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  • Pourquoi les prix de l’électricité deviennent négatifs en Europe

    11/05/2026
    De plus en plus fréquent en Europe, le phénomène de l’électricité à prix négatif peut sembler absurde : à certains moments, les producteurs paient pour vendre leur électricité. Comment est-ce possible ? Pourquoi les prix chutent-ils sous zéro ? Et surtout, est-ce une bonne nouvelle pour les consommateurs ? Décryptage d’un paradoxe au cœur de la transition énergétique.
    À première vue, cela paraît totalement fou. Des producteurs d’électricité qui paient pour vendre leur courant, ou plus exactement pour s’en débarrasser. Et pourtant, ce phénomène de prix négatifs de l’électricité devient de plus en plus fréquent en Europe. Pour comprendre, il faut revenir à une particularité essentielle de l’électricité. Contrairement au pétrole ou au gaz, elle se stocke très difficilement à grande échelle. Lorsqu’une centrale produit de l’électricité, celle-ci doit être consommée presque immédiatement. À chaque instant, le réseau doit donc maintenir un équilibre parfait entre production et consommation. Et c’est précisément là que le système se complique.
    Depuis une dizaine d’années, l’Europe investit massivement dans les énergies renouvelables. Les éoliennes se multiplient, tout comme les panneaux solaires. Quand il y a du soleil ou du vent, la production d’électricité explose. Le problème, c’est que dans le même temps, la consommation n’augmente pas forcément.
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    Problème de saison
    Prenons un dimanche de printemps. Les usines tournent au ralenti, les bureaux sont fermés, il ne fait ni trop chaud ni trop froid, peu de chauffage, peu de climatisation. Mais dehors, le soleil brille et le vent souffle. Résultat : les panneaux solaires et les éoliennes produisent énormément d’électricité dont personne n’a réellement besoin à ce moment-là. Comme cette électricité ne peut pas être stockée facilement, les prix s’effondrent. Parfois jusqu’à devenir négatifs. Autrement dit : les producteurs préfèrent payer pour injecter leur électricité sur le réseau plutôt que de devoir arrêter leurs installations. C’est la loi de l’offre et de la demande poussée à son extrême.
    La solution paraît évidente. S’il y a trop d’électricité, pourquoi ne pas couper la production ? En réalité, ce n’est pas si simple. Arrêter une centrale nucléaire, à gaz ou à charbon prend du temps, coûte très cher et fatigue les installations. Dans certains cas, il est donc économiquement plus intéressant de continuer à produire à perte que de tout arrêter. Le problème est accentué par le fait que ce surplus arrive souvent au même moment : autour de midi, lorsque la production solaire atteint son pic. Face à cela, la demande reste relativement stable. Et surtout, les réseaux électriques ne sont pas dimensionnés pour absorber autant d’électricité d’un seul coup.
    On peut l’imaginer comme un flux continu. Tant que tout circule, le système fonctionne. Mais si trop d’électricité arrive au même moment sans pouvoir être consommée ou redirigée, le réseau se retrouve sous tension. Naturellement, on pense alors aux batteries. Mais aujourd’hui, malgré les progrès technologiques, aucune capacité de stockage n’est encore suffisante pour absorber de tels volumes à grande échelle. C’est l’une des grandes limites actuelles de la transition énergétique.
    L’électricité à prix négatif profite-t-elle aux consommateurs ?
    C’est la grande question. Et la réponse est : pas vraiment. La majorité des ménages disposent de contrats d’électricité à prix fixe. Le prix de l’électricité à un instant donné sur le marché n’a donc quasiment aucun impact immédiat sur leur facture. Car ces prix négatifs apparaissent sur les marchés de gros, entre producteurs et fournisseurs, bien loin du consommateur final.
    Mais ce phénomène révèle surtout une transformation beaucoup plus profonde du système énergétique. Pendant des décennies, la production d’électricité s’adaptait à la demande : quand les consommateurs avaient besoin d’énergie, les centrales produisaient. Aujourd’hui, avec la montée en puissance des renouvelables, la logique commence à s’inverser : ce sont progressivement les consommateurs qui devront s’adapter aux moments où l’électricité est abondante. Et cela crée un paradoxe majeur. Les énergies renouvelables deviennent parfois victimes de leur propre succès. Plus on installe de panneaux solaires, plus la production explose quand le soleil brille et plus les prix chutent. Les producteurs, eux, gagnent moins d’argent. Un paradoxe qui résume parfaitement le nouveau défi de la transition énergétique : produire une électricité décarbonée ne suffit plus. Il faut désormais apprendre à la stocker, à la transporter… et surtout à mieux la consommer.
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  • Coupe du monde 2026: pourquoi l’Inde et la Chine n’ont toujours pas de diffuseur TV

    08/05/2026
    À quelques semaines de la Coupe du monde de football 2026, une situation inédite inquiète l’économie du football mondial: l’Inde et la Chine, deux des plus grands marchés de la planète, n’ont toujours pas trouvé d’accord pour diffuser la compétition. En cause, des droits TV jugés trop chers dans un contexte de mutation du paysage audiovisuel mondial.
    L’hymne officiel de la Coupe du monde 2026, Daï Daï de Shakira, commence à envahir les antennes du monde entier. Le tournoi débutera le 11 juin prochain en Amérique du Nord et sera évidemment diffusé sur RFI. Mais derrière l’excitation sportive, une question économique majeure reste en suspens. Pourquoi l’Inde et la Chine n’ont-elles toujours pas de diffuseur officiel ?
    Le sujet est loin d’être anecdotique. Ces deux pays représentent à eux seuls près de 3 milliards d’habitants et constituent deux marchés stratégiques pour la FIFA. Pour comprendre cette situation, il faut regarder le cœur du modèle économique du football moderne : les droits audiovisuels. Depuis plusieurs années, ils représentent l’essentiel des revenus des grandes compétitions sportives. Pour la FIFA, les recettes liées à la diffusion de la Coupe du monde sont centrales. Mais cette année, les diffuseurs refusent de payer les montants demandés.
    En Inde, des droits TV jugés trop chers
    Le cas indien illustre parfaitement cette tension. Lors de la Coupe du monde 2022, les droits de diffusion avaient été acquis pour environ 60 millions de dollars. Pour l’édition 2026, la FIFA espérait en tirer jusqu’à 100 millions. Problème: les groupes intéressés ne proposent qu’environ 20 millions de dollars. Ce décrochage s’explique d’abord par un facteur très concret: le décalage horaire. Le tournoi se jouera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, ce qui signifie que de nombreux matchs seront diffusés en pleine nuit en Inde. Conséquence directe, des audiences plus faibles et donc moins de recettes publicitaires.
    Autre élément essentiel: le football reste un sport secondaire dans le pays. En Inde, le cricket domine largement le paysage médiatique et publicitaire. Les diffuseurs ne considèrent donc pas la Coupe du monde comme un produit incontournable capable de justifier une flambée des enchères. Dans ces conditions, investir massivement dans les droits TV du football apparaît moins rentable.
    La Chine face au ralentissement économique et au virage numérique
    La situation chinoise est différente. Contrairement à l’Inde, la Chine reste un immense marché du football. Lors du dernier Mondial, près de 20% de l’audience télévisée mondiale provenait du pays. Pourtant, aucun accord officiel n’a encore été annoncé. Cette prudence s’explique notamment par le contexte économique chinois. Le ralentissement de la croissance pousse les acteurs publics à cibler davantage leurs investissements. Lors des précédentes éditions, la chaîne publique CCTV diffusait la compétition après avoir sécurisé les droits très tôt, afin d’attirer les sponsors et de lancer d’importantes campagnes promotionnelles. Mais le contexte médiatique a profondément changé.
    Les téléspectateurs regardent moins la télévision traditionnelle et consomment davantage de contenus via des plateformes à la demande. Cette transformation complique la valorisation des droits sportifs. Résultat: les diffuseurs historiques refusent désormais de payer au-delà de ce que le marché publicitaire peut réellement soutenir.
    À cinq semaines du tournoi, le temps presse pour trouver un accord. Et même si les négociations aboutissent, les droits pourraient finalement être vendus à prix réduit. Derrière cette bataille économique, une question plus large se pose: combien vaut encore un match de football quand une partie de la planète ne peut pas le regarder?
  • Indonésie: derrière la croissance, le recul inquiétant de la classe moyenne

    07/05/2026
    L’Indonésie a enregistré une croissance économique de 5,6% au premier trimestre 2026, un rythme supérieur aux attentes. Mais derrière cette performance de la première économie d’Asie du Sud-Est se cache une fragilité de plus en plus visible: l’érosion de la classe moyenne. Un phénomène qui menace à terme la consommation, principal moteur de la croissance du pays.
    Sur le papier, l’économie indonésienne résiste. Avec une croissance de 5,6% au premier trimestre 2026, le pays affiche un début d’année plus dynamique qu’attendu malgré un contexte international tendu. Mais derrière ces bons chiffres, un signal inquiète économistes et autorités: la contraction progressive de la classe moyenne indonésienne. Selon les données gouvernementales, celle-ci représentait environ 60 millions de personnes en 2018 dans un pays de 285 millions d’habitants. Aujourd’hui, elle est estimée à seulement 48 millions. Une baisse d’environ 20% en quelques années.
    Et cette diminution ne s’explique pas par un enrichissement général de la population. Au contraire, une partie de cette classe moyenne bascule vers des catégories plus fragiles sur le plan économique. Les premiers signes sont déjà visibles dans l’économie du quotidien: ralentissement des dépenses de consommation, baisse de fréquentation des centres commerciaux ou encore recul des ventes de voitures neuves.
    Emplois précaires et dépendance aux matières premières
    Pour comprendre cette situation, il faut d’abord regarder l’état du marché du travail indonésien. L’économie crée des emplois, mais souvent dans le secteur informel. Aujourd’hui, près de 6 travailleurs sur 10 occupent des emplois précaires, peu rémunérés et sans véritable protection sociale. Résultat: les revenus progressent peu et les perspectives d’ascension sociale se réduisent.
    Autre problème structurel, l’organisation même de l’économie du pays. L’Indonésie s’est fortement appuyée ces dernières années sur ses ressources naturelles, notamment le nickel, le charbon ou encore l’huile de palme. Ces secteurs attirent les investissements étrangers et soutiennent les exportations, mais ils génèrent relativement peu d’emplois qualifiés. À l’inverse, le secteur manufacturier, qui pourrait offrir des emplois plus stables et mieux rémunérés, a progressivement perdu du terrain. L’Indonésie accuse d’ailleurs un retard industriel par rapport à certains voisins asiatiques comme le Vietnam, notamment en matière d’attractivité pour les usines et les chaînes de production internationales.
    Une « croissance appauvrissante » qui inquiète les autorités
    Cette situation nourrit un paradoxe. La croissance économique se maintient, mais ses bénéfices ne profitent pas à toute la population. Certains économistes parlent même de « croissance appauvrissante ». Dans plusieurs secteurs, les revenus stagnent voire reculent, alors que le coût de la vie continue d’augmenter. En conséquence, de nombreux ménages s’endettent pour maintenir leur niveau de vie. Les comportements de consommation évoluent également. Les Indonésiens épargnent davantage, reportent certains achats et réduisent leurs dépenses non essentielles. Cette prudence pèse directement sur les entreprises tournées vers le marché intérieur et pourrait, à terme, freiner la croissance du pays.
    Face à cette situation, le gouvernement multiplie les mesures sociales : repas gratuits dans les écoles, aides directes aux ménages modestes ou encore importantes subventions sur les carburants pour limiter la hausse des prix à la pompe. Mais ces politiques ont un coût élevé pour les finances publiques et ne règlent pas le problème de fond. C’est pourquoi les autorités misent désormais sur les investissements étrangers afin d’attirer davantage d’usines, de développer l’industrie locale et de créer des emplois mieux rémunérés. Reste une question centrale pour les années à venir. L’Indonésie peut-elle continuer à afficher une croissance solide si une partie croissante de sa population s’appauvrit ?
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  • Pétrole: pourquoi un baril à 250 dollars devient crédible

    06/05/2026
    Le prix du pétrole a fortement augmenté depuis le blocage du détroit d’Ormuz. Et selon certains analystes, la hausse pourrait se poursuivre jusqu’à 250 dollars le baril. Un scénario qui peut sembler extrême, mais qui s’explique par une réalité simple : l’arithmétique du marché pétrolier.
    Le blocage du détroit d’Ormuz, zone essentielle du commerce maritime des hydrocarbures, a profondément perturbé le marché. Avant le conflit, environ 20% du pétrole mondial y transitait, soit près de 20 millions de barils par jour. Résultat : les prix ont fortement augmenté. Le baril, qui évoluait encore autour de 60 dollars en début d’année, atteint désormais des niveaux bien plus élevés. Mais pour certains experts, ce n’est qu’un début. Chaque jour, le monde consomme environ 100 millions de barils. Si 20 millions de barils sont affectés, c’est une part considérable de l’approvisionnement mondial qui est en jeu.
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    Un baril sur dix qui disparaît
    Des solutions ont été mises en place pour compenser cette perte. Selon les estimations, environ 5 millions de barils sont redirigés via des routes alternatives, et 2 millions supplémentaires proviennent d’une hausse de la production ailleurs. Au total, cela représente 7 millions de barils. Mais cela reste insuffisant face aux 20 millions initialement concernés. Il manque donc une grosse dizaine de millions de barils par jour. Autrement dit : près d’un baril sur dix disparaît du marché. Et c’est ce déséquilibre qui pourrait provoquer une nouvelle flambée des prix dans les prochaines semaines.
    Peut-on réduire la consommation pour compenser ? En théorie, oui. Mais dans les faits, c’est très difficile. Le pétrole reste une ressource essentielle, difficile à remplacer rapidement dans les transports, l’industrie ou l’agriculture. En conséquence, l’offre diminue, mais la demande reste élevée. L’ajustement se fait donc par les prix. Les prix montent jusqu’à ce que certains acteurs ne puissent plus acheter. Le prix devient alors un mécanisme de tri.
    Quand le prix du pétrole fait le tri
    C’est comme un jeu de chaises musicales, il y a moins de places que de joueurs. Certains continuent, d’autres sortent. Et dans ce cas précis, le prix du pétrole agit comme une musique qui accélère. D’autant que les stocks stratégiques des États s’épuisent progressivement et que les routes alternatives ne suffisent pas à combler le manque. L’Agence internationale de l’énergie évoque déjà un choc « plus grave que ceux de 1973, 1979 et 2022 réunis ». Dans ce contexte, un baril à 250 dollars n’apparaît plus comme une simple hypothèse, mais comme une conséquence possible d’un déséquilibre durable.
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  • La guerre en Iran fragilise le modèle des compagnies aériennes à bas coût

    05/05/2026
    La guerre au Proche-Orient provoque une envolée des prix du kérosène, mettant en difficulté les compagnies aériennes low cost. La faillite de Spirit Airlines illustre les limites d’un modèle économique basé sur des coûts réduits et des marges très faibles.
    Le principe du low cost repose sur une promesse simple : proposer des billets à prix très bas en réduisant au maximum les coûts. Pour y parvenir, tout est optimisé. La flotte d’avions est standardisée, les rotations sont rapides, les services additionnels sont payants et surtout, les marges engrangées restent très faibles. Lorsque les conditions économiques sont favorables, ce modèle fonctionne efficacement. Mais cette organisation rend les compagnies particulièrement sensibles aux variations de coûts. Elles disposent de très peu de capacité pour absorber les chocs.
    Dès qu’un poste de dépense augmente fortement, comme c’est le cas aujourd’hui avec le kérosène, c’est tout l’équilibre économique qui vacille. Or, la hausse actuelle est exceptionnelle. Le prix du carburant n’augmente pas simplement : il explose. Les compagnies à bas coût sont en outre structurellement dépendantes de cette ressource. Contrairement à d’autres secteurs, il est quasiment impossible de réduire ou de remplacer cette dépense, qui reste une charge incompressible.
    Des compagnies prises au piège de leur propre modèle
    Face à cette situation, les compagnies low cost se retrouvent confrontées à un dilemme. Leur principal avantage compétitif repose sur des prix bas. Mais leur clientèle est particulièrement sensible aux tarifs. Augmenter les prix pour compenser la hausse des coûts, c’est risquer de perdre des passagers. À l’inverse, maintenir des prix bas revient à absorber les pertes. C’est précisément ce qui s’est produit pour Spirit Airlines, déjà fragilisée par des difficultés financières et un manque de liquidités.
    D’autres compagnies tentent de s’adapter. Certaines réduisent leurs capacités, comme Transavia, qui a supprimé des vols pour les prochaines semaines. D’autres, comme Volotea, introduisent des suppléments tarifaires pour compenser la hausse du carburant. Mais ces ajustements restent limités. L’objectif est avant tout de contenir les pertes.
    Un modèle remis en question par l’instabilité économique
    La situation actuelle pose une question de fond. Le modèle à bas coût atteint-il ses limites ? Depuis plusieurs années déjà, il est sous pression. Les attentes des passagers évoluent, avec une demande accrue de confort et de qualité de service. Dans le même temps, les compagnies traditionnelles se rapprochent du low cost avec des offres plus compétitives. Surtout, le modèle repose sur un équilibre fragile : un carburant relativement bon marché et une demande soutenue. En période d’instabilité économique, cet équilibre est remis en cause.
    Les compagnies low cost, qui ont déjà optimisé l’ensemble de leurs coûts, disposent désormais de peu de leviers pour s’adapter. Dans un contexte de crise énergétique, leur capacité de résistance apparaît limitée. La faillite de Spirit Airlines pourrait ainsi marquer un tournant. Elle révèle les fragilités d’un modèle performant en période stable, mais particulièrement vulnérable face aux chocs économiques majeurs.
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Sobre Aujourd'hui l'économie

Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
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