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Le Nouvel Esprit Public

Philippe Meyer
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  • Le Nouvel Esprit Public

    « Choose France » ou « Loose France » ? / IA : l’Europe peut-elle ne plus dépendre des USA ?

    07/06/2026 | 1h 10min
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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 7 juin 2026.

    Avec cette semaine :

    Nicolas Baverez, essayiste et avocat.
    Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
    Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.
    Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

    CHOSE FRANCE OU LOSE FRANCE ?

    La 9e édition du salon Choose France, sorte de sommet économique qui doit mettre en lumière la capacité du pays d'attirer des projets internationaux, a réuni plus de 200 patrons et investisseurs étrangers au château de Versailles. Cette année l’événement a permis d’annoncer 93 milliards d’euros d’investissements - soit plus que les huit éditions précédentes réunies – au travers de 71 projets, représentant quelque 15.600 emplois.
    Le géant japonais des investissements dans la tech a promis d'investir jusqu'à 75 milliards d'euros en France, dont 45 milliards pour la construction de trois centres de données dans les Hauts-de-France d'ici à 2031. La disponibilité d’une électricité abondante, stable et décarbonée, grâce au parc de centrales nucléaires d’EDF, a convaincu SoftBank de choisir l’Hexagone.
    La procédure accélérée dite « fast track » lancée en mai 2025 par RTE, l’opérateur du réseau de transport d’électricité, a également joué. Elle a permis d’identifier huit sites adaptés aux centres de données de plus de 400 mégawatts (MW) et raccordables au réseau plus rapidement qu’avec une procédure classique. Autre mesure pour attirer plus de centres de données : la loi de simplification de la vie économique du 27 mai 2026 leur permet de bénéficier de la qualité de « projet d’intérêt national majeur » qui emporte plusieurs avantages comme la priorisation du raccordement au réseau d’électricité et la simplification des consultations du public. En revanche, la loi prévoit que le permis de construire pourra être refusé en cas de « tensions structurelles sur la ressource en eau », élément dont les centres de données sont extrêmement gourmands.
    Une attention particulière a aussi été accordée avec succès aux établissements financiers à la recherche d'une terre d'asile dans l'Union européenne après le Brexit : chaque année depuis 2019, le baromètre Ernst et Young (EY) place la France en tête du classement des pays européens les plus attractifs.
    Toutefois, certains entrepreneurs français ont fini par se lasser de Choose France. Ils auraient souhaité que l'attention accordée avec constance aux groupes étrangers susceptibles d'investir chez nous soit la même pour eux. En novembre dernier, l'Élysée a organisé le premier « Choose France - Édition France » pour mettre à l'honneur les entreprises tricolores qui, elles aussi, choisissent d'investir en France. Elles ont eu droit de se réunir… à la Maison de la Chimie.

    IA : L’EUROPE PEUT-ELLE NE PLUS DÉPENDRE DES USA ?

    La Commission européenne a dévoilé mercredi un grand plan pour la « souveraineté technologique », au risque de déclencher un nouveau bras de fer avec les Etats-Unis de Donald Trump. Pour son projet de « reconquérir sa place dans la course mondiale à la puissance géoéconomique », l’UE s'inquiète tout particulièrement de sa dépendance aux géants américains des services informatiques à distance ou « cloud ». Amazon, Microsoft et Google contrôlent 70% du marché européen. Or les services numériques reposant sur des fournisseurs américains, notamment dans la défense, mais aussi la santé pourraient être désactivés via un mécanisme d'arrêt d'urgence (ou « kill switch » en anglais), en cas de crise ouverte avec l'administration Trump.
    Le plan présenté par la Commission concentre les investissements sur les maillons jugés critiques : la production de semi-conducteurs, le développement de capacités européennes en intelligence artificielle, le stockage et le traitement des données, ainsi que la sécurisation des infrastructures numériques. Les entreprises de l'IA et du cloud pourraient être tenues de fournir des garanties pour décrocher des contrats publics.
    Pour renforcer la sécurité des données européennes dans certains secteurs critiques, comme la défense, la Commission va exiger que leur stockage ait lieu dans des centres de données appartenant à des fournisseurs européens. Pour combler le retard européen en matière de stockage des données, l’exécutif bruxellois prévoit de tripler les capacités installées au cours des cinq à sept prochaines années, afin d’atteindre 60 gigawatts, contre 12 aujourd’hui. Un investissement estimé à quelque 200 milliards d’euros, incombant essentiellement au secteur privé. Pour optimiser le stockage, une mutualisation des capacités entre États membres est également envisagée sous le label EuroCloud.
    Sur le volet IA, le texte cible trois domaines prioritaires : la robotique, les applications industrielles et la course aux grands modèles génératifs, celle où s'affrontent ChatGPT, Gemini et leurs rivaux. L'ambition affichée : créer « l'équivalent d'un CERN pour l'IA », un grand programme qui réunirait les meilleurs chercheurs européens autour des machines les plus puissantes, à l'image de ce que le laboratoire de physique de Genève a représenté pour la recherche nucléaire.
    Ces propositions vont maintenant être débattues au Conseil de l’Europe et au Parlement, avant de revenir d’ici un an vers les Etats membres.
    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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  • Le Nouvel Esprit Public

    Bada : les musiciens et le pouvoir en France, avec Maryvonne de Saint-Pulgent (7/7)

    03/06/2026 | 22min
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    Une conversation entre Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 novembre 2025.

    7 : Dans ce dernier épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer concluent leur série d’entretiens par la reconstitution des rapports entre pouvoir et musique après la Seconde Guerre mondiale. Ils décrivent le rôle essentiel de la radio publique, et l’émergence progressive d’une administration dédiée à la musique. Ils s’attardent sur la querelle entre Pierre Boulez et Michel Landowski, qui révèle deux conceptions musicales et politiques très différentes, alors que les liens entre le pouvoir et la musique se nouent plus étroitement. Peu après, l’implication personnelle des présidents de la Ve République dans la promotion des œuvres de Pierre Boulez sera le symbole que la relation entre le pouvoir et la musique était encore très vivace à la fin du siècle dernier.

    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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  • Le Nouvel Esprit Public

    L’encyclique du pape

    31/05/2026 | 1h
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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026.

    Avec cette semaine :

    Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
    Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur.
    Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.
    Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    L’ENCYCLIQUE DU PAPE

    C’est le lundi de Pentecôte que le pape Léon XIV a publié sa première encyclique, Magnifica humanitas (magnifique humanité). Un texte de plus de 100 pages, dans lequel il développe une réflexion sur la révolution de l'intelligence artificielle (IA), et ses conséquences sur la dignité humaine. Au Vatican, le pape américain a choisi de présenter lui-même - fait inédit - ce document d'Église qui lance un appel à encadrer et réguler les algorithmes.
    Le pape y rappelle que la technologie « n'est pas en soi un mal » mais qu'elle « prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l'utilisent ». Comme l'IA ne peut « être considérée comme moralement neutre », il convient de la « désarmer » pour « l'empêcher de dominer l'humain », assure le pape augustinien. Rappelant certaines « utilisations manifestement inhumaines » comme la manipulation de l'information ou la violation de la vie privée, le pape insiste sur la nécessité d'un code éthique commun sur l'IA ainsi que sur le rôle crucial de l'éducation pour apprendre à en maîtriser les risques. Il va jusqu'à dénoncer « les nouvelles formes d'esclavage », nées des besoins d'extraction de ressources nécessaires à l'utilisation de l’IA, comme les microprocesseurs.
    Sur le plan économique, Magnifica Humanitas s'alarme des transformations profondes du monde du travail. L'encyclique dénonce le risque d'une automatisation de masse qui détruirait des millions d'emplois sans offrir de filets de protection sociale adéquats. Le pape américain s'en prend à l'impact éthique et écologique de l'intelligence artificielle, réclamant des solutions techniques plus durables.
    « Désarmer » l’intelligence artificielle ne signifie toutefois pas de renoncer à la technologie, mais de l’empêcher de dominer l’humain. Cela passe moins par des choix techniques que par la soumission de l’utilisation des données et des technologies à « un contrôle public » et l’affirmation du « rôle irremplaçable de la personne ». Léon XIV prend également position dans un domaine où l’intelligence artificielle fait peser un autre risque de déshumanisation, celui de la guerre. C’est précisément parce que le monde s’engage dans une spirale mortifère banalisant une « culture violente de la puissance » que l’intelligence artificielle doit, selon le pape, faire l’objet d’une régulation internationale.
    Le constat du pontife est sombre et sa critique, sévère. Il demande une pause, pour recadrer, s’il est encore temps, la vitesse astronomique de l’intelligence artificielle. Deux images bibliques encadrent tout le texte : la tour de Babel, symbole d’une technique coupée de Dieu, et la reconstruction de Jérusalem par Néhémie, figure d’un travail patient ordonné au bien commun.
    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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    Bada : les musiciens et le pouvoir en France, avec Maryvonne de Saint-Pulgent (6/7)

    27/05/2026 | 14min
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    Une conversation entre Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 novembre 2025.

    6 : Dans ce sixième épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer reviennent sur le groupe des Six et les transformations matérielles de la musique au cours des années 1920 et 1930, alors que la musique enregistrée se diffuse. Les Années folles signent ainsi une collaboration étroite de la musique avec les autres arts, jusqu’à la chute de 1929. Ils rappellent également le rôle important de Romain Rolland en tant que théoricien de la musique, et acteur du monde musical.
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    Thématique : le nouveau pouvoir évangélique, avec Sébastien Fath

    24/05/2026 | 1h
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    Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 30 avril 2026.

    Avec cette semaine :
    Sébastien Fath, sociologue et historien, auteur de Le nouveau pouvoir évangélique (éd. Grasset).
    Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.
    Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.

    LE NOUVEAU POUVOIR ÉVANGÉLIQUE

    À l’occasion de Pâques 2026, Donald Trump a relancé la polémique religieuse et politique en attaquant publiquement le pape Léon XIV, premier pape américain, avant de diffuser sur Truth Social une image de synthèse le représentant en Christ guérisseur. L’épisode a provoqué un malaise jusque au-delà des milieux chrétiens, il a choqué la droite religieuse et il rappelle combien la religion demeure un acteur central de la vie publique américaine. Il s’inscrit dans un contexte plus large de recompositions du christianisme mondial, qui ne se joue pas seulement entre Rome et Washington, mais à l’échelle de tous les continents.
    C’est précisément cette transformation que met en lumière votre livre, Sébastien Fath, Le Nouveau Pouvoir évangélique, consacré à la montée en puissance du protestantisme évangélique. Issu de la Réforme et des grands réveils modernes, ce courant fondé sur la conversion personnelle, l’autorité de la Bible et l’engagement missionnaire rassemblerait aujourd’hui plus de 700 millions de fidèles, dont près de 48 millions de francophones. Longtemps perçu comme américain, il est désormais multipolaire, porté surtout par les dynamiques du Sud global.
    L’Afrique est devenue l’un de ses principaux centres de gravité, avec des Églises très influentes sur les plans social, éducatif et parfois politique. L’Asie compte environ 220 millions d’évangéliques, l’Amérique latine connaît une expansion spectaculaire, tandis que l’Europe et la France enregistrent une croissance plus limitée mais réelle, avec environ 1,1 million de fidèles aujourd’hui.
    Toutefois, cette expansion ne signifie pas homogénéité. Aux États-Unis, les évangéliques blancs, longtemps au cœur du conservatisme politique, sont passés d’environ 23 % de la population en 2006 à 13 % en 2023, dans un contexte de forte politisation. Ailleurs, l’évangélisme se déploie sous des formes très diverses, entre megachurches, réseaux numériques, action sociale ou dynamiques migratoires. Il n’existe donc pas un évangélisme mondial, mais une pluralité de trajectoires adaptées aux contextes locaux.
    Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr

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