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    Allemagne: l'amertume des étudiants indiens, déçus par le système des écoles privées

    21/05/2026
    Polémique en Allemagne autour des écoles privées pour les étudiants étrangers. Les jeunes, souvent des Indiens, arrivent en Allemagne avec un visa étudiant. Mais sur place, ils sont confrontés aux frais de scolarité, à la précarité des jobs mal rémunérés, parfois même à la suppression de leurs visas avant la fin de leurs cursus.
    De notre correspondante à Berlin,
    Promad nous a donné rendez-vous dans un café de Charlottenburg, le quartier de Berlin où il a trouvé un petit job : 20 heures par semaine, un peu plus de 1 000 euros par mois, dans la cuisine d'un burger. Promad, un étudiant indien de 30 ans, est arrivé en 2023 à Berlin, avec son rêve d'Allemagne, le pays de Mercedes et BMW, de la technique et de la protection sociale. Deux ans et demi plus tard, il ne cache pas son amertume envers le système des écoles privées pour étudiants étrangers. Des écoles qui attirent en ligne des milliers de jeunes anglophones à travers le monde, le plus souvent des Indiens.
    « La qualité des études était très mauvaise. Nous n'avions que deux à trois cours par jour, soit une heure et demie à deux heures par jour. Certains professeurs étaient très bien. Mais globalement, la qualité des études n'avait rien à voir avec ce à quoi je m'attendais », raconte Promad.
    Certains étudiants indiens ont été expulsés avant la fin de leur scolarité
    Quelques 60 000 Indiens ont obtenu un visa étudiant en Allemagne. C'est, de loin, la plus grosse communauté parmi les étudiants étrangers. L'Allemagne, qui a un criant besoin en main-d'œuvre qualifiée, avait signé en 2022 un accord migratoire facilitant l'arrivée d'informaticiens ou d'étudiants. Pour ces derniers, c'est souvent la douche froide une fois sur place : un engrenage de frais élevés et de jobs mal payés, qui les empêche d'assister à leurs cours
    « Les étudiants étrangers ont des emplois tels que la livraison de repas à domicile, dans les entrepôts d'Amazon ou dans des restaurants de fast food. Parce qu'ils sont étrangers, ils ne sont soutenus par aucun syndicat et les douanes, qui contrôlent normalement le respect du droit du travail, n'interviennent pas non plus. Les douanes et les syndicats, ce sont normalement en Allemagne les deux leviers pour faire appliquer le droit du travail », explique Aju John, de l'université Humboldt de Berlin.
    Plus angoissant encore, l'administration berlinoise a commencé à retirer leur visa à certains étudiants engagés dans des cursus mêlant cours en ligne et en présentiel. Cela ne justifierait pas leur présence sur le sol allemand. Plusieurs dizaines d'entre eux, presque tous indiens, ont même été expulsés avant la fin de leur scolarité.
    Promad, dont la famille s'est endettée pour financer ses études, n'a pas complètement renoncé à son rêve d'Allemagne. Mais il a quitté son école privée pour une école internationale publique des environs de Berlin.
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    En Chine, le marché parallèle des PMA pour femmes célibataires

    20/05/2026
    En Chine, faire un enfant sans être mariée reste un parcours semé d’obstacles. Officiellement, les femmes célibataires n’ont pas accès à la procréation médicalement assistée. Mais dans l’ombre, un marché parallèle s’organise pour répondre à une demande bien réelle, entre désir d’enfant, contraintes légales et solutions discrètes.
    De notre correspondante à Pékin et de Lei Yang,
    Dans son petit atelier pékinois, Guo Jia, une mère célibataire de 41 ans, réfléchit déjà à avoir un deuxième enfant. Seule, sans forcément attendre de trouver quelqu’un. « Si je ne trouve pas le bon partenaire, ou de bons gènes, je pourrais aussi opter pour la FIV, la procréation médicalement assistée », déclare-t-elle.
    Une option qu’elle assume, sans détour. Mais très vite, une réalité s’impose. Selon elle, tout dépend de l'argent, car en Chine, l’accès à ces techniques est strictement encadré. Sans certificat de mariage, impossible de passer par les hôpitaux publics. Et même lorsqu’il existe des alternatives légales, elles restent limitées, souvent opaques, et saturées. Alors certaines femmes contournent le système.
    Dans une agence clandestine de PMA, un agent explique la procédure : « Nous proposons des donneurs chinois et étrangers, selon vos choix : taille, niveau d’études, apparence, couleur de peau, origine géographique… Je vous enverrai les profils, puis vous pouvez discuter avec le donneur, poser vos questions, voir s’il vous convient. » Un fonctionnement qui s’apparente presque à un recrutement. Avec, à la clé, un parcours médical complet – et un prix élevé, le coût global s’élève à 138 000 yuans, environ 17 450 euros, hors frais du donneur.
    À écouter dans 8 milliards de voisinsFemmes chinoises surdiplômées: mari ou carrière?
    Une pratique tolérée sans être reconnue
    Surtout, ces pratiques reposent sur un équilibre fragile. « En Chine, la FIV est interdite sans certificat de mariage, donc impossible dans les structures publiques, d'où l'existence de notre établissement, souligne l'agent. Cette pratique n’est pas légalisée, mais elle n’est pas inscrite dans le Code pénal. »
    Autrement dit : tolérée sans être reconnue. Car juridiquement, la situation est paradoxale. « La procréation célibataire n’est pas illégale en Chine, explique Dong Xiaoying, avocate et militante des droits des femmes sur les réseaux sociaux. Mais les femmes célibataires n’ont pas légalement accès aux techniques de procréation médicalement assistée, ni aux banques de sperme. »
    Un flou qui dépasse le cadre médical. Il touche aussi à la place des femmes dans la société. ​​​​​​​« Les mères célibataires risquent encore des discriminations, notamment dans la fonction publique », dénonce Dong Xiaoying. Malgré ces freins, certaines femmes revendiquent leur choix. « Le père de mon fils n’a fourni qu’un sperme, lance Guo Jia, il n’a servi à rien, en fait. Je suis parfaitement capable de m’en occuper seule. ​​​​​​​»
    Dans une Chine confrontée au vieillissement de sa population et à la baisse des naissances, ces trajectoires individuelles révèlent une tension croissante : entre normes familiales, contrôle institutionnel et aspirations nouvelles à fonder une famille, autrement.
    À écouter dans Grand reportageNaissances en Chine : quand l'intime défie la politique
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    En Turquie, fusillades et culte des armes à feu

    19/05/2026
    En Turquie, un homme a tué six personnes lundi 18 mai au fusil à pompe dans le sud du pays avant de se suicider mardi, acculé par la police. Il avait fait l'objet de plusieurs hospitalisations psychiatriques. Selon une fondation turque, plus de 30 millions d'armes circulent dans le pays où le culte de l'arme à feu reste bien ancré. Mi-avril, deux fusillades dans des établissements scolaires avaient fait 10 morts et des dizaines de blessés. L'un des assaillants avait 14 ans, il fréquentait un club de tir avec son père. À la suite de ces drames qui ont semé la peur dans les écoles, le président Erdogan a déclaré qu'il voulait restreindre l'accès aux armes, mais le chemin reste long…
    Le reportage de Céline-Pierre Magnani à Ankara en Turquie est à retrouver dans son intégralité dans notre podcast Accents d'Europe.
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    Détruire sa propre maison: la double peine des Palestiniens expropriés par Israël

    18/05/2026
    Au Proche-Orient, les destructions de maisons de Palestiniens par l’armée israélienne s’accélèrent en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. L’ONG israélienne B’Tselem répertorie au moins « 1 267 unités détruites » (appartements, maisons, centres sociaux…) en 2025. Dans ce contexte, nous nous sommes intéressés à un phénomène peu connu. Certains Palestiniens sont sommés de détruire eux-mêmes leurs maisons sous peine de pénalités financières pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. C’est un ordre des autorités israéliennes. Détruire de ses propres mains son foyer n’est pas anodin. Un acte qui laisse dans son sillage d’importants traumatismes.
    Dans son coquet salon branché en permanence sur Al Jazeera et son lot de mauvaises nouvelles, cet habitant du quartier de Silwan à Jérusalem-Est se sent acculé. « Ils m’ont donné 21 jours pour détruire ma maison. »
    Lui qui témoigne à condition de rester anonyme a reçu un ordre d’éviction de la municipalité de Jérusalem. Sa maison est considérée comme étant une construction illégale.
    Pioches à la main – avec ses fils, il a déjà démoli une bonne partie de l’étage supérieur. « Mes larmes coulaient en le faisant. Je ne sais pas quoi dire… Il y a des choses que l’on ressent à l’intérieur de soi et qu’on ne peut pas exprimer. Pendant plusieurs jours, je n’arrivais plus à manger. On va voir ce qui va se passer. On est sur les nerfs. Oui, on est vraiment sur les nerfs… », exprime-t-il.
    Il lui reste le rez-de-chaussée à détruire. C’est là que vivent encore cinq membres de la famille. Parmi eux, sa mère âgée de 97 ans – déjà déplacée trois fois depuis la création de l’État d’Israël – et son fils de 35 ans atteint d’autisme. « Je jure que je ne sais pas où on va aller », lâche-t-il.
    Détruire sa propre maison, une torture psychologique
    Au-delà de la perte matérielle, ces destructions de maisons laisseraient des séquelles psychiques importantes. Razzan Quran voit dans l’injonction à détruire sa propre maison une forme de torture psychologique. « Quand je suis sommée de détruire ma maison, c’est comme si je me détruisais moi-même. Cela est fait de mes propres mains, donc il est possible que je me pose à un moment avec la volonté d’entamer le deuil de ma maison, mais je risque aussi de m’en vouloir à moi pour cette situation. Je vais pouvoir penser que j’ai été lâche de m’être soumis aux ordres. Je vais me demander pourquoi j’ai détruit moi-même ma maison. Et c’est ce qui fait que le traumatisme va s’enraciner plus profondément en nous », explique la psychothérapeute et professeure de psychologie en Palestine.
    Et pourtant, ce phénomène risque de s’accélérer.
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    « Mais qui se soucie encore du droit international ? »
    À la mairie de Jérusalem, de très bon matin, je rencontre Arieh King, maire adjoint de la ville. C’est l’un des artisans de cette politique. Il exige plus de destructions. « C’est pareil partout dans le monde. Personne ne donnerait d’autorisation pour qu’on construise illégalement en plein milieu des Champs-Élysées. »
    La différence dans ce cas de figure est que Jérusalem-Est est considérée en droit international comme étant un territoire palestinien. « Le droit international ? Mais qui se soucie encore du droit international ? Vous vous souciez vraiment du droit international, vous ?, questionne-t-il. Vous savez quel est mon droit international, moi ? C’est la Bible. » 
    Aujourd’hui des ONG de défense des droits de l’homme – comme l’israélienne B’Tselem – parlent ouvertement de « nettoyage ethnique ».
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    À l'aéroport de Munich, un terminal dédié à l'expulsion de personnes migrantes doit être construit

    17/05/2026
    Aux antipodes du « Wir schaffen das » – « Nous y arriverons » – d'Angela Merkel en 2015, le chancelier allemand Friedrich Merz plaide pour un renvoi massif des personnes migrantes dans leurs pays d'origine. Il vise notamment le départ de 800 000 Syriens d'ici 2030. C'est ainsi que l'aéroport de Munich, le 2ᵉ plus grand du pays, devrait s'agrandir avec la construction, dès juin, d'un nouveau terminal réservé aux expulsions. Il sera conçu pour gérer jusqu'à 50 vols charters par jour et expulser 35 000 personnes chaque année. Des chiffres qui feraient de la Bavière, dirigée par la CSU du chancelier, le plus gros pôle d'expulsions du pays.
    Un reportage de notre correspondante à Munich à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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