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Aujourd'hui l'économie

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  • Pourquoi la natalité baisse presque partout dans le monde

    29/06/2026
    Longtemps attribuée à un simple changement des aspirations familiales, la baisse de la natalité s'explique aujourd'hui par des facteurs beaucoup plus complexes. Difficultés à former un couple, crise du logement, précarité, réseaux sociaux… Cette évolution, qui touche désormais la quasi-totalité de la planète, pourrait avoir des conséquences majeures sur la croissance, les retraites et l'économie mondiale.
    C'est l'un des principaux bouleversements économiques de notre époque : la chute de la natalité. Longtemps considérée comme un phénomène propre aux pays riches, elle touche désormais la quasi-totalité de la planète. Aujourd'hui, plus des deux tiers des pays affichent une fécondité inférieure au seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme.
    Pendant longtemps, la baisse de la fécondité s'expliquait assez simplement. Les couples faisaient moins d'enfants. Mais cette explication ne suffit plus. Selon plusieurs travaux, dans de nombreux pays développés, le nombre d'enfants par mère reste relativement stable. Ce qui fait chuter la natalité, c'est surtout la baisse de la formation des couples. Les jeunes continuent d'exprimer le souhait d'avoir des enfants. En revanche, ils rencontrent davantage de difficultés à construire une relation durable, à se projeter et à créer un environnement favorable à la parentalité.
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    Logement, précarité : les facteurs économiques restent déterminants
    Au-delà des évolutions des mœurs, des facteurs beaucoup plus structurels expliquent également cette baisse de la natalité. L'accès au logement est plus difficile, les études sont plus longues, la précarité professionnelle est plus fréquente et le coût de l'éducation continue d'augmenter. Autant de facteurs qui retardent les projets familiaux. Le logement illustre parfaitement cette réalité. Sans stabilité résidentielle, il devient plus difficile d'envisager de fonder une famille. Le Financial Times souligne ainsi que le recul de la natalité au Royaume-Uni et aux États-Unis est notamment lié aux difficultés d'accès au logement. Mais cette explication ne suffit pas à elle seule. Les pays nordiques, pourtant relativement prospères et dotés de politiques familiales généreuses, connaissent eux aussi une baisse marquée de leur fécondité.
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    Les smartphones et les réseaux sociaux sont-ils aussi en cause ?
    Une autre hypothèse, plus récente, retient l'attention de plusieurs chercheurs américains : le rôle des smartphones et des réseaux sociaux. Entre 2008 et 2015, période correspondant à leur généralisation, la baisse de la natalité s'est accélérée dans de nombreux pays, aussi différents que la France, les États-Unis, le Mexique, l'Indonésie ou encore plusieurs pays africains. Attention toutefois : les chercheurs ne démontrent pas de lien de causalité. Ils évoquent une corrélation forte et avancent plusieurs mécanismes susceptibles d'expliquer cette évolution.
    Le premier est simple. Nous passons moins de temps ensemble. Or, pour rencontrer un partenaire durable, les interactions réelles restent essentielles. Les réseaux sociaux modifient également les attentes. Ils exposent en permanence des modèles de beauté, de réussite personnelle ou de vie de couple parfois fantasmés, susceptibles de rendre plus difficile la construction d'une relation stable. Enfin, ils entretiennent un climat d'anxiété permanente qui n'incite pas toujours à se projeter dans des engagements conjugaux et familiaux de long terme.
    Il ne faut évidemment pas accuser le smartphone de tous les maux. Il ne s'agit que d'une hypothèse parmi d'autres pour expliquer cette dynamique. Une chose, en revanche, est certaine : moins de naissances aujourd'hui, ce sont moins d'actifs demain. Cela signifie potentiellement moins de croissance, davantage de difficultés pour financer les retraites, des tensions sur les systèmes de santé et, à terme, un ralentissement de l'innovation et de la consommation.
    L'enjeu est désormais mondial. Et alors que nous n'avons jamais eu autant de moyens matériels, autant de progrès technologiques et une espérance de vie aussi élevée, les sociétés font presque partout moins d'enfants. Derrière cette évolution démographique se cache peut-être l'un des plus grands défis économiques du XXIᵉ siècle.
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  • Automobile: l'UE envisage de nouvelles taxes sur les véhicules chinois

    26/06/2026
    Après les taxes sur les véhicules électriques chinois, l'Union européenne envisage de nouvelles barrières douanières pour contrer cette fois l'arrivée massive des automobiles hybrides rechargeables. La Chine a acquis, ces dernières années dans ce segment, une expertise et une compétitivité auxquelles les constructeurs européens ont bien du mal à répondre.
    C'est le segment qui attire les regards ces derniers mois : les hybrides rechargeables grignotent à toute vitesse des parts de marché. Elles représentent désormais près de 10% des ventes de véhicules neufs en Europe, avec des progressions très rapides en Italie, +85% ou en Espagne, +45%, depuis le début de l'année. Or ce succès est une nouvelle fois porté avant tout par les modèles chinois qui se sont engouffrés dans un secteur épargné par les droits de douane supplémentaires, contrairement aux véhicules purement électriques.
    « Les véhicules hybrides rechargeables chinois sont ultra-compétitifs, d'autant plus qu'il s'agit de "super-hybrides", des modèles à propulsion essentiellement électrique avec un complément thermique, ce qui n'est pas le cas de leurs concurrents européens », explique Gianmarco Guadalupi, consultant automobile pour le cabinet Efeso, « en 2024, personne n'avait entendu parler des hybrides rechargeables chinois, ils sont arrivés sur le marché européen en 2025 et cette année, BYD est devenu leader sur ce segment ».
    Protection ou simple respiration pour les constructeurs européens ?
    Ces nouvelles taxes douanières sont accueillies favorablement par les géants européens de l'automobile, notamment allemands, pourtant pas très fans des droits de douane habituellement. Mais les Mercedes et BMW misent beaucoup sur les hybrides rechargeables pour relancer le marché premium. Le problème, c'est qu'il est peut-être déjà trop tard. Les véhicules chinois restent en effet compétitifs même avec des taxes supplémentaires, ce qui a déjà été constaté pour les voitures 100% électriques. « L'Europe manque d'une vision stratégique sur l'industrie automobile, note Gianmarco Guadalupi. Pour l'instant, l'objectif est de ralentir l'arrivée des véhicules chinois en espérant que les constructeurs européens rattrapent leur retard d'ici trois ou quatre ans, mais la vague venue de Chine ne pourra pas être arrêtée. »
    Des barrières douanières pour préserver les actionnaires ?
    Une vague d'autant plus difficile à ralentir que la Chine semble avoir déjà anticipé le problème. Des constructeurs chinois ont d'ores et déjà noué des alliances industrielles pour contourner les barrières douanières. Dongfeng va ainsi faire produire dans l'usine Stellantis de Rennes des modèles de sa marque premium Voyah, dont pourraient faire partie des hybrides rechargeables.
    La mise en place de nouvelles taxes ne paraît donc pas en mesure d'inverser la donne, et au-delà du répit potentiel accordé aux constructeurs européens, le délégué CGT Renault, Florent Grimaldi, y voit surtout une stratégie financière : « Les barrières douanières, ça protège les actionnaires qui peuvent obtenir un délai supplémentaire pour vendre leurs parts ou encaisser les dividendes, mais ça ne protège absolument pas l'outil industriel et les salariés. »
    Car la grande crainte des syndicats des constructeurs européens, c'est que ce bras de fer aboutisse surtout à des négociations entre constructeurs européens et chinois pour intégrer la technologie ou des pièces venues de Chine dans les véhicules français, allemands ou italiens. Les conséquences pourraient être sévères pour l'emploi, en particulier dans la recherche et le développement. Renault a ainsi confirmé jeudi la suppression de 600 postes d'ingénieurs en France, dans le cadre d'un plan mondial de restructuration de son département R&D. Au total, 2 400 postes vont être supprimés, particulièrement en Roumanie, au Brésil ou au Maroc.
  • La multiplication des événements climatiques extrêmes coûtera cher à l’économie mondiale

    25/06/2026
    Alors que l’Europe est sous le coup d’une vague de chaleur d’une ampleur inédite, la deuxième en un mois, scientifiques et économistes préviennent : la catastrophe économique provoquée par le réchauffement climatique sera à la hauteur de la catastrophe écologique.
    Plus personne de sérieux ne conteste le consensus scientifique : le réchauffement climatique à l’œuvre depuis les débuts de la mondialisation entraîne une multiplication des événements climatiques extrêmes. Rien qu’en 2026, le monde a eu affaire à une canicule début janvier en Australie, des records de chaleur enregistrés en Amérique du Nord en mars, des températures extrêmes en Inde et au Pakistan au printemps, et désormais deux épisodes caniculaires coup sur coup en Europe.
    Les conséquences économiques à court terme sont évidentes : en période de chaleur extrême les gens sortent moins, la consommation baisse, de nombreux chantiers sont à l’arrêt, les hôpitaux sont sous tension, les écoles sont fermées obligeant les parents à les garder à la maison ou à les emmener au travail. De manière générale, la productivité s’effondre. D’après une étude d’Allianz Trade, les épisodes de chaleur extrême pourraient coûter 210 milliards d’euros à l’économie française d’ici la fin de la décennie.
    Des conséquences à long terme pour toutes les économies
    À plus long terme, les conséquences pourraient être bien pires. Mercredi 24 juin, Scientific Climate Ratings, une filiale de l’Edhec (une grande école française) a publié la première notation des risques climatiques. De la même manière que les agences de notation s’intéressent au risque financier des pays, à leur capacité à rembourser leurs emprunts, l'idée est de regarder cette fois le risque climatique et d'estimer l’impact économique du réchauffement climatique pour chacun de ces pays. Le Brésil y apparaît par exemple comme particulièrement exposé, en raison de sa dépendance au secteur agricole. L'agriculture est en effet l’une des activités les plus sensibles au réchauffement climatique : les sécheresses, les inondations, tous les événements climatiques extrêmes affectent les récoltes. Les auteurs estiment que le PIB brésilien pourrait décliner de presque 6 % d’ici à 2035 et même de 13 % d’ici à 2050 en raison du réchauffement climatique.
    La catastrophe économique sera à la hauteur de la catastrophe écologique
    Dans les pays du G20 les plus exposés, on peut aussi citer l’Arabie saoudite, l’Inde mais aussi les États-Unis. À l’autre bout du spectre, on trouve les pays plus froids, la Russie et le Royaume-Uni qui sont moins directement exposés mais qui verront eux aussi, quoi qu'il arrive, leur PIB reculer. La catastrophe économique sera à la hauteur de la catastrophe écologique : elle sera plus faible si nous arrivons à contenir le réchauffement de la planète à 1,5 degrés d'ici la fin du siècle (l'objectif fixé au moment de la signature de l'Accord de Paris en 2015).
    À l'inverse, si les mesures nécessaires ne sont pas prises à temps et que les températures augmentent de trois degrés, le cataclysme économique sera terrible. La trajectoire actuelle nous rapproche plutôt de ce deuxième scénario. La suite dépend de nous, de nos dirigeants, des politiques publiques, des entreprises. Il est encore temps d’agir, si ce n'est pas pour les générations futures, au moins pour le PIB.
  • Mondial 2026: pourquoi le manque de moyens financiers plombe les équipes africaines

    24/06/2026
    Alors que le mondial de foot se poursuit avec de nouveaux matchs prévus ce mercredi, focus sur le financement des équipes. Un point déterminant pour la compétition, car le manque de moyens et la fuite des talents plombent les chances de nombreux pays africains.
     
    Le football, on le sait, est une histoire de talents et les équipes africaines n'en manquent pas, mais c'est surtout une histoire d'argent. Pour la première fois d'ailleurs, dix pays africains ont été sélectionnés pour cette Coupe du monde, les joueurs africains sont encensés dans le monde entier et pourtant, depuis la création de la Coupe du monde, aucune équipe africaine n’a soulevé le trophée. Pourquoi ce paradoxe ?
    L’Afrique produit des talents, mais elle ne possède pas encore l’écosystème capable de capitaliser sur ses jeunes footballeurs. Aujourd'hui, 97% de la valeur des effectifs africains du Mondial sont détenus hors d’Afrique. Cette valeur est estimée à 2,4 milliards d’euros. Un autre chiffre ? L’ensemble des clubs du continent africain générerait moins de 400 millions de dollars de revenus annuels, soit moins que les revenus d’un seul des cinq plus grands clubs européens. En comparaison, la Premier League de foot est aujourd’hui à plusieurs milliards de livres de revenus cumulés par saison. Cela donne le tournis et ce sont deux études d'Harvard qui le disent.
    Le paradoxe n’est donc pas sportif, il est structurel. L’Afrique exporte ses talents, mais ne possède pas la machine économique qui permet de les valoriser. C’est une situation proche d’une économie qui exporte ses matières premières sans développer toute la chaîne de production. Le talent est africain, mais la chaîne économique est largement européenne. 
    Le football : une industrie mondiale
    ll faut des infrastructures, des revenus, des centres de formation, et surtout l’habitude d’affronter les meilleures équipes pour avoir toutes les chances de jouer dans la cour des grands. 
    La Coupe du monde révèle ce déséquilibre : une équipe africaine peut battre une grande nation sur un match. Mais pour gagner un tournoi, il faut un système capable de produire des champions sur plusieurs générations.
    Pour cela, les fédérations africaines ont besoin de revenus, indispensables pour avoir les moyens d’offrir aux joueurs les meilleures conditions de formation ou même d’exercice de leur activité.
    Or, lorsqu'elles vendent un joueur à l'international, l’indemnité de formation et la contribution de solidarité, qui représentent 5% de chaque transfert international et qui sont reversées aux clubs formateurs, ne suffisent pas à les compenser. Surtout quand on sait qu'un joueur vendu à 150 000 euros peut en valoir 30 millions quelques années plus tard, c’est une richesse créée en Afrique et captée ailleurs. 
    Redistribution des droits TV des compétitions africaines
    Pendant des années, ils ont été récupérés hors continent. La Confédération africaine de football a signé un nombre record de droits médias pour la dernière Coupe d'Afrique des nations au Maroc afin de mieux développer les infrastructures et les talents du football sur le continent.  
    Mais problème, de nombreuses compétitions sont restées inaccessibles aux chaînes du continent qui ont lancé un appel pour que les téléspectateurs africains ne se retrouvent plus contraints de souscrire à des chaînes privées ou étrangères pour suivre une compétition de football.
  • Royaume-Uni: dix ans après le Brexit, comment les Britanniques s'en sortent-ils?

    23/06/2026
    Le chef du gouvernement britannique, Keir Starmer, a annoncé lundi sa démission du poste de Premier ministre. Celui qui était l'artisan d'un rapprochement avec l'Union européenne n'a pas pu aller au bout de son projet. Hasard du calendrier ou pas, ce 23 juin le Royaume-Uni commémore le dixième anniversaire du référendum sur sa sortie de l'UE. Et ce alors que les Britanniques sont de plus en plus mécontents des effets du Brexit.
    Ce sont notamment ceux qui ont voté pour quitter l'UE qui se sentent trahis. Les promesses de limiter l'immigration et de doper l'économie ne se sont pas concrétisées. L'Irlande du Nord fait des jaloux. Partie intégrante du Royaume-Uni, ce territoire a pu conserver le libre accès à son voisin du sud, la République d'Irlande, et au reste du marché unique. Ce statut particulier lui a permis de surpasser le reste du Royaume-Uni en termes de croissance. Et ce grâce notamment aux exportations destinées à la République de l'Irlande qui, elles, ont littéralement explosé. Alors que les expéditions britanniques vers l'UE se sont effondrées.
    À cause des lourdeurs administratives et des coûts liés au Brexit, les entreprises exportatrices ont dû se tourner vers de nouveaux marchés, notamment en Asie. Toutefois, les accords conclus avec des pays comme l'Australie ou l'Inde ne compensent qu'une partie infime des expéditions perdues.
    La santé en sous-financement chronique
    Exemple de ces lendemains qui déchantent, le sort du National Health Service (NHS), le service de santé publique britannique. C'était l'argument phare de la campagne pro-Brexit : récupérer des millions de livres sterling versés au budget européen pour financer plutôt le NHS. C'est une promesse non tenue. Malgré les réformes pour le rendre moins coûteux et plus efficace, le service de santé publique britannique souffre de sous-financement chronique, manque de personnel et les délais d'attente s'allongent. 
    L'attractivité du Royaume-Uni reste intacte
    Un point positif, néanmoins, le Royaume-Uni reste attractif pour les investisseurs. Et cela malgré une économie à la peine. Ces investissements se concentrent notamment dans les services financiers, la technologie et l'intelligence artificielle. Des secteurs dans lesquels la réglementation britannique est plus souple que celle de l'UE. Les politiques publiques soutiennent l'innovation. Autant de facteurs qui contribuent à l'investissement des entreprises. Mais dans leur vie de tous les jours, les Britanniques ne le ressentent pas forcément. 57% d'entre eux regrettent le divorce et souhaitent un retour dans l'UE. Mais sur quelles bases ?
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    Le remariage ou pas ?
    Pendant deux ans, le gouvernement Starmer a prôné un rapprochement avec l’Europe, notamment dans la défense et les relations commerciales, sans pour autant réintégrer l'UE ni le marché unique. Mais la population reste profondément divisée. La question de la réadhésion à l’UE devrait redevenir centrale lors de la campagne des législatives britanniques en 2029. 
     
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