Aujourd'hui l'économie
Último episódio
339 episódios
- Nike reste le premier équipementier sportif mondial, mais la marque américaine traverse une période difficile. Baisse du chiffre d'affaires, chute de l'action, perte de parts de marché en Chine et montée en puissance de nouveaux concurrents, le géant de la basket doit désormais retrouver l'innovation et la désirabilité qui ont fait son succès.
C'est une marque et un logo que l'on connaît toutes et tous : Nike et sa célèbre virgule. Et si Nike est toujours le premier équipementier sportif mondial, son image est sérieusement écornée. Kylian Mbappé a annoncé le 18 septembre qu'il mettait fin à sa collaboration avec l'entreprise. Cette semaine, Nike a également perdu sa place au sein de l'indice S&P 100, qui regroupe les 100 plus grandes capitalisations boursières américaines. Un symbole supplémentaire du déclassement du géant américain.
Pourtant, il y a encore trois ans, l'entreprise réalisait un chiffre d'affaires record : 51,4 milliards de dollars sur l'exercice 2023-2024. Mais aujourd'hui, il est inférieur de près de cinq milliards de dollars. Et autre symbole de ce déclassement : l'action Nike a perdu près de 80% de sa valeur en cinq ans.
Si le géant mondial de la basket connaît une période difficile, c'est notamment en raison de différentes erreurs stratégiques. D'abord, le groupe a préféré s'appuyer sur ses modèles iconiques en les remettant au goût du jour, comme les Air Force 1 ou les Dunks, au détriment de la recherche et de l'innovation purement sportive. Or, le marché a changé.
Les consommateurs se sont lassés des grandes marques de sport généralistes et se sont tournés vers de nouveaux acteurs proposant des produits plus spécialisés. Surtout, Nike a voulu privilégier la vente directe sur son propre site internet et dans ses boutiques officielles. L'objectif était de mieux contrôler sa relation avec les consommateurs et de vendre directement ses produits. Mais en réduisant ses relations avec bon nombre de distributeurs indépendants, la marque a aussi libéré un espace considérable dans les rayons des magasins multimarques. Et cette place a été récupérée par les concurrents.
On, Hoka, Salomon : les nouveaux concurrents de Nike
De nouvelles marques ont ainsi pu s'installer dans les rayons, comme la marque suisse On, mais aussi Hoka, Salomon ou Asics. Ces entreprises ont attaqué Nike sur des marchés précis : le running, la randonnée, le trail ou encore le tennis, alors que Nike proposait une immense gamme destinée à tout le monde. Les nouveaux acteurs, eux, sont arrivés avec des produits très spécialisés, très reconnaissables et une identité forte sur chaque sport.
Pendant longtemps, Nike avait pourtant les têtes d'affiche et les légendes nécessaires pour asseoir la puissance de sa marque. Porter une Nike, c'était aussi acheter une image. Michael Jordan, Serena Williams, Cristiano Ronaldo ou encore Kylian Mbappé ont contribué à faire de la marque un phénomène culturel. Pendant des décennies, le groupe disposait ainsi de trois avantages en même temps : de très bons produits, les meilleurs athlètes et une puissance culturelle exceptionnelle.
Le dossier souligne que cette domination, longtemps partagée essentiellement avec Adidas et Puma, est aujourd'hui remise en cause par de nouveaux acteurs. Et les clients, eux, ont été sensibles aux arguments de ces nouvelles marques. La Chine est une parfaite illustration de cette perte de puissance. Pendant des années, le pays a constitué l'un des grands moteurs de croissance de Nike, derrière les États-Unis. Mais les ventes y ont reculé de 30% depuis 2021, tombant à leur niveau le plus bas depuis huit ans. Nike doit en outre affronter des marques chinoises comme Anta et Li-Ning, qui bénéficient d'une meilleure connaissance du marché local.
Nike tente de retrouver la recette de son succès
À cela s'ajoute un autre problème : Nike fabrique l'essentiel de ses produits en Asie, notamment au Vietnam, en Chine, en Indonésie ou au Cambodge. Ces pays sont confrontés à des droits de douane américains sur les importations. Ces surtaxes ont pesé sur les coûts et les marges de l'entreprise. Alors relativisons tout de même, Nike reste un géant mondial. L'entreprise emploie près de 78 000 personnes et conserve une puissance considérable. Et une partie de sa stratégie est justement en train d'être corrigée.
Depuis l'arrivée d'Elliott Hill à la direction de Nike fin 2024, le groupe cherche notamment à renouer avec les distributeurs et à remettre les produits sportifs au cœur de sa stratégie. Le plan de redressement baptisé « Win Now » vise notamment la course à pied et le basketball, avec l'objectif de relancer les ventes et de stabiliser les parts de marché. Le défi est donc considérable : Nike doit retrouver de l'innovation, reconquérir des consommateurs et surtout recréer cette puissance culturelle qui lui permettait autrefois d'imposer les tendances.
Car le véritable problème de Nike n'est peut-être finalement pas seulement de vendre moins de chaussures. C'est d'avoir perdu une partie de cette capacité à faire rêver. La fameuse virgule n'est donc pas près de disparaître. Mais le géant américain doit désormais tout faire pour qu'elle ne se transforme pas en point final.
À lire aussiNicolas Maduro et le survêtement Nike: «Cette image intègre toutes les contradictions du monde dans lequel on vit» Énergie solaire: pourquoi la chute du prix des panneaux bouleverse le marché de l'électricité
22/09/2026Le solaire photovoltaïque connaît une progression spectaculaire dans le monde. Portée par la baisse considérable du prix des panneaux solaires, cette énergie se diffuse désormais bien au-delà des pays riches. Une évolution qui transforme progressivement le fonctionnement du marché de l’électricité et pose de nouveaux défis aux producteurs et aux gestionnaires de réseaux.
L’énergie solaire connaît une progression rapide à travers le monde. Cette dynamique s’explique notamment par deux facteurs : l’ensoleillement et surtout la spectaculaire baisse du prix des panneaux photovoltaïques. Au début des années 2000, il fallait compter environ cinq à six dollars pour un watt de capacité solaire. Aujourd’hui, ce coût est tombé à environ 12 centimes de dollar par watt. Une chute considérable qui a rendu les installations photovoltaïques beaucoup plus accessibles.
Cette baisse des prix s’explique notamment par l’explosion de la production de panneaux solaires, avec un rôle majeur joué par la Chine, devenue le principal acteur de cette industrie. Résultat : le solaire se diffuse désormais à grande vitesse dans de nombreuses régions du monde. La progression du photovoltaïque ne concerne d’ailleurs plus seulement les pays riches. Au Pakistan, en Inde, en Afrique du Sud ou encore aux Philippines, les entreprises et les particuliers installent de plus en plus de panneaux afin de produire leur propre électricité.
Le solaire séduit aussi parce qu’il permet de réduire la facture d’électricité
Dans certains pays, le développement du solaire répond moins à un objectif de transition énergétique qu’à une nécessité économique très concrète. Lorsque l’électricité est chère, peu disponible ou peu fiable, produire soi-même une partie de son énergie peut permettre de réduire les coûts et de sécuriser son approvisionnement. Mais cette multiplication des installations photovoltaïques change aussi la relation entre les consommateurs et les fournisseurs d’électricité. Plus les particuliers et les entreprises produisent eux-mêmes leur énergie, moins ils ont besoin d’acheter de l’électricité auprès de leur fournisseur traditionnel.
Pour les producteurs et les fournisseurs d’électricité, le modèle économique devient donc plus complexe. Ils doivent continuer à entretenir les réseaux électriques et à disposer de capacités de production capables de prendre le relais lorsque les panneaux ne produisent plus, notamment le soir ou lorsque l’ensoleillement est insuffisant. Autrement dit, les clients consomment moins d’électricité du réseau, mais les coûts nécessaires au fonctionnement de ce réseau, eux, ne disparaissent pas.
Des réseaux électriques qui doivent s’adapter à la multiplication des petits producteurs
Cette évolution constitue également un défi technique. Les réseaux électriques ont historiquement été conçus autour d'un modèle relativement centralisé : de grandes centrales produisent l’électricité, qui est ensuite acheminée vers des millions de consommateurs. Le développement du photovoltaïque modifie progressivement cette organisation. Des millions de particuliers et d’entreprises deviennent eux-mêmes de petits producteurs d’électricité. Les panneaux solaires peuvent produire beaucoup d’énergie en pleine journée, puis presque plus rien lorsque le soleil disparaît. Il faut donc désormais apprendre à gérer ces nouveaux flux d’électricité et à adapter les réseaux à une production beaucoup plus décentralisée.
Le développement des batteries de stockage constitue l’une des pistes pour répondre à ce défi. Elles permettent de conserver une partie de l’électricité produite lorsque le soleil brille afin de pouvoir l’utiliser plus tard, lorsque la production solaire diminue. La baisse spectaculaire du prix des panneaux solaires ne transforme donc pas seulement la manière de produire de l’électricité. Elle commence aussi à bouleverser le modèle économique et l’organisation du secteur électrique, en faisant émerger un système dans lequel les consommateurs peuvent eux-mêmes devenir producteurs.
À lire aussiLes panneaux solaires chinois envahissent l'Afrique, un marché en pleine expansionGuerre en Iran: un faramineux coût militaire et économique qui fragilise la puissance des États-Unis
21/09/2026La guerre en Iran coûte déjà plusieurs milliards de dollars aux États-Unis. Selon des chiffres compilés par Bloomberg, le dernier blocus maritime de l'Iran a coûté plus de deux milliards de dollars en frais de fonctionnement des navires américains. Au-delà de la facture financière, Washington doit aussi composer avec l'usure de ses équipements militaires et l'épuisement de certains stocks de missiles.
La facture de la guerre en Iran commence à peser lourdement sur les finances américaines. Selon des chiffres compilés par Bloomberg, le dernier blocus maritime de l'Iran, lancé à la mi-juillet, a déjà coûté plus de deux milliards de dollars en frais de fonctionnement des navires américains. La flotte actuellement engagée dans le blocus représente plus de 30% des navires de guerre de l'US Navy.
Une vingtaine de bâtiments sont mobilisés en permanence pour intercepter et détourner les navires liés à l'Iran qui tentent de franchir le détroit d'Ormuz. Cette mobilisation militaire représente environ 32 millions de dollars de dépenses chaque jour.
Selon le Congrès américain, la guerre contre l'Iran avait déjà coûté 38 milliards de dollars au département américain de la Défense. Et si le conflit se poursuit au même niveau d'intensité, il faudrait compter entre 2 et 3 milliards de dollars supplémentaires chaque mois.
À lire aussiLa guerre en Iran a mis en avant la faiblesse du dollar
Les stocks de missiles américains sous pression
Le principal poste de dépenses concerne notamment les munitions, les missiles et les intercepteurs de défense aérienne. Mais pour les États-Unis, le problème n'est pas seulement financier. Il est aussi militaire. Washington a mobilisé des porte-avions, des destroyers, des avions, des soldats et d'importants stocks de missiles pour ses opérations au Moyen-Orient. Ces moyens ne peuvent toutefois pas être utilisés simultanément ailleurs, notamment en Asie, où les États-Unis cherchent depuis des années à renforcer leur présence face à la Chine.
Bloomberg met notamment en avant la situation des stocks de missiles intercepteurs américains. Les États-Unis auraient utilisé entre la moitié et les deux tiers de leur stock de certains intercepteurs de défense antimissile depuis juin 2025. Leur reconstitution pourrait prendre au moins cinq ans. Le coût de la guerre ne disparaîtra donc pas nécessairement avec l'arrêt des combats. Il faudra ensuite produire les missiles utilisés, réparer les avions et les navires endommagés, mais aussi rattraper les retards de maintenance. Cette usure pose une question stratégique : combien de temps l'armée américaine peut-elle maintenir un tel niveau d'engagement sans réduire ses capacités militaires dans d'autres régions du monde ?
Le conflit fait aussi monter la facture énergétique
À cette facture militaire s'ajoute une autre conséquence économique, plus directement ressentie par les ménages : l'énergie. Le détroit d'Ormuz constitue l'un des grands points de passage du pétrole mondial. Avant la guerre, environ 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole y transitait. Les perturbations provoquées par le conflit font donc monter les prix de l'énergie. Cette hausse renchérit à son tour le transport, la production et une multitude de biens et de services. Les États-Unis ne sont pas épargnés.
Derrière les dizaines de milliards de dollars dépensés par Washington se dessine ainsi une facture beaucoup plus large : budgétaire, industrielle, militaire, mais aussi énergétique. La question est désormais de savoir combien de temps les États-Unis peuvent continuer à mobiliser autant de ressources au Moyen-Orient sans réduire leur capacité à agir ailleurs dans le monde.
Appels sur l'actualitéÉtats-Unis : la guerre en Iran a-t-elle révélé les limites de l’industrie militaire?- La rentrée littéraire est l'un des grands rendez-vous culturels de l'année, mais elle revêt aussi d'importants enjeux commerciaux. Alors que plusieurs centaines de nouveaux romans arrivent simultanément dans les librairies françaises, le marché du livre ralentit. Baisse des ventes, fragilité des librairies, essor de l'occasion et nouveaux usages : toute l'industrie du livre est en pleine recomposition.
Derrière l'abondance de nouveautés de la rentrée littéraire, le marché du livre français connaît un ralentissement. Selon le Syndicat national de l'édition (SNE), le nombre d'exemplaires de livres vendus a reculé de 1,5 % l'an passé. Le chiffre d'affaires des éditeurs a lui aussi diminué. La tendance se poursuit en 2026. Selon les dernières statistiques communiquées par le SNE, les ventes ont reculé de 4,4 % en juin. Derrière chaque exemplaire vendu se trouve une multitude d'acteurs : l'auteur, l'éditeur, l'imprimeur, le diffuseur, le distributeur et enfin le libraire. C'est notamment chez ces derniers que la baisse des ventes se fait particulièrement ressentir.
Avec 3 400 librairies indépendantes, la France dispose de l'un des réseaux les plus denses du monde. Mais ces boutiques doivent faire face à une concurrence de plus en plus diverse et forte, notamment celle du e-commerce et des grandes enseignes culturelles. Le problème est d'autant plus important que les libraires indépendants ont des charges qui augmentent, alors que leurs marges sont extrêmement faibles, autour de 1 % en moyenne. À la différence de leurs gros concurrents, ils commandent également en plus petites quantités et disposent de surfaces limitées. Une baisse des ventes, même légère, peut donc rapidement les mettre en difficulté.
Prix unique du livre et essor de l'occasion
Pour encadrer cette concurrence, la France possède une particularité : le prix unique du livre. Depuis 1981, le prix d'un livre est fixé par l'éditeur et il est ensuite vendu au même prix partout, avec une remise maximale de 5 %. Mais ce cadre n'empêche pas les habitudes de consommation de changer. Le marché du livre est notamment bouleversé par l'essor de l'occasion. Selon le Syndicat national de l'édition, près de sept acheteurs de livres sur dix achètent aussi des livres d'occasion. C'est évidemment intéressant pour le portefeuille des lecteurs, mais cela signifie aussi qu'un livre revendu ne génère pas de nouveaux droits pour l'auteur et l'éditeur. L'occasion est donc devenue un nouvel enjeu économique pour l'ensemble de la filière du livre.
Numérique, audio et réseaux sociaux changent les usages
Le marché du livre évolue également avec de nouveaux usages : le numérique, le livre audio, mais aussi les réseaux sociaux. Grâce à Instagram ou TikTok, certains ouvrages connaissent de grands succès grâce aux recommandations des internautes. Il existe aussi d'autres relais de croissance pour le secteur. Au Royaume-Uni, par exemple, le livre audio a progressé de 31 % entre 2023 et 2024 et le numérique de 17 %. Ce qui change, c'est donc la façon d'acheter et de consommer les livres. Aujourd'hui, on écoute un livre. On ne le feuillette plus forcément : on le télécharge et on fait défiler les pages sur sa liseuse ou sa tablette. On ne le garde plus nécessairement dans sa bibliothèque : on peut aussi le revendre. Les Français ne sont donc pas forcément en train d'arrêter de lire. Ils étaient 47 millions à avoir lu ou écouté au moins un livre l'année dernière. Derrière les centaines de romans de la rentrée littéraire, c'est finalement toute une industrie qui cherche encore la bonne page à écrire.
À lire aussiUne rentrée littéraire difficile pour les librairies françaises Pourquoi la banque centrale américaine relève ses taux malgré les pressions de Donald Trump
17/09/2026La Réserve fédérale américaine a relevé son principal taux directeur entre 3,75 % et 4 %, malgré les pressions de Donald Trump en faveur d’une baisse des taux. La Fed justifie sa décision par une inflation toujours trop élevée et laisse entendre qu’une nouvelle hausse pourrait intervenir d’ici à la fin de l’année.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a donc choisi de relever son principal taux directeur de 25 points de base. Celui-ci évolue désormais dans une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %. Pour justifier cette décision, son président Kevin Warsh évoque une inflation « trop élevée, depuis trop longtemps ».
Pour comprendre cette décision, il faut rappeler ce qu'est un taux directeur. Il s'agit du taux qui sert notamment de référence au coût auquel les banques se prêtent de l'argent à très court terme. Lorsque la banque centrale baisse ses taux, le crédit devient moins cher. Les ménages et les entreprises sont alors davantage incités à emprunter, ce qui peut soutenir la consommation, l'investissement et le marché immobilier. À l'inverse, lorsque la Fed augmente ses taux, elle cherche à ralentir la demande et l'activité économique afin de contenir les tensions sur les prix. C'est précisément le choix effectué cette fois par la banque centrale américaine.
Cette décision intervient alors que l'inflation reste nettement supérieure à l'objectif de 2 % fixé par la Fed. Les prix à la consommation progressent d'environ 3,4 % sur un an aux États-Unis, tandis que le chômage se situe à 4,1 %. Pour la banque centrale, l'emploi ne constitue donc pas aujourd'hui le principal motif d'inquiétude. C'est surtout la persistance de l'inflation qui justifie le maintien d'une politique monétaire restrictive.
À lire aussiÉtats-Unis: pourquoi l'indépendance de la Réserve fédérale est-elle cruciale?
Donald Trump réclame des taux plus bas, la Fed défend son indépendance
La décision de la Fed intervient surtout dans un contexte de fortes tensions avec la Maison-Blanche. Donald Trump réclame depuis plusieurs mois une baisse des taux d'intérêt afin de réduire le coût du crédit et de soutenir notamment l'activité et l'investissement aux États-Unis. Le président américain qualifie le conseil de la Fed d'« hostile » et l'accuse de relever les taux dans le but de lui nuire.
Face à ces critiques, Kevin Warsh insiste au contraire sur l'indépendance de la banque centrale américaine. Alors que sa candidature à ce poste a été très appuyée par le président, Kevin Warsh appelle notamment à ce que chacun « reste dans son couloir », la Fed devant prendre ses décisions en fonction de la situation économique et non des intérêts politiques du moment. Le président de la Fed affirme ainsi que la décision de relever les taux a été prise par la banque centrale elle-même, en fonction notamment de la trajectoire de l'emploi et de la solidité de l'économie américaine.
Le paradoxe est d'autant plus important que certaines des politiques de Donald Trump peuvent contribuer à maintenir les tensions inflationnistes. Les tarifs douaniers renchérissent le coût des produits importés et une partie de cette hausse peut être répercutée sur les consommateurs américains. À cela s'ajoute le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient et la forte remontée des cours du pétrole. Un pétrole plus cher augmente les coûts de transport et de production des entreprises et peut, à son tour, alimenter l'inflation.
La Fed pourrait encore relever ses taux d'ici à la fin de l'année
Tant que l'inflation reste aussi éloignée de l'objectif de 2 %, la Fed estime donc avoir une raison de maintenir des taux élevés. Et même de les relever encore. C'est le deuxième enseignement de cette réunion : la hausse annoncée pourrait ne pas être la dernière. Dans les nouvelles projections de la Fed, 16 des 18 membres de son comité de politique monétaire anticipent au moins une nouvelle hausse d'un quart de point d'ici à la fin de l'année. Pour les ménages et les entreprises qui doivent emprunter, cette perspective signifie que le coût du crédit pourrait rester élevé pendant encore longtemps aux États-Unis. Mais pour la banque centrale américaine, le risque serait surtout de laisser s'installer une inflation durablement supérieure à son objectif.
La politique monétaire américaine se retrouve ainsi au cœur d'une équation difficile : soutenir l'économie avec des taux plus bas tout en empêchant l'inflation de s'installer. Et cette divergence entre les objectifs de Donald Trump et ceux de la Réserve fédérale américaine laisse présager de nouvelles tensions entre la Maison-Blanche et la banque centrale.
Sobre Aujourd'hui l'économie
Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
Sítio Web de podcast