encore qu'une province de l'Empire ottoman sont arrivés au début du XXᵉ siècle avec quelques ballots de tissus. Jeffrey Lester est professeur d'histoire de l'Amérique latine à l'université Emory d'Atlanta et l'auteur de plusieurs livres sur l'immigration au Brésil.
« Lorsque les habitants du Moyen-Orient arrivent au Brésil, le Liban ou la Syrie n'existaient pas encore. Ce sont des sujets de l'Empire ottoman. C'est pourquoi, entre historiens, nous ne parlons pas de l'arrivée des Libanais au Brésil, mais des habitants du Moyen-Orient. Les premières migrations importantes commencent dans les années 1880. À l'époque, l'Empire ottoman est en train de se déliter et le Brésil est alors un pays en pleine transformation : l'esclavage est sur le point d'être aboli, les villes grandissent rapidement et l'économie se développe. Il existe de nombreuses opportunités commerciales. Contrairement aux États-Unis, où les préjugés contre les immigrés de pays arabes apparaissent très tôt, le Brésil leur est largement ouvert. Cette diaspora arrive aussi au bon moment : le Brésil passe d'une économie rurale à une économie urbaine et industrielle et c'est une terre d'opportunités économiques. »
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Les Libanais au Brésil « ont fini par contrôler tout le réseau de distribution »
Ces immigrés ottomans sont d'abord des colporteurs. Ils vont de ville en ville pour vendre toutes sortes de marchandises. « Un des secteurs de l'économie qui était tout nouveau, c'est la distribution. Les Brésiliens, même les plus pauvres, avaient un peu plus d'argent à dépenser qu'avant, et ils voulaient consommer. Mais il n'y avait pas beaucoup de vendeurs ambulants. Et comme les gens du Moyen-Orient fonctionnaient souvent en réseaux, basés sur la famille et sur des liens de communauté, ils ont fini par contrôler tout le réseau de distribution. Un autre élément important, c'est l'introduction d'une nouvelle méthode de paiement : à crédit. C'était une pratique quasiment inconnue au Brésil au XIXe siècle », explique Jeffrey Lester.
Ces pratiques donneront naissance aux banques et aux organismes de prêt au Brésil, où la communauté libanaise est aujourd'hui encore très présente. Autre domaine où cette diaspora se distingue, la politique : les descendants d'immigrés libanais représentent aujourd'hui 10 % du Congrès brésilien et l'ancien président Michel Temer sera le premier fils de la diaspora libanaise au Brésil à occuper la fonction suprême, étant président par intérim de 2016 à 2018.
À lire aussiLe Brésil envoie de l’aide humanitaire au Liban: Temer va conduire la délégation - Vinyles, cassettes audio, appareils photo argentiques, Renault 5 ou encore tournées d'artistes emblématiques... À rebours de la course à l'innovation, les produits et références du passé connaissent un véritable regain d'intérêt. Un phénomène qui dépasse la simple mode pour les entreprises, la nostalgie est devenue un puissant levier marketing et un marché particulièrement rentable.
On parle souvent d'innovation, de nouvelles technologies et de produits capables de transformer notre quotidien. Pourtant, un phénomène prend aujourd'hui le contre-pied de cette tendance : le retour en grâce d'objets qui semblaient appartenir au passé. Et si cela peut sembler anecdotique, cette nostalgie est devenue un véritable moteur économique. Les spécialistes du marketing parlent d'un effet « Madeleine de Proust ». Un simple emballage, une musique, un logo ou un objet suffit à faire resurgir des souvenirs heureux. Et ces souvenirs ont une valeur économique.
Le secteur de la musique illustre parfaitement cette évolution. Certes, les plates-formes de streaming comme Deezer ou Spotify dominent largement les usages, permettant d'écouter n'importe quel morceau à tout moment. Mais dans le même temps, un produit emblématique du passé retrouve ses lettres de noblesse : le vinyle. Aux États-Unis, il représente désormais un marché de plus d'un milliard de dollars, une première depuis le début des années 1980. La dynamique est similaire, même si elle reste plus modeste, pour les cassettes audio.
La génération Z alimente cette demande
Le plus étonnant est que ces produits ne séduisent pas principalement les consommateurs qui les ont connus. Les études montrent que ce sont surtout les membres de la génération Z, nés à la fin des années 1990 et au début des années 2000, qui alimentent cette demande. Beaucoup n'ont jamais utilisé de vinyle ou de cassette, mais ils en achètent malgré tout.
Le même phénomène s'observe avec les appareils photo argentiques. Kodak a dû relancer certaines lignes de production de pellicules pour répondre à la demande, tandis que les appareils Polaroid ou Fujifilm séduisent à nouveau. Ce qui plaît, c'est autant l'expérience que le résultat : le caractère concret de l'objet, l'attente avant de découvrir les clichés, mais aussi l'imperfection des images. À l'inverse, les smartphones permettent de prendre une infinité de photos, parfois sans véritablement marquer le moment.
Les marques misent sur leur patrimoine pour séduire les consommateurs
Les entreprises ont parfaitement compris cette évolution des comportements. Plutôt que de créer sans cesse de nouveaux produits, certaines préfèrent valoriser leur patrimoine en modernisant des références déjà connues du grand public. Renault en est une parfaite illustration avec la nouvelle Renault 5. Le constructeur a ressuscité l'un de ses modèles emblématiques des années 1970, tout en l'adaptant aux attentes actuelles. La voiture est désormais électrique et intègre les technologies contemporaines, mais son design rappelle immédiatement un modèle qui a marqué plusieurs générations. Cette stratégie dépasse largement l'automobile. Dans le spectacle vivant, les reformations de groupes comme Oasis ou les Backstreet Boys rencontrent un immense succès. En France, le retour du télé-crochet Star Academy ou la tournée de la chanteuse Lorie témoignent de cette même dynamique. Dans tous les cas, ce n'est pas uniquement un produit ou un spectacle qui est vendu : c'est aussi une émotion, un souvenir et un sentiment de familiarité.
Pourquoi la nostalgie est devenue un puissant levier économique
Si les entreprises misent autant sur la nostalgie, c'est aussi pour des raisons économiques. Créer une marque ou lancer un produit inédit représente un investissement important et comporte une part de risque. À l'inverse, remettre au goût du jour une marque ou un produit emblématique permet de s'appuyer sur un univers déjà connu des consommateurs. Les marques historiques bénéficient d'un fort capital affectif et émotionnel, deux éléments particulièrement efficaces pour déclencher un achat. Les spécialistes parlent parfois de « rétrofuturisme » : une stratégie qui consiste à utiliser les codes du passé pour rendre les innovations plus rassurantes et plus désirables.
Cette approche présente un autre avantage. Elle permet de toucher plusieurs générations simultanément. Les consommateurs les plus âgés retrouvent des objets qui leur rappellent leur jeunesse, tandis que les plus jeunes découvrent un univers qu'ils n'ont jamais connu. Pour eux, le vintage devient finalement... une nouveauté. À l'heure où l'innovation technologique s'accélère, le passé est ainsi devenu une ressource économique à part entière. Les entreprises ne vendent plus seulement un produit ou un service, elles commercialisent aussi une émotion, un souvenir et une part d'histoire. - À partir du 11 août, une entreprise ne pourra plus appeler un consommateur sans avoir obtenu son accord préalable. Une évolution qui promet de réduire les appels commerciaux non sollicités, mais qui bouleverse aussi tout un secteur économique. Car derrière le démarchage téléphonique se cache une industrie de plusieurs milliards d'euros, dont le modèle reposait jusqu'ici sur le volume et qui va désormais devoir miser sur le consentement.
C'est une petite révolution pour les consommateurs. Dans les prochains jours, ils devraient être beaucoup moins concernés par le démarchage téléphonique. À compter du 11 août, une entreprise ne pourra plus appeler un particulier sans son consentement préalable. Jusqu'à présent, les consommateurs devaient s'inscrire sur une liste d'opposition pour ne plus être démarchés. Cette nouvelle règle change profondément les habitudes des entreprises.
Car le démarchage téléphonique répond à une logique économique très simple : appeler quelqu'un coûte très peu cher alors que la valeur d'une vente est souvent élevée. Si un opérateur parvient à convaincre un consommateur de changer d'abonnement téléphonique, d'assurance ou d'énergie, il peut le conserver comme client pendant plusieurs années. Chaque nouveau contrat peut ainsi rapporter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'euros, alors qu'un appel ne coûte que quelques centimes. Résultat, il suffit qu'une très faible proportion des personnes appelées accepte une offre pour qu'une campagne soit rentable. Le modèle économique du démarchage repose donc avant tout sur le volume : plus une entreprise passe d'appels, plus elle augmente mécaniquement ses chances de conclure des ventes.
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Une véritable industrie qui s'est largement développée à l'étranger
Cette logique a donné naissance à une véritable industrie. La plupart des grandes entreprises ne réalisent pas elles-mêmes leurs campagnes de prospection. Elles les confient à des sociétés spécialisées et à des centres de contacts. Tout y est pensé pour optimiser les performances. Les appels sont composés automatiquement, les scripts commerciaux sont calibrés et peuvent s'adapter en temps réel, tandis que le nombre d'appels passés, le taux de réponse, la durée moyenne des conversations ou encore le nombre de ventes sont analysés en permanence.
Cette recherche de productivité a aussi favorisé l'externalisation d'une partie de l'activité. Depuis une vingtaine d'années, le Maroc est devenu l'un des principaux pôles francophones des centres d'appels. D'autres plates-formes se sont également développées à Madagascar, en Tunisie ou encore au Sénégal, où les coûts salariaux sont plus faibles tout en bénéficiant d'une main-d'œuvre francophone. Au Maroc, les centres d'appels représentent aujourd'hui des dizaines de milliers d'emplois, notamment pour les jeunes diplômés. C'est pourquoi la nouvelle réglementation française est suivie avec attention : les autorités marocaines ont d'ailleurs annoncé travailler sur un plan destiné à limiter les conséquences économiques de cette réforme.
La donnée devient plus précieuse que jamais
Mais le véritable actif de cette industrie n'est pas le téléphone : ce sont les données. Les entreprises vivent grâce aux informations qu'elles possèdent sur leurs prospects. Leur numéro de téléphone bien sûr, mais aussi parfois leur âge, leur lieu de résidence, leurs habitudes de consommation ou encore les produits qu'ils utilisent déjà. Plus ces informations sont précises, plus les chances de vendre augmentent. L'entrée en vigueur du consentement obligatoire modifie profondément cette équation. Désormais, plus personne ne pourra être démarché sans avoir donné son accord préalable. Les immenses bases de données de numéros de téléphone perdent donc une grande partie de leur valeur lorsqu'elles ne sont pas associées à un consentement explicite.
À l'inverse, un consommateur qui remplit volontairement un formulaire sur internet, demande à être rappelé ou accepte d'être contacté devient beaucoup plus précieux. La valeur économique ne disparaît pas. Elle se déplace. Autrement dit, les entreprises ne vont pas renoncer à vendre leurs produits par téléphone. Elles vont simplement devoir commencer par convaincre les consommateurs avant même de les appeler. - À moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027, le financement des campagnes revient au cœur de l'actualité. Si les candidats doivent avancer plusieurs millions d'euros avant d'être remboursés par l'État, encore faut-il trouver une banque prête à leur accorder un crédit. Face aux refus de certains établissements, le gouvernement réfléchit à un nouveau mécanisme de financement afin de garantir le pluralisme démocratique tout en limitant les risques financiers.
Lorsqu'un homme ou une femme souhaite se présenter au scrutin présidentiel, le système de financement est bien établi. Tous les candidats doivent avancer les dépenses liées à leur campagne : déplacements, meetings, affiches, équipes, communication ou encore matériel électoral. Au total, plusieurs millions d'euros sont nécessaires, des sommes qui sont le plus souvent financées grâce à un emprunt bancaire.
L'État n'intervient qu'après l'élection. Les dépenses ne sont remboursées qu'à deux conditions : le candidat doit avoir obtenu un score suffisant et ses comptes de campagne doivent être validés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Sur le papier, le mécanisme paraît rassurant. Dans les faits, il expose pourtant les banques à plusieurs incertitudes.
Un crédit très particulier
Pour les établissements financiers, un prêt électoral est un crédit très particulier. Contrairement à un prêt immobilier ou à un crédit d'entreprise, il ne repose ni sur des revenus futurs ni sur des garanties patrimoniales, mais essentiellement sur un résultat électoral et sur la validation des comptes de campagne.
Le premier risque est réputationnel. Financer un candidat peut être perçu comme un soutien politique et susciter des critiques, voire des appels au boycott de la part d'une partie de la clientèle. Le deuxième risque est électoral. Rien ne garantit qu'un candidat dépassera la barre des 5% des suffrages exprimés, seuil à partir duquel le remboursement public devient beaucoup plus important. L'élection présidentielle de 2022 en a apporté une illustration avec Valérie Pécresse, qui n'avait recueilli que 4,8% des voix, bien en deçà des attentes.
Enfin, il existe un risque juridique. Même un candidat qui réalise un bon score peut perdre le bénéfice du remboursement si ses comptes sont rejetés. Nicolas Sarkozy en avait fait l'expérience après l'élection de 2012, à la suite de l'invalidation de ses comptes de campagne. Pour les banques, le risque de non-remboursement est donc bien réel, d'autant que les montants engagés peuvent atteindre plusieurs millions d'euros.
Le recours aux banques étrangères relance le débat
Face aux difficultés rencontrées auprès des banques françaises, certains partis ont cherché d'autres solutions. Le cas du Rassemblement national est le plus emblématique. En 2014, le parti avait contracté un emprunt auprès d'une banque russe. Puis, pour financer la campagne présidentielle de 2022, il s'était tourné vers un établissement hongrois. Mais cette problématique dépasse largement le seul RN. En 2017, Emmanuel Macron avait lui aussi rencontré des difficultés pour obtenir un financement bancaire. Il avait finalement dû souscrire une assurance spécifique afin de convaincre une banque de lui accorder un prêt.
Ces exemples illustrent les difficultés croissantes rencontrées par les candidats pour financer leur campagne, quelles que soient leurs sensibilités politiques. Ils alimentent également les inquiétudes du gouvernement, qui souhaite éviter que des candidats français soient contraints de dépendre de financements étrangers.
Un « pool » bancaire garanti par l'État à l'étude
Pour répondre à cette difficulté, l'exécutif travaille sur une solution qui suscite déjà de nombreux débats. L'idée consiste à créer un « pool » bancaire, c'est-à-dire un consortium dans lequel plusieurs banques accorderaient collectivement les prêts aux candidats plutôt qu'un seul établissement. Ce mécanisme permettrait de répartir les risques entre les différents prêteurs. L'État pourrait également garantir une partie des pertes si un candidat n'était finalement pas remboursé, réduisant ainsi le risque financier supporté par les banques.
L'intérêt serait double : limiter le risque économique tout en réduisant le risque d'image, puisqu'aucune banque ne financerait seule un candidat en particulier. Pour autant, le projet est encore loin d'être adopté. Plusieurs établissements restent prudents. Le Crédit Mutuel, notamment, estime qu'une garantie explicite de l'État, inscrite dans la loi, est indispensable avant toute participation à un tel dispositif.
Au-delà de son aspect technique, ce débat est aussi profondément démocratique. Garantir l'accès au financement des campagnes est une condition du pluralisme politique. À l'inverse, l'absence de solutions françaises pourrait conduire certains candidats à rechercher des financements à l'étranger, avec le risque de raviver les soupçons d'ingérences étrangères dans la vie politique française. C'est pourquoi ce dossier dépasse largement la seule question bancaire: il touche aussi aux enjeux de souveraineté démocratique. - Face à l'effondrement du modèle économique des médias, l'Australie prépare une nouvelle offensive contre les géants du numérique. Google, Meta, TikTok et d'autres plateformes pourraient être contraints de mieux rémunérer les entreprises de presse. Une réforme qui relance une question devenue centrale : qui doit financer la production de l'information à l'heure des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle?
L'Australie a une nouvelle fois les géants du numérique dans son viseur. Le gouvernement australien prépare une réforme qui devrait être présentée prochainement afin de contraindre Google, Meta, TikTok et d'autres plateformes à mieux rémunérer les médias. L'objectif est clair : assurer un meilleur financement de la presse dans un contexte où les plateformes numériques occupent une place centrale dans l'accès à l'information. Le projet de loi viserait les plateformes réalisant plus de 250 millions de dollars de recettes publicitaires dans le pays. Deux options leur seraient alors proposées : conclure des accords commerciaux avec les entreprises de presse australiennes afin de rémunérer leurs contenus ou, à défaut, s'acquitter d'une taxe de 2,5% sur leurs recettes publicitaires issues de la recherche en ligne ou des réseaux sociaux.
Selon Canberra, si les plateformes choisissent de signer des accords avec les médias, ces derniers pourraient percevoir entre 200 et 250 millions de dollars par an. En revanche, si elles refusent de négocier, la taxe pourrait rapporter entre 350 et 400 millions de dollars dès la première année d'application. Le message envoyé par le gouvernement est limpide : il préfère que cet argent bénéficie directement aux rédactions plutôt qu'aux caisses de l'État.
Les plateformes captent la valeur économique de l'information
Derrière cette réforme se cache une question bien plus large : qui doit payer pour produire de l'information à l'ère des réseaux sociaux ? Aujourd'hui, les plateformes numériques captent une part considérable de la publicité mondiale. Google et Meta représentent à, eux seuls, près de la moitié du marché mondial de la publicité numérique. Pour beaucoup d'internautes, l'actualité est désormais consultée via Google, Facebook, Instagram, TikTok ou encore X avant même les sites des médias. Or, si ces plateformes distribuent l'information, elles ne la produisent pas et ne financent pas le travail journalistique. Les gouvernements estiment donc qu'il existe un déséquilibre économique.
Les plateformes attirent les utilisateurs, monétisent cette audience grâce à la publicité et concentrent une part croissante des revenus publicitaires. Dans le même temps, les entreprises de presse continuent d'investir dans la production d'une information fiable tout en récupérant une part de plus en plus faible de la valeur créée. Les géants du numérique défendent toutefois une lecture différente. Ils estiment que leur puissance de diffusion permet justement aux médias d'attirer des lecteurs vers leurs sites et qu'ils constituent donc un apport essentiel en matière d'audience.
En Europe, les droits voisins et l'IA relancent le débat
Cette question dépasse largement le seul cas australien. En Europe aussi, les États cherchent depuis plusieurs années à rééquilibrer les relations entre les médias et les grandes plateformes numériques. La principale réponse est venue de la directive européenne sur les droits voisins, adoptée en 2019. Celle-ci reconnaît aux éditeurs de presse un droit à rémunération lorsque leurs contenus sont réutilisés par les plateformes numériques. Mais le débat prend aujourd'hui une nouvelle dimension avec l'essor de l'intelligence artificielle générative. Les modèles développés par OpenAI, Anthropic, Google ou encore Meta sont entraînés à partir d'immenses volumes de textes disponibles sur Internet, parmi lesquels figurent des millions d'articles de presse.
Une nouvelle interrogation apparaît alors. Si ces contenus servent à entraîner les intelligences artificielles, les médias doivent-ils également être rémunérés ? Depuis deux ans, les accords commerciaux entre certaines entreprises d'intelligence artificielle et de grands groupes de presse se multiplient. D'autres éditeurs ont, au contraire, choisi de saisir la justice, estimant que leurs contenus ont été utilisés sans autorisation. Au fond, c'est toujours le même débat qui ressurgit : à mesure que quelques grandes plateformes deviennent les principaux points de passage de l'information, de la publicité et désormais de l'intelligence artificielle, la question du partage de la valeur créée dans l'économie numérique devient plus centrale que jamais.
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Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
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