Saltar para o conteúdo
Radio Logo
PodcastsAujourd'hui l'économie

Aujourd'hui l'économie

Aujourd'hui l'économie
Último episódio

24 episódios

  • Aujourd'hui l'économie

    Israël: l'économie, grande absente des élections législatives

    27/10/2026
    Alors que les Israéliens sont appelés aux urnes ce mardi 27 octobre, la campagne électorale est dominée par les questions de sécurité et les conséquences de la guerre. Pourtant, le coût de la vie, l'endettement public et le financement des dépenses militaires constituent des enjeux majeurs pour l'avenir économique du pays. Malgré la résistance de son secteur technologique, Israël doit faire face à des fragilités croissantes.
    C'est l'un des grands absents de la campagne électorale israélienne : l'économie. Selon une enquête de l'Institut israélien de la démocratie publiée en septembre, 38 % des Israéliens juifs citent l'économie et le coût de la vie parmi leurs deux principaux critères de vote. Un chiffre proche de celui de la sécurité et de la politique étrangère, mentionnées par 39 % des personnes interrogées. Pourtant, aucun candidat n'a présenté de véritable programme économique chiffré. Cette absence de propositions concrètes révèle la difficulté des responsables politiques à répondre à des problèmes qui se sont aggravés depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et les conflits qui ont suivi.
    Pour les ménages, les difficultés sont pourtant bien réelles. Le logement et l'alimentation coûtent de plus en plus cher, tandis que les salaires ne progressent pas suffisamment vite pour compenser cette hausse. Israël figure ainsi parmi les pays les plus chers de l'OCDE, ce qui pèse particulièrement sur le pouvoir d'achat et l'accès au logement des jeunes actifs. Le pays doit également faire face au départ de travailleurs qualifiés, notamment des ingénieurs, des chercheurs et des médecins. Cette émigration représente un risque pour l'innovation et la compétitivité d'une économie qui repose largement sur ses talents.
    À lire aussiL'économie israélienne de plus en plus fragilisée par son isolement international
    Une économie israélienne résiliente malgré la guerre
    Le paradoxe est frappant. Alors que le quotidien des ménages se dégrade, les grands indicateurs économiques israéliens affichent une résistance remarquable. La Bourse de Tel-Aviv a fortement progressé et le shekel - la monnaie nationale - s'est apprécié. L'État hébreu bénéficie notamment de la puissance de son secteur technologique, avec des entreprises très présentes dans l'intelligence artificielle. Les prévisions de croissance sont également encourageantes.
    Mais ces performances doivent être relativisées. Les succès de grandes entreprises ne se traduisent pas nécessairement par une amélioration du pouvoir d'achat ou de l'emploi pour l'ensemble de la population. La bonne tenue des marchés financiers ne suffit donc pas à rendre compte de la situation économique et sociale du pays.
    Autre facteur important : l'augmentation des dépenses militaires. Celles-ci soutiennent certaines activités économiques, mais mobilisent également des ressources considérables qui ne peuvent plus être consacrées aux autres priorités nationales. Pour financer cet effort, l'État israélien s'endette davantage. La dette publique s'alourdit et le déficit budgétaire, c'est-à-dire l'écart entre les dépenses et les recettes de l'État, reste élevé. Cette situation réduit progressivement les marges de manœuvre du gouvernement.
    À lire aussiIsraël: comment le pays en guerre bat des records sur les marchés financiers
    Dépenses militaires et dette publique, les choix économiques du prochain gouvernement
    Le prochain gouvernement devra trouver un équilibre difficile : continuer à financer la défense sans sacrifier les investissements dans les infrastructures, l'éducation ou la santé. C'est l'un des principaux enjeux économiques du scrutin, sur lequel les deux camps défendent des orientations différentes. Benyamin Netanyahu plaide pour un renforcement massif des capacités militaires. Sa priorité est de garantir l'autonomie stratégique d'Israël, quitte à consacrer toujours plus de moyens à la défense.
    Cette orientation implique cependant de maintenir un effort budgétaire important, alors que les finances publiques sont déjà sous pression. Son rival, Gadi Eisenkot, mise davantage sur des réformes structurelles. Il souhaite notamment mieux intégrer les ultra-orthodoxes dans l'armée et sur le marché du travail. L'objectif est économique autant que militaire : réduire le poids de certaines exemptions et subventions, mieux répartir l'effort collectif et permettre à davantage de personnes de contribuer à la production de richesses et aux recettes fiscales.
    Au-delà du résultat des élections, l'enjeu est donc de préserver les moteurs de croissance d'Israël. Le pays doit financer durablement sa défense tout en maintenant son attractivité économique, en soutenant l'emploi qualifié et en répondant aux difficultés des ménages. Car derrière la résistance affichée des marchés et du secteur technologique, une question demeure : combien de temps l'économie israélienne pourra-t-elle absorber le coût de la guerre sans fragiliser ses propres perspectives de croissance ?
  • Aujourd'hui l'économie

    Royaume-Uni: pourquoi les milliardaires quittent Londres

    26/10/2026
    Selon une enquête de Bloomberg, plusieurs milliardaires ont quitté le Royaume-Uni ou réduit leurs liens avec le pays au cours des deux dernières années. En cause, notamment, les réformes fiscales du gouvernement travailliste et les inquiétudes qu'elles suscitent. Un phénomène qui soulève des questions sur l'attractivité de Londres et l'avenir de sa place financière.
    Le Royaume-Uni est-il en train de perdre l'un de ses atouts historiques : sa capacité à attirer les grandes fortunes internationales ? À en croire le site d'actualités économiques et financières Bloomberg, la réponse est oui. Aujourd'hui, le patrimoine cumulé des milliardaires et des familles fortunées recensés atteint 160 milliards de dollars. À titre de comparaison, ce montant dépasse celui des milliardaires britanniques qui résident toujours dans le pays. Mais ce chiffre ne correspond pas à 160 milliards de dollars retirés de l'économie britannique, mais au patrimoine des personnes qui ont rompu ou réduit leurs liens avec le Royaume-Uni.
    Ces départs s'expliquent d'abord par la fiscalité. Depuis avril 2025, le gouvernement travailliste a supprimé le régime des « non-dom », qui permettait à certains résidents étrangers fortunés de bénéficier d'avantages fiscaux sur leurs revenus et leurs gains réalisés à l'étranger. À ces changements s'ajoutent d'autres hausses d'impôts et, surtout, la crainte de nouvelles mesures. Or, les grandes fortunes sont mobiles. Elles peuvent choisir de s'installer en Suisse, à Monaco ou aux Émirats arabes unis, où les conditions fiscales sont différentes. Pour les finances publiques britanniques, l'enjeu est important. Selon les chiffres du gouvernement, les 1 % de contribuables les plus aisés contribuent à environ 27 % des recettes de l'impôt sur le revenu.
    À lire aussiHausse d'impôts: y a-t-il un risque de fuite des grandes fortunes?
    Immobilier de luxe : Londres confrontée à une forte baisse des prix
    Les conséquences potentielles de ces départs dépassent les seules recettes fiscales. Les grandes fortunes achètent des logements, dépensent dans les commerces de luxe, emploient du personnel et investissent parfois dans des entreprises. Leur départ peut donc fragiliser tout un écosystème économique. L'immobilier de prestige londonien en donne une illustration. Selon les données de Savills, société internationale de conseil en immobilier, les prix des biens les plus luxueux ont chuté d'environ 27 % depuis leur sommet de 2014. En tenant compte de l'inflation, la baisse dépasse même 49 %, selon l'analyse publiée par Bloomberg.
    Cette dégringolade ne s'explique pas uniquement par les départs de grandes fortunes. Le Brexit, la pandémie et les taxes immobilières ont également pesé sur le marché. Mais ce recul témoigne des difficultés rencontrées par Londres pour attirer certains acheteurs internationaux. Au-delà de l'immobilier, les dépenses de cette clientèle contribuent à l'activité des hôtels, des restaurants et des commerces haut de gamme. Une diminution durable de leur présence pourrait donc avoir des répercussions sur plusieurs secteurs de l'économie londonienne.
    À lire aussiPourquoi l'Italie devient la nouvelle destination des riches Européens
    La City peut-elle perdre son attractivité financière ?
    Faut-il pour autant craindre un déclin de la City, le cœur financier de Londres ? Pas nécessairement. La capitale britannique conserve des atouts majeurs, notamment ses banques, ses marchés financiers et son réseau de professionnels. Mais en économie, le signal envoyé peut parfois compter autant que la situation réelle. Dans une économie mondialisée, la réputation d'une place financière est essentielle. Si les investisseurs jugent les règles fiscales trop changeantes, ils peuvent choisir de s'installer ailleurs, voire d'y développer directement leurs activités.
    Le gouvernement britannique doit donc trouver un équilibre entre la taxation des plus riches et l'attractivité du pays. Car taxer davantage peut rapporter plus si les contribuables restent. Mais si leur départ réduit également les investissements et l'activité économique, le gain fiscal risque d'être moins important qu'espéré. Pour Londres, comme pour d'autres capitales européennes confrontées à ces arbitrages, le défi est de conserver son statut de place financière mondiale sans renoncer à ses ambitions de justice fiscale.
  • Aujourd'hui l'économie

    Montres connectées: comment les marques de luxe essaient de reconquérir nos poignets

    23/10/2026
    Les montres traditionnelles doivent faire face à une concurrence croissante des montres connectées. Suivi de l’activité physique, surveillance du sommeil et notifications : ces nouveaux usages séduisent les consommateurs, notamment les jeunes générations. Pour les horlogers traditionnels, y compris les grandes maisons du luxe, l’enjeu est de continuer à faire désirer un objet dont la fonction première, donner l’heure, est devenue presque secondaire.
    Pendant longtemps, les montres ont rempli une fonction essentielle, celle de donner l’heure. Mais aujourd’hui, avec les smartphones et les montres connectées, cet usage est devenu presque secondaire. Et pour les horlogers traditionnels, cette évolution est prise très au sérieux. Selon une étude du cabinet Deloitte, la proportion de consommateurs qui portent une montre traditionnelle est passée de 46 % en 2020 à 26 % en 2025.
    À l’inverse, les montres connectées ont le vent en poupe. Elles permettent de suivre son activité physique, de surveiller son sommeil ou encore de recevoir des notifications. En somme, elles deviennent de véritables assistants personnels au poignet.
    Cette évolution a des conséquences économiques pour les fabricants. L’Américain Fossil, positionné sur le marché du milieu de gamme, a ainsi vu son chiffre d’affaires lié aux montres traditionnelles chuter de 67 % entre 2015 et 2025. Même les grandes maisons du luxe ressentent les effets de cette transformation des usages.
    Une Apple Watch et une Rolex ne répondent pas aux mêmes attentes. La première coûte quelques centaines d’euros et sera généralement remplacée au bout de quelques années. La seconde est un objet de prestige, un symbole de réussite, parfois même un héritage familial. Mais ces deux univers ont un point commun : ils se disputent une place au poignet des consommateurs. Et, jusqu’à preuve du contraire, on ne porte généralement qu’une montre à la fois.
    À lire aussiComment le chinois Xiaomi talonne Apple et Samsung sur le marché mondial du smartphone
    Horlogerie suisse : les montres de luxe résistent à la concurrence
    Pour le moment, les volumes donnent un avantage considérable aux montres et bracelets connectés. Selon les estimations du cabinet d’études de marché IDC, ces accessoires devraient représenter environ 200 millions d’unités vendues dans le monde en 2026. En comparaison, l’horlogerie suisse de luxe écoule autour de 15 millions de montres par an. Pour autant, le secteur traditionnel n’est pas condamné. Les derniers chiffres de la Fédération de l’industrie horlogère suisse montrent même un redressement des exportations. En septembre 2026, celles-ci ont progressé pour le quatrième mois consécutif, sous l’impulsion notamment des montres de luxe.
    Cette résistance s’explique par la différence de valeur entre les deux catégories de produits. Là où les montres connectées misent principalement sur les fonctionnalités technologiques, les montres de luxe reposent aussi sur le savoir-faire, l’histoire des marques et leur prestige. Les grandes maisons doivent néanmoins s’adapter à de nouvelles habitudes de consommation. L’objectif n’est pas nécessairement de rivaliser directement avec les fabricants de technologies, mais de trouver des moyens de coexister avec leurs produits, voire de nouer des alliances.
    Bagues connectées et partenariats : comment les marques de luxe veulent reconquérir les poignets
    Pour riposter, les marques traditionnelles peuvent notamment miser sur des collaborations avec les fabricants de montres connectées. Hermès s’est ainsi associé à Apple pour proposer des bracelets en cuir destinés à l’Apple Watch. Une manière pour la maison française de faire entrer son savoir-faire dans l’univers des objets connectés. Une autre piste, plus inattendue, se dessine avec les bagues connectées. Leur avantage est simple, elles permettent de suivre certaines données liées à l’activité physique ou au sommeil sans occuper le poignet. Les consommateurs peuvent donc conserver les fonctionnalités technologiques qu’ils recherchent tout en portant une montre traditionnelle.
    La marque américaine Oura illustre l’essor de ce marché. Selon un article du Financial Times, elle a vendu 3,6 millions de bagues en douze mois. Pour les horlogers, le pari est que ces accessoires puissent libérer de la place au poignet et redonner de l’attrait aux montres classiques.
    Reste un défi majeur : séduire les jeunes générations, davantage attirées par les fonctionnalités connectées. Pour les grandes maisons, il faut parvenir à renouveler leur clientèle sans perdre ce qui fait leur valeur : le savoir-faire, l’histoire et le prestige. Elles misent notamment sur leurs modèles iconiques, reconnaissables au premier coup d’œil, y compris sur les réseaux sociaux. Car une montre de luxe est désormais bien plus qu’un instrument qui donne l’heure : c’est aussi un accessoire de mode, un signe d’appartenance et une manière d’afficher son style. Pour continuer à vendre des montres à plusieurs milliers d’euros, les fabricants doivent donc désormais vendre bien plus que l’heure.
  • Aujourd'hui l'économie

    Netflix: la machine à succès commence-t-elle à s’essouffler?

    22/10/2026
    Avec près de 3,7 milliards de dollars de bénéfice entre juillet et septembre 2026, Netflix reste une entreprise très rentable. Pourtant, le ralentissement de sa croissance et des perspectives moins favorables qu’espéré inquiètent Wall Street. Pour le géant du streaming, le défi consiste désormais à capter une ressource précieuse : notre attention.
    Son « tadam » est immédiatement reconnaissable. Mais derrière cette signature sonore familière, Netflix montre des signes d’essoufflement. Pas au point de perdre de l’argent, loin de là : son bénéfice net a progressé de 44 % au troisième trimestre par rapport à la même période de l’année précédente.
    Le paradoxe est là : le chiffre d’affaires continue d’augmenter, mais sa croissance ralentit. Et les perspectives pour la fin de l’année ne suffisent pas à rassurer les investisseurs. Avec près de 3,7 milliards de dollars de bénéfice en trois mois, Netflix est très loin d’une entreprise au bord de la faillite.
    Pourtant, ces résultats ne dissipent pas les inquiétudes sur la suite. Les investisseurs attendent davantage que des profits élevés : ils veulent être convaincus que l’entreprise pourra continuer à développer ses revenus. Or, les perspectives de fin d’année sont moins favorables qu’espéré, tandis que la publicité rapporte moins que prévu. Derrière ces chiffres se pose une question très simple : Netflix nous donne-t-il encore suffisamment envie de regarder Netflix ?
    À lire aussiQuel avenir économique pour la télévision face à YouTube et Netflix
    La bataille pour garder l’attention des abonnés
    La scène est familière à de nombreux abonnés. Vous allumez votre télévision, ouvrez l’application et faites défiler le catalogue. Vous hésitez entre plusieurs films ou séries… puis vous allez finalement regarder autre chose. Pour la plateforme, tout l’enjeu consiste à éviter que cette hésitation ne devienne une habitude. Au premier semestre 2026, le temps total passé devant les programmes de Netflix n’a augmenté que de 2 %. Pourtant, le groupe consacre environ 20 milliards de dollars par an à ses contenus. Dépenser beaucoup ne garantit donc pas que les spectateurs passeront davantage de temps devant l’écran. D’autant que les concurrents, comme Disney+ ou Amazon, cherchent eux aussi à multiplier les raisons de rester dans leur univers.
    Netflix peine ainsi à nous faire regarder davantage ses programmes. À terme, cela peut fragiliser l’abonnement : un utilisateur qui fréquente moins la plateforme peut finir par se demander s’il a encore besoin de payer ce service chaque mois. Il ne s’agit pas nécessairement d’une résiliation immédiate, mais d’un risque pour la fidélité des clients.
    Pour poursuivre sa croissance, Netflix comptait notamment sur la publicité. Le principe est simple : proposer un abonnement moins cher, avec des annonces pendant les programmes. Les revenus proviennent alors à la fois des abonnés et des annonceurs. Seulement, ce moteur se développe moins vite que prévu. Et il dépend lui aussi du temps passé sur la plateforme. Pour diffuser davantage de publicité, Netflix doit donner aux spectateurs des raisons de regarder davantage.
    Économies, nouveaux programmes et jeux : comment Netflix veut rebondir
    Face à ces difficultés, Netflix a engagé des économies. Environ mille postes ont été supprimés et plusieurs responsables ont quitté l’entreprise. La directrice des contenus a été remplacée par un ancien dirigeant de Fox et de Disney, tandis que le patron du cinéma est lui aussi parti. L’équation reste délicate : surveiller les dépenses sans décourager celles et ceux qui inventent les films et les séries susceptibles de séduire le public.
    En parallèle, Netflix enrichit son catalogue en achetant des programmes à d’autres groupes. En France, les abonnés peuvent ainsi accéder aux contenus de TF1 sans quitter l’application. L’idée est de multiplier les raisons de rester au même endroit, plutôt que de passer d’un service à l’autre. Les jeux vidéo participent également à cette diversification. Aux côtés des films et des séries, ils proposent une autre façon de passer du temps sur la plateforme. Ces initiatives répondent toutes au même objectif, celui de renforcer l’intérêt de l’abonnement. Car l’ambition de Netflix reste double, nous donner envie de regarder la suite et redonner aux investisseurs l’envie d’y croire.
  • Aujourd'hui l'économie

    Pourquoi la fermeture de l'aéroport de Riyad menace l'économie saoudienne

    21/10/2026
    Après des frappes de missiles meurtrières attribuées aux rebelles houthis du Yémen, l'aéroport international de Riyad est à l'arrêt depuis plus de dix jours. Au-delà des perturbations du trafic aérien, cette paralysie sécuritaire porte un coup dur aux ambitions économiques de Mohammed ben Salman et menace le grand plan de transformation du royaume.
    Riyad s'est imposée au fil des années comme un centre névralgique et un carrefour économique incontournable pour toute la région. Dès lors, lorsque les liaisons aériennes sont totalement interrompues, que les réunions d'affaires s'annulent en série et que les missions professionnelles se voient reportées, les répercussions financières se font ressentir de manière immédiate et brutale.
    À court terme, ce sont en premier lieu les entreprises du secteur touristique, de l'événementiel, de l'hôtellerie-restauration ainsi que des services qui subissent de plein fouet les effets de cette paralysie. Sur le moyen et le long terme, la dynamique est plus insidieuse. Cette situation risque de modifier durablement les habitudes de déplacement, de décourager les acteurs économiques et de bouleverser en profondeur des projets d'investissement d'envergure internationale. Concrètement, pour un chef d'entreprise ou un investisseur qui possède un contrat majeur à signer dans la capitale saoudienne mais se trouve dans l'incapacité absolue de s'y rendre, c'est l'ensemble du processus de négociation qui se retrouve bloqué.
    À lire aussiGuerre en Iran: un faramineux coût militaire et économique qui fragilise la puissance des États-Unis
    Le report du « Davos du désert », un signal défavorable pour les investisseurs
    Dans ce contexte tendu, un symbole fort vient illustrer la fébrilité ambiante : le report d'un événement d'importance capitale pour la région, plus communément appelé le « Davos du désert ». Initialement programmé pour s'ouvrir dès le début de la semaine prochaine, cet événement de premier plan n'aura finalement pas lieu aux dates prévues. De son vrai nom la Future Investment Initiative (FII), ce sommet sert de vitrine internationale de premier ordre à la stratégie menée par le prince héritier saoudien. Chaque année, il rassemble un parterre impressionnant de dirigeants politiques, de directeurs des plus grandes banques mondiales, d'investisseurs institutionnels et de responsables de multinationales venus des quatre coins du globe avec un objectif précis : faire des affaires en Arabie saoudite. Pour mesurer l'ampleur du rendez-vous, l'édition précédente avait permis d'officialiser l'annonce de pas moins de 50 milliards de dollars d'accords.
    La « Vision 2030 » de MBS face à l'épreuve de la réalité sécuritaire
    Pour bien saisir la portée de ces événements, il est nécessaire de prendre de la hauteur. Si ces turbulences ne remettent pas en cause l'intégralité de la stratégie impulsée par les autorités saoudiennes, elles menacent incontestablement de freiner et de limiter la réussite du grand plan de transformation amorcé depuis plusieurs années. Il s'agit bien sûr de la Vision 2030, le programme de modernisation et de réformes titanesque initié par Mohammed ben Salman afin de réduire la dépendance structurelle du pays aux hydrocarbures. Pour y parvenir, le royaume investit massivement dans des secteurs d'avenir tels que le tourisme, les loisirs, les infrastructures de pointe, la technologie, l'intelligence artificielle ou encore les services financiers. L'objectif de l'ensemble de ces chantiers est de stimuler la création d'emplois locaux et de développer de nouvelles sources de revenus pérennes pour préparer l'économie saoudienne à l'ère de l'après-pétrole.
    Mais pour que cette transition réussisse, le pays a un besoin vital de capitaux frais, d'expertises pointues et d'entreprises étrangères solides prêtes à s'implanter durablement sur le territoire. Le véritable souci réside dans le fait que les investisseurs évaluent avant tout les risques inhérents à chaque marché. Or, face à des frappes de missiles répétées, peu de décideurs économiques souhaitent s'engager dans un pays exposé à de telles menaces à l'instant T. Puisque la sécurité demeure la pierre angulaire absolue de toute stratégie économique viable, ces attaques rappellent de manière brutale la fragilité des ambitions de Mohammed ben Salman. Entre promesses de diversification audacieuses et réalité sécuritaire complexe, le royaume saoudien doit désormais redoubler d'efforts pour préserver la confiance et la sérénité des marchés internationaux.
Sobre Aujourd'hui l'économie
Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.
Sítio Web de podcast
Aplicações
Social
v8.25.2 | © 2007-2026 radio.de GmbH
Built: 10/22/2026 - 10:59:25 AM