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Israël: dans le désert du Néguev, les Bédouins se sont mobilisés aux législatives face aux démolitions
07/11/2026Dimanche 8 novembre, le président israélien Isaac Herzog confiera à Gadi Eisenkot la charge de former un gouvernement. Le rival de Benyamin Netanyahu est soutenu par six partis, dont des partis arabes. Les électeurs arabes israéliens se sont particulièrement mobilisés lors de ces législatives. Habituellement, ils ne sont pas si nombreux à aller voter. Cette fois, face à la peur inspirée par le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir et face à la multiplication des démolitions de villages jugés illégaux par Israël, ils sont allés aux urnes.
De notre envoyée spéciale de Dahyie,
Des tôles et des gravats entassés dans un paysage désertique : Dahyie, ou ce qu'il en reste, est un village bédouin du sud du Néguev. Ici, l'habitat est précaire, mais les habitants tiennent à leur mode de vie. Israël juge ce type de villages illégal. Il y a un mois, la police et les bulldozers ont tout détruit devant les yeux d'Ahmed Abu Wadi. « Dès 8h15, les bulldozers étaient là. Ils ont commencé par la mosquée du village. Puis, ils ont continué, ils ont rasé tout le village. Ils n'ont rien laissé debout », raconte-t-il.
Plus de 200 000 Bédouins vivent dans le désert du Néguev. Ce sont des Palestiniens restés en Israël au moment de l'indépendance, en 1948. Lors des dernières élections législatives israéliennes, ils se sont mobilisés en masse, jusqu'à 80% de participation. Aden, la fille d'Ahmed, votait pour la première fois. L'affluence était très forte et elle a dû patienter. « Trois ou quatre heures. C'était une révolution, c'est la première fois que nous étions si nombreux », se souvient-elle.
Aden a 18 ans. Son rêve est de devenir professeur d'anglais, et elle a voté pour le parti arabe Raam. « Personne ne pensait que les Arabes iraient voter comme ça. Mais nous sommes allés voter quand nous avons vu nos maisons démolies », explique-t-elle.
Aujourd'hui, à Dahyie, les habitants tentent de rebâtir. Ils ne veulent plus entendre parler du gouvernement sortant et de son ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir. « L'extrême droite veut nous anéantir, nous expulser de notre pays. Ben Gvir veut nous envoyer en Irak ou en Syrie. Leur idéologie raciste nous fait craindre les déplacements forcés, pas seulement la destruction de nos maisons », dénonce Ahmed.
Analyse partagée par Houda Abu Obaid, la directrice du Forum du Néguev pour la coexistence et l'égalité : « Nous espérons que le nouveau gouvernement aura une vision différente de la communauté bédouine, de ses droits et de la question des démolitions de maisons. Au moins, nous ne verrons plus Ben Gvir arpenter les rues de nos villages en proclamant : ''C'est moi le chef !'' »
Le ministre d'extrême droite fait l'unanimité contre lui, raconte Ahmed : « Toute la communauté arabe sait que Ben Gvir nous menace et veut nous détruire. Alors, après les résultats, tout le monde a crié à Ben Gvir : ''Dehors ! Dehors !'' » Mais Ahmed ne se fait pas beaucoup d'illusions sur la suite. « Quoi qu'il arrive, nous sommes considérés comme une minorité dans ce pays. On nous dit : ''Vous, les Arabes, pourquoi vous n'allez pas voter ?'' Et quand on vote, on nous dit : ''Vous êtes des ennemis de l'État !'' », soupire-t-il. Un soupçon qui pèse sur de nombreux Palestiniens d'Israël.
À lire aussiLes Palestiniens d'Israël, près de huit décennies de discriminations- En Serbie, une banque d'un proche de l'ancien président Aleksandar Vucic a été suspendue, puis mise en faillite par la Banque centrale, pour soupçons de fuites de capitaux vers l'étranger. Son propriétaire a été arrêté. Cette banque, Alta Banka, était quasiment la seule à accepter d'ouvrir des comptes pour la très importante diaspora russe en Serbie. On parle de 250 000 personnes dans ce petit pays, qui ont fui la Russie depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Résultat : cette communauté est particulièrement touchée par la faillite de cette banque. Beaucoup de Russes se sont retrouvés sans moyens de paiement, voire spoliés de leurs économies.
De notre correspondant à Belgrade,
C'est un lieu culturel créé par des migrants russes, pour les Russes de Belgrade. Le café Auditoria emploie une dizaine de personnes et propose des livres, des projections de films et des concerts. Sa responsable, Aleksandra Yakuseva, a fui la Russie dès le début de la guerre en Ukraine. Le centre avait son compte ouvert à Alta Banka. « On essaye de survivre... On a réussi à passer aux paiements en liquide, parce qu'on est aussi un café, bien sûr. Il nous faut rouvrir un autre compte bancaire au plus vite, parce qu'on en aura besoin pour payer les taxes mensuelles. Les salaires, on pourra les payer en espèces. »
Aleksandra et ses employés ont la chance de ne pas avoir détenu beaucoup d'argent auprès de la banque en faillite. Le blocage de leurs moyens de subsistance est un choc. « On a déjà échappé à la guerre en Ukraine, nous sommes passés par l'émigration. On a été témoins, il y a deux semaines, non pas d'une révolution mais de la chute du régime en Serbie. Et quelques jours après, cet effondrement bancaire. Ça commence à faire beaucoup, mais c'est notre vie. On ne peut pas tout contrôler. »
Mais certains Russes risquent tout de même de perdre beaucoup dans cette faillite : « Il y a des gens qui venaient de vendre leur appartement en Russie, dans le but de racheter un appartement ici. Pour eux, c'est une catastrophe. Mais d'autres, qui avaient des cryptos, qui avaient du liquide, ont pu éviter la catastrophe. »
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La solidarité s'organise
Beaucoup de banques, par peur d’éventuelles sanctions européennes, interdisaient aux Russes d'ouvrir un compte. À Alta Banka, l'argent russe était le bienvenu. Une énorme proportion des 250 000 Russes de Serbie avait son compte dans l'établissement. Yakov, de Moscou, est touché par la solidarité des Serbes envers les Russes en difficulté : « Des Serbes ont créé une page web des commerces touchés par l'effondrement d'Alta Banka, avec ce message : "Allons dans ces commerces. Payons-les en liquide. Aidons-les." C'est incroyable à quel point les Serbes s'impliquent pour nous aider. »
Les Russes se serrent aussi les coudes. À Loza, un centre culturel associatif, un système d'aide s'est aussitôt mis en place, explique le président Vladimir Zhouravlyov : « Des Russes ont fait des dons en argent, ont apporté de la nourriture, des produits d'hygiène... Tous ceux qui sont affectés d'une façon ou d'une autre par la faillite d'Alta Banka peuvent venir nous voir pour de l'aide. »
L'État serbe a promis de rembourser les dépôts des clients d'Alta Banka à hauteur de 50 000 euros. Pour ceux qui détenaient plus, il faudra attendre une lointaine liquidation judiciaire, à l'issue incertaine.
À lire aussiÀ la Une : en Serbie, le grand ménage dans les institutions a déjà commencé - Construire la société de demain sur des valeurs traditionnelles : c'est l'ambition de la Russie de Vladimir Poutine. Le programme pédagogique doit biberonner la jeunesse russe au patriotisme, à la défense de la nation, et certaines activités périscolaires sont aussi pensées en ce sens. Une éducation par le loisir adaptée au public visé. Exemple à Moscou, à l'occasion d'un festival organisé pour célébrer le « Jour de l'Unité Nationale ».
- C’est une nouvelle attaque contre la liberté de la presse en Égypte. Fin septembre, en moins de 24 heures, les six journalistes d’une même rédaction ont été arrêtés par la police et placés sous les verrous. En claquant des doigts, c’est un site d’investigation en ligne, Matsda2sh (« Ne sois pas dupe », en français), qui est réduit au silence par les autorités du pays, à la 169e place sur 180 au dernier classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse dans le monde. Accusés de terrorisme, d’appartenance à la confrérie des Frères musulmans ou de propagation de fausses informations, en Égypte tout est bon pour faire taire les journalistes indépendants qui s’éloignent du narratif imposé par le pouvoir. Ce vaste coup de filet a fait l’effet d’un choc dans la profession qui tente de se mobiliser malgré une marge de manœuvre extrêmement réduite.
De notre correspondant au Caire,
D’ordinaire grouillant de vie et d’agitation, ce soir-là, le siège du Syndicat des journalistes égyptiens semble comme frappé de stupeur. « Nous avons été horrifiés par ce qui est arrivé à ces six journalistes. » Journaliste indépendante, Hadeer El Mahdawy est à l’initiative de cette soirée de solidarité, organisée mi-octobre en soutien à la rédaction de Matsda2sh, récemment réduite au silence.
« Ils sont détenus en raison de leur profession, parce qu’ils sont journalistes. Ce ne sont pas des terroristes. Ils ne diffusent pas de fausses informations. Ils vérifient les faits. Ils font simplement leur travail, et c’est pour cela qu’ils sont en prison. Et chacun d’entre nous pourrait se retrouver à leur place », explique Hadeer El-Mahdawy.
Des dessins pour la liberté
Dans le hall du Syndicat des journalistes, on voit des gens qui dessinent pour la liberté. Une exposition de photos. Une exposition aussi de dessins de presse. Et sur un bureau des cartes, avec des noms écrits : « Une partie de la soirée est consacrée à l’écriture de lettres à nos camarades emprisonnés. Nous les remettrons ensuite à leurs familles ou à leurs avocats, car nous voulons leur faire savoir que nous ne les avons pas oubliés et que nous continuons à faire campagne pour obtenir leur libération », répond Hadeer El-Mahdawy.
Au total, 26 enveloppes comme autant de journalistes actuellement derrière les barreaux en Égypte.
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Mada Masr, sous la menace des procès
« Nous sommes à Mada. Ça, c’est notre salle de rédaction. Là où les journalistes viennent travailler chaque jour. Nous sommes dans ces bureaux depuis quelques mois. » Située en plein centre du Caire, la rédaction de Mada Masr, média en ligne indépendant fondé et dirigé par Lina Attalah, exerce depuis 2013… sans licence officielle.
« C'est une chose que le gouvernement ne nous a pas accordée jusqu'à maintenant », continue Lina Attalah. Conséquence : le site est bloqué dans le pays, comme des centaines d’autres, et les journalistes régulièrement mis sous pression. Comme ce fut le cas en 2019 lorsque la police a fait une descente dans la rédaction. Depuis… : « C’est des procès, tout le temps. Des procès judiciaires. J’ai quatre ou cinq procès judiciaires contre moi. »
Pour Lina Attalah, avec l’arrestation d’une rédaction toute entière, le message envoyé aux journalistes indépendants est clair… « Méfiez-vous ! Ça peut vous arriver à vous aussi. »
Comme une prémonition…
Quelques jours seulement après cette rencontre, Lina Attalah a été convoquée puis condamnée pour exploitation d’un site d’information sans licence. Le tribunal a aussi ordonné la fermeture de Mada Masr. Jamais l’avenir de ce bastion du journalisme indépendant en Égypte n’avait été à ce point menacé…
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03/11/2026En Hongrie, les archives de la police secrète vont être publiées sur Internet. C’était une promesse du premier ministre Péter Magyar avant son élection : faire la lumière sur le passé et le rendre accessible à tous les citoyens. Il a choisi un moment symbolique, celui du 70ᵉ anniversaire de la révolution de 1956 qui vit les Hongrois se rebeller contre l’occupant soviétique. Ce 4 novembre, une première liste de noms d’agents et d’informateurs de l’ancienne police secrète est mise en ligne. 37 ans après la chute du communisme, les Hongrois sont partagés entre indifférence et appréhension.
Un reportage de notre correspondante à Budapest à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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