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  • Rentrée littéraire 2026: le marché du livre en pleine recomposition

    18/09/2026
    La rentrée littéraire est l'un des grands rendez-vous culturels de l'année, mais elle revêt aussi d'importants enjeux commerciaux. Alors que plusieurs centaines de nouveaux romans arrivent simultanément dans les librairies françaises, le marché du livre ralentit. Baisse des ventes, fragilité des librairies, essor de l'occasion et nouveaux usages : toute l'industrie du livre est en pleine recomposition.
    Derrière l'abondance de nouveautés de la rentrée littéraire, le marché du livre français connaît un ralentissement. Selon le Syndicat national de l'édition (SNE), le nombre d'exemplaires de livres vendus a reculé de 1,5 % l'an passé. Le chiffre d'affaires des éditeurs a lui aussi diminué. La tendance se poursuit en 2026. Selon les dernières statistiques communiquées par le SNE, les ventes ont reculé de 4,4 % en juin. Derrière chaque exemplaire vendu se trouve une multitude d'acteurs : l'auteur, l'éditeur, l'imprimeur, le diffuseur, le distributeur et enfin le libraire. C'est notamment chez ces derniers que la baisse des ventes se fait particulièrement ressentir.
    Avec 3 400 librairies indépendantes, la France dispose de l'un des réseaux les plus denses du monde. Mais ces boutiques doivent faire face à une concurrence de plus en plus diverse et forte, notamment celle du e-commerce et des grandes enseignes culturelles. Le problème est d'autant plus important que les libraires indépendants ont des charges qui augmentent, alors que leurs marges sont extrêmement faibles, autour de 1 % en moyenne. À la différence de leurs gros concurrents, ils commandent également en plus petites quantités et disposent de surfaces limitées. Une baisse des ventes, même légère, peut donc rapidement les mettre en difficulté.
    Prix unique du livre et essor de l'occasion
    Pour encadrer cette concurrence, la France possède une particularité : le prix unique du livre. Depuis 1981, le prix d'un livre est fixé par l'éditeur et il est ensuite vendu au même prix partout, avec une remise maximale de 5 %. Mais ce cadre n'empêche pas les habitudes de consommation de changer. Le marché du livre est notamment bouleversé par l'essor de l'occasion. Selon le Syndicat national de l'édition, près de sept acheteurs de livres sur dix achètent aussi des livres d'occasion. C'est évidemment intéressant pour le portefeuille des lecteurs, mais cela signifie aussi qu'un livre revendu ne génère pas de nouveaux droits pour l'auteur et l'éditeur. L'occasion est donc devenue un nouvel enjeu économique pour l'ensemble de la filière du livre.
    Numérique, audio et réseaux sociaux changent les usages
    Le marché du livre évolue également avec de nouveaux usages : le numérique, le livre audio, mais aussi les réseaux sociaux. Grâce à Instagram ou TikTok, certains ouvrages connaissent de grands succès grâce aux recommandations des internautes. Il existe aussi d'autres relais de croissance pour le secteur. Au Royaume-Uni, par exemple, le livre audio a progressé de 31 % entre 2023 et 2024 et le numérique de 17 %. Ce qui change, c'est donc la façon d'acheter et de consommer les livres. Aujourd'hui, on écoute un livre. On ne le feuillette plus forcément : on le télécharge et on fait défiler les pages sur sa liseuse ou sa tablette. On ne le garde plus nécessairement dans sa bibliothèque : on peut aussi le revendre. Les Français ne sont donc pas forcément en train d'arrêter de lire. Ils étaient 47 millions à avoir lu ou écouté au moins un livre l'année dernière. Derrière les centaines de romans de la rentrée littéraire, c'est finalement toute une industrie qui cherche encore la bonne page à écrire.
    À lire aussiUne rentrée littéraire difficile pour les librairies françaises
  • Pourquoi la banque centrale américaine relève ses taux malgré les pressions de Donald Trump

    17/09/2026
    La Réserve fédérale américaine a relevé son principal taux directeur entre 3,75 % et 4 %, malgré les pressions de Donald Trump en faveur d’une baisse des taux. La Fed justifie sa décision par une inflation toujours trop élevée et laisse entendre qu’une nouvelle hausse pourrait intervenir d’ici à la fin de l’année.
    La Réserve fédérale américaine (Fed) a donc choisi de relever son principal taux directeur de 25 points de base. Celui-ci évolue désormais dans une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %. Pour justifier cette décision, son président Kevin Warsh évoque une inflation « trop élevée, depuis trop longtemps ».
    Pour comprendre cette décision, il faut rappeler ce qu'est un taux directeur. Il s'agit du taux qui sert notamment de référence au coût auquel les banques se prêtent de l'argent à très court terme. Lorsque la banque centrale baisse ses taux, le crédit devient moins cher. Les ménages et les entreprises sont alors davantage incités à emprunter, ce qui peut soutenir la consommation, l'investissement et le marché immobilier. À l'inverse, lorsque la Fed augmente ses taux, elle cherche à ralentir la demande et l'activité économique afin de contenir les tensions sur les prix. C'est précisément le choix effectué cette fois par la banque centrale américaine.
    Cette décision intervient alors que l'inflation reste nettement supérieure à l'objectif de 2 % fixé par la Fed. Les prix à la consommation progressent d'environ 3,4 % sur un an aux États-Unis, tandis que le chômage se situe à 4,1 %. Pour la banque centrale, l'emploi ne constitue donc pas aujourd'hui le principal motif d'inquiétude. C'est surtout la persistance de l'inflation qui justifie le maintien d'une politique monétaire restrictive.
    À lire aussiÉtats-Unis: pourquoi l'indépendance de la Réserve fédérale est-elle cruciale?
    Donald Trump réclame des taux plus bas, la Fed défend son indépendance
    La décision de la Fed intervient surtout dans un contexte de fortes tensions avec la Maison-Blanche. Donald Trump réclame depuis plusieurs mois une baisse des taux d'intérêt afin de réduire le coût du crédit et de soutenir notamment l'activité et l'investissement aux États-Unis. Le président américain qualifie le conseil de la Fed d'« hostile » et l'accuse de relever les taux dans le but de lui nuire.
    Face à ces critiques, Kevin Warsh insiste au contraire sur l'indépendance de la banque centrale américaine. Alors que sa candidature à ce poste a été très appuyée par le président, Kevin Warsh appelle notamment à ce que chacun « reste dans son couloir », la Fed devant prendre ses décisions en fonction de la situation économique et non des intérêts politiques du moment. Le président de la Fed affirme ainsi que la décision de relever les taux a été prise par la banque centrale elle-même, en fonction notamment de la trajectoire de l'emploi et de la solidité de l'économie américaine.
    Le paradoxe est d'autant plus important que certaines des politiques de Donald Trump peuvent contribuer à maintenir les tensions inflationnistes. Les tarifs douaniers renchérissent le coût des produits importés et une partie de cette hausse peut être répercutée sur les consommateurs américains. À cela s'ajoute le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient et la forte remontée des cours du pétrole. Un pétrole plus cher augmente les coûts de transport et de production des entreprises et peut, à son tour, alimenter l'inflation.
    La Fed pourrait encore relever ses taux d'ici à la fin de l'année
    Tant que l'inflation reste aussi éloignée de l'objectif de 2 %, la Fed estime donc avoir une raison de maintenir des taux élevés. Et même de les relever encore. C'est le deuxième enseignement de cette réunion : la hausse annoncée pourrait ne pas être la dernière. Dans les nouvelles projections de la Fed, 16 des 18 membres de son comité de politique monétaire anticipent au moins une nouvelle hausse d'un quart de point d'ici à la fin de l'année. Pour les ménages et les entreprises qui doivent emprunter, cette perspective signifie que le coût du crédit pourrait rester élevé pendant encore longtemps aux États-Unis. Mais pour la banque centrale américaine, le risque serait surtout de laisser s'installer une inflation durablement supérieure à son objectif.
    La politique monétaire américaine se retrouve ainsi au cœur d'une équation difficile : soutenir l'économie avec des taux plus bas tout en empêchant l'inflation de s'installer. Et cette divergence entre les objectifs de Donald Trump et ceux de la Réserve fédérale américaine laisse présager de nouvelles tensions entre la Maison-Blanche et la banque centrale.
  • Canal de Panama: comment El Niño perturbe le commerce mondial

    16/09/2026
    Le canal de Panama va une nouvelle fois réduire son trafic à partir d'octobre, en raison du manque d'eau provoqué par le phénomène climatique El Niño. Cette restriction intervient alors que cette voie maritime stratégique fonctionne presque à pleine capacité, notamment en raison des perturbations au Moyen-Orient. Avec des conséquences économiques qui peuvent aller jusqu'au prix des marchandises.
    C'est un nouveau séisme dans le transport maritime mondial. La direction du canal de Panama a annoncé une nouvelle réduction de son trafic à partir d'octobre. La voie qui relie l'océan Atlantique au Pacifique ne pourra accueillir qu'à peine 30 navires par jour. En cause : le phénomène climatique El Niño et le manque d'eau nécessaire au fonctionnement du canal. Longue de 80 kilomètres, cette voie maritime permet aux navires de relier l'Atlantique au Pacifique sans contourner l'Amérique du Sud. Chaque année, environ 5 % du commerce maritime mondial y transite, ce qui représente des centaines de milliards de dollars. En 2024, ce sont ainsi 444 milliards de dollars de marchandises qui sont passés par le canal.
    Son importance est encore plus visible depuis le début de la crise au Moyen-Orient. Le conflit et les perturbations autour du détroit d'Ormuz et du canal de Suez poussent certains pays asiatiques à s'approvisionner davantage aux États-Unis, et donc à faire passer davantage de navires par le canal de Panama. Ces derniers mois, il fonctionnait presque à sa capacité maximale, avec jusqu'à 40 passages quotidiens. Mais une dizaine de passages en moins par jour à partir d'octobre, c'est considérable pour une voie par laquelle transitent des centaines de milliards de dollars de marchandises.
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    El Niño prive le canal de Panama de l'eau nécessaire à son fonctionnement
    Cette hausse du trafic intervient au moment même où le canal est confronté à un problème de taille : il n'y a pas assez d'eau pour faire passer tous les navires. Le canal fonctionne grâce à l'eau de pluie, stockée dans deux grands lacs artificiels. Entre mai et août, les apports d'eau dans le bassin ont été inférieurs de 44 % à la normale. Résultat : 36 passages quotidiens en août, 34 depuis le début du mois de septembre, puis 32 à partir de la mi-septembre et moins de 30 en moyenne à partir d'octobre.
    Les conséquences sont très concrètes pour les armateurs. Moins de créneaux disponibles signifie davantage d'attente et surtout des passages plus chers. Fin août, un méthanier a ainsi payé 5,3 millions de dollars pour obtenir un passage prioritaire, un record.
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    Des routes plus longues et des coûts de transport plus élevés
    Face à cette situation, certains armateurs boudent le canal, tout simplement en contournant l'Amérique du Sud. D'autres font transiter leurs marchandises par le rail, notamment au Mexique. Mais dans tous les cas, le transport est plus long et plus coûteux. Avec, potentiellement, un impact jusqu'au consommateur. Le coût du transport peut finir par se répercuter sur le prix des marchandises. Certains pays sont particulièrement exposés. Un quart du commerce extérieur de l'Équateur passe par le canal de Panama, contre 22 % pour le Chili et le Pérou.
    Si l'on dézoome, El Niño n'a donc pas seulement un impact sur le canal de Panama, mais potentiellement sur toute l'économie mondiale. Le phénomène modifie les températures, les vents et les précipitations à travers le monde, et l'épisode actuel pourrait être particulièrement intense.
    Pour le canal de Panama, cela se traduit très concrètement par moins d'eau, donc moins de bateaux. Et pour le commerce mondial, par des routes plus longues, des coûts plus élevés et, potentiellement, des prix qui augmentent. Une nouvelle illustration, finalement, d'une économie mondiale de plus en plus dépendante d'un climat qui, lui, devient de moins en moins prévisible.
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  • IA: pourquoi OpenAI et Anthropic veulent ralentir la course à l’intelligence artificielle

    15/09/2026
    Les patrons des principales entreprises d’intelligence artificielle appellent à ralentir le développement des modèles les plus puissants. Derrière les inquiétudes liées aux risques de l’IA, cette demande répond aussi à des enjeux économiques et stratégiques majeurs : investissements colossaux, réglementation, concurrence entre géants de la tech et rivalité avec la Chine.
    L'intelligence artificielle est au cœur de l'actualité économique ces derniers jours. Les dirigeants de plusieurs grandes entreprises du secteur appellent désormais à ralentir le développement des modèles d'IA les plus puissants. Une position qui agace Donald Trump, très attaché à la domination américaine dans cette technologie, et qui dénonce une « conspiration malsaine » contre l'intelligence artificielle.
    Derrière ces prises de position, il y a d'abord une inquiétude sur l'évolution des capacités des modèles d'IA. Les dirigeants d'OpenAI et d'Anthropic redoutent notamment que l'intelligence artificielle puisse, à terme, contribuer elle-même à l'amélioration de ses propres capacités. Des systèmes qui deviendraient alors plus difficiles à comprendre et à contrôler.
    Autre source de préoccupation : les agents IA, capables d'agir de manière plus autonome qu'un simple assistant conversationnel. Certains ont déjà été confrontés à des situations dans lesquelles ils ont contourné des restrictions pour accéder à des systèmes auxquels ils n'étaient pas censés avoir accès, voire attaquer des plateformes.
    Le problème est donc désormais de déterminer ce qu'une intelligence artificielle peut faire lorsqu'on lui donne un objectif et les moyens d'agir seule. Ces inquiétudes ont également été renforcées par le départ récent d'un ingénieur ayant travaillé chez OpenAI et Anthropic. Il accuse les deux entreprises de ne pas prendre suffisamment au sérieux les risques liés à leurs technologies.
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    Des centaines de milliards de dollars en jeu dans la course à l’IA
     
    Pourquoi les dirigeants des entreprises qui ont le plus intérêt à voir l'intelligence artificielle progresser rapidement demandent-ils aujourd'hui de ralentir ? Parce qu'ils ont désormais énormément à perdre si cette course tourne mal. Depuis deux ans, des centaines de milliards de dollars ont été investis dans l'intelligence artificielle. Ces investissements concernent les modèles, mais aussi les centres de données, les puces électroniques ou encore les infrastructures énergétiques nécessaires à leur fonctionnement. Derrière ces sommes considérables, les investisseurs attendent désormais un retour sur investissement.
    Un ralentissement de la course à l'IA peut donc refroidir tout un écosystème. Les marchés financiers l'ont d'ailleurs immédiatement illustré. SoftBank, l'un des principaux investisseurs d'OpenAI, a perdu plus de 13 % à la Bourse de Tokyo. Les fabricants de puces asiatiques ont eux aussi reculé.
    Mais pour les géants de la technologie, un accident majeur pourrait coûter bien davantage que quelques mois de retard dans la course à l'intelligence artificielle. Une cyberattaque massive provoquée par un agent IA, ou une intelligence artificielle échappant au contrôle de ses concepteurs, pourrait entraîner une réaction beaucoup plus forte des gouvernements : réglementation renforcée, nouvelles contraintes, voire interdictions de certaines applications. C'est là que la stratégie des géants de l'IA devient particulièrement intéressante. Ils ne demandent pas réellement d'arrêter le développement de l'intelligence artificielle. Ils souhaitent surtout que tous les acteurs ralentissent en même temps.
    L'enjeu ressemble finalement à celui d'une course automobile. Tous les pilotes savent que la vitesse peut devenir dangereuse. Mais aucun ne veut être le seul à freiner si les autres continuent d'accélérer. Celui qui ralentit seul risque de perdre la course.
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    Réglementation et Chine: pourquoi personne ne veut ralentir seul
    C'est notamment pour cette raison que les géants de l'intelligence artificielle réclament une réglementation du secteur. Mais cette réglementation pourrait avoir un effet paradoxal sur le marché. Les entreprises qui disposent déjà des moyens financiers et techniques nécessaires pour respecter de nouvelles règles seraient mieux armées que les nouveaux entrants. OpenAI, Anthropic ou Microsoft peuvent donc être sincèrement inquiets des risques liés à l'IA tout en ayant intérêt à ce que des règles plus strictes soient mises en place. Les coûts liés à la conformité pourraient en effet renforcer la position des acteurs déjà dominants et rendre plus difficile l'arrivée de nouveaux concurrents.
    À cela s'ajoute un autre enjeu majeur : la Chine. Si les entreprises américaines lèvent le pied tandis que leurs concurrentes chinoises continuent d'accélérer, Washington prend le risque de perdre une partie de son avance technologique dans l'intelligence artificielle. C'est tout le paradoxe de la situation actuelle. Tous les acteurs peuvent avoir intérêt à ralentir pour limiter les risques, mais aucun ne veut ralentir seul. Dans une industrie où des centaines de milliards de dollars sont déjà engagés et où la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine est devenue stratégique, la question n'est donc plus seulement de savoir jusqu'où l'intelligence artificielle peut aller. Elle est aussi de savoir qui décidera de la vitesse à laquelle elle doit avancer.
    À lire aussi«Il faut arrêter» le développement de l'IA, qui met «en danger toute notre infrastructure monétaire et informatique»
  • Dangote: pourquoi la raffinerie nigériane entre en Bourse à Lagos

    14/09/2026
    La raffinerie de l'homme d'affaires nigérian Aliko Dangote entre en Bourse ce lundi à Lagos. Plus de quatre milliards d'actions doivent être proposés aux investisseurs, avec l'objectif de lever jusqu'à 2 150 milliards de nairas, soit environ 1,4 milliard de dollars. Une opération destinée à financer l'agrandissement de la raffinerie, mais aussi à faire entrer les épargnants africains au capital d'un projet industriel emblématique du continent.
    La raffinerie de pétrole d'Aliko Dangote, le projet industriel emblématique de l'homme le plus riche d'Afrique, entre en Bourse ce lundi à Lagos, au Nigeria. Plus de quatre milliards d'actions vont être proposés, avec un objectif : lever jusqu'à 2 150 milliards de nairas, soit environ 1,4 milliard de dollars, afin notamment de financer l'agrandissement du site.
    La raffinerie a commencé à fonctionner en 2024, en périphérie de Lagos. Sa capacité est aujourd'hui d'environ 700 000 barils de pétrole brut par jour. L'objectif est désormais de doubler cette production. Une ambition qui nécessite des investissements considérables : agrandir une raffinerie de cette taille coûte plusieurs milliards de dollars.
    L'introduction en Bourse doit justement permettre à Dangote de faire entrer de nouveaux capitaux dans l'entreprise, sans se financer uniquement par la dette. Car les grands projets industriels, et particulièrement sur le continent africain, sont souvent confrontés au même problème : ils sont très coûteux à construire et les banques, les investisseurs étrangers ou les États ne sont pas toujours en mesure de les financer. En faisant appel au marché, Dangote cherche donc à utiliser une partie de l'épargne des Africains pour financer l'industrie africaine.
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    Jusqu'à 10 millions d'actionnaires visés à travers l'Afrique
    L'ambition ne s'arrête pas à la levée de fonds. Le groupe Dangote veut attirer jusqu'à 10 millions d'actionnaires à travers l'Afrique. Pour Aliko Dangote, l'objectif est de permettre aux Nigérians et plus largement aux habitants du continent de devenir, à leur échelle, propriétaires d'une petite partie de ce qui est présenté comme l'un des plus grands projets industriels de la région. C'est précisément pour favoriser la participation des particuliers que le prix d'entrée a été pensé pour rester accessible. Les investisseurs peuvent acheter au minimum dix actions, soit 5 250 nairas, ce qui représente moins de 4 dollars. L'objectif est donc d'aller au-delà des grands fonds d'investissement et de séduire les épargnants ordinaires. Mais devenir actionnaire ne garantit évidemment pas de gagner de l'argent. La valeur du titre peut monter comme elle peut baisser.
    Car construire une raffinerie et l'agrandir est une chose. La faire fonctionner à très grande échelle et parvenir à en tirer durablement des bénéfices en est une autre. Dangote reste notamment exposé à l'évolution du prix du pétrole brut. La raffinerie a par ailleurs pris une nouvelle dimension cette année avec la guerre au Moyen-Orient. Elle est devenue un fournisseur important de kérosène pour l'Europe, en plus de son rôle croissant sur le marché africain des produits raffinés.
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    La Bourse de Lagos face au pari industriel de Dangote
    Sur le continent africain, l'ambition du groupe est considérable : doubler la capacité de production de la raffinerie, mais aussi développer les infrastructures de stockage et de distribution et surtout exporter davantage vers les autres pays africains. L'introduction en Bourse constitue donc aussi un test pour la Bourse de Lagos. Une question se pose : existe-t-il suffisamment d'investisseurs et de capitaux en Afrique pour financer de très grands projets industriels ? Le contexte est plutôt favorable. Le marché nigérian a fortement progressé cette année et les investisseurs semblent avoir de l'appétit. Mais le véritable test sera la demande pour les actions Dangote et surtout leur comportement dans les mois qui viennent.
    Car une introduction en Bourse réussie, ce n'est pas seulement réussir à vendre des actions. C'est aussi convaincre les investisseurs sur la durée. Derrière cette opération financière, c'est donc une partie de la stratégie industrielle d'Aliko Dangote qui se joue, mais aussi, plus largement, la capacité des marchés financiers africains à mobiliser l'épargne du continent pour financer ses grands projets.
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Sobre Aujourd'hui l'économie
Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
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