853 episódios
Édouard Balladur et la Ve République / Les crises climatiques et la carte de l’influence mondiale
06/09/2026 | 1h 5minVous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 6 septembre 2026.
Avec cette semaine :
Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.
Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.
Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.
ÉDOUARD BALLADUR ET LA VE RÉPUBLIQUE
Décédé lundi à 97 ans, Édouard Balladur aura connu sous la la Ve République les plus hautes responsabilités. Chargé des affaires sociales au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou à partir de 1964, il est en première ligne au moment de la crise de Mai 68 puis de la négociation des accords de Grenelle. Secrétaire général de l’Elysée lorsque Georges Pompidou accède à la présidence de la République en 1969, il doit, au fur et à mesure de l’aggravation de la maladie qui emportera le chef de l’État, suppléer à ses défaillances physiques et psychiques.
Ignoré pendant son septennat par Valéry Giscard d’Estaing, il revient en 1981 à la politique active avec Jacques Chirac alors maire de Paris qu’il convainc de la nécessité d’une politique libérale. Il en sera l’artisan comme ministre d’État chargé de l'économie, des finances et de la privatisation dans le premier gouvernement de cohabitation de la Vème république. Il met en œuvre une politique la privatisation : d’une trentaine de sociétés et s’attache à la libéralisation des prix et des changes ainsi qu’à la baisse des dépenses et des impôts.
Nouveau Premier ministre de cohabitation sous François Mitterrand de 1993 à 1995, Edouard Balladur suit une ligne libérale identique, notamment avec la réforme des retraites, mais doit reculer sur la mise en place d'un « Smic jeunes ».
En janvier 1995, alors que Jacques Chirac est officiellement en campagne depuis le 4 novembre 1994, Édouard Balladur déclare à son tour sa candidature. Ses bons sondages du début sont démentis dans les urnes : Édouard Balladur ne recueille que 18,6 % des suffrages exprimés, devancé par Jacques Chirac (20,8 %) et Lionel Jospin (23,3 %). En retrait de la vie politique active, il est chargé sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy d’un Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions. On en retiendra l’encadrement des compétences présidentielles, l’interdiction faite aux parlementaires devenus ministres de retrouver leur siège à l’issue de leurs fonctions ministérielles, l’interdiction du cumul d’un mandat parlementaire avec toute fonction élective locale ou avec une fonction exécutive locale, 43 mesures pour la revalorisation du rôle du Parlement et de l’opposition avec notamment le renforcement du rôle des commissions et l’amélioration de la qualité du travail législatif, l’instillation d’une dose de proportionnelle, la réforme du Conseil de la magistrature, l’institution d’un défenseur des droits fondamentaux.
LES CRISES CLIMATIQUES ET LA CARTE DE L’INFLUENCE MONDIALE
Au lendemain de la catastrophe au Népal, le gouvernement de Katmandou a interpellé la communauté internationale sur la responsabilité des grands pollueurs de la planète dans le changement climatique qui a favorisé les inondations dévastatrices du 26 août. Mercredi, un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement concluait : « C’est officiel : nous pouvons dire adieu à l’objectif de limiter à 1,5 °C le réchauffement planétaire visant à éviter les répercussions les plus dangereuses du changement climatique. »
« En perturbant l’équilibre énergétique qui avait caractérisé [notre époque géologique], l’Holocène, l’humanité a quitté la zone de stabilité qui avait permis l’essor des civilisations », constate une note de l’Institut des relations internationales et stratégiques, l’IRIS. Ce n’est pas la planète qui est en danger, mais la capacité des sociétés humaines à maintenir des conditions de vie stables dans un système Terre devenu instable. L’Arctique se réchauffe plus de trois fois plus vite que la moyenne mondiale, les sols s’assèchent et l’océan perd une partie de son rôle de tampon thermique et chimique. Ces dynamiques couplées révèlent une perte de résilience du système Terre, où chaque seuil franchi affaiblit les régulations naturelles des autres. Les pays du Sud subissent de plein fouet les effets du réchauffement (vagues de chaleur, stress hydrique, crises alimentaires) sans disposer des capacités d’adaptation nécessaires, tandis que les pays du Nord externalisent une partie de leur empreinte carbone par le commerce. La frontière climatique agit sur la fracture Nord-Sud, tout en la rendant plus visible et plus explosive : le climat devient un terrain de revendication, de dette et de justice.
Dans certaines régions, l’humidité et la chaleur atteignent les seuils physiologiques de tolérance humaine plusieurs jours par an, menaçant l’habitabilité à l’horizon 2050, notamment dans les pays du Golfe, dans la corne de l’Afrique et en Inde. Les deltas du Nil, du Gange et du Mékong sont menacés par la montée des eaux, tandis que des petits États insulaires du Pacifique planifient des relocalisations de population. Ce déplacement de populations à venir n’est pas seulement une question humanitaire : il redéfinira les frontières, les flux migratoires et les sécurités collectives. La crise de l’habitabilité devient un fait géopolitique majeur, fait valoir l’IRIS. La gouvernance mondiale du climat ne repose donc plus exclusivement sur les États. Elle se déploie à travers une mosaïque d’institutions internationales, d’acteurs privés, de juridictions nationales, de coalitions de villes et de nouveaux dispositifs financiers.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.Bada : si vous l’avez manqué : les bistrots parisiens, avec Sofian Bouchfira (2/2)
02/09/2026 | 29minVous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
Une conversation entre Sofian Bouchfira et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 mars 2025.
Dans ce second épisode, Sofian Bouchfira revient sur son enquête de terrain, débutée en tant que garçon de café, qui lui a permis de découvrir la sociabilité et la géographie des bistrots parisiens. Il analyse l’évolution de la limonade à Paris sous l’effet de la législation, de la concurrence des fast-foods dès les années 1980, ainsi que de la transformation des circuits financiers liés aux commerces. Il met en lumière l’invisibilisation du travail féminin et l’affaiblissement des amicales aveyronnaises, bien que certaines associations perdurent. Enfin, il souligne les tensions entre Aveyronnais de Paris et d’Aveyron, où le maintien des maisons familiales et des vacances permet de préserver des liens.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.- Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 12 avril 2026.
Avec cette semaine :
Bernard Hourcade, géographe, directeur de recherche émérite au CNRS et ancien directeur de l’l'Institut français de Recherche en Iran.
Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France.
Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
L’IRAN, AVEC BERNARD HOURCADE
Pour cette émission thématique consacrée à l’Iran nous accueillons Bernard Hourcade, géographe, directeur de recherche émérite au CNRS et ancien directeur de l’l'Institut français de Recherche en Iran de 1978 à 1993.
Grand comme trois fois la France, peuplé de 92 millions d'habitants, riche de pétrole et de gaz, l’Iran est soumis depuis 1979 au régime théocratique des mollahs, de plus en plus contesté dans la population. En 2022, avec le mouvement Femme, Vie, Liberté après la mort de Mahsa Amini, causée par des violences lors de son arrestation par la police des mœurs pour « port de vêtements inappropriés ». En 2026, par des manifestations contre la situation économique dans plusieurs villes manifestations réprimées dans le sang.
Le 28 février, la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran a tué dès le premier jour le Guide suprême, Ali Khamenei, et un certain nombre de cadres du régime. Désormais, pour la première fois depuis l'avènement de la République islamique en 1979, toutes les nouvelles figures clefs du pouvoir sont issues des Gardiens de la révolution, l’armée d'élite du régime. Tandis que son fils le nouveau guide, Mojtaba Khamenei, nommé le 8 mars, a disparu de l'espace public, alimentant les doutes sur le fait qu'il soit encore en vie ou en état de gouverner, c'est un ancien Gardien de la révolution Mohammad Ghalibaf, le président du Parlement qui s'impose comme une des figures centrales du pouvoir. Mais c'est la nomination, le 24 mars, d’un dur, Mohammad Bagher Zolghadr à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale qui signale un virage radical. Ces nouvelles figures clefs du régime iranien témoignent-elles d’un glissement d’un régime théocratique à une dictature militaire ? C’est une des questions que nous soumettrons à notre invité.
Notre invité qui explique que, mal connue en Occident, la société iranienne est schématiquement composée de trois groupes. Une minorité - environ 10 % à 15 % - qui soutient activement le régime. Une autre minorité, entre 20 % et 30 %, qui s'oppose frontalement au système et qui a déjà courageusement manifesté à plusieurs reprises. Entre les deux, une majorité silencieuse, probablement autour de 50 % à 60 % de la population qui souhaite un changement profond, mais surtout la stabilité et ne veut ni la guerre civile, ni le chaos. Confrontée aux effets de la guerre, la population fait face à une inflation record - selon les données du Centre statistique d’Iran, le taux d’inflation sur douze mois a atteint 50,6 % au 20 mars (date de la fin de l’année iranienne), soit le niveau d’inflation annuelle le plus élevé jamais enregistré à cette échéance depuis quatre-vingt-deux ans. La guerre entraine également des pertes d’emploi et une répression politique renforcée. Plus aucune semaine ne s’écoule sans que plusieurs exécutions aient lieu. Depuis le 28 février, au moins 14 prisonniers accusés de délits politiques ou sécuritaires ont été exécutés.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations. Bada : si vous l’avez manqué : les bistrots parisiens, avec Sofian Bouchfira (1/2)
26/08/2026 | 30minVous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
Une conversation entre Sofian Bouchfira et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 mars 2025.
Dans ce premier épisode, Sofian Bouchfira, qui vient de soutenir sa thèse ”Les sources aveyronnaises de la limonade parisienne”, explore l’histoire des comportements à travers les bistrots parisiens et la limonade parisienne. Il part notamment de la légende des bougnats, ces Auvergnats venus à Paris après la crise du phylloxéra. Sofian déconstruit cette légende en s’appuyant sur des archives privées et des rencontres de terrain qui révèlent que les liens entre Paris et l’Aveyron perdurent, créant un véritable ”Aveyron à Paris”. Il analyse aussi les différences entre les pratiques de la fin du 19ème siècle et celles actuelles pour montrer que même si des changements se font, une continuité existe.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.- Vous aimez notre émission ? Soutenez-la ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement
Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 19 janvier 2024.
Avec cette semaine :
Quentin Sannié, entrepreneur et fondateur de l’agence de notation des sols Genesis.
David Djaïz, entrepreneur, essayiste et ancien secrétaire général du Conseil National de la Refondation.
Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.
AGRICULTURE ET ENVIRONNEMENT
Quentin Sannié, vous êtes entrepreneur et chef d’entreprise. Après avoir co-fondé et dirigé le leader mondial du son haut de gamme, Devialet, vous vous êtes lancé dans une nouvelle aventure entrepreneuriale en 2018, avec la création de Genesis– la première agence de notation des terres agricoles.
Votre start-up innovante est née du constat suivant : il subsiste une lacune significative dans la mesure de l'impact environnemental des pratiques agricoles et les acteurs du secteur demeurent souvent aveugles aux conséquences sur l’environnement de leurs décisions. D’où votre idée de noter la santé des sols pour mieux corriger les techniques de ceux qui les travaillent. Selon vous, « En collectant des pratiques et en établissant des corrélations scientifiques entre les techniques agricoles, le climat et la santé des sols, on peut voir quels leviers d'action ont un vrai impact positif ».
Aujourd’hui, 60 à 70 % de nos sols en Europe sont abîmés ou très abîmés, estime l’Union Européenne. Leur bonne santé est pourtant décisive pour la fertilité, la productivité agricole, le stockage du CO2, la rétention et la filtration de l’eau. « Nous devons soulever le capot de nos sols et des pratiques agricoles liées, pour comprendre comment les faire évoluer durablement vers des modes régénératifs », écrivez-vous. Cette absence de mesure risque de mettre en péril notre souveraineté alimentaire. Les pratiques régénératrices doivent, en effet, être déclinées selon les types de cultures, de productions, de sols et de climats.
Cette lacune ne concerne pas seulement l’évaluation ; le sol est en effet le grand absent de la politique environnementale alors qu’il pour vous le véritable éléphant dans la pièce en matière d'environnement. L’exploitation des sols représente 20 à 25 % des émissions de gaz à effet de serre ; ils sont à la source de notre alimentation, renferment 1/4 de la biodiversité mondiale, et, en stockant plus de carbone que les forêts, constituent un enjeu essentiel de la lutte contre le changement climatique. Pourtant le sol demeure le seul milieu naturel à ne pas être couvert par une politique nationale dédiée à sa protection.
Les multiples alertes que vous avez lancées avec la communauté scientifique semblent néanmoins être arrivées jusqu’aux oreilles des parlementaires. Menée par le député (Modem) du Loiret Richard Ramos, une proposition de loi visant « à instaurer un diagnostic de la santé des sols, des terrains agricoles, naturels et forestiers » a été déposée à l’Assemblée Nationale le 12 octobre 2023. De même, quelques jours plus tard, une proposition de loi visant à « préserver des sols vivants » a été déposée par la sénatrice PS Nicole Bonnefoy. L’objectif est d’apporter une réponse globale avec la création d'une stratégie nationale pour la protection et la résilience des sols, sous la houlette d'un haut-commissaire dédié.
Mais avant de nous pencher sur l’articulation des sols avec l’agriculture et la transition écologique, racontez-nous comment votre projet est né.
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Mais podcasts de Notícias
Podcasts em tendência em Notícias
Sobre Le Nouvel Esprit Public
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sítio Web de podcastOuve Le Nouvel Esprit Public, Contra-Corrente e muitos outros podcasts de todo o mundo com a aplicação radio.pt

Obtenha a aplicação gratuita radio.pt
- Guardar rádios e podcasts favoritos
- Transmissão via Wi-Fi ou Bluetooth
- Carplay & Android Audo compatìvel
- E ainda mais funções
Obtenha a aplicação gratuita radio.pt
- Guardar rádios e podcasts favoritos
- Transmissão via Wi-Fi ou Bluetooth
- Carplay & Android Audo compatìvel
- E ainda mais funções


Le Nouvel Esprit Public
Leia o código,
descarregue a aplicação,
ouça.
descarregue a aplicação,
ouça.
































