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    Dans le village palestinien d'Umm al-Khair, les colons israéliens bloquent le chemin de l'école

    04/06/2026
    L'expansion des colonies israéliennes est presque quotidienne dans les territoires palestiniens. Dans le village d'Umm al-Khair, près d'Hébron, des colons se sont installés illégalement et ils bloquent le chemin de l'école pour une trentaine d'enfants du village.  
    De notre envoyée spéciale de retour d'Umm al-Khair,
    Dans l’école de Zoukor al-Sarraya, quatre élèves ne viennent plus en classe depuis plusieurs semaines, explique le directeur Amjad al-Jundi. « Ils ont cessé de venir, car ils avaient peur pour leur vie.  Le chemin de l’école est devenu dangereux avec les colons, dénonce-t-il, ils veulent éviter tout conflit avec eux… »
    Ce chemin, c’est celui qui mène du village palestinien d’Umm al-Khair jusqu’à l’école. Mi-avril, il a été coupé par des colons israéliens qui ont installé des barbelés. Le directeur fait un dessin pour expliquer la situation. « Voyez, là, il y a des caravanes sur le côté de la route. Elles coupent le petit chemin ici qui permettait aux élèves de prendre un raccourci pour se rendre à l'école, montre-t-il. Les élèves doivent désormais emprunter la route, plus longue et plus dangereuse car elle passe devant les caravanes des colons. »
    Lorsque le passage a été bloqué, Fahad, 17 ans, était là. « Les colons nous ont attaqués sur la route, ils se sont regroupés contre nous en nous menaçant avec des armes et en jetant sur nous des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène, témoigne-t-il. Ça peut te tuer. »
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    « Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés »
    Aujourd’hui, les villageois palestiniens s’organisent. Tareq, professeur d’anglais, est très investi pour ses élèves. « Je suis un peu de la famille, je suis enseignant et depuis les attaques des colons qui ont bloqué la route, je suis devenu chauffeur aussi, souligne le professeur. J’emmène les élèves le matin à l’école en allant travailler. »
    L'enseignant assure les trajets pour éviter que les enfants soient confrontés à la violence. « Ils ont eu peur et certains d'entre eux restent sous le choc aujourd’hui encore, poursuit-il. Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés, dirais-je, parce que c'est la première fois que cela leur arrive, surtout sur le chemin de l'école. »
    Pendant l’entretien, Tareq jette des regards inquiets vers une barrière en métal jaune qui sépare le village de la colonie israélienne de Carmel, illégale au regard du droit international, qui se trouve à 50 mètres de l’autre côté de la rue. « Le colon qui est derrière la barrière, dans le Land Cruiser, c'est un colon violent qui a attaqué le village à plusieurs reprises, pointe-t-il. Pendant que nous parlons, il y a un véhicule de la police des frontières. Est-ce qu’on peut attendre de voir ce qui va se passer avec eux ? Je n'ai pas peur. Je suis inquiet. Les choses peuvent changer rapidement ici. Et vous voyez, il y a la police des frontières, il y a un colon très violent, un avant-poste avec les caravanes… On ne peut pas vraiment prédire ce qui va se passer. »
    Pas d’incident finalement mais une atmosphère très lourde. 17 nouvelles familles de colons israéliens viennent de s'installer dans le secteur, dans des caravanes. Une femme nous demande de quitter les lieux, c’est une propriété privée, dit-elle, et je vais appeler la police…  
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    «Avec la Russie, c'est toujours compliqué»: l'agriculture arménienne prise entre l'UE et l'Union eurasiatique

    03/06/2026
    À quelques jours des législatives du 7 juin en Arménie, la Russie accentue ses pressions politiques et menace Erevan en termes à peine voilés. En accueillant récemment deux sommets européens, l'Arménie a exprimé sa volonté de se rapprocher de l'Union européenne. Mais le président russe, Vladimir Poutine, somme le pays de choisir entre Bruxelles et l'Union économique eurasiatique. Moscou utilise le levier économique en multipliant les restrictions d'importations arméniennes, notamment agricoles. Or, les producteurs arméniens restent très dépendants du marché russe, et la diversification est difficile. Le reportage de Marie Penin à Erevan.
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    Au Liban, «on vend plus d'antidépresseurs que de paracétamol»

    02/06/2026
    Au Liban, face à toutes les urgences de la guerre, la santé mentale passe souvent au second plan. Pourtant, les conséquences du conflit sont insidieuses sur la société. Au quotidien, comment tenir face au déplacement forcé qui dure depuis trois mois pour un quart de la population ? Face au stress des bombardements ? Au deuil ? Le tout, alors que la crise économique qui s’est installée depuis plus de sept ans a durablement appauvri la population. En 2025, le Liban était l'un des pays les plus malheureux du monde, classé 145 sur 147 dans le rapport World Happiness. 
    Reportage de notre correspondante à Beyrouth, Sophie Guignon
    Nous sommes dans le quartier de Hamra, à Beyrouth, au Liban. Dans de nombreux immeubles désaffectés, on peut apercevoir des déplacés qui n'ont pas trouvé de meilleurs refuges. À quelques pas, dans sa pharmacie, le docteur Omar Richany confie : « Tu veux que je te dise franchement : on vend beaucoup de pilules contre l'anxiété et la dépression. On vend plus de médicaments contre la dépression que de paracétamol contre les maux de tête. »
    Un mal-être général causé par l'accumulation de crises que traverse le Liban, selon le pharmacien : « La situation dans laquelle on vit est très mauvaise. Les banques ont volé l'argent des gens. À cause des guerres, personne n'a de travail, tout est très angoissant. C'est ça qui pèse sur les gens. Heureusement que les médicaments existent pour que l'on puisse dormir, pour qu'on puisse se détendre un peu. Sans cela, ce serait encore plus dur. »
    « Les déplacements forcés ont un impact très douloureux sur les individus »
    Comme dans cette pharmacie, à l'échelle du pays, les ventes d'antidépresseurs augmentent de manière vertigineuse. Dans les locaux de l'ONG Embrace, on reçoit des appels de tout le Liban. Au bout du fil, plus de 120 bénévoles formés à la prévention des suicides. Mira Dali Balta, psychologue chargée du 1564, la ligne d'écoute gratuite nationale fondée par l'ONG Embrace en 2017, explique :
    « Les gens ont perdu beaucoup de biens matériels, mais aussi symboliques. Avec les déplacements d'un endroit à un autre, ils ont dû abandonner beaucoup d'objets et de souvenirs attachés à leur foyer. Alors qu'ils croyaient leur lieu de refuge en sécurité, il s'avère que ces lieux sont ciblés à leur tour. Toutes ces pressions liées au déplacement forcé ont un impact très douloureux sur les individus qui se sentent impuissants. »
    L'ONG reçoit plus de 60 appels par jour, principalement de jeunes entre 18 et 34 ans inquiets pour l'avenir. Agatha Abboud est responsable de la ligne d'urgence : « Nous avons du mal à répondre au grand nombre d'appels. Tout le monde vit dans une forme d'anxiété, d'incertitude quant à l'avenir, d'un manque d'espoir. On ne sait pas quand ça va s'améliorer. »
    Y aura-t-il une lumière au bout de ce tunnel de crise ? Le moral des Libanais en dépend.
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    Vyborg, ville russe en face de la Finlande: une nostalgie européenne à l'ombre de la guerre en Ukraine

    01/06/2026
    Les derniers exercices de l'Otan à la frontière entre la Finlande et la Russie se sont achevés samedi 30 mai, dans une région aux abords de cette démarcation de 1 340 kilomètres. Depuis fin 2023 et la fermeture totale de la frontière, la ville reste attachée à ses liens européens. Mais comme partout ailleurs en Russie, la longueur du conflit imprime sa marque. Reportage dans la ville russe de Vyborg, au bord du golfe de Finlande et à 35 kilomètres de la frontière.
    De notre correspondante de retour de Vyborg,
    Un vieux marché couvert sous des voûtes gothiques, au milieu d'un centre historique aux allées étroites, des montagnes de produits, le plus souvent alimentaires. Et sur les étals, cette particularité de Vyborg : café, thé, chocolats, bonbons, mais aussi lessive et huile d'olive venus de Finlande, de Suède, de Suisse, d'Italie, des Pays-Bas: « C'est ce qu'il y a de meilleur », assurent les vendeuses, pour qui « le contrôle de la qualité fait une vraie différence ».
    Depuis 2023 et la fermeture totale de la frontière, les produits européens arrivent désormais par le dernier point de passage via l'Estonie. Un trajet plus long, plus incertain, plus coûteux, mais ici, personne n’y a renoncé dit Elena Sokolova, la directrice générale du journal local Vyborg : « On s'était habitués à manger de la moutarde finlandaise. J'aimerais retrouver ce goût et toutes les saveurs d'il y a cinq ans, quand j'étais aussi plus jeune et plus jolie. J'aimerais aussi manger une truite typiquement finlandaise. Mais pour ce qui est des produits et des fabricants, je crois que c'est surtout une question de nostalgie. »
    Elena Sokolova explique qu'elle se rendait de l'autre côté de la frontière en Finlande « pour acheter de jolies robes et profiter de la belle architecture », et assure que les Finlandais se rendaient surtout à Vyborg et dans la région pour de l'essence et de la vodka moins chères.
    On estime que la moitié de la population de cette ville de 74 000 habitants parlerait finnois, et les mariages des deux côtés de la frontière sont nombreux. Les liens familiaux et amicaux sont aussi devenus techniquement plus compliqués : on est passé d’un trajet de 40 minutes pour la première ville de l’autre côté de la frontière, et deux heures pour la capitale Helsinki pour un montant d’environ 1 000 roubles d'essence, à des délais et des prix qui ont explosé : 12 heures de ferry + bus pour la capitale finlandaise en passant par l’Estonie (parfois plus si les contrôles s’allongent) pour environ 500 dollars.
    Dans ses conversations, Elena Sokolova se montre aussi plus évitante : « Les Finlandais et les Russes qui vivent là-bas que je connais, je sais comment ils voient le monde, dit-elle, et si nous avons des différences d’opinion, j’évite de les mettre sur la table. »
    Un « petit coin d'Europe » qui attire les touristes 
    De l'avis général, le tourisme dans la ville connaît un boom sans précédent. Vyborg, son château médiéval et sa bibliothèque d'architecture finlandaise ont toujours été des attractions connues. Mais depuis 2022, la ville profite tout particulièrement du flux des touristes intérieurs qui ne se rendent plus dans l'Union européenne en raison des sanctions et de la politique d'attribution plus restrictive de visas.
    « Aussi étrange et regrettable que cela puisse paraître, la mauvaise situation géopolitique profite à Vyborg, explique Denis Tesselkine, guide depuis 20 ans dans la ville. C'est une période faste pour tous les guides. Le nombre de visiteurs a doublé, attirés par ce que Vyborg a d'unique à offrir : un véritable petit coin d'Europe. Ils peuvent y voir, mais aussi expérimenter, sentir et goûter cette atmosphère. L'architecture, avant tout. Celle de la ville médiévale et celle du romantisme national finlandais, ce qu'on appelle l'Art nouveau nordique. »
    Pourtant, l'atmosphère régionale a pris, ses dernières années, d'autres couleurs. Une grande bande de plusieurs dizaines de kilomètres le long de la frontière est interdite aux étrangers, sauf permis spécial ; les Russes, eux, savent qu'ils peuvent y être contrôlés, surtout ceux qui ne sont pas de la région. En Finlande, on avance que cette zone en Russie se militarise à grand pas.
    Aucun uniforme n'est visible dans Vyborg, mais les affiches de recrutement pour aller se battre en Ukraine sont visibles partout. Et ici comme ailleurs en Russie, personne n'entrevoit la fin des combats. « Ici, c'est comme dans ce vieux proverbe, celui où une personne tombe du 30ème étage d’un gratte-ciel et pendant la chute se dit ’’Jusqu’ici, tout va bien’’ », dit un observateur local.
    Fin mars dernier, un drone a percuté sur un immeuble de la ville. C'était la première fois.
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    «Ils me tueront»: en Suède, l'angoisse des Afghans face aux négociations avec les talibans

    31/05/2026
    La Commission européenne a invité des responsables talibans à Bruxelles afin de discuter du renvoi d'Afghans condamnés, déboutés du droit d'asile ou en situation irrégulière sur le sol européen. Présentée comme « technique » et sans reconnaissance officielle du régime, cette réunion fait néanmoins polémique, notamment en Suède, pays qui joue un rôle central en coordonnant cette initiative. C'est là-bas, à Stockholm, que notre correspondante a rencontré ceux qui sont terrorisés à l'idée de retourner dans l'Afghanistan des talibans. 
    Le reportage de notre correspondante Ottilia Férey à Stockholm est à écouter dans son intégralité dans l’émission Accents d'Europe.
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