Face à une fièvre soudaine, une chute impressionnante ou un symptôme spectaculaire chez l’enfant, les parents peuvent vite s’inquiéter. Parfois, cette réaction est non seulement naturelle, mais aussi nécessaire, pour que des soins soient apportés au jeune patient au plus vite ! Face à l'annonce d’une maladie sévère ou chronique, les parents peuvent avoir des difficultés à garder leur sang-froid, et vivre cet événement comme une épreuve traumatisante. Or, l’enfant a besoin que ses parents le rassurent pour appréhender sereinement les soins.Quand s’inquiéter, quand on est parent ? Sur qui les parents peuvent-ils s'appuyer lorsqu'ils sont démunis face à la maladie ? Comment rassurer son enfant, quand on est soi-même en situation de stress ? L’expérience permet-elle de relativiser ? Comment les équipes soignantes gèrent-elles le stress parental en pédiatrie ?
En fonction de l’âge et du degré d’autonomie d’un patient, la prise en charge va s’élargir au moins à trois personnes, pour inclure un ou plusieurs parents. Se pose alors une question importante, lorsque les enfants tombent malades, font de la fièvre ou se blessent: comment réussir à garder la tête froide ?
Ce cheminement de parents–accompagnants, qui peut en cas de diagnostic de maladie chronique ou de handicap, devenir parent-aidant, n’est ni inné pour les « premières fois », ni évident en situation d’urgence.
Communication et confiance
Du petit bobo au diagnostic de maladie incurable, les parents peuvent être confrontés à des émotions compliquées. Avoir la bonne réaction en consultation de pédiatrie est quelque chose qui se forge avec l'expérience, pour que ces ressentis des proches ne fassent pas pencher vers deux extrêmes qui peuvent faire obstacle aux soins: d’un côté la panique et de l’autre, une certaine négligence.
Rationnaliser sans minimiser
La prise en charge côté parent peut en effet être améliorée par une approche à la fois curieuse et sereine, exigeante et respectueuse. C’est quelque chose qui se tisse et s’apprend au fil des semaines et des consultations, en fonction également de l’attitude et de la capacité des soignants à communiquer, de leur degré de pédagogie, d’empathie. Un itinéraire, une alliance pour qu’ensemble, les adultes s’emploient à occuper la juste place, en confiance, pour un soin éclairé et qualitatif des jeunes patients.
Dr Nicolas Winter, Pédiatre aux urgences pédiatriques du Centre Hospitalier de Valenciennes, France et auteur de Urgences or not Urgences, aux éditions First. Sur les réseaux sociaux, il anime la page To be or not toubib dédiée à l’éducation pédiatrique
Dr Djidita DJIDITA HAGRE, Pédiatre, Cheffe de clinique des urgences pédiatriques au CHU de la Mère et de l’enfant, enseignante chercheuse à la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de Ndjamena au Tchad
Reportage de Charlie Dupiot
► En fin d’émission, nous donnons la parole à Médecins Sans Frontières qui alerte sur un risque d’aggravation de la crise nutritionnelle chez les enfants dans le district d’Ikongo, au sud-est de Madagascar. Interview du Dr Erneau MONDESIR, coordinateur Médical MSF à Madagascar (en attente de confirmation).
Programmation musicale :
► Hotel Ugly – Shut up my moms calling
► Mari Froes – Colombina