Saltar para o conteúdo
Radio Logo
PodcastsAujourd'hui l'économie

Aujourd'hui l'économie

Aujourd'hui l'économie
Último episódio

24 episódios

  • Aujourd'hui l'économie

    Montres connectées: comment les marques de luxe essaient de reconquérir nos poignets

    23/10/2026
    Les montres traditionnelles doivent faire face à une concurrence croissante des montres connectées. Suivi de l’activité physique, surveillance du sommeil et notifications : ces nouveaux usages séduisent les consommateurs, notamment les jeunes générations. Pour les horlogers traditionnels, y compris les grandes maisons du luxe, l’enjeu est de continuer à faire désirer un objet dont la fonction première, donner l’heure, est devenue presque secondaire.
    Pendant longtemps, les montres ont rempli une fonction essentielle, celle de donner l’heure. Mais aujourd’hui, avec les smartphones et les montres connectées, cet usage est devenu presque secondaire. Et pour les horlogers traditionnels, cette évolution est prise très au sérieux. Selon une étude du cabinet Deloitte, la proportion de consommateurs qui portent une montre traditionnelle est passée de 46 % en 2020 à 26 % en 2025.
    À l’inverse, les montres connectées ont le vent en poupe. Elles permettent de suivre son activité physique, de surveiller son sommeil ou encore de recevoir des notifications. En somme, elles deviennent de véritables assistants personnels au poignet.
    Cette évolution a des conséquences économiques pour les fabricants. L’Américain Fossil, positionné sur le marché du milieu de gamme, a ainsi vu son chiffre d’affaires lié aux montres traditionnelles chuter de 67 % entre 2015 et 2025. Même les grandes maisons du luxe ressentent les effets de cette transformation des usages.
    Une Apple Watch et une Rolex ne répondent pas aux mêmes attentes. La première coûte quelques centaines d’euros et sera généralement remplacée au bout de quelques années. La seconde est un objet de prestige, un symbole de réussite, parfois même un héritage familial. Mais ces deux univers ont un point commun : ils se disputent une place au poignet des consommateurs. Et, jusqu’à preuve du contraire, on ne porte généralement qu’une montre à la fois.
    À lire aussiComment le chinois Xiaomi talonne Apple et Samsung sur le marché mondial du smartphone
    Horlogerie suisse : les montres de luxe résistent à la concurrence
    Pour le moment, les volumes donnent un avantage considérable aux montres et bracelets connectés. Selon les estimations du cabinet d’études de marché IDC, ces accessoires devraient représenter environ 200 millions d’unités vendues dans le monde en 2026. En comparaison, l’horlogerie suisse de luxe écoule autour de 15 millions de montres par an. Pour autant, le secteur traditionnel n’est pas condamné. Les derniers chiffres de la Fédération de l’industrie horlogère suisse montrent même un redressement des exportations. En septembre 2026, celles-ci ont progressé pour le quatrième mois consécutif, sous l’impulsion notamment des montres de luxe.
    Cette résistance s’explique par la différence de valeur entre les deux catégories de produits. Là où les montres connectées misent principalement sur les fonctionnalités technologiques, les montres de luxe reposent aussi sur le savoir-faire, l’histoire des marques et leur prestige. Les grandes maisons doivent néanmoins s’adapter à de nouvelles habitudes de consommation. L’objectif n’est pas nécessairement de rivaliser directement avec les fabricants de technologies, mais de trouver des moyens de coexister avec leurs produits, voire de nouer des alliances.
    Bagues connectées et partenariats : comment les marques de luxe veulent reconquérir les poignets
    Pour riposter, les marques traditionnelles peuvent notamment miser sur des collaborations avec les fabricants de montres connectées. Hermès s’est ainsi associé à Apple pour proposer des bracelets en cuir destinés à l’Apple Watch. Une manière pour la maison française de faire entrer son savoir-faire dans l’univers des objets connectés. Une autre piste, plus inattendue, se dessine avec les bagues connectées. Leur avantage est simple, elles permettent de suivre certaines données liées à l’activité physique ou au sommeil sans occuper le poignet. Les consommateurs peuvent donc conserver les fonctionnalités technologiques qu’ils recherchent tout en portant une montre traditionnelle.
    La marque américaine Oura illustre l’essor de ce marché. Selon un article du Financial Times, elle a vendu 3,6 millions de bagues en douze mois. Pour les horlogers, le pari est que ces accessoires puissent libérer de la place au poignet et redonner de l’attrait aux montres classiques.
    Reste un défi majeur : séduire les jeunes générations, davantage attirées par les fonctionnalités connectées. Pour les grandes maisons, il faut parvenir à renouveler leur clientèle sans perdre ce qui fait leur valeur : le savoir-faire, l’histoire et le prestige. Elles misent notamment sur leurs modèles iconiques, reconnaissables au premier coup d’œil, y compris sur les réseaux sociaux. Car une montre de luxe est désormais bien plus qu’un instrument qui donne l’heure : c’est aussi un accessoire de mode, un signe d’appartenance et une manière d’afficher son style. Pour continuer à vendre des montres à plusieurs milliers d’euros, les fabricants doivent donc désormais vendre bien plus que l’heure.
  • Aujourd'hui l'économie

    Netflix: la machine à succès commence-t-elle à s’essouffler?

    22/10/2026
    Avec près de 3,7 milliards de dollars de bénéfice entre juillet et septembre 2026, Netflix reste une entreprise très rentable. Pourtant, le ralentissement de sa croissance et des perspectives moins favorables qu’espéré inquiètent Wall Street. Pour le géant du streaming, le défi consiste désormais à capter une ressource précieuse : notre attention.
    Son « tadam » est immédiatement reconnaissable. Mais derrière cette signature sonore familière, Netflix montre des signes d’essoufflement. Pas au point de perdre de l’argent, loin de là : son bénéfice net a progressé de 44 % au troisième trimestre par rapport à la même période de l’année précédente.
    Le paradoxe est là : le chiffre d’affaires continue d’augmenter, mais sa croissance ralentit. Et les perspectives pour la fin de l’année ne suffisent pas à rassurer les investisseurs. Avec près de 3,7 milliards de dollars de bénéfice en trois mois, Netflix est très loin d’une entreprise au bord de la faillite.
    Pourtant, ces résultats ne dissipent pas les inquiétudes sur la suite. Les investisseurs attendent davantage que des profits élevés : ils veulent être convaincus que l’entreprise pourra continuer à développer ses revenus. Or, les perspectives de fin d’année sont moins favorables qu’espéré, tandis que la publicité rapporte moins que prévu. Derrière ces chiffres se pose une question très simple : Netflix nous donne-t-il encore suffisamment envie de regarder Netflix ?
    À lire aussiQuel avenir économique pour la télévision face à YouTube et Netflix
    La bataille pour garder l’attention des abonnés
    La scène est familière à de nombreux abonnés. Vous allumez votre télévision, ouvrez l’application et faites défiler le catalogue. Vous hésitez entre plusieurs films ou séries… puis vous allez finalement regarder autre chose. Pour la plateforme, tout l’enjeu consiste à éviter que cette hésitation ne devienne une habitude. Au premier semestre 2026, le temps total passé devant les programmes de Netflix n’a augmenté que de 2 %. Pourtant, le groupe consacre environ 20 milliards de dollars par an à ses contenus. Dépenser beaucoup ne garantit donc pas que les spectateurs passeront davantage de temps devant l’écran. D’autant que les concurrents, comme Disney+ ou Amazon, cherchent eux aussi à multiplier les raisons de rester dans leur univers.
    Netflix peine ainsi à nous faire regarder davantage ses programmes. À terme, cela peut fragiliser l’abonnement : un utilisateur qui fréquente moins la plateforme peut finir par se demander s’il a encore besoin de payer ce service chaque mois. Il ne s’agit pas nécessairement d’une résiliation immédiate, mais d’un risque pour la fidélité des clients.
    Pour poursuivre sa croissance, Netflix comptait notamment sur la publicité. Le principe est simple : proposer un abonnement moins cher, avec des annonces pendant les programmes. Les revenus proviennent alors à la fois des abonnés et des annonceurs. Seulement, ce moteur se développe moins vite que prévu. Et il dépend lui aussi du temps passé sur la plateforme. Pour diffuser davantage de publicité, Netflix doit donner aux spectateurs des raisons de regarder davantage.
    Économies, nouveaux programmes et jeux : comment Netflix veut rebondir
    Face à ces difficultés, Netflix a engagé des économies. Environ mille postes ont été supprimés et plusieurs responsables ont quitté l’entreprise. La directrice des contenus a été remplacée par un ancien dirigeant de Fox et de Disney, tandis que le patron du cinéma est lui aussi parti. L’équation reste délicate : surveiller les dépenses sans décourager celles et ceux qui inventent les films et les séries susceptibles de séduire le public.
    En parallèle, Netflix enrichit son catalogue en achetant des programmes à d’autres groupes. En France, les abonnés peuvent ainsi accéder aux contenus de TF1 sans quitter l’application. L’idée est de multiplier les raisons de rester au même endroit, plutôt que de passer d’un service à l’autre. Les jeux vidéo participent également à cette diversification. Aux côtés des films et des séries, ils proposent une autre façon de passer du temps sur la plateforme. Ces initiatives répondent toutes au même objectif, celui de renforcer l’intérêt de l’abonnement. Car l’ambition de Netflix reste double, nous donner envie de regarder la suite et redonner aux investisseurs l’envie d’y croire.
  • Aujourd'hui l'économie

    Pourquoi la fermeture de l'aéroport de Riyad menace l'économie saoudienne

    21/10/2026
    Après des frappes de missiles meurtrières attribuées aux rebelles houthis du Yémen, l'aéroport international de Riyad est à l'arrêt depuis plus de dix jours. Au-delà des perturbations du trafic aérien, cette paralysie sécuritaire porte un coup dur aux ambitions économiques de Mohammed ben Salman et menace le grand plan de transformation du royaume.
    Riyad s'est imposée au fil des années comme un centre névralgique et un carrefour économique incontournable pour toute la région. Dès lors, lorsque les liaisons aériennes sont totalement interrompues, que les réunions d'affaires s'annulent en série et que les missions professionnelles se voient reportées, les répercussions financières se font ressentir de manière immédiate et brutale.
    À court terme, ce sont en premier lieu les entreprises du secteur touristique, de l'événementiel, de l'hôtellerie-restauration ainsi que des services qui subissent de plein fouet les effets de cette paralysie. Sur le moyen et le long terme, la dynamique est plus insidieuse. Cette situation risque de modifier durablement les habitudes de déplacement, de décourager les acteurs économiques et de bouleverser en profondeur des projets d'investissement d'envergure internationale. Concrètement, pour un chef d'entreprise ou un investisseur qui possède un contrat majeur à signer dans la capitale saoudienne mais se trouve dans l'incapacité absolue de s'y rendre, c'est l'ensemble du processus de négociation qui se retrouve bloqué.
    À lire aussiGuerre en Iran: un faramineux coût militaire et économique qui fragilise la puissance des États-Unis
    Le report du « Davos du désert », un signal défavorable pour les investisseurs
    Dans ce contexte tendu, un symbole fort vient illustrer la fébrilité ambiante : le report d'un événement d'importance capitale pour la région, plus communément appelé le « Davos du désert ». Initialement programmé pour s'ouvrir dès le début de la semaine prochaine, cet événement de premier plan n'aura finalement pas lieu aux dates prévues. De son vrai nom la Future Investment Initiative (FII), ce sommet sert de vitrine internationale de premier ordre à la stratégie menée par le prince héritier saoudien. Chaque année, il rassemble un parterre impressionnant de dirigeants politiques, de directeurs des plus grandes banques mondiales, d'investisseurs institutionnels et de responsables de multinationales venus des quatre coins du globe avec un objectif précis : faire des affaires en Arabie saoudite. Pour mesurer l'ampleur du rendez-vous, l'édition précédente avait permis d'officialiser l'annonce de pas moins de 50 milliards de dollars d'accords.
    La « Vision 2030 » de MBS face à l'épreuve de la réalité sécuritaire
    Pour bien saisir la portée de ces événements, il est nécessaire de prendre de la hauteur. Si ces turbulences ne remettent pas en cause l'intégralité de la stratégie impulsée par les autorités saoudiennes, elles menacent incontestablement de freiner et de limiter la réussite du grand plan de transformation amorcé depuis plusieurs années. Il s'agit bien sûr de la Vision 2030, le programme de modernisation et de réformes titanesque initié par Mohammed ben Salman afin de réduire la dépendance structurelle du pays aux hydrocarbures. Pour y parvenir, le royaume investit massivement dans des secteurs d'avenir tels que le tourisme, les loisirs, les infrastructures de pointe, la technologie, l'intelligence artificielle ou encore les services financiers. L'objectif de l'ensemble de ces chantiers est de stimuler la création d'emplois locaux et de développer de nouvelles sources de revenus pérennes pour préparer l'économie saoudienne à l'ère de l'après-pétrole.
    Mais pour que cette transition réussisse, le pays a un besoin vital de capitaux frais, d'expertises pointues et d'entreprises étrangères solides prêtes à s'implanter durablement sur le territoire. Le véritable souci réside dans le fait que les investisseurs évaluent avant tout les risques inhérents à chaque marché. Or, face à des frappes de missiles répétées, peu de décideurs économiques souhaitent s'engager dans un pays exposé à de telles menaces à l'instant T. Puisque la sécurité demeure la pierre angulaire absolue de toute stratégie économique viable, ces attaques rappellent de manière brutale la fragilité des ambitions de Mohammed ben Salman. Entre promesses de diversification audacieuses et réalité sécuritaire complexe, le royaume saoudien doit désormais redoubler d'efforts pour préserver la confiance et la sérénité des marchés internationaux.
  • Aujourd'hui l'économie

    Pourquoi la crise politique et sociale pourrait peser sur la capacité d’emprunt de la France

    20/10/2026
    Les scènes de dégradations et de pillages du week-end dernier ont en partie éclipsé les revendications et les manifestations pacifiques du 17 octobre.  Alors qu'un « acte II » du mouvement a été annoncé pour samedi prochain, l'impact pourrait largement dépasser celui des commerces saccagés.
    Trois mille commerces ont été touchés selon le gouvernement dont certains entièrement pillés et ravagés. La facture pourrait s'élever « à plusieurs centaines de millions d'euros » d'après les professionnels du secteur, même s’il est un peu tôt pour préciser ce chiffre. La facture s'annonce salée pour les Assureurs comme pour l'État mais ce n'est que la partie immergée de l'iceberg. Les images de ces « rues entières » « méthodiquement ravagées », pour reprendre l’expression du maire de Paris, sans qu'intervienne le moindre policier ont fait le tour du monde. Tout comme, à l'inverse, les cas documentés de violences policières à l'encontre des cortèges de lycéens réclamant d'étudier dans des conditions décentes. Le ministère de l'Intérieur a promis de renforcer la protection des centres villes samedi prochain et de davantage encadrer les manifestations. Dans les deux cas le gouvernement semble donc impuissant à proposer une réponse autre que sécuritaire à la situation.
    La charge de la dette déjà supérieure au budget de l'Éducation Nationale
    Alors que l'Assemblée nationale est en plein débat sur le budget 2027, ses marges de manœuvre sont très limitées. Les finances publiques sont sous pression : l'augmentation des prix de l'énergie du fait de la situation au Moyen-Orient pèse sur les entreprises, ralentit l'activité et donc les recettes de l'État. Dans le même temps, la hausse du prix de l'essence a poussé les ex-gilets jaunes à rejoindre le mouvement des lycéens pour remettre sur la table la question du pouvoir d'achat. Mais comment leur répondre alors que l’exécutif affiche toujours l'ambition de ramener le déficit à 5% en 2027 et qu'il cherche pour cela à faire 43 milliards d'euros d'économie. D’autant qu’il se refuse à toucher aux aides publiques aux entreprises qui, d'après les chiffres tout juste publiés par Bercy, ont représenté 166 milliards d'euros en 2024, presque autant que le déficit public.
    À lire aussiFrance : comment gérer la dette qui s'accumule?
    Dimanche la Cour des comptes a pourtant prévenu que si elle ne maîtrisait pas « la trajectoire de la dette » la France courrait le risque « d'un étouffement financier » rappelant que la charge de la dette dépassera 90 milliards d'euros l'an prochain. Davantage, donc, que le budget de l'Éducation nationale. Si on enlève la part de ce budget consacrée à payer les retraites, on peut même dire que la France consacre une fois et demie le budget de l'École à simplement rembourser les intérêts de sa dette. Sans majorité et en pleine année présidentielle parvenir à un compromis semble impossible.
    Le début d'un cercle vicieux
    Les marchés regardaient déjà la dette française avec inquiétude depuis la dissolution en 2024, les images du week-end dernier, surtout si elles devaient se reproduire dans les semaines à venir, pourraient avoir un effet dévastateur. Vu de l’étranger, l’impression - même très exagérée - d'un pays à feu et à sang et hors de contrôle pourrait peser lourd. Moins sur le tourisme – le mouvement des gilets jaunes en 2018, les émeutes de 2023 après la mort de Nahel Merzouk, jeune homme tué par un policier n’avaient eu qu’un impact relativement marginal – que sur l’image du pays auprès des investisseurs.
    Or d'après les chiffres de la Banque centrale européenne plus de la moitié de la dette française est détenue par des investisseurs à l'étranger. L’instabilité réelle ou supposée du pays pourrait les faire hésiter à prêter. Déjà depuis plusieurs mois ils demandent des taux d'intérêts de plus en plus élevés. Le début d'un cercle vicieux : le pays devant emprunter davantage pour rembourser des intérêts dont la hausse provoquera mécaniquement un ralentissement de l'activité et la baisse des recettes de l'État. Le point de départ d’une situation particulièrement grave sur le plan économique... et sur le plan social.
  • Aujourd'hui l'économie

    La souveraineté alimentaire au coeur de la crise agricole mondiale

    16/10/2026
    La journée mondiale de l'alimentation ce vendredi 16 octobre se déroule la veille de l'ouverture du Salon international de l'alimentaire (SIAL) de Paris. Alors que le spectre d'une crise alimentaire mondiale se profile, la question de la « souveraineté alimentaire » revient sur le devant de la scène, alors que les prix agricoles mondiaux ont augmenté de 13 % au troisième trimestre selon la FIDA (Fonds international de développement agricole).
     
    Après un été marqué par la sécheresse et un contexte géopolitique qui fait flamber le prix des denrées et de la production agricole, le constat pour le secteur alimentaire mondial est alarmant. L'ensemble de la chaîne de production est touché, du paysan jusqu'au consommateur. Les prix de l'énergie flambent et font exploser les coûts de production, les rendements quant à eux baissent avec certaines parcelles parfois détruites à 100 %.
    Ainsi, la France se dirige vers sa pire récolte de maïs depuis 50 ans alors que la Roumanie a perdu plus d’un million d’hectares de cultures cet été. Or, le coût de l'inaction face au dérèglement climatique est largement supérieur à celui de l'investissement dans la prévention et l'adaptation. Selon un rapport de la Commission européenne, l’agriculture européenne perd en moyenne 28 milliards d’euros par an à cause des aléas climatiques. Le phénomène El Niño, annoncé cette année avec une intensité inédite, pourrait perturber encore plus la chaîne de production agricole et aggraver l’insécurité alimentaire.
    À lire aussi«Voilà où on en est, les bateaux sont à quai»: du Pérou au Guatemala, El Niño fait déjà des dégâts
    Les modèles de production en question 
    L'insécurité alimentaire touche quelque 260 millions de personnes dans le monde, selon les chiffres de l'ONU. Le taux d'autosuffisance alimentaire des pays est lui en constante baisse. 
    Plus d'un tiers des pays dans le monde sont en incapacité d'assurer leur autosuffisance alimentaire aujourd'hui sous l'effet notamment du changement climatique et de la mondialisation. Les conflits prolongés et les tensions géopolitiques perturbent les approvisionnements en énergie, en intrants agricoles et les produits alimentaires. Selon le rapport mondial des crises alimentaires, la situation s’est détériorée dans quinze pays depuis une dizaine d'années, notamment le Bangladesh, le Kenya, Madagascar, la Somalie et le Nigeria, qui compte la plus grande population au monde en situation d’insécurité alimentaire aiguë, soit 36,3 millions de personnes.
    Des risques de famine sont signalés en Somalie, et au Soudan, ainsi que dans la bande de Gaza, les zones de conflit étant les plus problématiques.
    À lire aussiAu Soudan, le Darfour fait face à sa pire sécheresse depuis 40 ans
    Financements climatiques 
    Contre l'insécurité alimentaire, le FMI préconise d'aider les ménages vulnérables via des transferts ciblés, ou des programmes d'alimentation scolaire. Mais il faudrait surtout faire en sorte que les systèmes deviennent plus résilients. Pour cela, limiter les importations est un premier levier qui s'avère essentiel en temps de hausse des prix de l'énergie et des intrants comme les fertilisants et les pesticides. Privilégier un modèle de proximité, cela fait partie de la réponse, afin de relier la production locale à l'assiette du consommateur. Pour cela, il faudrait une refonte profonde des surfaces agricoles et du foncier. Renouveler les générations d'agriculteurs vieillissantes, c'est un autre vaste chantier avec le fait de garantir notamment un revenu minimum aux agriculteurs. Assurer une meilleure répartition des aides et de la politique agricole commune, c'est aussi un élément essentiel. Et à tout cela, seules les politiques publiques pourront répondre.
Sobre Aujourd'hui l'économie
Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
Sítio Web de podcast
Aplicações
Social
v8.25.2 | © 2007-2026 radio.de GmbH
Built: 10/22/2026 - 10:59:25 AM