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- Les patrons des principales entreprises d’intelligence artificielle appellent à ralentir le développement des modèles les plus puissants. Derrière les inquiétudes liées aux risques de l’IA, cette demande répond aussi à des enjeux économiques et stratégiques majeurs : investissements colossaux, réglementation, concurrence entre géants de la tech et rivalité avec la Chine.
L'intelligence artificielle est au cœur de l'actualité économique ces derniers jours. Les dirigeants de plusieurs grandes entreprises du secteur appellent désormais à ralentir le développement des modèles d'IA les plus puissants. Une position qui agace Donald Trump, très attaché à la domination américaine dans cette technologie, et qui dénonce une « conspiration malsaine » contre l'intelligence artificielle.
Derrière ces prises de position, il y a d'abord une inquiétude sur l'évolution des capacités des modèles d'IA. Les dirigeants d'OpenAI et d'Anthropic redoutent notamment que l'intelligence artificielle puisse, à terme, contribuer elle-même à l'amélioration de ses propres capacités. Des systèmes qui deviendraient alors plus difficiles à comprendre et à contrôler.
Autre source de préoccupation : les agents IA, capables d'agir de manière plus autonome qu'un simple assistant conversationnel. Certains ont déjà été confrontés à des situations dans lesquelles ils ont contourné des restrictions pour accéder à des systèmes auxquels ils n'étaient pas censés avoir accès, voire attaquer des plateformes.
Le problème est donc désormais de déterminer ce qu'une intelligence artificielle peut faire lorsqu'on lui donne un objectif et les moyens d'agir seule. Ces inquiétudes ont également été renforcées par le départ récent d'un ingénieur ayant travaillé chez OpenAI et Anthropic. Il accuse les deux entreprises de ne pas prendre suffisamment au sérieux les risques liés à leurs technologies.
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Des centaines de milliards de dollars en jeu dans la course à l’IA
Pourquoi les dirigeants des entreprises qui ont le plus intérêt à voir l'intelligence artificielle progresser rapidement demandent-ils aujourd'hui de ralentir ? Parce qu'ils ont désormais énormément à perdre si cette course tourne mal. Depuis deux ans, des centaines de milliards de dollars ont été investis dans l'intelligence artificielle. Ces investissements concernent les modèles, mais aussi les centres de données, les puces électroniques ou encore les infrastructures énergétiques nécessaires à leur fonctionnement. Derrière ces sommes considérables, les investisseurs attendent désormais un retour sur investissement.
Un ralentissement de la course à l'IA peut donc refroidir tout un écosystème. Les marchés financiers l'ont d'ailleurs immédiatement illustré. SoftBank, l'un des principaux investisseurs d'OpenAI, a perdu plus de 13 % à la Bourse de Tokyo. Les fabricants de puces asiatiques ont eux aussi reculé.
Mais pour les géants de la technologie, un accident majeur pourrait coûter bien davantage que quelques mois de retard dans la course à l'intelligence artificielle. Une cyberattaque massive provoquée par un agent IA, ou une intelligence artificielle échappant au contrôle de ses concepteurs, pourrait entraîner une réaction beaucoup plus forte des gouvernements : réglementation renforcée, nouvelles contraintes, voire interdictions de certaines applications. C'est là que la stratégie des géants de l'IA devient particulièrement intéressante. Ils ne demandent pas réellement d'arrêter le développement de l'intelligence artificielle. Ils souhaitent surtout que tous les acteurs ralentissent en même temps.
L'enjeu ressemble finalement à celui d'une course automobile. Tous les pilotes savent que la vitesse peut devenir dangereuse. Mais aucun ne veut être le seul à freiner si les autres continuent d'accélérer. Celui qui ralentit seul risque de perdre la course.
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Réglementation et Chine: pourquoi personne ne veut ralentir seul
C'est notamment pour cette raison que les géants de l'intelligence artificielle réclament une réglementation du secteur. Mais cette réglementation pourrait avoir un effet paradoxal sur le marché. Les entreprises qui disposent déjà des moyens financiers et techniques nécessaires pour respecter de nouvelles règles seraient mieux armées que les nouveaux entrants. OpenAI, Anthropic ou Microsoft peuvent donc être sincèrement inquiets des risques liés à l'IA tout en ayant intérêt à ce que des règles plus strictes soient mises en place. Les coûts liés à la conformité pourraient en effet renforcer la position des acteurs déjà dominants et rendre plus difficile l'arrivée de nouveaux concurrents.
À cela s'ajoute un autre enjeu majeur : la Chine. Si les entreprises américaines lèvent le pied tandis que leurs concurrentes chinoises continuent d'accélérer, Washington prend le risque de perdre une partie de son avance technologique dans l'intelligence artificielle. C'est tout le paradoxe de la situation actuelle. Tous les acteurs peuvent avoir intérêt à ralentir pour limiter les risques, mais aucun ne veut ralentir seul. Dans une industrie où des centaines de milliards de dollars sont déjà engagés et où la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine est devenue stratégique, la question n'est donc plus seulement de savoir jusqu'où l'intelligence artificielle peut aller. Elle est aussi de savoir qui décidera de la vitesse à laquelle elle doit avancer.
À lire aussi«Il faut arrêter» le développement de l'IA, qui met «en danger toute notre infrastructure monétaire et informatique» - La raffinerie de l'homme d'affaires nigérian Aliko Dangote entre en Bourse ce lundi à Lagos. Plus de quatre milliards d'actions doivent être proposés aux investisseurs, avec l'objectif de lever jusqu'à 2 150 milliards de nairas, soit environ 1,4 milliard de dollars. Une opération destinée à financer l'agrandissement de la raffinerie, mais aussi à faire entrer les épargnants africains au capital d'un projet industriel emblématique du continent.
La raffinerie de pétrole d'Aliko Dangote, le projet industriel emblématique de l'homme le plus riche d'Afrique, entre en Bourse ce lundi à Lagos, au Nigeria. Plus de quatre milliards d'actions vont être proposés, avec un objectif : lever jusqu'à 2 150 milliards de nairas, soit environ 1,4 milliard de dollars, afin notamment de financer l'agrandissement du site.
La raffinerie a commencé à fonctionner en 2024, en périphérie de Lagos. Sa capacité est aujourd'hui d'environ 700 000 barils de pétrole brut par jour. L'objectif est désormais de doubler cette production. Une ambition qui nécessite des investissements considérables : agrandir une raffinerie de cette taille coûte plusieurs milliards de dollars.
L'introduction en Bourse doit justement permettre à Dangote de faire entrer de nouveaux capitaux dans l'entreprise, sans se financer uniquement par la dette. Car les grands projets industriels, et particulièrement sur le continent africain, sont souvent confrontés au même problème : ils sont très coûteux à construire et les banques, les investisseurs étrangers ou les États ne sont pas toujours en mesure de les financer. En faisant appel au marché, Dangote cherche donc à utiliser une partie de l'épargne des Africains pour financer l'industrie africaine.
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Jusqu'à 10 millions d'actionnaires visés à travers l'Afrique
L'ambition ne s'arrête pas à la levée de fonds. Le groupe Dangote veut attirer jusqu'à 10 millions d'actionnaires à travers l'Afrique. Pour Aliko Dangote, l'objectif est de permettre aux Nigérians et plus largement aux habitants du continent de devenir, à leur échelle, propriétaires d'une petite partie de ce qui est présenté comme l'un des plus grands projets industriels de la région. C'est précisément pour favoriser la participation des particuliers que le prix d'entrée a été pensé pour rester accessible. Les investisseurs peuvent acheter au minimum dix actions, soit 5 250 nairas, ce qui représente moins de 4 dollars. L'objectif est donc d'aller au-delà des grands fonds d'investissement et de séduire les épargnants ordinaires. Mais devenir actionnaire ne garantit évidemment pas de gagner de l'argent. La valeur du titre peut monter comme elle peut baisser.
Car construire une raffinerie et l'agrandir est une chose. La faire fonctionner à très grande échelle et parvenir à en tirer durablement des bénéfices en est une autre. Dangote reste notamment exposé à l'évolution du prix du pétrole brut. La raffinerie a par ailleurs pris une nouvelle dimension cette année avec la guerre au Moyen-Orient. Elle est devenue un fournisseur important de kérosène pour l'Europe, en plus de son rôle croissant sur le marché africain des produits raffinés.
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La Bourse de Lagos face au pari industriel de Dangote
Sur le continent africain, l'ambition du groupe est considérable : doubler la capacité de production de la raffinerie, mais aussi développer les infrastructures de stockage et de distribution et surtout exporter davantage vers les autres pays africains. L'introduction en Bourse constitue donc aussi un test pour la Bourse de Lagos. Une question se pose : existe-t-il suffisamment d'investisseurs et de capitaux en Afrique pour financer de très grands projets industriels ? Le contexte est plutôt favorable. Le marché nigérian a fortement progressé cette année et les investisseurs semblent avoir de l'appétit. Mais le véritable test sera la demande pour les actions Dangote et surtout leur comportement dans les mois qui viennent.
Car une introduction en Bourse réussie, ce n'est pas seulement réussir à vendre des actions. C'est aussi convaincre les investisseurs sur la durée. Derrière cette opération financière, c'est donc une partie de la stratégie industrielle d'Aliko Dangote qui se joue, mais aussi, plus largement, la capacité des marchés financiers africains à mobiliser l'épargne du continent pour financer ses grands projets.
À lire aussiNigeria: la Bourse de Lagos a connu une année record en 2020 - Présentés comme un remède miracle contre le vieillissement, la perte de poids ou les problèmes de sommeil, les peptides injectables sont de plus en plus prisés par les Américains. Pas encore autorisées par les autorités américaines, ces molécules représentent un marché potentiel de plusieurs dizaines de milliards de dollars par an.
Leur utilisation a fait ses preuves depuis de nombreuses années. Les peptides, ces petites chaînes d’acides aminés qui composent notamment les protéines, n’en connaissent pas moins un très fort regain d’intérêt. Alors qu'ils sont utilisés depuis longtemps en médecine - le plus connu étant l’insuline -, le récent succès de l’antidiabétique Ozempic, à base de semaglutide, utilisé massivement pour lutter contre l’obésité aux États-Unis a contribué à relancer l’intérêt pour les peptides.
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Comme le souligne l’Inserm, des scientifiques du monde entier explorent aujourd'hui leur potentiel pour traiter le cancer du sein, les maladies cardiovasculaires ou encore favoriser la cicatrisation ou régénérer un cartilage endommagé par l'arthrose. Mais la plupart de ces travaux en restent au stade préclinique et aucun traitement n’a encore été validé pour ces usages.
Un marché parallèle florissant des peptides injectables
Depuis plusieurs années, différents peptides sont présentés comme miraculeux sur les réseaux sociaux pour perdre du poids, développer la masse musculaire ou lutter contre le vieillissement. Un marché du bien-être et de la performance qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Mais ces produits, injectables, n'ont pas été approuvés par l'Agence américaine de contrôle alimentaire et pharmaceutique (FDA). Leurs effets à long terme, notamment, ne sont pas connus. Ce qui n’empêche pas les Américains de s’en procurer très facilement sur des sites en ligne contre plusieurs centaines de dollars. Des flacons pourtant vendus avec l'inscription « Autorisé pour la recherche uniquement ».
L'engouement est tel qu’il y a même aujourd’hui des « raves de peptides », des soirées où des consommateurs font la promotion de ces produits, en étant parfois sponsorisés par leurs propres fournisseurs.
Les appels à autoriser ces molécules se multiplient aux États-Unis. Le ministre de la Santé lui-même a appelé à la fin de « la guerre contre les peptides ». Robert Kennedy Junior a critiqué les restrictions imposées sous l'administration de Joe Biden.
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Un comité consultatif de la FDA donne un avis favorable à une autorisation
Pour l'instant, la FDA n'a pas encore fait évoluer sa position et continue de mettre en garde contre de possibles risques significatifs pour la santé. En juillet, un comité consultatif a néanmoins donné un avis favorable à l'autorisation de six des sept molécules les plus populaires aux États-Unis.
En attendant une possible autorisation de mise sur le marché, les entreprises de santé se livrent à une course contre la montre et investissent dans des infrastructures de fabrication ou de préparation de peptides. L’entreprise américaine de télémédecine Hims & Hers a ainsi acquis une usine de préparation de peptides en Californie. Il faut dire que le marché devrait connaître un essor considérable. Selon une enquête de Citigroup aux États-Unis, environ 28% des personnes interrogées ont déclaré avoir utilisé au moins un des 12 peptides les plus populaires et seraient prêtes à dépenser en moyenne 90 dollars par mois. Extrapolé à l'ensemble de la population adulte américaine, cela pourrait aboutir à des ventes potentielles de 80 milliards de dollars par an.
En attendant une autorisation, un marché noir florissant
Pour l'instant, il est difficile de chiffrer les revenus de ce marché parallèle qui ne concerne pas que les États-Unis. De plus en plus d’Américains achètent des peptides en ligne directement auprès de fournisseurs chinois. Selon une enquête du Financial Times, un millier de vendeurs chinois a lancé des opérations d'exportation de peptides à bas prix vers des acheteurs occidentaux. La plupart des peptides sont produits par une douzaine d'usines dans la province du Hunan. Des installations qui fabriquaient initialement des principes actifs pharmaceutiques et qui se sont réorientés vers ce marché parallèle. Fuites de données: pourquoi le phénomène doit inquiéter les entreprises françaises et européennes
10/09/2026Durant l'été 2026, les fuites de données se sont multipliées en France, à tel point que le pays se retrouve désormais en première ligne face à ces cyberattaques : l'Éducation nationale, le fisc, ou encore la plateforme Zéro logement vacant ont été touchés. Si cette accélération confirme leur industrialisation, elle témoigne aussi de la vulnérabilité des institutions.
Selon Surfshark, une entreprise de cybersécurité, 43,4 millions de comptes ont été piratés dans l'Hexagone durant les six premiers mois de cette année, soit l'équivalent de près de trois comptes compromis chaque seconde. Ce triste record fait de la France le pays le plus touché par le vol de données en Europe. Et le deuxième au monde derrière les États-Unis... Pourquoi une telle accélération ?
Les dispositifs d'alerte ne suivent pas
Les environnements numériques nous accompagnent partout, dans la sphère publique comme privée. En France, la centralisation des bases de données a aggravé les fuites. Résultat : dès lors qu'il y a un incident, cela touche énormément de monde. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) indique avoir enregistré 6 167 vols de données en 2025, un record.
S'ajoute à cela le fait que les systèmes d'information qu'utilisent les institutions et les services de l'État souffrent de fragilités structurelles et ne disposent pas de logiciels suffisamment robustes pour résister. Exemple : malgré la multiplication des attaques contre Bercy, l'administration n'aurait pas renforcé à temps les dispositifs d'alerte pour détecter et bloquer une éventuelle attaque.
C'est un vrai problème, car plusieurs mois peuvent s'écouler avant qu'une intrusion soit repérée. Et pendant ce temps, l'attaque, elle, continue.
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Conséquences financières très lourdes pour les utilisateurs et les entreprises
Les conséquences peuvent être très lourdes, pour les particuliers comme pour les entreprises. Le coût moyen pour une PME varie entre 50 000 euros et près de 500 000 euros. Pour les grands groupes, cela peut aller jusqu'à 100 millions d'euros. Le montant total des fraudes a atteint 1,24 milliard d'euros en 2025, selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France - un chiffre porté par les fraudes bancaires par manipulation qui, elles, ont bondi de 34%.
Cette progression est d'autant plus inquiétante que l'intelligence artificielle générative est désormais utilisée par les pirates. « Les arnaques d'aujourd'hui ne ressemblent plus du tout aux tentatives grossières de fraude d'il y a cinq ans », analyse ainsi Jérôme Lambert, responsable France chez Feedzai, fournisseur de solutions qui aident les banques à lutter contre la fraude et le blanchiment d'argent grâce à l'IA.
Il s'agirait d'arnaques complexes qui permettraient d'envoyer des e-mails ou des SMS plus vrais que nature. Mais au lieu de payer votre site de vacances par exemple, vous payez un fraudeur, sans même le savoir.
L'Europe plus touchée que l'Amérique du Nord
La France n'est pas le seul pays concerné par ces attaques. L'Italie, l'Espagne, l'Allemagne ou la Pologne en ont également été victimes. Les données de près de 19 millions d'utilisateurs polonais de la plateforme médicale MyDr ont ainsi fuité cet été. L’Europe dépasse désormais l’Amérique du Nord en nombre de comptes piratés. Face à ce phénomène, la vigilance individuelle ne suffit pas. Selon Jérôme Lambert, « c'est aux institutions financières de prendre le relais avec des outils à la hauteur de la sophistication des attaques. »
Au niveau européen, la nouvelle directive européenne DSP3 permettra de sécuriser les paiements électroniques dans l'ensemble de l'UE. Mais elle n'entrera en vigueur qu'entre 2027 et 2028.
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Avec une offre toujours plus forte, les constructeurs chinois ont lancé 576 modèles au cours des six premiers mois de l’année, soit plus de trois nouveautés par jour. Mais la demande intérieure n’est plus au rendez-vous : les ventes ont reculé de 20 % en 2026, car les Chinois, fortement marqués par la crise de l’immobilier qui a ruiné des millions de ménages depuis le Covid, sont devenus nettement plus frileux à l’idée d’investir des dizaines de milliers d’euros dans un véhicule. La concurrence exacerbée entre des constructeurs locaux très subventionnés a aussi permis aux clients de bénéficier pendant plusieurs années de prix très avantageux, mais cette époque se termine. Résultat : des centaines de milliers, voire des millions de voitures en stock, et des modèles quasiment mort-nés.
La Chine peine désormais à écouler ce surplus à l’étranger. Les États-Unis et l’Union européenne ont ouvert le parapluie face à la pluie de voitures « made in China » : 100 % de taxes douanières sur les véhicules électriques aux États-Unis, jusqu’à 35 % pour l’UE. Et ce n’est pas fini. Bruxelles est en train de finaliser sa loi sur l’accélération industrielle, destinée à relancer l’industrie des 27, et le secteur automobile est au centre de cette stratégie.
Hier matin, une nouvelle version du texte a été déposée. Son corapporteur, l’eurodéputé français Pierre Jouvet, y défend une batterie de mesures rendant plus difficiles encore les importations de véhicules chinois, tout en anticipant les voies de contournement que pourrait mettre en place Pékin. Notamment en nouant des partenariats avec des constructeurs européens.
C’est ce qui s’est passé voilà quelques mois avec le constructeur Stellantis, qui a annoncé ouvrir son usine de Rennes à son partenaire Dongfeng pour produire des véhicules électriques premium. Mais sans garantie de s’appuyer sur les équipementiers locaux. Le projet de loi sur l’accélération industrielle obligerait les constructeurs à confier les trois quarts de la fabrication de leurs pièces à des sous-traitants de l’Union européenne, à l’exception des batteries électriques, que l’UE n’est pas aujourd’hui en capacité de produire à grande échelle. Forcément, cela complique la donne pour Pékin, qui s’est d’ores et déjà plaint de cette potentielle évolution législative.
La Chine a cependant perdu des moyens de pression. Pendant plusieurs décennies, elle était devenue un marché majeur pour les constructeurs automobiles européens, notamment. La montée en puissance des entreprises chinoises, dont trois font désormais partie du top 10 mondial, a réduit comme peau de chagrin les ventes de Volkswagen ou Mercedes, jusque-là très prisés par les automobilistes chinois. L’Allemagne est donc désormais beaucoup moins opposée à une politique européenne protectionniste. Le scénario est à peu près identique aux États-Unis. Résultat : la Chine doit trouver de nouveaux marchés. Elle construit d’ores et déjà des usines en Turquie ou au Brésil. Le gouvernement devrait également continuer à soutenir le secteur, mais selon un spécialiste, cela ne se fera pas sans casse parmi la centaine de marques chinoises actuellement sur le marché.
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