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    Le soft power

    22/04/2026 | 1min
    Le soft power, ou “puissance douce”, est un concept qui désigne la capacité d’un pays à influencer les autres sans utiliser la force ou la contrainte.
    Traditionnellement, les États exercent leur puissance de deux façons. La première, la plus visible, est le hard power : la puissance militaire ou économique. Par exemple, imposer des sanctions, faire la guerre ou exercer une pression financière. Le soft power, lui, fonctionne à l’inverse. Il ne contraint pas : il attire.
    Ce concept a été popularisé par le politologue américain Joseph Nye dans les années 1990. Selon lui, un pays peut obtenir ce qu’il veut simplement parce que les autres ont envie de le suivre, de l’imiter ou de coopérer avec lui.
    Concrètement, le soft power repose sur trois grands leviers.
    D’abord, la culture. Quand des films, des séries ou de la musique rencontrent un succès mondial, ils diffusent aussi une image du pays d’origine. Hollywood a longtemps été un outil majeur du soft power américain. Aujourd’hui, la Corée du Sud fait la même chose avec la K-pop ou ses séries, ce qu’on appelle la “vague coréenne”.
    Ensuite, les valeurs et le modèle de société. Un pays qui incarne la liberté, la prospérité ou l’innovation attire naturellement. Par exemple, les universités prestigieuses, les entreprises technologiques ou le mode de vie peuvent donner envie à d’autres pays de s’en rapprocher.
    Enfin, la diplomatie. Un État qui est perçu comme fiable, ouvert au dialogue et respectueux du droit international renforce son influence sans avoir besoin de menacer.
    Le soft power est donc une forme de pouvoir indirect. Il agit lentement, mais profondément. Par exemple, un étudiant étranger qui passe plusieurs années dans un pays peut ensuite devenir un relais d’influence une fois rentré chez lui.
    Aujourd’hui, ce concept est plus important que jamais. Dans un monde globalisé, où les images, les idées et les contenus circulent en permanence, l’influence passe autant par TikTok, Netflix ou les universités que par les armées.
    En résumé, le soft power, c’est l’art de séduire plutôt que contraindre. Et dans certains cas, cette influence douce peut être bien plus efficace — et durable — que la force brute.
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    BONUS - El Niño: Pourquoi des pêcheurs péruviens l'ont baptisé ainsi ?

    21/04/2026 | 1min
    Le terme El Niño ne vient pas des scientifiques, mais des pêcheurs de la côte nord du Pérou et de l’Équateur. Dès le XIXe siècle, ils observent un phénomène régulier : à certaines périodes, l’eau de mer devient anormalement chaude près des côtes.
    Or, cette région est normalement dominée par un courant froid, le courant de Humboldt, très riche en nutriments. C’est ce qui explique l’abondance de poissons, notamment les anchois. Mais lorsque ces eaux chaudes apparaissent, cet équilibre est perturbé : les nutriments diminuent, et les poissons disparaissent temporairement. Pour les pêcheurs, cela signifie des prises beaucoup plus faibles.
    Ils constatent aussi que ce réchauffement survient souvent autour du mois de décembre. C’est cette coïncidence qui va donner son nom au phénomène. Ils l’appellent El Niño, qui signifie en espagnol “l’enfant”, en référence à l’enfant Jésus, puisque l’événement se produit à la période de Noël.
    Au départ, ce terme désigne uniquement un phénomène local : un réchauffement des eaux côtières sud-américaines, avec des conséquences directes sur la pêche. Ce n’est que plus tard que les scientifiques comprennent que cet épisode fait en réalité partie d’un système climatique beaucoup plus vaste.
    Au XXe siècle, des chercheurs comme Gilbert Walker mettent en évidence des variations de pression atmosphérique à grande échelle dans le Pacifique, ce qu’on appelle la “Southern Oscillation”. En reliant ces observations aux anomalies de température observées au Pérou, ils comprennent qu’El Niño est une composante d’un phénomène global.
    Aujourd’hui, El Niño désigne une phase particulière du climat du Pacifique, caractérisée par un affaiblissement des vents et un déplacement des eaux chaudes vers l’est. Ses effets dépassent largement l’Amérique du Sud : modification des régimes de pluie, sécheresses dans certaines régions, inondations dans d’autres.
    Mais le nom, lui, n’a pas changé. Il rappelle simplement l’origine empirique de cette découverte : des pêcheurs qui, en observant la mer au fil des années, ont identifié un phénomène récurrent et l’ont nommé en fonction du moment où il apparaissait.
    C’est donc un cas assez rare où un terme scientifique mondial trouve directement son origine dans une observation locale… et dans une tradition religieuse liée au calendrier.
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  • La base

    El Nino

    20/04/2026 | 2min
    Pour écouter mes autres épisodes:

    -Quelle est la différence entre Monaco et Monte Carlo ?
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    https://podcasts.apple.com/fr/podcast/quelle-est-la-diff%C3%A9rence-entre-monaco-et-monte-carlo/id1048372492?i=1000761727152

    Spotify:
    https://open.spotify.com/episode/2ozSXZHXpurf8FwP2tew5V?si=a212a5eae385483d

    -Quelle est la différence entre “pingre” et “radin” ?
    Apple Podcasts:
    https://podcasts.apple.com/fr/podcast/quelle-est-la-diff%C3%A9rence-entre-pingre-et-radin/id1048372492?i=1000761512561

    Spotify:
    https://open.spotify.com/episode/4Vw3gUWawxFHHUJZAzj1jo?si=6c4275b18e8d41f0

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    Le phénomène El Niño est un dérèglement temporaire du climat qui se produit dans l’océan Pacifique, mais dont les effets se font sentir presque partout sur la planète.
    Pour le comprendre, il faut d’abord imaginer la situation “normale”. Habituellement, des vents réguliers appelés alizés soufflent d’est en ouest le long de l’équateur. Ils poussent les eaux chaudes de surface vers l’Asie, du côté de l’Indonésie. Résultat : là-bas, l’eau est très chaude, ce qui favorise les nuages et les pluies. À l’inverse, au large de l’Amérique du Sud (Pérou, Équateur), les eaux sont plus froides, car des eaux profondes remontent à la surface : c’est ce qu’on appelle l’upwelling. Ce système est assez stable.
    Pendant un épisode El Niño, ce mécanisme se dérègle. Les alizés faiblissent, voire s’inversent. Les eaux chaudes, au lieu de rester en Asie, reviennent vers l’est, en direction des côtes sud-américaines. En quelques mois, une immense zone d’eau anormalement chaude se forme dans le Pacifique central et oriental.
    Ce déplacement de chaleur a des conséquences en chaîne. Là où l’eau devient chaude, l’air au-dessus chauffe aussi, monte, et provoque des pluies. Résultat : des régions habituellement sèches comme le Pérou peuvent connaître des inondations violentes. À l’inverse, des zones normalement humides comme l’Indonésie ou l’Australie peuvent subir des sécheresses sévères.
    Mais les effets ne s’arrêtent pas là. Comme le Pacifique est un moteur du climat mondial, ce déséquilibre perturbe la circulation atmosphérique à grande échelle. On observe alors des conséquences un peu partout : hivers plus doux en Europe, perturbations des moussons en Inde, augmentation des tempêtes dans certaines régions, ou encore impact sur les récoltes agricoles.
    Le phénomène apparaît tous les deux à sept ans et dure généralement plusieurs mois, parfois plus d’un an. Il fait partie d’un cycle naturel appelé ENSO (El Niño–Southern Oscillation), qui alterne avec une phase opposée appelée La Niña, où les alizés sont au contraire plus forts que la normale.
    En résumé, El Niño est comme un immense déplacement de chaleur dans le Pacifique. Et comme le climat mondial est un système interconnecté, ce simple “glissement” suffit à déséquilibrer la météo à l’échelle de la planète.
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    BONUS - Les Nymphéas: Pourquoi Monet a offert ses Nymphéas à la France juste après la guerre ?

    18/04/2026 | 1min
    On regarde souvent les Nymphéas comme de simples tableaux paisibles. C’est une erreur. À l’origine, ils sont aussi un geste historique. Car lorsque Claude Monet les offre à la France, il ne fait pas seulement une donation d’artiste : il imagine un monument de paix pour un pays qui sort à peine de la Première Guerre mondiale.
    Le moment est très précis. Le 12 novembre 1918, soit le lendemain de l’Armistice du 11 novembre, Monet écrit à son ami Georges Clemenceau. Il lui annonce qu’il est sur le point d’achever deux grands panneaux décoratifs et demande s’ils pourraient être offerts à l’État, avec Clemenceau comme intermédiaire. Le musée de l’Orangerie rappelle clairement que ce don est pensé comme un symbole de paix, et qu’il est lié directement à la victoire et à la sortie de guerre.
    Ce point est essentiel : Monet n’offre pas n’importe quelles œuvres. Depuis la fin des années 1890, il travaille obstinément à son cycle des Nymphéas, inspiré par son jardin de Giverny. Mais après la guerre, ce travail prend une dimension presque nationale. Il ne s’agit plus seulement de peindre un étang, des reflets, des saules ou des nuages. Il s’agit de proposer aux Français un lieu de contemplation, de silence, presque de réparation intérieure. Monet veut que le spectateur soit enveloppé par la peinture, comme soustrait, un instant, au fracas de l’histoire.
    C’est pour cela qu’il ne pense pas les Nymphéas comme une simple série de tableaux accrochés côte à côte. Il conçoit un environnement complet. À l’Orangerie, les œuvres seront installées dans deux salles elliptiques, selon un dispositif voulu par l’artiste lui-même, en collaboration avec l’architecte Camille Lefèvre et avec l’appui de Clemenceau. Monet réfléchit à tout : la courbure des murs, l’ordre des panneaux, le rythme de circulation du visiteur, et même la lumière naturelle tombant d’en haut. Le musée explique qu’il voulait donner “l’illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage”.
    La suite est presque paradoxale. Les Nymphéas sont installés à l’Orangerie en 1927, quelques mois après la mort de Monet, mais l’ensemble ne suscite d’abord qu’un enthousiasme limité. Il faudra attendre l’après-Seconde Guerre mondiale pour que l’on mesure pleinement la force de ce testament pictural. Autrement dit, ce que Monet avait voulu comme un refuge de paix pour la France traumatisée a mis du temps à être compris. Aujourd’hui, c’est justement ce qui fait la singularité profonde des Nymphéas : ce ne sont pas seulement des chefs-d’œuvre impressionnistes, ce sont aussi des fleurs de paix nées au sortir de la guerre.
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    Les Nymphéas, de Claude Monet

    17/04/2026 | 2min
    Les Nymphéas de Claude Monet constituent l’un des ensembles les plus célèbres de l’histoire de la peinture — et sans doute l’aboutissement de toute une vie consacrée à la lumière.

    Tout commence à la fin du XIXe siècle, dans le village de Giverny, où Monet s’installe en 1883. Il y crée son propre jardin, conçu comme une œuvre vivante : un bassin, un pont japonais, et surtout des nénuphars — ces fameuses « nymphéas ». Ce jardin devient son laboratoire. Pendant plus de trente ans, il ne cessera de le peindre, encore et encore, à différentes heures du jour, sous différentes lumières.

    Mais les Nymphéas ne sont pas de simples paysages. Monet cherche à capturer quelque chose de beaucoup plus insaisissable : le mouvement de la lumière, les reflets, l’eau qui tremble, le ciel qui se mélange à la surface du bassin. Progressivement, les repères disparaissent. Il n’y a presque plus d’horizon, plus de perspective classique. Le spectateur est plongé dans la toile, comme s’il flottait à la surface de l’eau.

    Cette évolution est capitale dans l’histoire de l’art. Avec les Nymphéas, Monet dépasse l’impressionnisme. Il ouvre la voie à l’art moderne, voire à l’abstraction. Certaines toiles, avec leurs touches larges et leurs formes diffuses, annoncent déjà des peintres du XXe siècle comme Rothko ou Pollock.

    Le projet prend une dimension monumentale après la Première Guerre mondiale. Monet entreprend de peindre de gigantesques panneaux destinés à être exposés ensemble. Ces œuvres sont offertes à la France et installées au Musée de l'Orangerie, à Paris. Deux salles ovales y présentent ces toiles panoramiques, conçues comme une expérience immersive. Monet parlait d’un « aquarium de peinture » : le visiteur est entouré de nymphéas, sans début ni fin.

    Il faut aussi savoir que Monet peint ces œuvres dans des conditions difficiles. À la fin de sa vie, il souffre de cataracte, ce qui altère sa vision des couleurs. Pourtant, il continue, retravaille ses toiles, parfois les détruit, dans une quête presque obsessionnelle.

    Aujourd’hui, les Nymphéas ne sont pas seulement des tableaux : ce sont des œuvres méditatives, presque hypnotiques. Elles invitent à ralentir, à observer, à se perdre dans la lumière. En cela, elles incarnent parfaitement l’ambition de Monet : peindre non pas le monde tel qu’il est, mais tel qu’il est perçu — fugitif, changeant, et profondément sensible.
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